A – Contextualisation du texte de perec





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Albumania 2004-2005 « Je me souviens…. »

Etude de l’album

Je me souviens

Georges Perec – Yvan Pommaux

Hachette 1978 pour le texte,

Editions du Sorbier 1997 pour les illustrations
Document réalisé par Nicole FRAGA, conseillère pédagogique et

Catherine LAPOINTE, enseignante, pour l’étude graphique.

Contact : Nicole.Fraga@ac-nancy-metz.fr
A – Contextualisation du texte de PEREC

1 - Biographie

Georges Perec est né à Paris le 7 mars 1936. Ses parents étaient des émigrés d'origine juive polonaise. Il devient très tôt orphelin : son père est tué au front en juin 1940 ; sa mère ne reviendra pas d'Auschwitz où elle fut déportée en 1943.
Ces fractures de l'enfance laisseront en lui leur marque indélébile. De ses parents, il dira : « ... j'écris parce qu'ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l'écriture ; l'écriture est le souvenir de leur mort et l'affirmation de ma vie. » Ecrire restera toujours pour lui « essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose. »
A l'automne 1942, la soeur aînée de son père, Esther Bienenfeld, le fait venir à Villard-de-Lans où elle est réfugiée avec son mari et sa fille Ela. En 1945, il revient vivre à Paris chez son oncle et sa tante qui l'adopteront. Après avoir été lycéen à Claude-Bernard puis à Etampes, il entreprend des études d'histoire et de lettres vite abandonnées. Après son service militaire (1958 - 1959) et un séjour de plus d'un an en Tunisie, il rédige des notules pour la Nouvelle Revue française et les Lettres nouvelles et quelques textes d'esthétique littéraire dans Partisans.
En 1965, paraît Les Choses, qui connaît un vif succès et remporte le Prix Renaudot. Georges Perec ne cesse alors d'écrire avec une remarquable diversité d'inspiration, tout en travaillant pour gagner sa vie. Seront explorées des possibilités d'écriture romanesque aussi différentes que celle de Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?, Un homme qui dort, La Disparition (roman lipogrammatique écrit sans e), Les Revenentes (où la seule voyelle utilisée est le e), La Vie mode d'emploi (« romans » qui renouvelle de manière magistrale les façons et les enjeux du genre - prix Médicis 1978), Un cabinet d'amateur et « 53 jours » (inachevé).
Georges Perec s'est confronté à des champs d'expérience très larges : la poésie (Ulcérations, La Clôture, Alphabets), reposant sur des contraintes oulipiennes ; l'écriture autobiographique (La Boutique obscure, W ou le souvenir d'enfance - admirable synthèse de fiction et d'autobiographie -, Je me souviens) ; l'essai (Espèces d'espaces, Penser/classer) ; le théâtre (L'Augmentation, La Poche Parmentier).
En 1974, il adapte pour le cinéma et tourne avec B. Queysanne Un homme qui dort (prix Jean Vigo). A partir de 1976, il rédigera les « Mots croisés » de l'hebdomadaire Le Point.
Georges Perec meurt le 3 mars 1982 à l'hôpital Charles-Foix d'Ivry-sur-Seine des suites d'un cancer du poumon.
2 – « Je me souviens »

Georges Perec, définissait ses « Je me souviens » ainsi lors de leur parution, en 1978 :

« Ces “je me souviens„ ne sont pas exactement des souvenirs, et surtout pas des souvenirs personnels, mais des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d’un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées ; elles ne valaient pas la peine d’être mémorisées, elles ne méritaient pas de faire partie de l’Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d’Etat, des alpinistes et des monstres sacrés.
Il arrive pourtant qu’elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu’on les a cherchées, un soir entre amis ; c’était une chose que l’on avait apprise à l’école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, un air qui était sur toutes les lèvres, un hold-up ou une catastrophe qui faisait la une des quotidiens, un best-seller, un scandale, un slogan, une habitude, une expression, un vêtement ou une manière de le porter, un geste, ou quelque chose d’encore plus mince, d’inessentiel, de tout à fait banal, miraculeusement arraché à son insignifiance, retrouvé pour un instant, suscitant pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie. »



Résultat ? 480 « je me souviens », 480 moments ramenés à la surface de nos mémoires.
B- Etude du texte, thème et propos de l’album

Les 20 « je me souviens » choisis par Yvan Pommaux ne sont pas présentés dans l’ordre du texte de Perec ; ce dernier ne comporte pas en effet de chronologie véritable, on y trouve pêle-mêle des évocations de l’enfance ou des préoccupations qui concerneraient plutôt l’adolescence…

Pommaux a donc ordonné les « je me souviens » qu’il a sélectionnés pour permettre de construire une narration, projetant ainsi ses propres souvenirs dans les phrases de Perec.

Ces petits morceaux de quotidien, tels que les définit Pérec, appartiennent à ce qu’on pourrait appeler la micro histoire, que partage une génération donnée, sorte de monde référent qui se caractérise par son extrême banalité et sa légèreté. Pommaux a choisi les phrases en résonance avec sa propre vie et une présentation chronologique de ces phrases ;

Dans l’album, il a choisi :

- de préciser la situation d’énonciation : un vieil homme, à la terrasse d’un café, parle à deux enfants contemporains. Il donne au lecteur le lieu, des personnages absents dans le texte, l’époque de cette rencontre (âge des protagonistes, cadre, indices vestimentaires).

- d’évoquer des repères personnels de sa vie (rencontre amoureuse, séparation…) en ne parlant que des objets, du décor, de l’air du temps… Ce procédé confère à l’album un sentiment de pudeur, les mots banalisant les repères alors que l’image comporte une charge affective réelle.

Le monde référent du texte se situe autour des années 50, avec beaucoup de zones d’ombre pour les lecteurs des générations suivantes. Roland Brasseur, dans son livre « je me souviens de « je me souviens » », collection l’iutile aux éditions du Castor Astral en 1998 , sous-titré « notes pour « je me souviens » de Georges Perec à l’usage des générations oublieuses », utilise la même numérotation que Pérec et fournit une quantité de notes, d’explications, de références historiques qui facilitent la compréhension du livre de Pérec et le travail de la mémoire. ( voir quelques extraits en annexe 2)
Dans cet album, Yvan Pommaux nous parle des éléments qui caractérisent une génération donnée, en les mettant en scène dans une rencontre intergénérationnelle qui souligne l’importance de cette transmission du futile, de l’éphémère, du banal.

La micro histoire ancre chacun de nous dans un espace-temps donné, qu’il ne suffit pas de partager avec sa classe d’âge, mais qui doit être transmis aux générations suivantes, comme autant de traces d’humanité.

C – étude au plan graphique : travail de Catherine Lapointe

  1. Lecture linéaire de l'image

    • Page de titre:

Deux personnages contemporains (identifiables à leur tenue, leurs rollers..), accompagnés d'un chien surgissent sur la feuille. La vitesse du déplacement (traits, diagonales corporelles..) renvoie à la fulgurance du souvenir (thème annoncé dans le titre)

  • Page 1:

L'image est dynamique: cadrage de type plongée, dessin nerveux, net, fréquent en BD. Elle initie l'histoire et place résolument les personnages représentés dans la contemporanéité.

  • Pages 2 et 3:

On entre dans le souvenir par l'évocation écrite et dessinée, inscrite dans une "bulle" envahissant la double page au point de reléguer le narrateur dans le coin en bas à gauche. Les 2 images se superposent en plans et se différencient d'elles-mêmes par le style: l'une, contemporaine, de genre BD, avec un clin d'œil: le chaton contournant l'image; l'autre, désuète, vecteur du souvenir, travaillée au crayon, sur fond sépia ou pastel.

  • Autres pages:

Le cadrage des personnages contemporains évolue au cours des pages 4 à 7. En plan de plus en plus rapproché, ils finissent par s'évanouir dès les pages 8 et 9 laissant le champ totalement libre au souvenir. Ils réapparaissent, tel un flash en page 16, pour soutenir le lecteur dans la reconnaissance du personnage principal qui passe à ce moment-là de l'enfance (pansement sur les genoux, culottes courtes) à l'adolescence - âge adulte (pantalon, imperméable et même tenue militaire, séducteur courtisant une jeune femme) puis disparaissent à nouveau pour ne revenir qu'à la fin du livre en pages 29 et 30.

Dès lors que les personnages contemporains disparaissent, l'image souvenir s'inscrit totalement dans la double page, le texte en est exclu et se retrouve projeté dans le cadre, les "marques" graphiques de parole disparaissent totalement.

  • Page 30:

Les enfants en rollers reprennent leur course, renvoyant le vieux monsieur à son propre passé, celui-ci n'apparaît plus qu'au travers d'une vitre-écran au contour brutalement délimité et qui reprend les couleurs passées des fonds des évocations antérieures.



  1. Des détails sémantiques spécifiques

    • Le béret:

Le béret du narrateur se retrouve transplanté dans la "bulle" toujours caractérisé par son noir profond qui le décolle du dessin assourdi. Il est un point essentiel pour décoder le sens de l'image, il est le fil conducteur qui relie le passé au présent et permet d'identifier le personnage.


  • Dans l'image de type BD, les différents éléments iconographiques renvoient à notre époque (vêtements, mobilier…)




  • Dans l'image évoquant le passé, les différents éléments iconographiques (vêtements, mobilier, objets divers, cadre de vie, véhicules…) renvoient eux, systématiquement à une autre époque (les années 50).



  1. Des points techniques particuliers

    • Image de type BD:

Elle cumule les divers éléments du code: phylactères, cadrage, personnages simples, cernes nets, aplats de couleurs sans nuances, travail minimal de l'ombre, éléments pictographiques: traits de vitesse, de mouvement, étoiles d'impact.


  • Image évoquant le passé:

Elle s'inscrit toujours dans un cadre et utilise un fond "passé" (sépia, vert amande, bleu pâle, jaune pâle, grège). Le crayon est posé inégalement, allant du simple trait à un travail plus riche et plus fouillé, permettant ainsi de recentrer l'image autour de l'essentiel. Ce recentrage sémantique est soutenu également par la couleur, toujours assourdie, posée en touches comme une inclusion.


  1. Des renvois vers:

    • le monde de la BD (Page 1) Les détails stylistiques ont déjà été relevés dans les éléments d'analyse précédents. On peut y ajouter toutefois la conception même de l'album qui se comporte comme si chaque double page était en fait une vignette d'une BD plus globale, un moment particulier, une étape.




    • le monde des souvenirs photographiques (Pages 2 et 3) par les teintes utilisées (le sépia en particulier) et par les sujets représentés




  • le monde de la publicité (Pages 6 et 7) avec l'affiche présente chez le coiffeur, affiche fonctionnant sur le mode "avant – après"




        • le monde des jouets (Pages 8 et 9) avec le mécano, jouet mythique de ces années




    • les notions de collection, d'accumulation (Pages 10 et 11). Elles sont déjà très présentes dès le XVIème dans les cabinets de curiosités qui s'imposaient à toutes les cours européennes et dans la peinture d'Arcimboldo; et plus près de nous, dans les musées personnels des surréalistes, et bien sûr dans les œuvres d'Arman.

Peut y être associée la notion d'installation qui préside au travail d'artistes contemporains comme David Mach, Marinette Cueco, Daniel Spoerri et bien sûr tous le tenants du Land Art.

Peut y être associée aussi la multiplication, opération plastique largement maîtresse dans l'œuvre d'Andy Warhol par exemple.


    • la représentation de la rue (Pages 14, 15 et 28, 29) L'idée première qui s'impose est la parenté des illustrations avec le monde de Robert Doisneau.

Mais bien avant Doisneau, la rue, c'est un sujet iconographique qu'on retrouve véritablement traité dans la peinture dès la Renaissance, qu'elle soit italienne avec Giotto, Masaccio, Raphaël, ou flamande avec Van Eyck, qui passe le XVIIème avec Vermeer ou Hubert Robert, le XVIIIème avec Canaletto, et traverse magistralement le XIXème et le XXème avec Dufy, Vlaminck, Utrillo, Macke, … pour être revisité par les hyperréalistes américains.


    • le monde des signes (Pages 18 et 19) identifiables par tous, ou par un très grand nombre: les pictogrammes et les logos




    • le monde du cinéma (Pages de 20 à 25)

=> pour son aspect d'abord noir et blanc comme le dit la double page 20 et 21 puis colorisé comme l'évoque les 2 doubles pages suivantes

=> pour l'idée d'ombre et de lumière qu'on peut rapprocher d'œuvres baroques comme celles du Caravage et de G. de La Tour, ou pour un traitement particulier de l'ombre dans des œuvres plus proches de nous, celles d' Ernest Kichner, de Picasso


    • le monde des contes (Pages 20 et 21) Cette page pourrait nous donner à voir une allégorie du Petit Chaperon Rouge. La jeune femme, en rouge, observée par le jeune homme de profil traverse la rue sombre pour se rendre… elle regarde attentivement une traction-avant menaçante, noire d'encre.

    • La chronologie suggérée à travers tout l'album peut être mise en regard avec d'autres supports plastiques qui traitent de cette notion: le roman photo, le vitrail historié, les images stroboscopiques, la toile de Marcel Duchamp: Nu descendant l'escalier, les œuvres des artistes se rattachant à l'art cinétique: Pol Bury, J. Tinguely…



  1. Des applications ou des prolongements plastiques …

    • Des collections, des accumulations et des installations de: photos anciennes, publicités, sigles logos et pictogrammes, petites voitures, objets d'école, jouets d'enfants….dans des boites, des casiers, en murs, ….




    • Des productions axées sur la multiplication, la reproduction; il convient alors de ne pas négliger les outils technologiques à notre disposition, photocopieur, scanner… tout cela étant bien dans l'esprit des œuvres de A. Warhol




    • Un travail sur l'ombre et la lumière à travers les œuvres des expressionnistes allemands (Ernest Kichner, Schmitt-Rottluff..), les fauves (Matisse, Derain…) Picasso




    • Un travail de transformation d'images supports (photos N/B diapos,…)

=> "colorisation" avec des caches de rhodoïd de couleur, ou à travers des pochoirs perforés (rappelant les trous du mécano), à mettre alors en parallèle avec des photos de journal agrandies ou des œuvres de Roy Lichtenstein

=> "image brouillée" par des trames, des lacérations, des tressages comme certaines œuvres de Rouan, des supports particuliers comme les œuvres des artistes du mouvement support-surface tels que Claude Viallat


    • Un travail sur le thème de la rue, utilisant, pour les tracés, des moyens techniques particuliers comme la chambre noire de Vermeer ou du Canaletto, l'appareil photo des hyperréalistes.




    • Un travail de mise en valeur d'un élément d'image utilisant un procédé plastique: l'isolation d'un élément:

=> coloré dans une production N/B

=> net dans un environnement flou (procédé photographique mais aussi pictural)

=> sémantiquement contraire à tout son environnement……

D – Suggestions pédagogiques

1 – Interroger, investir la thématique du souvenir :

Avant de montrer les livres du corpus aux enfants, il est utile de les interroger sur la thématique. On pourra relever leurs propositions autour de phrases inductives :

Je me souviens de….

Je me souviens qu’autrefois…, qu’avant…

Je me souviens que…., quand….

Je me souviens de la première fois où….

Avoir une bonne mémoire, c’est….

Ne pas avoir de mémoire, c’est…..

J’oublie souvent de…..

J’ai oublié la fois où …….


Puis on tentera de classer ensemble les propositions ( en fonction des lieux –école, famille, vacances…-, des ressentis – est-ce un souvenir agréable, douloureux ? - ) : on relèvera sans doute l’importance de l’affectif dans les souvenirs ou les oublis mentionnés par les enfants.
On pourra également travailler à partir d’objets collectés autour de cette idée de mémoire : album-photo, collections de cartes postales ou de tout autre objet, carnets de voyage, journaux intimes, photos de cimetières, mèches de cheveux, bijoux anciens, chrysanthèmes , manuels d’histoire, mémoires, paquets de lettres enrubannés, photos de monuments aux morts, biographies….. Le but est de présenter toutes les dimensions de la mémoire, depuis la dimension personnelle, à la dimension familiale ou collective (arts et traditions populaires, régionale, nationale….)

Cette collection hétéroclite sera le support d’activités langagières avec comme situation problème collective de trouver un lien entre les différents éléments.

Merci de rapporter à la prochaine réunion les réflexions des enfants.

2 – Découverte du texte de l’album

Par la voix de l’enseignant ou la lecture autonome de l’élève selon les classes. Certaines phrases vont être parlantes pour les enfants (le plâtre, le bidon de lait, peut-être le meccano n°6…) , d’autres beaucoup plus opaques. Les élèves pourront essayer d’inférer à partir du texte de Pérec ce que sont Luc Bradfer, la Juvaquatre, l’Isetta ou Le bal des sirènes.

La préoccupation majeure de la classe doit tourner autour de deux questions :

    • qui parle ?

    • de quoi parle-t-il ou parle-t-elle ?

Quelques indices permettent au jeune lecteur d’entendre une voix plutôt « ancienne » (l’ancienne gare, une année d’attente pour la nouvelle voiture, l’autobus à plate-forme…) et plutôt masculine (référence au jeu sexué le meccano, l’intérêt pour les voitures et enfin la marque orthographique « j’ai été horriblement déçu » qui précise définitivement qu’il s’agit d’un narrateur).

Par groupe de deux, on pourra imaginer les éléments d’illustration du texte d’un ou deux « je me souviens ».
3– Découverte de l’album

- reprendre les 2 questions qui ont présidé à la présentation du texte. La situation d’énonciation est maintenant précisée.

- les inférences construites sont-elles infirmées ou confirmées par l’illustration ? On pourra procéder au repérage précis en établissant des listes : les noms de voitures, d’objets, de jeux, d’émissions de radio, de lieux, de films, de BD, de livres.

- on pourra également relever des éléments d’illustration qui ne sont pas dans la texte : Vitabrill, Silvikrine, réfrigérateur Arthur Martin, les vins Primistère, la Boldoflorine, Dubonnet…..

- on effectuera aussi un repérage précis des personnages qu’on situera soit dans le présent de l’album, soit dans le passé : le narrateur, les 2 enfants en rollers dans le présent ; le narrateur enfant, adolescent et jeune adulte, les parents du narrateur, son amoureuse, à situer dans le passé de l’album.

- on pourra donner lecture du texte de Pérec cité ci-dessus pour préciser aux élèves quel fut son projet d’écriture ; puis on prendra connaissance du texte de quatrième de couverture qui permet d’éclaircir le propos d’Yvan Pommaux.

4 - Pistes d’écriture

Le travail autour de cet album peut permettre de construire l’idée de génération. On recherchera les « je me souviens » avec comme critère explicite le fait qu’ils soient partagés par plusieurs élèves de la classe : il ne s’agit pas d’inventorier des souvenirs liés à la construction personnelle et affective (ce sera sans doute le projet d’écriture développé à propos de l’album d’Elisabeth Brami « les premières fois »), mais plutôt de lister tous les petits partages propres à chaque génération.

L’aide à l’écriture pourra aussi se présenter sous forme de propositions thématiques :

    • les jeux de cour de récréation à la mode

    • ce qui a changé dans notre environnement depuis deux ans (travaux, magasin qui a changé d’enseigne…)

    • les expressions qu’on utilise entre copains

    • le menu préféré de la cantine

    • nos vêtements favoris

    • un fait divers du quartier ou tout proche

    • notre livre préféré en grande section de maternelle

    • le jouet incontournable

    • l’émission télévisée qu’on ne raterait pour rien au monde

    • l’image, le refrain dont on se souviendra longtemps

    • le sportif, la chanteuse qu’on adore etc.….


Pour les plus grands, des écritures plus décentrées pourront être proposées dans un deuxième temps en essayant de deviner les « je me souviens » d’une autre génération :

    • à partir des photos de Robert Doisneau, écrire des « je me souviens » en essayant de partir d’un détail de chaque photo, ou d’une pensée d’un personnage et non du signifiant général de l’image : exemple : « l’enfant et la colombe » : Je me souviens d’une amie tendre qui se câlinait la nuit sur mon épaule. L’objectif étant de trouver par l’écriture un décalage intéressant par rapport à l’image et non une légende redondante.

    • A partir de l’ouvrage « chronique de la France et des Français » édité par Larousse, qui présente année par année, une chronologie succincte et des articles relatant la vie quotidienne des Français dans toute sa diversité,  choisir une décennie ( 1970-1980 ) et imaginer les « je me souviens » possibles pour la génération qui a eu 10 ans en 1970. Quels sont les faits, les personnalités, les chanteurs, les objets culturels…. qu’on a retenus en mémoire pour cette génération ?


Après écriture et révision des phrases de la classe, on trouvera maintes idées d’illustration en se reportant au travail de Catherine Lapointe.

5 – Annexe 1 : texte de l’album (assorti de la numérotation donnée par G. Pérec)
393 - Je me souviens quand je me suis cassé le bras et que j’ai fait dédicacer le plâtre par toute la classe.

435 - Je me souviens quand j’allais chercher du lait dans un bidon en fer blanc tout cabossé.

279 - Je me souviens des aventures de Luc Bradfer.

417 - Je me souviens du Petit Roi d’O. Soglow, et des journaux que je lisais en attendant mon tour chez le coiffeur.

420 - Je me souviens que je rêvais d’arriver au « Meccano » n°6.

48 - Je me souviens que j’avais commencé une collection de boîtes d’allumettes et de paquets de cigarettes.

21 - Je me souviens de : « Grégoire et Amédée présentent Grégoire et Amédée dans Grégoire et Amédée » ( et de Furax aussi, bien sûr ).

68 - Je me souviens de l’époque où il fallait plusieurs mois et jusqu’à plus d’une année d’attente pour avoir une nouvelle voiture.

160 - Je me souviens que les coureurs cyclistes avaient une chambre à air de secours roulée en huit autour de leurs épaules.

2 - Je me souviens que mon oncle avait une 11 CV immatriculée 7070 RL2.

418 - Je me souviens des « Juvaquatre ».

367 - Je me souviens des Isetta, et aussi de la vogue des scooteurs.

414 - Je me souviens d’une essence dont le symbole était un cheval ailé, et d’une autre, appelée « Azur ».

72 - Je me souviens des attractions qu’il y avait au Gaumont-Palace. Je me souviens aussi du Gaumont-Palace.

178 - Je me souviens que le Studio Jean Cocteau s’appelait avant le Celtic.

145 - Je me souviens que j’adorais le Bal des Sirènes avec Esther Williams et Red Skelton, mais que j’ai été horriblement déçu quand je l’ai revu.

51 - Je me souviens des autobus à plate-forme : quand on voulait descendre au prochain arrêt, il fallait appuyer sur une sonnette, mais ni trop près de l’arrêt précédent, ni trop près de l’arrêt en question.

105 - Je me souviens de « Bébé Cadum ».

410 - Je me souviens de l’ancienne gare de Montparnasse.

480 - Je me souviens

( à suivre )
6 – Annexe 2 (extraits du livre de Roland Brasseur, « je me souviens de « je me souviens » »)
21 : Grégoire et Amédée : Roland Dubillard, dit Grégoire, né en 1923, et Philippe de Cherisey, dit Amédée. Tous les jours à 19H00 sur Paris Inter de 1956 à 1960. Cinq minutes de non-sens sur le zinc.

Signé Furax, feuilleton de et avec Pierre Dac et Francis Blanche sur Europe 1 de 1956 à 1959.
145 : Bathing Beauty (le Bal des Sirènes), film de 1944 de George Sidney (Etats-Unis), célèbre pour ses ballets nautiques.
279 : Brick Bradford, bande dessinée de William Ritt( né en 1901) pour le scénario et Clarence Gray (1901-1957) pour le dessin, publiée à partir de 1933 dans The New York Journal.

En français, Luc Bradefer. Voyages dans le temps et dans l’espace.
417 : The little King ( Le Petit Roi), comic strip américain d’Otto Soglow (1900-1975).

Illustration humoristique apparue en 1931 dans le New Yorker. Devient une planche dominicale en septembre 1934, et jusqu’à la mort de Soglow.

Le Petit Roi est un personnage muet.
367 : L’Isetta, petite automobile à la carosserie en forme d’œuf. Surnommée, entre autres, « pot de yoghourt ».

Créée par Renzo Rivolta en 1948, l’Isetta est construite, de 1953 à 1955, par les Iso-Spa (Milan), société jusque là spécialisée dans les scooters.

En France, la licence est vendue à Velam (Véhicule léger à moteur), qui la présente en 1954. La production est de 1224 voitures en 1955, 4886 en 1956, 10 000 en 1957. Elle peut rouler à 70 km/h.
418 : Juvaquatre, automobile fabriquée par les usines Renault.

Lancée au salon de l’auto 1937, et commercialisée en1938.

C’est la première Renault à coque autoporteuse tout acier et roues indépendantes. Elle est fabriquée jusqu’en 1955 ( la 4CV est de 1949, et la Dauphine de 1956).






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