Résumé : Le cadre conceptuel





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Résumé :

Le cadre conceptuel
Introduction

Afin d’étudier le rôle des femmes dans les diverses étapes de paix et de conflit, nous devons d’abord comprendre les concepts sous-jacents inhérents à ces processus, et comment les femmes comprennent et utilisent ces concepts. Tout aussi importante est la question de savoir comment ces concepts ont été traduits en mécanismes concrets, à utiliser aux niveaux international, régional, national et local pour promouvoir l’égalité de genre dans l’édification de la paix. L’étude fournira d’abord un cadre conceptuel pour permettre de mieux comprendre comment les concepts de paix et conflit, de sécurité et développement, ainsi que de genre, sont généralement appréhendés dans son contexte. Ensuite, elle examinera comment la communauté internationale a transformé ces concepts en mécanismes juridiques. Après cet aperçu, l’étude examinera comment les femmes ont (ou n’ont pas) incorporé ces mécanismes dans leurs propres activités de prévention, gestion et résolution de conflits, et de consolidation de la paix.
Le cadre conceptuel

D’abord, quand nous parlons de paix et de conflit, nous devons reconnaître qu’il existe différentes formes de paix, et différentes formes de conflits. Au sens large, le conflit fait partie de la nature humaine ; il peut être une source positive de croissance s’il est traité de façon constructive ; cependant, lorsque le conflit devient violent, il devient également une force négative qui menace le potentiel de développement humain.
La paix, elle aussi, peut être positive ou négative. Quand nous parlons de paix négative, cela renvoie simplement à l’absence de guerre. Dans ce contexte, la paix n’a guère de chances de durer, tant que d’autres mesures ne sont pas prises pour prévenir la reprise de la violence. La paix positive, en revanche, n’est pas que l’absence de conflit, mais plutôt, la présence de mécanismes permettant aux gens de résoudre pacifiquement leurs conflits.
Dans ce cadre, il est également important de comprendre que la paix et le conflit ne sont pas des concepts statiques, mais plutôt, des processus qui changent, évoluent et se recyclent. Le plus souvent, le conflit est considéré comme un cycle qui commence par la prévention puis passe par des phases d’escalade, de gestion, de désescalade, de résolution et de reconstruction après conflit. Chaque phase du conflit requiert des approches différentes et des mécanismes différents aux niveaux international, régional, national et local.
La phase de prévention de conflit s’appuie sur des mécanismes d’alerte rapide et d’analyse de risques, ainsi que sur l’éducation et les initiatives de renforcement communautaire visant à promouvoir une culture de paix ; elle s’appui aussi sur des mécanismes de résolution pacifique de conflit. Une fois que le conflit éclate, le souci de sécurité des personnes et de protection des civils doit être au centre de toute stratégie de gestion de conflit. Il s’agit, notamment, de répondre aux besoins des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, qui sont en grande majorité des femmes et des enfants. Dans le processus de désescalade, les efforts de règlement de conflit et de consolidation de la paix doivent être sous forme de mesures de renforcement de la confiance, de négociations et de pourparlers de paix, ainsi que d’initiatives de consolidation de la paix au niveau local. Traditionnellement, ces processus se sont surtout concentrés sur les parties belligérantes et, partant, ont exclu les préoccupations et les contributions des femmes. Cependant, les activités de consolidation de la paix doivent inclure l’ensemble des parties prenantes, pour apporter effectivement une paix durable. Toutefois, le cycle de conflit ne s’arrête pas à une négociation de paix. Les efforts de reconstruction après le conflit qui intègrent le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (DDR) et favorisent la réconciliation sont essentiels pour prévenir la réapparition de la violence. Ainsi, la prévention de conflit doit aussi faire partie du processus de reconstruction. La reconstruction après conflit doit également inclure des projets de développement durable qui promeuvent l’autonomisation économique des femmes et reconstituent le tissu social déchiré par la guerre.


Figure 1 : Cycle de vie du conflit
Tout comme le conflit, la paix est un processus qui ne requiert pas simplement l’absence de guerre (bien que celle-ci soit, en fait, un préalable), mais aussi la sécurité des personnes, la bonne gouvernance, l’égalité et la justice. Le concept de sécurité des personnes transcende les notions traditionnelles militaristes de sécurité, pour inclure un souci de bien-être des groupes vulnérables de la société, en particulier des femmes et des enfants. La bonne gouvernance ne signifie pas simplement la tenue d’élections, voire la démocratisation, mais inclut l’accent sur la transparence et l’imputabilité, ainsi que le renforcement des institutions qui donnent voix aux femmes et aux autres groupes traditionnellement sous-représentés. L’égalité évoque l’égalité d’accès aux ressources et aux chances et la participation des hommes et des femmes sur un pied d’égalité, dans tous les domaines de la société, mais aussi, de membres de races, groupes ethniques et religions différentes. La justice fait référence au développement d’un système de droits et de procédures qui ne fait pas de discrimination envers des membres de la société quels qu’ils soient, et surtout les femmes. En outre, elle inclut la responsabilité des membres de la société de respecter le principe du droit, et celle du gouvernement d’appliquer la loi de façon équitable, sans discrimination ni favoritisme. En plus de ces éléments, la paix durable requiert aussi un développement durable qui non seulement renforce l’infrastructure et la capacité de l’Etat, mais aussi, forge des relations entre les peuples et traite les besoins humains et la dignité humaine.
Etant donné que nous nous intéressons au rôle des femmes dans ces processus de paix et de conflit, il importe de comprendre comment le genre s’insère dans ce cadre. Ces concepts sont tous sexo-spécifiques, ce qui signifie qu’ils ont forcément une incidence différente sur les hommes et les femmes. Le concept de genre renvoie aux différents rôles et responsabilités attribués aux hommes et aux femmes dans une société. Il va au-delà de la définition biologique du sexe en tant que masculin et féminin, à la façon dont ces définitions biologiques sont comprises dans un contexte culturel. A chaque étape du processus de paix et de conflit, les hommes et les femmes ont le plus souvent des rôles, des préoccupations et des priorités différentes. Il est évident que les femmes subissent des effets très différents de ceux que subissent les hommes en temps de guerre. Les effets préjudiciables de la guerre sur les femmes ont été bien documentés et sont notamment le déplacement, la situation de réfugiées, le VIH/SIDA, la violence sexuelle et la pauvreté. (Voir le tableau ci-dessous).

Ces dernières années, des efforts ont été faits aux niveaux international, régional, national et local pour s’attaquer à ces effets ; cependant, il reste encore à changer véritablement la façon de comprendre les concepts de prévention, gestion et résolution de conflit, ou de paix, sécurité et développement. En passant ces processus sous le prisme du genre, on commence à avoir une idée de la manière dont chacun montre les différents défis et opportunités pour la participation des femmes.
Les concepts susmentionnés sont tous essentiels pour comprendre le rôle des femmes dans la consolidation de la paix et le règlement de conflit. Ce qui reste de la présente analyse sera consacré à l’examen de ces concepts dans le cadre des « trois p », à savoir la prévention de conflit, la participation des femmes aux initiatives de consolidation de la paix, et la sécurité et la protection des civils, en insistant plus particulièrement sur les besoins des femmes et des enfants.

Les effets de la guerre sur les femmes et les enfants


  • Trois victimes de guerre sur quatre sont des femmes et des enfants. (Programme alimentaire mondial des Nations Unies, 1998.)




  • Sur la population globale de réfugiés, soit quelque 20 millions, près de 35 % sont en Afrique. Les femmes représentent approximativement 80 pour cent de la population globale de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. (http://www.femnet.or.ke/documents/csw_2002_women_conflict.pdf.)




  • Sur les 300 000 enfants-soldats estimés à travers le monde, environ 40 pour cent sont des filles. (Aide à l’enfance 2006)




  • Plus des deux tiers (70 %) de la population mondiale vivant avec le VIH sont en Afrique subsaharienne. La plupart des personnes infectées sont des femmes (55 %). La moitié des infections à VIH concerne des personnes de moins de 25 ans. Outre les femmes et les jeunes, il y a encore un autre groupe à haut risque : chez les soldats, les taux d’infection seraient plus de 5 fois supérieurs à ceux de la population dans son ensemble, et ces taux sont beaucoup plus élevés pendant le conflit. (http://www.un.org/womenwatch/daw/csw/hivaids/kristoffersson.htm)




  • Le conflit armé exacerbe de nombreuses formes de violence sexiste, y compris la violence sexuelle. En RDC, il y a eu, selon une estimation de l’OMS réalisée en 2004, 25 000 cas de violence sexuelle enregistrés dans la province du Sud Kivu ; 11 350 cas dans la Province de Maniema ; 1 625 cas à Goma et 3 250 cas dans la ville de Kalemie, située dans le sud-est, depuis le début de la guerre en 1998. Toujours selon l’OMS, l’âge des victimes varie de quatre à quatre-vingts ans. (www.womenwarpaix.org/drc/drc.htm)





Les instruments

Les objectifs du millénaire pour le développement (OMD)

Face aux niveaux de pauvreté mondiale de plus en plus élevés, à la maladie, à la faim et aux inégalités, et avec l’avènement du nouveau millénaire, les dirigeants du monde ont adopté, en septembre 2000, la Déclaration du millénaire pour lutter contre la pauvreté dans le monde et garantir une vie meilleure pour tous, à l’horizon 2015. Les Etats membres des Nations Unies ont développé les huit OMD, dans lesquels ils ont confirmé leur engagement à réduire de moitié la pauvreté extrême, à garantir l’accès à l’éducation primaire pour tous, à mettre fin à la discrimination fondée sur le sexe, à réduire la mortalité infanto-juvénile et les décès à l’accouchement, à contrôler la propagation de maladies mortelles et à protéger l’environnement.
Résolution 1325 du Conseil de sécurité

En octobre 2000, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la Résolution 1325, qui appelait l’ensemble des acteurs impliqués dans les négociations de paix et les activités de règlement de conflit à inclure une perspective sexospécifique dans leur démarche. La Résolution met l’accent sur le traitement des besoins des femmes à toutes les étapes de la paix et du conflit, et en particulier sur l’inclusion des femmes dans les activités de prévention et de résolution de conflit, et de consolidation de la paix. Elle a appelé à la représentation des femmes à tous les niveaux de la prise de décision et à l’expansion du rôle des femmes dans les opérations de terrain des Nations Unies. Depuis l’adoption de la résolution 1325, les femmes activistes, les Ong et d’autres organismes internationaux s’en servent comme plateforme de mobilisation et de négociations, pour le suivi des négociations et des accords de paix et d’autres programmes et activités d’après conflit.
Le Protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes (Le Protocole)

Au niveau régional, les Ong africaines ont fait pression et plaidé en faveur d’une reconnaissance accrue des droits des femmes dans l’Union africaine (UA), et ont connu du succès. En effet, grâce à leurs efforts, le Protocole a été adopté à la 2e Session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine à Maputo, en 2003, avec 32 articles relatifs à la protection des droits humains des femmes en Afrique. Ce Protocole inclut notamment des protections spécifiques pour les femmes en périodes de conflits armés et des dispositions concernant les droits des femmes à la paix et au développement durable. Il est entré en vigueur en 2005 après sa ratification par 16 Etats membres. Pour Human Rights Watch, le protocole est « une innovation dans le domaine du droit international » en raison de son traitement exhaustif des questions relatives aux droits des femmes.
Déclaration solennelle sur l’égalité entre les sexes en Afrique

En 2004, l’Union Africaine a adopté la Déclaration solennelle sur l’égalité entre les sexes en Afrique, qui affirme l’engagement des Etats membres envers l’intégration des questions de parité dans son approche des questions de santé, de droits humains, d’éducation, de développement économique, de gouvernance, et de paix et sécurité. La Déclaration solennelle sur l’égalité entre les sexes en Afrique a pour priorité la mise en œuvre de mesures économiques, sociales et juridiques sexospécifiques. Depuis son adoption, les signataires et les organisations de la société civile ont développé un processus de suivi et d’évaluation des progrès accomplis en ce qui concerne ces engagements dans l’ensemble des pays d’Afrique. FAS et ACCORD, avec d’autres organisations oeuvrant pour la paix en Afrique, ont entrepris de suivre les progrès réalisés par les gouvernements et les organisations de la société civile quant à l’Objectif 2, qui « garantit la participation et la représentation pleines et réelles des femmes aux processus de paix, y compris à la prévention, au règlement et la gestion des conflits, ainsi qu’à la reconstruction après les conflits en Afrique, tel que stipulé dans la Résolution 1325 des Nations Unies et aussi, la nomination de femmes comme Envoyées spéciales et Représentantes spéciales de l’Union Africaine ».

Application et compréhension des concepts

A travers des entretiens et des discussions avec des femmes sur le terrain, le présent rapport cherche à comprendre comment les artisanes de la paix ont appréhendé les concepts de paix, sécurité, genre et développement, et comment elles ont utilisé les mécanismes décrits plus haut pour promouvoir la paix dans leurs communautés. Il est clairement ressorti des entretiens que les femmes considèrent la paix comme un processus. En effet, même si elles ne s’exprimeraient peut-être pas dans les mêmes termes ci-dessus, les femmes ont démontré leur profonde connaissance des différents cycles des conflits et des étapes de la paix, ainsi que de l’importance du développement durable. L’une d’elles, par exemple, a déclaré :
« Il n’y a pas de paix si on n’a pas de quoi nourrir les enfants, payer leur scolarité, leur acheter des médicaments, des habits, ou leur offrir un toit. Quand il y a violence fondée sur le sexe, il ne peut pas y avoir de paix. Il y a la paix lorsqu’un être humain a toutes les choses nécessaires qui font que la vie vaut la peine d’être vécue. Par conséquent, nous devons toujours penser à la paix d’une manière globale ».
Et une autre :
« La paix, c’est vivre en harmonie, travailler ensemble, partager et s’entraider. Elle comprend le règlement des différends, la scolarisation des enfants, garçons et filles, et la possibilité pour d’autres enfants de réaliser leurs rêves. Il y a la paix quand nous ne sommes pas obligés de dormir dans la brousse, et que nous pouvons vivre heureux avec nos familles. La paix, c’est pouvoir dormir sous son propre toit, sans peur, et la fin du déplacement ».
En Sierra Leone, les femmes ont fait part de leurs craintes que les recommandations de la Commission Vérité et Réconciliation ne soient pas appliquées et que la paix qui avait été instaurée dans le pays ne soit pas durable, du fait qu’elle n’aborde pas des questions essentielles. Voici ce que dit l’une d’entre elles :
« Quel genre de paix est-ce ? Les gens sont en train de bouillir à l’intérieur, et la situation peut exploser à tout moment! Les problèmes n’ont pas été bien traités… peut-être que nous pouvons sortir la nuit, mais est-ce suffisant ? »
Ces quelques exemples montrent que les artisanes de la paix interviewées comprennent les complexités du processus de paix et les différents éléments de sécurité des personnes et de développement qui sont essentiels pour le processus. D’autres efforts sont nécessaires pour déterminer quels sont les concepts auxquels les femmes attachent le plus de valeur, et comment elles classent l’importance de différents types de sécurité (sécurité des personnes, sécurité militaire, politique, environnementale), de développement (économique, politique, communautaire, individuel) et les moyens d’existence durables. Cependant, il est ressorti des études de cas que l’un des thèmes les plus forts que les femmes ont mis en exergue en Sierra Leone, au Burundi, en RDC et dans plusieurs autres cas est le problème de l’impunité et de l’absence de justice pour les crimes perpétrés contre les femmes et les enfants en période de guerre. Une femme burundaise s’est exprimée en ces termes :
« L’insécurité est toujours là. L’absence de cessez-le-feu avec le dernier groupe rebelle (le FNL) fait toujours régner l’insécurité dans les zones rurales de Bujumbura. A cause de l’impunité avec laquelle les crimes ont été commis avant et après la crise de 1993, les gens veulent se faire justice eux-mêmes, et cela crée la violence dans la société ».
Une autre sœur sierra-léonaise se préoccupait également de justice. Pour elle,
« Il faut faire de la sensibilisation et veiller à ce que l’effet de la CVR (commission vérité et réconciliation) aille au-delà du pardon et de l’oubli ».
Ces commentaires indiquent que les femmes engagées dans les activités de consolidation de la paix ressentent fortement le rôle de la justice dans la poursuite de la paix.
En ce qui concerne les différentes phases du conflit, il est évident que les femmes interviewées comprennent qu’il faut différents mécanismes et actions à différentes phases d’un conflit. Par exemple, les femmes guinéennes se sont focalisées sur la prévention de conflit en installant des bureaux le long des frontières avec la Côte d’Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone, pour empêcher que le conflit ne déborde dans leur pays. En RDC et en Somalie, les femmes sont constamment engagées dans des tentatives de gestion et de résolution du conflit, en formant des coalitions et en faisant des efforts soutenus pour participer aux négociations. Au Rwanda et en Sierra Leone, les femmes ont joué un rôle déterminant dans le processus de justice transitionnelle, en participant au système gacaca au Rwanda et à la Commission Vérité et Réconciliation en Sierra Leone. Au Liberia et au Burundi, les femmes ont montré leur engagement à l’égard du processus de reconstruction après le conflit et ont joué des rôles actifs en veillant à la représentation égale au sein du gouvernement, et à la reconstruction de leurs sociétés déchirées par la guerre.

Application et compréhension des mécanismes internationaux et régionaux

Dans le cadre de ces différentes activités, il est possible de déterminer jusqu’à quel point les artisanes de la paix en Afrique ont compris et utilisé les mécanismes internationaux et régionaux décrits plus haut.
En Guinée, les femmes se sont appuyées sur les médias pour diffuser des informations sur les mécanismes juridiques et les protocoles relatifs à leurs activités de consolidation de la paix. MARWOPNET s’est servi de formations pour s’assurer que la population guinéenne, en particulier les femmes et les hommes au niveau communautaire, comprennent les différents instruments, se les approprient et les intègrent dans leurs activités.
Au Liberia, après la signature de l’accord de paix, les femmes ont reçu une formation sur l’utilisation de la Résolution 1325 pour exiger qu’on les implique dans les processus de DDR. Elles ont traduit l’accord de paix dans une langue qui pouvait être comprise par les masses ; puis, elles ont mis des repères sur ce qu’il fallait faire au cours du processus de reconstruction pour tenir leurs dirigeants responsables.
En Sierra Leone, les femmes ont fait part de leur frustration du fait que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) n’ait pas été mise en application et qu’elles ne connaissent pas réellement les instruments internationaux comme la CEDEF et la Résolution 1325. Les femmes ont exprimé le besoin d’avoir plus de formations, pour leur permettre d’être plus actives dans la protection de la paix et de veiller à ce que les violations qu’elles ont connues ne se reproduisent plus jamais. Elles ont également exprimé l’importance d’enseigner aux femmes leurs droits, avant de les former à l’utilisation de mécanismes internationaux pour protéger ces droits. Nombre d’entre elles ont insisté sur la nécessité d’une réforme du droit pour domestiquer les mécanismes internationaux.
Au Burundi, pour assurer leur participation aux Accords d’Arusha, les femmes ont eu le courage d’exiger une place aux pourparlers, à la suite de la formation dispensée par FAS lors de sa mission de solidarité. Cependant, elles ont remarqué que les hommes leur reprochaient encore de ne pas être à leur place. Ainsi, il a été reconnu que, même si les femmes ont des droits, elles doivent encore exiger le respect de ces droits.
En Somalie, l’utilisation de mécanismes internationaux pour promouvoir l’inclusion des femmes dans les processus de paix a suscité peu de discussion. Les femmes devaient trouver des moyens imaginatifs pour se faire entendre, y compris en formant un 6e clan.
En RDC, les femmes ont été formées à l’utilisation de la Résolution 1325, afin d’être mieux armées pour faire pression pour leur participation aux pourparlers de Sun City, de pouvoir trouver un programme d’action commun et aussi, de voir les opportunités de participation à la consolidation de la paix, créées par les mécanismes régionaux et internationaux existants. L’utilisation de ces mécanismes leur a permis de mettre davantage l’accent sur ce qui les unissait, plutôt que sur ce qui les divisait.
Les femmes du Rwanda ont joué un rôle décisif dans la reconstruction de leur pays, après le génocide de 1994. Elles ont organisé une conférence internationale des femmes, pour mettre en exergue les effets du génocide sur le rôle des femmes. Cependant, elles n’ont pas beaucoup insisté sur l’utilisation des mécanismes internationaux pour promouvoir leurs programmes d’action. La situation au Rwanda montre comment les femmes peuvent tirer profit de l’après conflit pour avoir un rôle plus actif à tous les niveaux de la société, en particulier dans les processus décisionnels. Cependant, il faut effectuer plus de recherches pour déterminer comment les femmes rwandaises peuvent utiliser de façon plus efficace les mécanismes internationaux et régionaux pour promouvoir leur programme d’action.

Conclusion

Ce qui ressort de ces constatations, c’est que dans bien des cas, la Résolution 1325 a servi d’outil de formation des femmes, mais que cela ne veut pas dire forcément qu’elle a été pleinement mise en œuvre. Plus exactement, elle a été un moyen d’unifier les femmes et de leur permettre d’élaborer un programme d’action commun, et aussi, de leur montrer qu’elles ont droit à un rôle égal dans la société. Ni le Protocole, ni la Déclaration solennelle sur l’égalité entre les sexes en Afrique, ne sont évoqués dans l’étude de cas, ce qui montre qu’ils sont beaucoup moins utilisés par les femmes au niveau communautaire. Cela peut se comprendre, dans la mesure où il s’agit de nouveaux mécanismes. Toutefois, compte tenu de leur caractère régional, ce sont des outils importants, et il convient de faire davantage d’efforts pour apprendre aux femmes comment utiliser ces mécanismes pour faire pression en faveur de leurs droits et de leur inclusion dans les processus de paix et de développement. La question clé dans cette partie du rapport est le niveau de prise de conscience par les femmes de leurs propres droits, et de la façon dont elles peuvent utiliser les mécanismes internationaux et régionaux pour promouvoir leur plaidoyer au niveau communautaire. Toutefois, il ne s’agit pas simplement d’une question de prise de conscience accrue des femmes au niveau communautaire ; il faut faire plus d’efforts pour garantir que leurs actions sont soutenues et reconnues aux niveaux supérieurs également, afin que leurs activités soient à la fois efficaces et durables.

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