Après la tempête, la forêt est menacée par les insectes ravageurs





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Après la tempête, la forêt est menacée par les insectes ravageurs

Les 140 millions de mètres cubes de bois mis à terre par les ouragans fin 1999 risquent de devenir la proie des xylophages, dont la pullulation met en péril les peuplements sains. Forestiers et chercheurs mettent en place un réseau de surveillance des écosystèmes sylvestres
Mis à jour le mardi 14 mars 2000
À PEINE la forêt française, saignée par les tempêtes de la fin du mois de décembre 1999 - aux dernières estimations, 140 millions de mètres cubes de bois ont été mis à bas, soit l'équivalent de quatre récoltes annuelles -, commence-t-elle à panser ses plaies que, déjà, un nouveau danger se profile : les attaques de champignons pathogènes et, surtout, d'insectes xylophages. « L'expérience suggère qu'il y a presque inévitablement, au cours des années suivant une tempête, des dommages secondaires liés au développement de populations d'insectes. Dans un cas favorable, l'augmentation de la mortalité peut être de l'ordre de 30 % du volume des arbres abattus ; au pis, cela peut aller jusqu'à un doublement. L'enjeu des problèmes sanitaires est donc considérable », souligne Guy Landmann, chef du département de la santé des forêts au ministère de l'agriculture.

Les risques phytosanitaires vont en fait crescendo avec le temps. Dans l'immédiat, les forestiers craignent une dépréciation de la qualité, donc de la valeur marchande des arbres fauchés par le vent - les chablis -, dont les multiples lésions vont favoriser l'apparition de champignons. Certains provoquent le bleuissement des grumes, spécialement chez le pin et l'épicéa, dont seul l'aspect esthétique est toutefois altéré. En revanche, les agents de pourriture et d'échauffure (début de pourriture), qui contaminent de préférence les bois blancs tels que le hêtre et le peuplier, dégradent également leurs qualités mécaniques. Des insectes comme le scolyte liseré qui, dès les premiers jours du printemps, creuse des galeries pénétrantes dans les résineux, bientôt parsemés de piqûres, peuvent, eux aussi, contribuer à déprécier ces essences, alors déclassées en bois de palette ou de trituration.

Mais le danger majeur se situe à plus long terme. Il prend la forme, insidieuse et innombrable, d'insectes dits sous-corticaux parce qu'ils se développent sous l'écorce des arbres, dont ils détruisent le liber (tissu végétal où circule la sève) et provoquent le dépérissement. Ces ennemis redoutables, qui appartiennent pour la plupart à la famille des scolytes, colonisent surtout les conifères, dont la résine contient des substances odorantes attractives (terpènes), alors que les feuillus sont généralement épargnés. L'épicéa, essence la plus exposée, est ainsi la cible du scolyte typographe, le pin du sténographe, de l'hylésine ou du scolyte acuminé, le sapin du scolyte curvidenté.

BOMBE À RETARDEMENT

Pour ces agresseurs, les arbres arrachés ou brisés, aux défenses naturelles affaiblies, constituent des proies faciles. Les massifs forestiers les plus touchés par les récents ouragans étant ceux des Vosges et des Landes, où dominent les résineux, il faut donc s'attendre, à l'arrivée des beaux jours, à une prolifération sans précédent de coléoptères.

La bombe est à retardement. Les zones de chablis, devenues ce printemps des foyers d'infestation, risquent de servir, en 2001 et les années suivantes, de base d'essaimage vers les peuplements restés debout, dont les sylviculteurs redoutent que « des pans entiers soient mités par auréoles successives ». Le précédent de la tornade de novembre 1982, qui avait soufflé 12 millions de mètres cubes de bois dans le Massif Central et les Alpes du Nord, est, à son échelle, édifiant. « Nous avons assisté dans les années suivantes à des pullulations d'insectes monstrueuses », rapporte Jean-François Abgrall, entomologiste et ingénieur de recherche au Cemagref (Centre du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts). Sur les trois départements nord-alpins (Isère, Savoie et Haute-Savoie), le nombre de scolytes capturés dans des pièges est passé de 3 millions en 1983 à 99 millions l'année suivante, avant de décroître progressivement. De 1984 à 1988, près de 250 000 mètres cubes de bois sur pied ont ainsi été ravagés.

COURSE CONTRE LA MONTRE

« Dans 90 % des secteurs, tout était rentré dans l'ordre au bout de quatre ou cinq ans. Mais certaines forêts ont été tellement chamboulées qu'on y a observé un phénomène durable d'auto-entretien des populations de typographes », décrit Jean-François Abgrall. Que peut-il advenir cette fois, avec des quantités de bois à terre plus de dix fois supérieures et un couvert forestier touché sur presque toute sa superficie ? « Nul ne peut le dire aujourd'hui », avouent les experts. Ils savent seulement que les conditions climatiques seront déterminantes - des étés chauds et secs favorisent le grouillement des insectes ravageurs - et que le péril est proportionnel aux stocks de chablis qui seront laissés sur place.

Une course contre la montre est donc engagée pour enlever le maximum de bois tombé à terre, seule véritable parade. Mais le ministère ne cache pas que, devant l'ampleur de la tâche, « il paraît exclu que l'ensemble des bois abattus par la tempête soit extraits de la forêt avant la fin 2000 ou 2001 ». Pour tenter de limiter les dégâts, gestionnaires du milieu forestier et chercheurs vont donc surveiller étroitement le développement des populations de ravageurs. Un dispositif de suivi et d'alerte devrait permettre de concentrer les mesures prophylactiques ou curatives dans les secteurs les plus touchés : évacuation des bois, écorçage des grumes de qualité afin de les préserver des insectes, broyage des branches et des petits bois laissés sur les coupes.

Les traitements insecticides, insiste l'administration, devront être limités aux bois stockés dans des aires spéciales, leur utilisation étant « à proscrire en forêt, où ces produits sont inefficaces, polluants et dommageables pour l'entomofaune ». Quant aux pièges à phéromones de synthèse, préconisés dans les années 80 pour lutter contre les scolytes, ils ont fait la preuve de leur inefficacité dans les zones infestées, où ils sont « neutralisés » par les phéromones naturelles émises par les insectes. « Ces dispositifs de piégeage artificiel peuvent tout au plus servir à suivre les populations de ravageurs », estiment aujourd'hui les experts forestiers.

Ceux-ci, refusant le catastrophisme, s'efforcent toutefois de rester optimistes. « Le pire ne se produit pas toujours », observe Louis-Michel Nageleisen, du département de la santé des forêts. Il en veut pour gage la tempête de 1987, qui avait durement éprouvé la forêt bretonne : « En dépit d'une forte colonisation des chablis par les scolytes, il n'a pas été constaté de foyer important dans les peuplements restés sur pied. »

Pierre Le Hir


Le difficile comptage des typographes


Si la biologie d'insectes xylophages comme le typographe de l'épicéa est assez bien connue, la dynamique de leurs populations l'est beaucoup moins. Les tentatives de comptage direct étant inopérantes, les scientifiques explorent aujourd'hui de nouvelles pistes, indique François Lieutier, de l'Institut national de la recherche agronomique. L'importance d'une colonie pourrait être évaluée de façon indirecte. On a ainsi observé que la nature des parasites et des prédateurs associés à ces insectes était fonction de leur démographie. Il en va de même pour la flore fongique dont ils sont porteurs. En outre, la taille des adultes, ordinairement de 5 à 6 millimètres, pourrait être un indicateur du plus ou moins grand espace vital dont ont bénéficié les larves, donc de l'importance des colonies. Les chercheurs espèrent mettre au point, grâce à ces corrélations, des méthodes prédictives permettant d'évaluer le niveau des populations de ravageurs et donc d'anticiper leurs ravages.

Le Monde daté du mercredi 15 mars 2000

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