Déclaration de politique de lutte contre le vih/sida au Mali





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Déclaration de politique de lutte contre le VIH/SIDA au Mali








Présidence de la République
       ------
Haut conseil national de lutte contre le Sida
  ------
Secrétariat exécutif

Déclaration de politique de lutte contre le Vih / Sida au Mali
« Lutter contre le Vih / Sida, c'est investir dans le développement durable. »

Adoptée par le Gouvernement le 7 avril 2004

Sigles et abréviations

Afas : Association Féminine d'Assistance et de Soutien aux veuves et orphelins du Vih / Sida
Amas : Association Malienne d'Assistance et de Soutien aux personnes vivant avec le Vih / Sida Arcad  Sida
Arv : Anti-rétroviraux
Bad : Banque africaine de développement
Cfao : Compagnie française d'Afrique occidentale
EDSM-3 : Etudes démographique et santé Mali 3
Icasa 2
Imaarv : Initiative malienne des anti-rétroviraux
Ist : Infections sexuellement transmissibles
Map : Projet Multisectoriel de lutte contre la Sida
Ong : Organisation non gouvernementale
Onusida : United nations programm on Hiv / Aids
Pme / Pmi : Petites et moyenne entreprises
Pnb : Produit national brut
Pnls : Programme National de lutte contre le Sida
Prodess : Programme de développement sanitaire et social
Pppte : Pays Pauvres Très Endettés
Pv Vih : Personnes vivant avec le Vih.


Sommaire

Préambule
Introduction
1. Le contexte et justification
1.1 L'évolution et l'ampleur de l'épidémie du Vih / Sida au Mali sont très préoccupantes.
1.2 Les déterminants de la propagation des Ist / Vih / Sida sont connus
1.3 Les réponses nationales à l'épidémie du Vih / Sida s'adaptent à son évolution.
1.4 Les éléments de justification
2. Les objectifs stratégiques
2.1 Objectif général
2.2 Objectifs spécifiques
3. Les domaines prioritaires et stratégie
3.1 La prévention
3.2 La surveillance épidémiologique
3.3 L'accès au traitement, aux soins et au soutien
3.4 L'éthique, droits et Vih
3.5 La formation, les études et recherche
3.6 La mobilisation des ressources
3.7 Le suivi et évaluation
3.8 Le partenariat.
4. Le cadre institutionnel et rôle des acteurs
4.1 Le Haut Conseil national de lutte contre le Sida (Hcnls)
4.2 Le cadre de concertation décentralisée:
4.3 L'organisation de la lutte au niveau du secteur privé
4.4 L'organisation de la lutte au niveau de la société civile
4.5 Le rôle des acteurs
5. La mobilisation des ressources, gestion programmatique, suivi – évaluation
5.1 Mobilisation des Ressources financières
5.2 Gestion programmatique
5.3 Mécanismes et modalités de gestion
5.4 Suivi et évaluation

 


Préface

 

Chers compatriotes, le Sida est une réalité au Mali. Je vous invite tous à vous joindre à l'effort national pour combattre ce fléau considéré comme une redoutable pandémie à l'échelle planétaire.
Selon la dernière enquête démographique et de santé réalisée au Mali en 2001 (EDS 3), le taux de séroprévalence dans notre pays est de 1,7 %. Cette moyenne nationale, peut paraître faible en comparaison avec d'autres pays africains, mais ce chiffre ne doit pas nous tromper sur la vraie nature du mal car il ne reflète pas les graves disparités, avec des taux particulièrement élevés chez les groupes à risques.
Certains pays africains qui avaient, il y a quinze ans, des taux analogues au nôtre, faute d'avoir pris des dispositions stratégiques sous-tendues par des décisions énergiques, se trouvent aujourd'hui avec des taux dépassant 30 %, soit plus d'une personne sur trois infectée par le virus du Sida.
D'importants segments de notre société, comme par exemple nos concitoyens qui sont d'une grande mobilité interne et externe, l'écrasante majorité de notre jeunesse très peu au fait des dangers du fléau ou le déniant, l'immense couche des populations vivant dans les zones rurales et dans des zones de conflit situées à nos frontières, constituent autant de groupes à risque. Les causes profondes du mal résident dans la dégradation des mœurs favorisée par un environnement de pauvreté et d'ignorance. Tous ces facteurs doivent nous inciter à une mobilisation permanente dans le cadre d'une action volontariste et vigoureuse tendue vers la lutte sans répit contre ce mal et ses causes structurelles.
Je ne doute pas un seul instant que tous nos compatriotes, sans exception, apprécieront à sa juste mesure ma décision d'assurer gratuitement l'accès aux antirétroviraux à tous les malades du SIDA. Cela fait ainsi du Mali le 3ème pays africain, après le Malawi et le Sénégal, à avoir pris une initiative aussi courageuse mais combien nécessaire aujourd'hui, dans un pays où les malades n'ont pas les moyens de se soigner correctement eu égard au coût excessivement élevé du traitement. 
Par ce geste, nous voulons administrer la preuve qu'au Mali la notion de devoir de solidarité nationale n'est pas un concept vain. Nous voulons surtout convaincre nos concitoyens victimes de la maladie et leurs proches qu'ils ne sont pas seuls à se battre. Nous voudrions les assurer que tout le peuple malien est déterminé à les soutenir.
Je lance un appel particulièrement pressant à tous les Maliens pour qu'ils acceptent d'admettre que le dépistage systématique et volontaire est un devoir de salut public. Ceci témoigne de la prise de conscience et du sens de la responsabilité de chaque citoyen par rapport à notre commune volonté à faire barrage au fléau dans l'intérêt de tous mais surtout dans celui des générations futures qui ne nous pardonneront pas notre coupable indifférence.
J'invite toutes les composantes de la société nationale, les acteurs du secteur public, du secteur privé et de la société civile à s'approprier cette déclaration de politique et à se mobiliser pour agir en synergie pour sa mise en œuvre.
J'ai décidé de mettre en place, dans un souci de rationalité, des structures pour prendre à bras le corps cette gigantesque tâche qu'est la lutte sans répit contre le Sida.
 Je demande à tous et à chacun d'apporter son concours aussi spontanément que possible pour la réussite de leur noble mission. Cet effort national de lutte contre le Vih / Sida a un coût budgétaire élevé au regard des besoins de développement actuels du pays; mais la valeur de la vie humaine ne vaut-elle pas tous les sacrifices?
Je voudrais, au nom de tous les Maliens, remercier vivement toutes les personnes de bonne volonté, les donateurs et tous les partenaires qui nous accompagnent et nous appuient au quotidien dans cette lutte. .
Enfin, j'invite les membres du gouvernement, les responsables des institutions de la République, les autres responsables nationaux, la classe politique dans son ensemble, les opérateurs économiques privés, les autorités religieuses, les organisations et associations non gouvernementales, les communautés à s'engager avec détermination pour relever ce défi national.
En agissant résolument ensemble, nous parviendrons à des résultats déterminants dans le combat sans merci contre le Sida.


Le Président de la République,

Amadou Toumani Touré


Préalable

Aujourd'hui le Sida n'est pas seulement une maladie; il est devenu un important problème de développement voire un fléau national. A ce titre, sa gestion devient une mission nationale, hautement prioritaire et d'une grande portée stratégique pour notre pays.
Avec le paludisme, il est devenu une des premières causes de morbidité et de mortalité. Il pourrait constituer à terme une menace pour la stabilité et la survie de notre pays, parce que touchant les jeunes, les femmes et les institutions comme c'est déjà le cas dans certains pays africains (éducation, armée, agriculture, mines, industries, etc.).
Dans ces pays où le taux de séroprévalence dépasse les 30%, où une personne sur trois est contaminée, la base de la vie sociale à savoir la famille est détruite et c'est l'existence même de l'Etat qui est menacée. Il y a 15 / 20 ans, ces pays avaient les mêmes taux de séroprévalence que ceux du Mali d'aujourd'hui, et pour n'y avoir pas fait le bon choix, ni pris les décisions appropriées, des générations ont été condamnées.
Pour ne pas tomber dans ces travers et prendre cette responsabilité lourde de conséquence devant l'histoire, les autorités maliennes ont depuis longtemps accordé une certaine priorité à la lutte contre le sida aujourd'hui devenu un défi majeur et une préoccupation permanente pour les gouvernants. Il occupe de ce fait une place de choix dans toutes les politiques et stratégies nationales de développement mises en place ces dernières années. Ainsi l'étude prospective nationale Mali 2025, la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté et le cadre stratégique de Lutte contre la Pauvreté ont retenu la lutte contre le Vih / Sida comme un des axes stratégiques prioritaires de lutte contre la pauvreté.
Par ailleurs le Mali a toujours été partie prenante à toutes les grandes conférences et rencontres sous régionales, régionales, et internationales sur la lutte contre le Vih / Sida. Il a accepté les décisions prises, notamment :
- « la déclaration de Lomé sur le Vih / Sida en Afrique adoptée par la 36ème session ordinaire de la conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement tenue à Lomé (Togo) du 10 au 12 juillet 2000 ;
- « le consensus du plan d'action africain : un leadership pour vaincre le Vih / Sida en Afrique » adopté par le forum pour le développement de l'Afrique Cea 2000
- « La déclaration » d'Abuja sur le Vih / Sida, la tuberculose et les autres maladies infectieuses connexes adoptée lors du Sommet africain d'Abuja au Nigeria tenue du 24 au 27 Avril 2001
-  « la Déclaration d'engagement sur le Vih / Sida adoptée par la session extraordinaire de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur le thème du 25 au 27 juin 2001»
- les principes directeurs de la coordination de la lutte adoptés lors de la Conférence internationale sur le Vih / Sida (Icasa 2) tenue au Kenya en septembre 2003 « Une seule stratégie nationale de lutte contre le Sida un seul organe de coordination fort, et un seul mécanisme de suivi - évaluation ».
Depuis le premier cas de Sida diagnostiqué au Mali en 1985 le pays a mis en place et exécuté plusieurs programmes de lutte contre ce fléau, dont trois plans à court et moyen terme (1987-1988), (1989-1993) et (1994-1998) et un plan stratégique national (2001-2005) sous la responsabilité du ministère de la santé avec l'appui d'autres départements ministériels, la société civile, quelques privés, et les partenaires au développement.
Les résultats atteints en terme de réponse nationale, de personnes traitées ou supportées, de développement de capacité, de formation de cadres, de créations institutionnelles et de structures, de capitalisation d'expériences, et de moyens financiers mobilisés et dépensés sont relativement très importants, mais malheureusement très insuffisants au regard de l'évolution sournoise du fléau dans le pays.
En effet, les résultats de l'EDSM-3 (2001) ont mis en évidence une prévalence de 1,7% avec une estimation de 170.000 personnes vivant avec le VIH, 45.000 orphelins et 10.304 cas de sida notifiés de 1985 à 2002. Au delà de ce taux de prévalence dans la population générale, le cas de certains groupes vulnérables constitue une préoccupation majeure : professionnelles du sexe, les transporteurs routiers, les populations migrantes, populations rurales et les enfants. Les résultats d'autres enquêtes spécifiques restent significatifs quant aux stratégies et décisions que nous sommes amenés à prendre. Il s'agit notamment de 3 % (source : Pnls : Sites sentinelles de la surveillance épidémiologique, 2003) et surtout 49 % de prévalence des Ist / Vih / Sida chez les professionnels du sexe à Ségou (Pnls – Cdc – Inrsp, Enquête ISBS, 2001).
Au vu des résultats de l'enquête démographique de santé de 2001 (EDS 3), on peut estimer le taux de séroprévalence général à 1,7 %, cela ne semble pas à priori très alarmant ; mais la situation reste particulièrement préoccupante car : i) 3 / 4 des jeunes maliens ne croient pas que le sida constitue une menace sérieuse de santé, ii) certains groupes de populations à haut risque ont des taux de séroprévalence très élevés, par exemple : 30 % chez les professionnelles du sexe, plus de 10% chez les camionneurs, et iii) l'immigration et la mobilité régionale peuvent être des facteurs de dégradation rapide des taux de séroprévalence pour atteindre ceux des pays voisins.
Après ces constats, et même si le taux de séroprévalence ne semble pas alarmant (1,7 % EDSM 3 2001), la nécessité pour le Mali de passer à la vitesse supérieure s'impose.
Notre vision et notre choix stratégique volontariste exprimés dans l'étude « Prospective nationale Mali 2025 », ainsi que dans les engagements pris lors des conférences régionales ou internationales, nous interpellent à réagir vigoureusement et à adopter « une attitude pro-active qui consiste à ne pas subir les évènements mais plutôt à les devancer et à agir pour provoquer les changements souhaités ».
Pour cela, il a été décidé d'élaborer une politique nationale de lutte contre le Vih / Sida pour y affirmer clairement notre vision, nos ambitions, nos stratégies et nos moyens de lutte. Tous les segments de la vie nationale ainsi que les partenaires au développement doivent être impliqués dans toutes les phases de la lutte. Les moyens institutionnels seront redéfinis en conséquence.
La présente déclaration de politique nationale de lutte contre le Vih / Sida recommande d'assurer la gratuité des soins et des médicaments (Arv) à tous les malades sans distinction aucune, faisant du Mali le 3ème pays africain à avoir pris cette décision après le Malawi et le Sénégal (à la date du 7 avril 2004).


Introduction
La vision stratégique est celle d'une nation engagée, volontaire et acceptant avec courage ses responsabilités devant ce fléau ; ce qui implique que toutes les personnes acceptent le fait que le Vih / Sida affecte leur vie et leur travail. Elles prennent en compte le Sida en évaluant correctement et en agissant efficacement sur les facteurs de risque, de vulnérabilité et de l'impact du Vih / Sida qui les concernent ainsi que leurs familles et leurs communautés.
Cette vision repose sur les capacités d'un organe de coordination multisectoriel fort dont le rôle serait « de faire - faire ou d'inciter à faire » à travers la réalisation d'un partenariat avec tous les acteurs impliqués : le secteur public, le secteur privé et la société civile. Elle exige une mise en commun des énergies, des moyens et des expériences pour enrayer le fléau avec « une seule politique, un seul organe de coordination et un seul mécanisme de suivi/évaluation ».
La finalité de la politique nationale de lutte contre le Vih / Sida consiste à :
- soutenir les communautés pour réduire le risque et la vulnérabilité à l'infection,
- sauver des vies et soulager la souffrance humaine; et
- atténuer l'impact global de l'épidémie sur le développement.
Pour atteindre cette finalité, il faut prendre en compte les principes directeurs universels en matière de lutte contre le Vih / Sida. .
Ces principes directeurs sont fondés sur le respect, la protection et l'accomplissement des droits de la personne. Sa construction est articulée autour de cinq principes fondamentaux :
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