Nouvelles sanglantes Séquence 3e





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Nouvelles sanglantes - Séquence 3e


Richard Caille - Collège du Pévèle, Orchies  






Un groupement de deux nouvelles :
On projette de lire intégralement deux nouvelles : La veuve Aphrodissia Marguerite Yourcenar, Mateo Falcone de Prosper Mérimée.
Le groupement de textes est à la fois thématique (morts violentes sur fond de coutumes méditerranéennes), problématique (une écriture courte qui vise le maximum d’effet sur le lecteur) et générique (la nouvelle réaliste).
Il joue volontairement sur l’implication du lecteur parce que l’on sait que la mémoire est émotive.
Projet général de lecture :
Les deux nouvelles ont en commun la violence de dénouements sanglants.
Le sang omniprésent dans l’histoire de Yourcenar noie les excès de la passion amoureuse. 
Chez Mérimée, la violence semble plus contenue mais le texte pose aussi un autre problème de sang : celui d’une filiation finalement refusée par Mateo. Cette dernière violence, fortement ressentie, fait réagir le lecteur. Elle le rend apte à affronter, par la suite, les "excès" de la tragédie, un genre qui sera étudié dans la séquence suivante.
Démarche et objectifs :
Faire de la lecture par étapes, une manière d’envisager une première lecture. 

On éprouve toujours quelque scrupule à gâcher le plaisir d’une première lecture. 
Mais les textes littéraires sont souvent difficiles d’accès et l’éblouissement du "spécialiste" devant de beaux textes n’est pas forcément partagé par le lecteur novice.
Tout lecteur envisage une première lecture avec ses compétences de lecteur, sa culture. La réception qu’il fait du texte lui permet d’en dégager du sens. Il convient d’aider les jeunes lecteurs qui nous sont confiés à mettre en œuvre des outils de lecture qui les aideront à accéder à plus "haut sens".
L’entité classe, constituée d’individus divers, offre la richesse de ses différences dans la recherche de la construction du sens.
Cette hétérogénéité et cette diversité sont en fait une chance.
Du point de vue didactique, toute activité de lecture proposée au collège tente de faire participer le lecteur de manière active à la construction du sens du texte. 


De manière pratique, dans cette séquence, on propose aux lecteurs le texte de nouvelles sous forme de livraisons successives. 
Le texte est découpé par le professeur selon les "carrefours" que propose la narration. 
Dans un premier temps, à chacun de ces carrefours, il est demandé à l’élève d’imaginer, d’envisager oralement ou à l’écrit des hypothèses pour une suite cohérente de l’extrait qu’on lui demande de lire. Cela revient à mimer le processus que met généralement en œuvre un lecteur actif quand il repère un carrefour narratif ou à créer l’illusion d’une écriture processus au fil du texte. L’idée est de montrer que l’écriture de la nouvelle étudiée est strictement planifiée et doit peu aux hasards de l’inspiration. 
L’activité pose l’apprenti lecteur en position d’écrire et ainsi d’émettre des hypothèses d’écriture qui sont autant d’hypothèses de lecture. La mutualisation des avis permet la mise en œuvre collective de postures réflexives. Celles-ci enrichissent la réflexion individuelle. 

Développer des compétences de lecture savante : habituer un jeune lecteur à relire les textes qu’il étudie.

Une fois passé l’enchantement d’une lecture intégrale, l’enseignant éprouve parfois quelque difficulté à faire travailler un texte déjà lu. Il s’agit de motiver la relecture pour mettre en évidence les choix narratifs qu’opère la fiction. 
C’est pourquoi, dans un deuxième temps, après avoir confronté le choix d’écriture raisonné des lecteurs et le choix auctorial, on peut s’interroger sur les stratégies narratives mises en œuvre par les textes (détails qui égarent, détails négligés à la première lecture sur lesquels on revient, balises et signaux, procédé de mise en abyme…). 
La première lecture a posé un certain nombre de questions. Des relectures du texte, orientées par les parcours précédemment mis à jour, vont alors tenter d’y répondre.
Mettre en œuvre des stratégies de lecture en fonction du genre étudié. 

Un lecteur informé s’attend à retrouver certaines constantes (des "ficelles") dans un genre donné. Les élèves qui en découvrent quelques-unes peuvent les utiliser pour écrire à leur tour. Etablir une "norme" est une formule pratique pour l’écriture mais la subtilité de certains textes, l’écart qu’ils créent modèrent une vision qui pourrait s’avérer réductrice. Enfin, dans la perspective d’une pratique d’écriture, souligner l’architecture d’un texte par la confrontation de son début et de sa fin montre que le genre de nouvelle laisse rarement de place à ce que nos élèves identifient souvent comme un hasard. Du point de vue pédagogique récriture des premiers jets et recherche de plus de cohérence narrative trouvent mieux leur justification. 
Apprendre à lire de manière informée débuts et fins.

La nouvelle est un concentré d’effets auxquels le lecteur doit être attentif. On va donc s’attacher à construire le sens des nouvelles en se focalisant sur leur début. La relecture de l’incipit, lieu privilégié d’annonces auctoriales qui détermine attentes de lecture et horizon d’attente montre la construction du texte. Le lecteur trouvera dans le texte la confirmation ou le démenti de ce qu’il a imaginé. Certains détails auraient dû le guider, d’autres étaient destinés à l’égarer.
Ce type de travail permet de confronter les attentes du lecteur à l'imagination d'un auteur et le met en position de pouvoir être auteur à son tour. 
Il s’agit de voir comment la narration déjoue les attentes, se joue des stéréotypes ou les réinterprète pour créer des effets (exemple : surprendre le lecteur). 
La nouvelle condense aussi ses effets dans sa chute. On cherchera à montrer à nos élèves que la réussite de l’écriture d’une nouvelle dépend souvent de la qualité de son dénouement, d’une esthétique de la surprise. 

Utiliser l'outil informatique.

Les élèves de 3e ont des difficultés à naviguer dans des textes longs pour y prélever ou mettre en relation des indices de lecture parfois très éloignés les uns des autres. Les notules et autres papiers autocollants ont leurs modernes substituts. Recourir au traitement de textes en renfort d’une version papier de la nouvelle permet de rapprocher des passages, de souligner des récurrences, de mettre en évidence des oppositions, de survoler rapidement un texte en faisant l’économie d’une recherche dans huit fragments photocopiés qui se prêtent difficilement à des manipulations rapides. Feuilleter un recueil de nouvelles pose les mêmes problèmes. La prise en main en classe pupitres rend le texte ergonomique, facile à annoter et favorise la lecture en diagonale.
Les réactions des élèves.

Le recours à NSS permet d’envisager l’écriture de possibles narratifs et leur confrontation, de manière plus efficace que sur papier. Il permet de dégager plus rapidement des hypothèses sur le texte pour établir son horizon d’attente. Tout le plaisir de la lecture réside dans ces attentes déjouées ou confirmées qui établissent un rapport ludique entre les lecteurs et le texte.
Difficultés et réticences vaincues.

Cette séquence trouve un débouché naturel dans la participation de la classe au concours d’écriture par les TICE de l’Académie de Lille. Un élève qui a accompagné une nouvelle dans le déroulement de son écriture, qui a percé quelques secrets de sa genèse (architecture, écriture par la fin…), qui s’est familiarisé avec des processus de mutualisation des connaissances et des compétences est plus enclin à abandonner son statut d’auteur solitaire enfermé dans la tour d’ivoire de ses résultats individuels pour se mettre au service d’un projet d’écriture collectif riche de toutes les expériences.

Tableau synoptique de la séquence.

 Durée prévue: 3 semaines.

 Place dans la progression : première séquence de l’année.

Objectif général : Amener l’élève à utiliser des outils de lecture pour le guider dans sa recherche du sens et développer son autonomie face aux textes.


Objectifs

Séances

Supports

Activités

 

 

Motiver la lecture de textes complets.

 

Lanceur :

Quelques bonnes raisons pour lire des nouvelles.

 

 

Informatique : image scannée.
Affiche publicitaire parue
dans l'Equipe.  

" A la fin Roméo et Juliette meurent."

"N’attendez pas qu’on vous raconte la fin. "

Débat oral à partir de l’image.
Il vaut mieux lire un texte entier que de se contenter d'un vague résumé.
Problème : la longueur d'un livre est parfois un obstacle à la lecture.
Or certains textes sont faits pour être lus en une fois.
C'est le cas de la nouvelle : un genre narratif qui se distingue par brièveté voire la force de sa chute.  

   Montrer que le début d’une nouvelle est le lieu d’annonces qui peuvent servir à fonder des hypothèses de lecture.  

 Séance 1


Brève histoire d’un brigand.

Entrée par le titre puis dans deux fragments.
"On l'appelait Kostis ... vengée."
"La veuve Aphrodissia … ses vengeurs."

Lecture en trois parties de l’incipit de La veuve Aphrodissia :
Ecrire un début c'est : présenter les personnages, annoncer la couleur du récit (le rouge), en donner la tonalité (tragique), en préciser le cadre (oriental, grec)

 Ordre et vitesse du récit.
-Distinguer les effets de sens créés par les perturbations de la chronologie : anticipations, retours en arrière.
-Ellipse narrative vs dilatation du récit.

 

 

Séance 2


Une vie de femme.
Dominante grammaire.

 

Informatique : repérage grâce à la fonction "surligner" des perturbations de l’ordre chronologique : retours en arrière, anticipations.

Entrée par le sens : tempête sous un crâne, une femme perturbée.
Distinguer temps du récit et temps de l'histoire pour mettre en évidence une chronologie bouleversée mimétique du débat intérieur du personnage et de ses interrogations face à l’avenir.

Réviser les formes du conditionnel.
Etudier l’emploi du conditionnel à valeur temporelle de futur dans le passé.

 

Séance 3

Orthographe / grammaire. L’écriture de la prolepse.


 

Informatique : récriture des prolepses.

Orthographe : éviter les confusions entre les terminaisons -ai -ais :-rai -rais à IPS, II, IF et conditionnel.
Grammaire 
: transposition des prolepses au présent de narration.

 

 

Ecrire un dénouement.

 

Séance 4


Le rouge et le noir.

 

 

Informatique :

Ecriture sur traitement de textes.

Lecture du dialogue Basile, Aphrodissia.
Ecriture d'une suite à partir de : "… rends-moi ce que tu m'as volé."
Ecrire sous forme de récit un dénouement à la fois rapide (une dizaine de lignes) et congruent au début du texte.
Mutualisation des productions pour dégager invariants et divergences.

 

Confronter le dénouement du texte aux horizons d’attente créés par la lecture du début de la nouvelle.
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