Résumé Cette communication poursuit l’ambition de construire en concept l’accompagnement socioprofessionnel (asp) dans le champ de l’insertion, plus particulièrement des jeunes et à partir de l’exemple des missions locales.





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P. Labbé / ASP. Une approche systémique / 03-2012 / V5 /

L’accompagnement socioprofessionnel (ASP) en mission locale. Une approche systémique1.

Philippe Labbé.
Mots-clés : accompagnement socioprofessionnel, insertion professionnelle et sociale, missions locales, Pôle emploi, agent, acteur, projet, approche globale, professionnalité, contrat.
Résumé

Cette communication poursuit l’ambition de construire en concept l’accompagnement socioprofessionnel (ASP) dans le champ de l’insertion, plus particulièrement des jeunes et à partir de l’exemple des missions locales. La notion d’accompagnement, étirée entre deux modèles, « socio-clinique » et « sociotechnique », évolue du premier vers le second {1-2} mais, d’un point de vue aussi imprécis que général, fait l’objet d’une très large appropriation {3-6}. On constatera que, si généralement l’accompagnement dit « social » invoque l’approche globale, il exclut en fait la dimension économique… invalidant par là cette prétention à la globalité {7}. L’ASP est présenté avec ses contradictions internes {8}, son axiologie {9-17}, son séquençage {18-20}. L’ASP, recouvrant des postures, des représentations, des pratiques et une opération de transfert de capitaux {21-23}, peut être stabilisé à partir de six invariants {24} et, dans le cadre de l’insertion professionnelle et sociale, apporte des réponses à quatre personnages évoluant dans autant de sphères interdépendantes {25}. Si l’insertion professionnelle représente pour les missions locales une expertise, non exclusive des compétences sociales, force est de constater que l’indépendance économique qui en est la variable-clé ne se résume pas à l’accès à l’emploi : des enjeux sont posés en termes macro (allocation d’autonomie) et micro (portefeuille de compétences), ainsi que dans une conception systémique qui nécessite de socialiser les jeunes et de civiliser les entreprises {26-27}.

« Etre à la hauteur des circonstances est difficile quand elles sont au plus bas. Or, elles ne sont jamais à la hauteur. »

Jean Baudrillard, 2005, Cool Memories V. 2000-2004, Paris, Galilée, p. 105.
1. S’il appartient à la tradition du travail social et, bien plus en amont, à celle du compagnonnage, l’accompagnement est une notion qui a été très largement appropriée par les « intermédiaires des politiques de l’emploi ». Arrêtons-nous un court instant sur cette expression…

L’expression « intermédiaires des {ou de la} politique{s} de l’emploi » - le possible pluriel révélant assez bien l’impression de discontinuité d’une politique publique… dont on attend pourtant a contrario une continuité - est assez rarement utilisée de nos jours. Dans l’ouvrage – précisément – Les intermédiaires des politiques publiques de l’emploi, on trouve un article de Didier Demazière qui identifie ces intermédiaires comme travaillant à l’ANPE ou dans (sic) « les structures-jeunes » (missions locales et PAIO) : « Le travail de ces agents {…} est inscrit dans une tension entre deux catégories de savoir-faire, socio-techniques et socio-cliniques : les premiers renvoient à la maîtrise, par les agents, de règles générales (dispositifs réglementaires, outils techniques…) et conduisent à une approche catégorielle des demandes à traiter ; les seconds renvoient aux capacités de jugement, de discernement, d’interprétation de ces agents, et procèdent d’une gestion individualisée et sur mesure des demandes. » (Demazière, 2000, p.139). On peut, selon nous à juste titre, s’interroger sur le fait que, résumé, on a ici le nœud de la problématique centrale du métier de conseiller… nous pourrions préciser en disant « en mission locale » ou « dans les structures de l’insertion par l’activité économique », tant la situation, désormais, à Pôle emploi semble éloigné du minimum requis pour parler d’accompagnement  : des acteurs fondant leur action – et leur professionnalité – sur le volet « socio-clinique » et sur l’individualisation de l’offre – avec « l’écoute » - contre des agents – « de la nécessité économique », dirait Pierre Bourdieu (2000, p. 183) - déclinant des règles sociotechniques, saisissant sur le mode des « TOC » (troubles obsessionnels compulsifs) des informations sur leur logiciel, traitant et classant des « D.E. » (demandeurs d’emploi… « FM » - fin de mois -, « LD » - longue durée -, « TLD » - très longue durée…) de catégories « A », « B », « C » ou « D »…
2. On peut représenter ce nœud ou cette tension par une typologie des relations par opposition. Celle-ci est contrastée, tranchée… certainement accentuée. Cependant c’est moins le premier type de l’agent qui pourrait être contesté que le second type, l’acteur, car force est de constater que l’évolution va du second vers le premier… ce qui justifie l’avertissement « en théorie » et ce qui explique le leitmotiv de la « perte de sens » dans le secteur de l’insertion peuplé (en principe) d’acteurs mutant en agents.

Pour Maela Paul, les pratiques d’accompagnement oscillent « entre les extrêmes d’un axe sens/technique qui s’en trouvent ainsi reliés : entre une logique socio-technique (préconisant l’objectivité) et une logique de la sollicitude (fondée sur la subjectivité), entre la rationalité (de la conception en dispositifs) et relationalité (des situations de face à face), entre procédural et herméneutique. » (Paul, 2004, p. 306) On serait moins dans le choix entre deux modèles distincts ou, plus exactement, face au mouvement d’un modèle vers l’autre que dans la combinaison variable en fonction des situations et des temporalités, toute chose justifiant une « pluralité » de l’accompagnement. Si l’auteure recourt à la même expression de « socio-technique » que Demazière, elle opte pour la « sollicitude » plutôt que pour le « socio-clinique » mais la sollicitude est une posture simplement ou purement humaine, loin d’être réservée au champ professionnel : s’agissant d’étudier l’accompagnement en tant que concept majeur de l’insertion, on peut s’interroger sur la pertinence du recours à ce sentiment de sollicitude, comme d’ailleurs sur l’opposition entre « rationalité » - qui, en fait, est rationalisme – et le néologisme de « relationalité » qui, selon nous, recouvre en fait la rationalité dès lors qu’à l’intelligence se mêle l’affectivité. Même si se combinent encore dans les représentations des éléments des deux types, parce que l’évolution est récente, nos observations aboutissent au constat d’une tendance lourde allant du « socio-clinique » au « sociotechnique » moins en mêlant les items avec la perspective d’un troisième type qu’en abandonnant en rase campagne l’acteur. L’espoir, car il en faut un, est que ce travail de dévoilement – ce que devrait être l’accompagnement socioprofessionnel - contribuera à revenir vers plus de raisonnable, c’est-à-dire d’humain.



Personnages

Agents

Acteurs

Catégories de savoir-faire

Sociotechnique

Socio-clinique

Position vis-à-vis du système

Agis par le système

Agissant sur le système

Modèles cognitifs

Rationalisation

Rationalité, affectivité

Tropismes

Règlement, classification, résultats

Besoins, projet, réalisation

Modalités

Application, décision, hétéronomie.

Négociation, contractualisation, autonomie.

Outils

Informatique

Ecoute

Axes de professionnalisation

Professionnalisme

Professionnalité

Cibles

D.E.

Usager

Focus

Approche sectorielle

Approche globale

Volumes

Stock et gestion de flux

Individualisation

Dynamiques discursives

Descendante, logique programmatique.

Ascendante et latérale, logique projectale.


Signification des items.

- « Catégories de savoir-faire » : selon la proposition de Demazière, étant entendu que ces « savoir-faire » ne sont pas qu’exclusivement techniques ou instrumentaux mais incluent des savoirs cognitifs et comportementaux.

- « Position vis-à-vis du système » : la notion d’agent est ici comprise « à la manière de » Pierre Bourdieu - mais en forçant le trait, nous en sommes conscients - c’est-à-dire en considérant l’individu sur lequel pèsent de très lourdes déterminations : origines et habitus de classe, positions sociales… Dans cette conception, l’agent est agi par le système : les intervenants sociaux utilisent plus volontiers l’expression « est instrumentalisé ». A l’inverse, l’acteur implique une, sinon autonomie, du moins marge d’autonomie plus grande et vise à transformer le système (« agir sur »), dans la tradition de sa lignée généalogique qui est celle de l’éducation populaire.

- « Modèles cognitifs » : c’est ici le mode d’organisation des ressources intellectuelles – comment est pensé le problème spécifique ou, plus largement, la question sociale ? – qui est pour l’agent la rationalisation entendue comme théorie close sur elle-même, « système logique parfait, fondé sur une déduction ou induction », et pour l’acteur la rationalité « … ouverte par nature, {qui} dialogue avec un réel qui lui résiste. Elle opère une navette incessante entre l’instance logique et l’instance empirique ; elle est le fruit du débat argumenté des idées, et non la propriété d’un système d’idées. » (Morin, 2000, p. 22).

- « Tropismes » : ce qui oriente l’action. Pour l’agent, l’orientation est normative et fortement déterminée par les résultats (l’accès à l’emploi). Pour l’acteur, la valeur cardinale est le projet de l’usager, lui-même fondé sur l’éclaircissement de ses besoins et de son « projet de vie » qui sont confrontés à ses « capabilités »2 et aux possibilités de l’environnement ; la logique est ici celle de l’autonomie, bien entendu relative…

- « Modalités » : dans le cas de l’agent, la modalité dominante est l’hétéronomie – il applique les normes et prescriptions (« J’appelle sphère de l’hétéronomie l’ensemble des activités spécialisées que les individus ont à accomplir comme des fonctions coordonnées de l’extérieur par une organisation préétablie. » Gorz, 1988, p. 49) - et il s’agit, par un jeu de récompenses (allocation) et de sanctions (radiation), de parvenir à ce que la décision initiale (le retour à l’emploi) soit effective ; dans le cas de l’acteur et en cohérence avec ce qui précède, l’interaction s’organise sur la base d’une négociation, appelle la contractualisation et promeut l’autonomie, toujours relative… mais, in fine, c’est bien l’usager qui décide (dès l’amont, avec le principe de la libre adhésion qui, assurément, est un critère clivant, discriminant de l’autonomie3) et ce qui compte pour l’intervenant est ce qui est réalisé à partir de l’évolution du parcours. Cette différence d’appréciation entre ce qui est fait, le réalisé, et ce qui est atteint, le résultat, est au cœur de l’incommunicabilité de l’évaluation entre financeurs et acteurs, d’autant plus que la logique de résultats se satisfait de chiffres et de données quantitatives alors qu’en face c’est à partir du parcours et du projet, dont une partie est indicible, que les intervenants sociaux expliquent leur action… et s’y retrouvent.

- « Outils » : l’outil de l’agent est son programme informatique, ce qui lui permet de garantir une « traçabilité » qui, elle-même, est en quelque sorte son sauve-conduit pour pouvoir continuer à travailler : le véritable objectif est d’ailleurs moins l’usager que l’agent ; l’outil de l’acteur est l’écoute, plus une pratique et une posture à vrai dire. Cependant la tendance observée dans d’assez nombreuses structures à faire saisir les informations tout en conduisant l’entretien, alors qu’une écoute de qualité exclut cette saisie synchronique, révèle une évolution d’une « intelligence affective », mêlant rationalité et affectivité4, vers une « intelligence artificielle »… dont on se rappellera que son problème est d’être artificielle, donc non intelligente !5

- « Axes de professionnalisation ». La professionnalisation peut se comprendre comme l’évolution coordonnée de trois axes interdépendants : la profession, en tant que système garantissant des conditions stables et sécurisées de travail ; le professionnalisme, lui-même articulant l’acquisition de compétences cognitives (« savoirs »), instrumentales ou techniques (« savoir-faire ») et comportementales (« savoir-être ») ; la professionnalité qui correspond au sens que l’on trouve et met dans son action professionnelle. Chez l’agent, le professionnalisme se résume à l’acquisition des compétences alors que l’acteur est en demande récurrente de sens, de professionnalité : sans celle-ci, l’investissement dans l’acquisition de compétences est contre-productive6.

- « Cibles ». Pour l’agent, l’interlocuteur est le « D.E. » qui, auparavant, aura été évalué (profilage) sur le critère de « distance à l’emploi ». Pour l’acteur, l’interlocuteur est un « sujet », nécessairement singulier, le point de départ n’étant pas – en théorie – les freins à l’emploi mais les potentialités et les ressources. L’acteur a fait sien empiriquement cet enseignement de Becker selon lequel le déviant – par exemple le chômeur au regard d’une situation ordinaire de travail – l’est parce qu’il est désigné comme tel.7 Et, subséquemment, il parie sur les ressources, non sur les déficits car, s’il optait pour ces derniers, il mettrait en place les conditions d’une prophétie autoréalisatrice.

- « Focus » : un focus est une point sur lequel se concentre l’attention. Pour l’agent de Pôle emploi, typiquement, c’est l’emploi ; pour l’acteur, l’approche est dite « globale », c’est-à-dire refusant de dissocier – et même de hiérarchiser - l’économie et le social. Rappelons cet avertissement d’André Gorz : « La socialisation continuera à produire des individus frustrés, inadaptés, mutilés, déboussolés aussi longtemps qu’elle persistera à tout miser sur « l’intégration sociale par l’emploi », sur l’intégration dans une « société de travailleurs » où toutes les activités sont considérées comme des « moyens de gagner sa vie ». » (Gorz, 1997, p. 115). Ceci apparaît d’autant plus juste que, pour bon nombre de jeunes s’adressant aux missions locales, compte-tenu de leur faible niveau de qualification, les emplois qui leur sont promis sont rarement ceux dans lesquels on peut le plus s’épanouir. A ceux-ci s’ajoutent les jeunes qui n’accèderont qu’épisodiquement, voire pas du tout, au travail : tout miser sur le travail revient à mettre en place les conditions d’une frustration maximale.

- « Volumes » : l’agent raisonne en « stock » et en « flux » alors que l’acteur met en avant, encore une fois théoriquement8, l’individualisation des parcours.

- « Dynamiques discursives » : l’agent est en charge de relayer les orientations de la politique de l’emploi, le mouvement étant donc descendant et correspondant à l’exécution d’un programme ; à l’inverse, l’acteur s’appuie sur l’usager pour, outre faire émerger son projet, faire évoluer le système puisque l’axiome et aussi l’axiologie de départ sont que la source des difficultés ne réside pas dans la personne – ou, en tout cas, pas prioritairement - mais dans l’organisation du marché du travail.
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