Des espaces vivants et habités au service du développement durable





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Financement du parc

L’Etat finance à hauteur de 30 millions d’euros les parcs naturels. Le parc naturel national des Ecrins touche environ 7 millions de subventions de l’Etat et 0,5 million de la région. Quelques parcs bénéficient aussi de mécénats (Total).

Le réseau alpin des espaces protégés

Ce réseau s'est créé en 1995 sous l'impulsion de la France et particulièrement du Parc Naturel National des Ecrins. Celui-ci a créé en 1997 une mission d'animation de ce réseau. L'objectif de ce réseau est de favoriser les échanges et de rassembler plus de 300 espaces protégés alpins. Un comité de pilotage international qui réunit les représentant des zones protégées des huit pays alpins fixe des objectifs dans plusieurs domaines :

  • Protection et gestion des espaces protégés

  • Développement d'un tourisme maîtrisé en cohérence avec les logiques de développement économiques territorial et la conservation du patrimoine.

  • Soutien d'une agriculture et d'une sylviculture de qualité compatible avec le maintien de la biodiversité et des paysages.

  • Information du public sur les enjeux de la protection des espaces naturels.

Le Réseau alpin des espaces protégés travaille avec le réseau Europarc (Fédération des parcs naturels et nationaux d'Europe)

Le Parc Naturel National des Ecrins participe aux travaux de l'Union Mondial Pour la Nature (UICN).

c) L'agriculture dans le parc naturel National des Ecrins

  • L’agriculture de montagne

En 1988, 3249 personnes (11% de la population totale, 16% des actifs) vivent sur 1021 exploitations et exploitent 24300 hectares. Aux handicaps naturels dus au climat, à l'altitude et à la pente s'ajoutent les petites superficies des exploitations (23,5hectares en moyenne). Du fait de ces difficultés, cette agriculture de montagne, voire de haute montagne, est souvent en limite de rentabilité. Les trois quarts des exploitations pratiquent l'élevage, notamment l'élevage ovins-viande et bovins-viande. La taille des troupeaux est relativement importante, environ 220 brebis ou 30 vaches. Peu de produits sont transformés. Malgré tout, l'agriculture occupe encore une place importante dans l'activité rurale. Pour vivre, les agriculteurs deviennent pluriactifs et se procurent des revenus extérieurs grâce au tourisme et aux activités de services. Le nombre d'exploitations a baissé de près de moitié entre 1970 et 1988 et les perspectives de succession sont plutôt sombres. Jusqu'ici les exploitants restants ont réussi à reprendre les terres de ceux qui partaient en développant leur élevage bovin et ovin. (chiffres du Cemagref et du Cerpam)

Dans les alpages, les effectifs de bovins se maintiennent et ceux d'ovins augmentent, tandis que les surfaces pastorales utilisées diminuent. Il en résulte une augmentation de la charge pastorale sur certains alpages. De gros troupeaux d'ovins (2000 bêtes) sont aujourd'hui estivés. Ceux-ci sont gardés par un berger, tandis que de très petits troupeaux (300 bêtes) sont libres. Le gardiennage permet de maintenir la ressource fourragère et la composition floristique en équilibrant la pression de pâturage entre les quartiers de début d'estive et les quartiers d'août. L'Opération locale agri-environnement sur le territoire du Parc national permet de contractualiser des pratiques agri-environnementales pour obtenir une meilleure diversité biologique des milieux pastoraux et des prairies fauchées d'altitude.

  • Vers une agriculture durable

Pour être durable, l'agriculture doit être rentable économiquement pour ceux qui en vivent et supportable pour les espaces qu'elle exploite. Les mesures agri-environnementales et, à partir de 2000, les Contrats Territoriaux d'Exploitation (CTE), permettent de concilier le soutien de l'activité agricole et la mise en œuvre de pratiques favorables à la diversité biologique dans le territoire des Écrins, en apportant des revenus complémentaires aux agriculteurs; 139 contrats ont été signés par les agriculteurs, de 1994 à 1996: 55 contrats concernent 25000ha d'alpages, 71 contrats (740ha) de prairies naturelles fauchées et 28 contrats (128ha) de pâturages d'intersaison. Une convention de partenariat signée en 1998 par le Parc national des Écrins et les Chambres d'agriculture des Hautes-Alpes et de l'Isère concrétise cette prise de conscience. Les partenaires s'engagent à soutenir l'agro-pastoralisme, à mettre en place des actions pour maintenir la diversité paysagère et biologique, valoriser les produits agricoles de qualité, aider à l'installation, à la diversification des activités et à participer aux actions de coopération transnationale.

  • Une charte en construction

Il existe un label « dans les écrins » pour les gîtes, le nom du parc est déposé, mais dans la zone périphérique, la gestion est très difficile. Grâce à la charte, tout ceci va changer, il va y avoir des consultations pour obtenir des avis conformes. Tout sera mieux encadré.

d) Relations avec les populations locales et le rôle de sensibilisation du Parc.

Lors de la mise en place du Parcs Naturel National des Ecrins, comme très souvent, il y a eu des oppositions. Surtout avec les agents de terrains aux contacts des populations. Au cours des années, les locaux (agriculteurs) se sont aperçus des côtés bénéfiques du parc notamment grâce au tourisme vert, au tourisme rural. Cela dit des problèmes subsistent encore.

Gestion de la chasse et de l’agriculture :

La chasse est strictement interdite dans la zone centrale. Dans la zone périphérique, elle est autorisée d’autant plus que le nombre de chamois est extrêmement important.

Dans la zone périphérique (seulement deux habitants permanents) l’agriculture n’a pas de réelle contrainte sur ses pratiques, excepté pour la construction des bâtiments et l’aménagement de leurs terrains. La charge d’animaux en estive est limitée mais ce n’est pas trop respecté.

Il existe des contrats agro-environnementaux qui encouragent des pratiques respectueuses de la biodiversité (et qui sont rémunérées) comme les contrats d’alpages.

Actuellement, une nouvelle loi impose beaucoup plus de concertations avec les communes locales dans les zones périphériques. Il doit y avoir un développement conjoint.

Accueil des visiteurs et pédagogie:

Le parc travaille beaucoup avec des classes provenant des écoles locales (dans la zones périphérique) mais également des écoles non locales séjournant dans la zones périphériques plusieurs jours.

Les classes ont les plus souvent un projet qui dure toute l’année. Les projets ponctuels sont plus rares. En 2006, 4500 scolaires locaux ont participé à des projets, et 6500 scolaires transplantés. Des petites animations leurs sont proposées, , les élèves sont également sensibilisés sur de nombreux sujets . Il y a également de nombreux projets pédagogiques à distance (internet)

Le public familial correspond environ à 11000 personnes.

Le parc, en 2006, a également travaillé avec une centaine d’étudiants et 1000 professionnel (berger, guide…) dans le cadre de formations.

B. Description des parcs naturels péruviens.

1. Les zones naturelles protégées péruviennes Qu’est-ce qu’une zone naturelle protégée ?

Il s’agit d’espaces continentaux et/ou marins du territoire national reconnus, établis et protégés légalement par l’Etat. Ces espaces sont importants pour la conservation de la biodiversité et des valeurs associées d’intérêt culturel, paysager et scientifique. La préservation de ces espaces contribue au développement durable du pays car ils abritent diverses ressources naturelles qui sont une importante source de nourriture ou de produits à valeur économique. Ces espaces sont aussi une source permanente d’eau permettant aux populations alentours de réaliser des activités productives.

Des zones naturelles protégées gérées par l’ INRENA et le SINANPE

  • Qu’est-ce que l’INRENA ? Il s’agit de l’Institut National des REssources NAturelles.

C’est un organisme public décentralisé du Ministère de l’Agriculture, créé en 1992, chargé de réaliser les actions nécessaires pour :

- l’exploitation durable des ressources naturelles renouvelables

- la protection de l’environnement rural et de la conservation de la biodiversité sauvage

Ces actions sont menées au moyen d’ordonnances territoriales et d’une gestion intégrée par bassin.

En tant qu'autorité nationale, l’INRENA doit travailler en relation avec les gouvernements régionaux et locaux, la société civile et les institutions publiques et privées.

  • Qu’est- ce que le SINANPE ? Il s’agit du Système National des Aires Naturelles Protégées Par l’Etat.

Le SINANPE représente une Superficie de 19 084 510 ha soit 15% de la superficie du Pérou. Il comprend 60 zones naturelles protégées.

Les objectifs du SINANPE sont de conserver un échantillon représentatif de la biodiversité péruvienne et de contribuer au développement durable du pays à travers la gestion efficace des zones naturelles protégées.

L’intendance des zones naturelles protégées de l’INRENA est l’organe chargé de la gestion des ZNP qui forment le SINANPE. Il doit également superviser les zones qui ne font pas partie de ce système : zones de conservation régionale, municipale et privées (notamment dans les zones d’amortissement).

Catégories de zones naturelles protégées du SINANPE

* Les zones naturelles d’usage indirect

Ce sont des zones de protection intangible, où l’exploitation des ressources naturelles ou la modification du milieu naturel sont interdites. La recherche scientifique non manipulatrice, les activités touristiques récréatives, éducatives et culturelles y sont autorisées selon des conditions très réglementées.

Dans ces zones naturelles d’usage indirect on trouve :
Le Parc national :

Crée dans des zones représentatives des grandes unités écologiques du Pérou. Un parc national assure la protection :

- de l'intégrité écologique d'un ou plusieurs écosystèmes

- des associations de faune et de flore sauvages

- des processus évolutifs

- des caractéristiques culturelles et paysagères.
Le Sanctuaire national :

Permet la protection de l'habitat d'une espèce ou d'un biotope d'importance nationale (intérêt scientifique et/ou paysager).
Les Sanctuaires historiques :

En plus de protéger des espaces dont la valeur naturelle est importante, ces zones constituent l'environnement du patrimoine archéologique du pays et des lieux où se sont déroulés des faits remarquables de l'histoire nationale.
* Les zones naturelles d’usage direct

Ces zones permettent l’utilisation des ressources naturelles et ce prioritairement par les populations locales. Cependant l’utilisation des ressources doit suivre les directives d’un plan approuvé et supervisé par les autorités nationales compétentes.

Dans ces zones naturelles d’usage direct on trouve :
La Réserve nationale :

Une réserve nationale permet la conservation de la diversité biologique. L'utilisation durable des ressources de la flore et de la faune sauvage est autorisée si elle suit un plan de conduite précis, à l'exception de l'exploitation du bois à des fins commerciales (menuiserie...).
La Réserve communale :

Elle permet la conservation de la faune et de la flore silvestre. L’utilisation et la commercialisation des ressources par les populations rurales voisines sont autorisées, suivant un plan de conduite approuvé et supervisé par les autorités.

Le Refuge de vie sauvage :

Il subit une intervention active de l’homme pour le maintien et la restauration d'habitats et d'espèces déterminées. L'utilisation commerciale des ressources naturelles est interdite si elle altère l’habitat.
La Réserve de chasse :

Une réserve de chasse est constituée de zones destinées à l'exploitation de la faune sauvage par la pratique régulière de la chasse.
La Réserve paysagère :

Assure la protection des milieux montrant une relation harmonieuse entre l'homme et la nature. L'utilisation traditionnelle des ressources naturelles, les installations humaines, les activités touristiques ou les expérimentations scientifiques y sont autorisées.



La Forêt de protection :

Elle permet une protection contre l'érosion des terres fragiles (bassins d'altitude collecteurs d'eau, rives des fleuves et d'autres cours d'eau). L'utilisation des ressources et le développement d’activités sont possibles s'ils n'affectent pas la couverture végétale, les sols fragiles et les cours d'eau.
A ces zones naturelles d’usage direct s’ajoutent trois zones un peu plus spéciales :
Les Zones réservées :

Les zones réservées sont établies de manière transitoire, sur des zones réunissant les conditions pour être considérées comme des espaces naturels protégés et qui requièrent la réalisation d'études complémentaires.
Les Zones d'amortissement :

Chaque zone naturelle protégée est entourée d'une zone d'amortissement, qui requiert un traitement spécial pour garantir l'accomplissement des plans de conservation.

Les activités réalisées dans la zone d'amortissement ne doivent pas mettre en danger l'intégrité de la zone naturelle protégée.

Y sont encouragés : l'écotourisme, le contrôle et la sauvegarde de la flore, la faune et l'habitat, la recherche, le développement de systèmes agroforestiers...

Les Zones de transition On y trouve les populations et les institutions.

Carte des zones naturelles protégées péruviennes

2. Gestion d'une ZNP, l'exemple du parc national Huascaran

a) Historique de la création du parc

Il existe sur le site du parc national Huascaran une présence humaine depuis des milliers d’années : en témoignent plusieurs sites archéologiques, des vestiges de cultures en terrasse et de canaux d’irrigation.

Au moment de la colonisation du Pérou par les espagnols on assiste à la mise en place de grandes plantations dans la région, avec l’apparition de la notion de propriété privée.

Au XIXème siècle les populations indigènes se plaignent des taxes qui leurs sont infligées, parfois même lorsqu’elles ne sont plus propriétaires de leurs terres. Elles finissent par se révolter contre les propriétaires terriens et récupèrent leurs biens.

En 1960 Augusto Guzman Robles, un sénateur d’Ancash, propose une loi au Congrès pour protéger cette zone. Pour la première fois la notion de « Parc National Huascaran » apparaît.

En 1963 le service de la Chasse et des Forêts propose le projet du « Parc National de la Cordillère Blanche », qui protègerait 321 000 ha du territoire.

En 1966 une résolution ministérielle interdit l’exploitation du bois et la chasse dans toute la cordillère blanche. C’est le premier acte concret en faveur de la protection de la zone.

L’activité agricole sur le site du parc se poursuit, elle est marquée par la réforme agraire de 1969.

En 1975 le Décret Suprême 0622-75-AG crée officiellement le Parc National Huascaran, avec la surface actuelle de 340 000 ha.

En 1977 le parc national Huascaran est reconnu Réserve de Biosphère par l’UNESCO, puis en 1985 Patrimoine Naturel de l’Humanité par l’UNESCO. Le parc national acquiert alors un statut international.

En 1990 la résolution 087-90-AG/DGFF approuve le premier Plan d’Action, c’est à dire le document le plus important pour une zone naturelle protégée. Ce Plan d’action est un planning de la gestion du parc.

Enfin en 2001 la Résolution n°317-2001-INRENA établit les limites de la zone de transition, qui étaient floues jusque là.

Présentation du Parc National Huascaran

Création du parc national Huascaran le 1er juillet 1975.

Reconnu Patrimoine Naturel de l'Humanité par l'UNESCO en 1985.

Localisation : 340 000 hectares au NW du Pérou, dans le département d'Ancash.

Le parc national Huascaran fait 158 km de long sur 20 km de large. Il englobe 10 provinces dont la province de Huaylas que nous avons visitée. Il englobe également toute la Cordillère Blanche et particulièrement le Huascaran (6768m).

Le parc national Huascran a été créé afin d’assurer la protection et la conservation :

  • de la flore (orchidées, queñua...) et de la faune sauvage (ours, vigogne, condor, puma...)

  • des formations géologiques (296 lacs d'altitude, 30 glaciers de plus de 5000m...)

  • de la qualité et de la quantité de l’eau (stabilité du cycle de l’eau)

  • des restes archéologiques et des paysages

b) Les zones actuelles du parc national Huascaran :

* noyau protégé pour les futures générations, il présente 5 zones :

Zone de protection stricte : uniquement réservée à la recherche et à la conservation de la faune et de la flore. Pas de visiteurs.

Zone sauvage : glaciers, lacs, tourisme d'aventure. Pas d'infrastructures.

Zone d'utilisation touristique : tourisme conventionnel, encadré par un guide.

Zone d'utilisation spéciale : l’activité humaine y est autorisée si elle existait déjà avant la création du parc (pâturages, mines…).

Zone de récupération : ayant subi des dommages importants, reforestation.

* zone d'amortissement, qui amortit les impacts des populations agricoles sur le parc

* zone de transition où se situent les villes et les villages

C) Le premier Plan d’Action du parc national Huascaran

Ce plan d’action a été proposé par l’office général des forêts et de la vie sauvage du Ministère de l’Agriculture. Il a été approuvé le 26 juillet 1990 et a coûté 100 000 $.

Un plan d’action est élaboré de manière participative et sensé être révisé tous les 5 ans. Ce ne fut pas le cas pour le premier plan d’action du parc national Huascaran qui n’a subit aucune modification entre 1990 et 2001.

Un plan d’action définit les zones, les stratégies et les politiques de gestion du parc. Il inclut l’organisation, les objectifs et les plans et programmes de gestion spécifiques. Il devrait posséder une section consacrée à la coordination, la coopération et la participation pour faciliter la gestion du parc. Il devrait également prendre en compte les particularités spécifiques de chaque zone.

Les principaux objectifs du premier Plan d’Action étaient la conservation de la biodiversité , la recherche et la contribution au développement des communautés alentours. Pour cela il établissait 5 zones :

Zone restreinte : intervention humaine minimum, recherche scientifique

Zone primitive : activités n’altérant pas l’environnement

Zone de récupération : restauration de sites altérés

Zone récréative : activités touristiques, infrastructures pour accueil du public

Zone de service : infrastructures pour l’administration, la recherche

Il proposait de développer l’éducation environnementale, l’écotourisme et les loisirs, les relations publiques et l’ecodéveloppement des communautés alentours. Ces idées ont été incorporées et revues dans le Plan d’Action de 2003-2007.

Le Plan d’Action de 1990 précise que 74 familles (soit 350 personnes) vivent à l’intérieur du parc. En 2007 on en dénombre 200 (soit 850 personnes) dans le parc, ainsi que 50 communautés dans la zone de transition soit 6000 habitants. Ces chiffres sont très approximatifs dans la mesure où il ne sont pas basés sur un recensement.

Ces personnes habitant dans le parc national Huascaran et dans la zone de transition vivent dans une extrême pauvreté, leur production agricole et techniques culturales utilisées restent rudimentaires. Nous avons décidé de rencontrer une des communautés de la zone de transition lors de notre séjour à Caraz.

d) Rencontre avec la communauté de Santa Cruz le 23/04/2007

Etat des lieux

La communauté de Santa Cruz est représentative des problèmes humains et relationnels qui peuvent se poser lors de la création d’un parc national sur un site où des activités agricoles existaient avant l’implantation de la zone naturelle protégée.

Les habitants de la communauté de Santa Cruz rejettent l’autorité de l’INRENA, qui gère le parc et tente de limiter les pratiques agricoles ou les activités humaines qui détériorent la zone. Etant présents sur le site avant l'implantation du parc en 1975, ils bénéficient d’une autorisation spéciale pour utiliser les ressources naturelles et n’acceptent pas qu’on limite le pâturage de leurs troupeaux ou l’étendue et la localisation de leurs parcelles cultivées.

En effet, ils possèdent des terrains situés dans le noyau du parc ou en bordure, dans la zone d’amortissement. Ils y cultivent des tubercules (papa, oca, olluco) et des céréales (maïs, blé, quinoa). La plupart d’entre eux ne connaissent pas les limites du parc, voire même son existence ! Ils continuent donc de fonctionner de la même façon que lorsque le parc n’existait pas : s’ils ont besoin de bois pour se chauffer ou cuisiner ils coupent des arbres pourtant protégés, ils

laissent aller leurs troupeaux (environ 700 têtes) dans la zone d’usage spécial… Ceci non pas par désir de nuire mais bien par nécessité pour survivre et par manque d’information.

Les décisions concernant l'agriculture prises lors d'assemblées avec le Président de la communauté. Les rapports entre les autorités qui gèrent le parc et la communauté de Santa Cruz sont houleux et dus à une mauvaise communication et une absence de sensibilisation à l’environnement. Le parc leur a été imposé sans concertation et personne ne leur a expliqué son intérêt en matière de préservation de la biodiversité. Les villageois considèrent les ingénieurs de l’INRENA comme des citadins qui ne connaissent rien à l’agriculture et à la forêt… et les autorités compétentes pensent que les villageois sont des analphabètes incultes. Dans ces conditions la situation n’est pas prête de s’améliorer !

D’autant plus depuis que la communauté de Santa Cruz délaisse petit à petit l’agriculture traditionnelle pour se tourner vers un secteur beaucoup plus lucratif depuis la création du parc : le tourisme. Chaque année des milliers de touristes visitent le parc. La communauté de Santa Cruz leur propose porteurs, matériel et guides pour randonnées ou treks. Cette source de revenu est directe et fiable, pas besoin d’attendre la récolte pour avoir de l’argent.

En plus de proposer hommes, animaux et matériel pour les treks, la communauté contrôle les entrées et récupère l’argent normalement versé à l’INRENA pour pénétrer dans le parc. Argent dont ils ne bénéficieraient jamais si l’INRENA l’encaissait… mais qui fait défaut à l’INRENA pour entretenir les zones naturelles protégées, augmenter son personnel et notamment le nombre de gardes forestiers pour contrôler les pratiques agricoles des populations habitant au bord du parc et des touristes. La communauté de Santa Cruz argumente en précisant qu’en contrepartie de l’argent qu’elle touchent, elle entretient la zone et empêche sa dégradation. Cette situation alimente le conflit qui existe déjà entre la communauté de Santa Cruz et l’INRENA…

L’abandon de l’agriculture au profit du tourisme pose un autre problème : les agriculteurs louent désormais leurs terres à de grosses entreprises qui font de la culture d’exportation (artichauts, fleurs…). Pour intensifier leurs rendements, ces entreprises utilisent des pesticides et autres produits phytosanitaires dans la zone d’amortissement du parc sans raisonner leur application. Légalement, ces pratiques sont interdites, pourtant elles ont lieu en toute impunité… Manque de contrôles de la part de l’INRENA ? Problèmes de corruption ? Nous avons été alarmés par cette situation, d’autant plus qu’aucune étude d’impact sur la nappe phréatique n’est menée, alors que de nombreux habitants et animaux commencent à souffrir de maux de ventre…

Quand nous avons mentionné ce problème d’agriculture productiviste à Mr René Valencia de l’INRENA de Huaraz, qui nous a fournit de précieuses informations sur le parc, il nous a soutenu que de telles pratiques n’existaient pas.

Il semble donc que la gestion du Parc National Huascaran soit extrêmement complexe et entravée par le manque de moyens et d’hommes de l’INRENA. Le nouveau plan d’action du parc Huascaran devra améliorer l’aspect coordination, coopération et participation des populations vivant autour du parc pour améliorer sa gestion et réduire les coûts. La seule manière d’apaiser les conflits existants est de faire participer les ONG et les populations aux décisions qui concernent le parc, de tenir compte de leur avis tout en gardant en tête l’objectif de préservation de la biodiversité. Il faut également augmenter les effectifs de l’INRENA, afin d’augmenter les contrôles. Car outre les activités agricoles, l’activité touristique croissante commence à menacer le fragile équilibre du parc… Pollution, incendies et tourisme d’aventure détériorent les glaciers et la forêt, bouleversant les écosystèmes.
3.. Un exemple de réserve nationale : la réserve nationale de Paracas
Réserve nationale

Conservation de la diversité biologique. L'utilisation durable des ressources de la flore et de la faune sauvage est autorisée si elle suit un plan de conduite précis, approuvé, supervisé et contrôlé par l'autorité nationale compétente.
Description

La réserve nationale de Paracas fut créée le 25 septembre 1975 par l'institut national de la culture, la police maritime, la capitainerie du port et l'INRENA (Décret Suprême Nº1281-75-AG). C'est la seule aire naturelle protégée qui comprend des territoires et éco-systèmes marins. En 1991, elle fut déclarée Réserve Régionale pour les oiseaux migrateurs, et intégrée au réseau RAMSAR en avril 1992.
La réserve se situe dans le département de Ica, province de Pisco, district de Paracas. Elle s'étend sur une superficie de 335 000 ha, dont 217 594 en milieu marin.
On retrouve 3 îles dans la réserve de Paracas, les Iles Ballestas. San Gallán est sous un régime de protection pure. Sur Santa Rosa et La Vieja, le guano est exploité. Au début de l'extraction intensive du guano, en 1970, la couche de gisement mesurait une trentaine de mètres d'épaisseur.
Faune

Ce qui caractéristique cette réserve est la grande diversité d'oiseaux qu'on y trouve, migrateurs ou locaux. Cette communauté se compose tout d'abord d'oiseaux se nourrissant de petits organismes de la zone intertidale. On retrouve des bécasseaux, le gravelot et le flamant du Chili. Il y a ensuite des oiseaux marins qui se nourrissent de petits poissons, mollusques et crustacés, avec le fou varié, le cormoran, le pélican et les sternes.
Les îles San Gallán et La Vieja sont enfin les uniques lieux de reproduction du Pétrel, oiseau lié au courant de Humboldt. Une autre espèce spécifique de ce courant est le pingouin de Humboldt. Ces deux espèces sont menacées d'extinction. On retrouve aussi le Condor et le vautour.
Plusieurs espèces de phoques sont présentes sur la réserve, ils utilisent certaines plages isolées pour se reproduire ou se reposer. Le dauphin est facilement visible. Sur la terre ferme, on peut voir entre autre le renard et la chauve-souris.
Des reptiles caractéristiques des zones désertiques comme le lézard et le geko sont observables.

Quelques tortues marines fréquentent les eaux de Paracas.
Flore

La flore du rivage est constituée en majorité d'halophytes. Les eaux présentent une grande diversité d'algues. Certaines sont comestibles et utilisées par les pêcheurs et la faune de la réserve.
Objectifs

Conserver l'éco-système marin qui présente une forte concentration d'oiseaux, poissons et mammifères, avec une protection spécifique pour les espèces menacées.

Conserver le patrimoine culturel et historique.

Développer des techniques de pêche (avec l'Institut de la Mer).

Implanter des infrastructures pour le loisir et l'éducation.

Contribuer au développement économique de la région.

Protéger la diversité biologique, aux ressources culturelles, la beauté des paysages.
Problèmes

Les pêcheurs ont le droit de pratiquer leur activité car ils étaient là avant la création de la zone protégée. Pour les 2500 pêcheurs, 10 % de la pêche est pour la subsistance, le reste est pour la vente.
Cependant il existe des restrictions sur :

  • les techniques de pêche :

interdiction de placer un filet dans l'océan et de ramener tout son contenu vers la plage à l'aide de voitures. Pour la perche la taille des mailles du filet est réglementée,

interdiction d'utiliser des moto bombas (pompes qui puisent de l'eau de mer et par pression font sortir les mollusques du sable).

  • la quantité de poissons pêchés. Mais les pêcheurs tentent toujours de contourner les lois. La police maritime aide à protéger la zone, ainsi que des agents de l'INRENA qui surveillent. La réserve ne peut actuellement pas sanctionner les fraudeurs, car il n'y a pas de règlement spécifique. Des modifications de ce règlement sont à l'étude.

  • Les espèces pêchées : problème de capture d'espèces protégées par les pêcheurs (pingouins, dauphins, tortues, oiseaux) pour manger ou pour la contrebande. C'est principalement pour les protéger que la réserve a été créée.


De nombreux pêcheurs s'opposent à la création de cette réserve car elle limite leurs activités. Institut de la Mer propose des formations aux pêcheurs pour changer leurs habitudes et les aider à s'adapter (ressources, nouvelles techniques...)

Une éducation environnementale est effectuée dans les écoles, à l'aide de marionnettes pour mieux faire passer le message aux enfants.

Il n'y a normalement pas d'agriculteurs sur la réserve mais ils envahissent l'aire (paprika pour exportation, luzerne pour bétail). Des procédures légales sont en cours pour les expulser, avec un recours aux lois du ministère de la pêche et du tourisme. En tout on trouve 6 agriculteurs sur l'aire, tous en procès car ils ne sont pas des agriculteurs ancestraux.
Beaucoup de gens ne savent pas que Paracas est une zone naturelle protégée. Il existe une interdiction de construire, mais quelques personnes qui ont beaucoup d'influence politique et financière et qui avaient des terrains avant la création de la réserve construisent de grandes villas. C'est la raison pour laquelle la réserve ne peut obtenir le statut de parc.
4. Un exemple de réserve nationale : la réserve nationale de Paracas
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