Pas de salsepareille pour mister a





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Anne-Françoise rentra la Rover dans le garage (elle, au moins, elle

logeait...), sortit ses clefs et constata rapidement que la maison était

ouverte.

Merde ! ils avaient été cambriolés ! elle avait personnellement fermé la

porte en partant, il ne pouvait y avoir de doute sur la question. A

moins

qu'Anselme ne soit rentré à pied sans la Jag... Après tout, ce ne serait

pas

la première fois qu'il reste en rade.

Après avoir bien cogité, Anne-Françoise poussa prudemment la porte

d'entrée

et la referma en silence. Elle jeta un coup d'oeil dans la cuisine :

rien à

signaler. Toujours sur la pointe des pieds, elle progressa jusqu'à

l'entrée

du salon et là, elle le vit. Une espèce d'orang-outang lui tournait le

dos,

vautré sur le canapé. Il devait être bien sûr de son coup pour en

prendre

autant à ses aises ! évidemment, il avait su tout de suite trouver les

objets de valeur puisqu'il tripotait sans vergogne la clepsydre de papa.

Anne-françoise repéra par la même occasion sous la table le vieux sac

qu'il

comptait sans doute utiliser pour emporter son butin.

Elle se replia dans la cuisine et réfléchit à la meilleure conduite à

adopter. Bien sûr, elle pouvait ressortir et appeler les flics de son

portable mais si le type se barrait pendant ce temps-là ? non, le mieux

était de le mettre hors d'état de nuire. Anne-Françoise saisit tout

d'abord

un couteau à steak avant de le reposer avec un violent haut-le-coeur en

repensant à la boucherie de la nuit précédente. Elle opta finalement

pour

une lourde poële en fonte qu'elle cramponna à deux mains avant de se

diriger

vers le salon.

Le type n'était plus sur le canapé. Il examinait, en fin connaisseur, le

"clair de lune et contrebasse" de maman. Anne-Françoise se crispa sur le

manche de la poële tout en avançant à pas de loup vers le malfrat. Elle

n'était plus qu'à deux mètres quand il fit brusquement volte-face.

Anne-Françoise perçut un instant un monumental étonnement dans le regard

du

grand singe et précipita son arme vers lui à toute volée en hurlant. La

poële atteignit Couscous en plein front et le précipita contre "clair de

lune et contrebasse" qu'il entraîna dans sa chute.

Anne-Françoise perçut alors un léger mouvement sur sa gauche et se

retourna

juste à temps pour voir le sac du cambrioleur qui s'apprêtait à lui

sauter à

la gorge. Elle effectua une magnifique volée liftée qui renvoya De

Gaulle

sous la table avec un bruit mat.

Anne-Françoise contemplait son tableau de chasse quand elle entendit du

bruit dans la cuisine.

Un complice ! elle réarma la poële et retourna dans l'entrée. Pour la

cuisine, elle ne pouvait opérer de la même façon : la pièce était trop

petite et elle n'aurait sans doute pas le temps d'assommer le complice

avant

qu'il ne réagisse. Elle se posta donc à l'entrée, la poële brandie

au-dessus

de sa tête, attendant patiemment que sa cible se manifeste.

Anselme venait juste de mettre les croissants au four et finissait de

préparer le café. C'était idiot, mais ça lui faisait plaisir de préparer

un

bon petit-déjeuner pour ce pauvre diable de Couscous. Il s'était même

arrêté

chez le boucher pour acheter du bourguignon pour De Gaulle.

D'une façon générale, Anselme était assez étourdi. Et c'est sans doute

ce

qui le sauva de la poële à frire. Arrivé au seuil de la cuisine, il se

rappela soudain qu'il avait oublié d'allumer la cafetière et fit

demi-tour

alors que Anne-françoise abattait d'un coup son épée de Damoclès. L'élan

la

précipita par terre et Anselme se retourna à nouveau pour regarder, un

peu

surpris, sa femme allongée sur le seuil de la cuisine, une poële à la

main.

Ils n'eurent guère le temps d'éclaircir la situation car des beuglements

déchirants parvinrent du salon. Anselme se précipita sur les lieux,

suivi

d'Anne-Françoise.

Couscous se tenait au milieu du salon, le visage en sang et en larmes,

une

énorme bosse sur le front. Quand il les vit, il pointa le doigt vers

Anne-Françoise et hurla :

- Elle a assassiné De Gaulle !

Et il s'effondra dans un fauteuil, la tête entre les mains.

Anne-Françoise regarda Anselme qui paraissait franchement embêté :

- Dis-moi, je me trompe où j'ai loupé un épisode ?

épisode 14 : AUTOUR DE QUELQUES POINTS.
- Alors ?

Anne-Françoise regarda Anselme d'un air aimable qu'il connaissait bien.

- Alors quoi ? qu'est-ce que tu veux que je te dise ? je lui ai fait

quelques points de suture, voilà tout ! vous n'allez quand même pas en

faire

un fromage pour un petit coup de poêle à frire...

- Un petit coup ? Couscous a une telle bosse qu'il pourrait jouer

les

doublures dans Elephant Man !

Anne-françoise eut un geste d'impuissance :

- Ah oui, mais lui il en a eu deux...

- Et tu t'en vantes ?

- Il n'avait qu'à pas essayer de m'étrangler ! j'étais en état de

légitime défense !

Anselme mit les mains dans ses poches.

- Ouais... Faut le comprendre, après tout. Il croyait que tu avais

tué

son chien... Au fait, si tu allais le rassurer ? j'ai été obligé de le

mettre dans la petite cour : il semait la panique dans la salle

d'attente et

il ne voulait pas rester dans le chenil parce qu'il ne supporte pas

l'odeur

de l'éther...

Anne-Françoise ricana :

- Ah oui ? j'aurais juré que c'était l'éther qui ne supportait pas

l'odeur...

- C'est malin...

Il était neuf heures et quart quand ils étaient arrivés au cabinet, De

Gaulle toujours dans les choux et Couscous beuglant les deux mains sur

le

front sans toutefois que l'on puisse savoir s'il s'agissait de douleur

physique ou de tristesse.

Apparemment, Bérénice n'était pas arrivée car une demi-douzaine de

personnes

patientaient devant la porte. Anne-Françoise s'éclipsa par l'arrière

pendant

qu'Anselme venait ouvrir la salle d'attente. Il constata avec horreur

que

l'emmerdeuse au chien tousseur était de retour.

- Ah ! vous êtes là, madame Bastard...

- Ben oui, fit l'autre avec un air mauvais, les antibiotiques que

vous

m'avez donnés l'autre jour, y marchent pas, enfin c'est pas mieux que

ceux

d'avant.

Anselme soupira :

- Vous les avez donnés pendant combien de temps ?

- Mais j'lui ai pas donné vu qu'y marchent pas ! répondit-elle un

ton

au-dessus.

Anselme regretta un instant que la vente libre des armes ne soit pas

autorisée en France et resoupira un bon coup :

- Bon, entrez madame Bastard, on va voir ça ensemble.

La bonne femme s'engouffra dans la salle d'attente en traînant son

basset

artésien croisé dobermann et ajouta :

- J'espère que je ne vais pas trop attendre !

Deux trois heures, pas plus, vieille peau, pensa Anselme.

Juste à cet instant la super 5 de Bérénice entra dans le parking et

s'arrêta

à deux mètres de ses pieds dans un dérapage certainement incontrôlé.

L'infirmière en sortit difficilement et lui fit un grand sourire :

- Salut, boss : ça baigne ? et elle prit la direction de

l'arrière-boutique sans plus de commentaires. Anselme la poursuivit et

l'arrêta juste avant qu'elle n'entre :

- Ben dites donc, vous alors, on ne peut pas dire que vous ayez les

excuses faciles !

- Les excuses ?

Anselme compta sur ses doigts :

- Primo, vous partez à la poursuite du teuton sans nous donner la

moindre nouvelle. Deuxio, vous déconnectez carrément votre portable ce

qui

fait que, je ne sais pas moi, si l'un de nous est dans une merde noire,

pas

moyen de vous joindre. Et tertio, vous vous pointez une heure en retard

alors que ça se bouscule au portillon !

Bérénice le regarda froidement :

- J'avais des heures à récupérer.

- Ca explique le coup du portable ? et d'abord vous pourriez

prévenir

quand vous les récupérez, vos heures !

Bérénice tourna les talons.

- Bon, il faut que j'y aille, conclut-elle en entrant dans la

clinique.

Anselme resta planté dans la cour :

- Ben merde, alors !

Il entra à son tour. La première chose qu'il vit fut Couscous en train

de

pleurer à chaudes larmes dans le chenil, face au box de son chien.

- Allons bon ! qu'est-ce qu'il a encore, celui-là ?

Anne-Françoise nettoyait les instruments en salle de chirurgie. Il parut

à

Anselme qu'elle mettait une ardeur au nettoyage tout ce qu'il y a de

suspect.

- Qu'est-ce que tu lui as fait ?

- rien.

- Attends : tu lui rends son chien vivant, recousu et il pleure deux

fois plus qu'avant. Il y a un truc, non ?

Anne-Françoise laissa tomber d'un coup les instruments dans l'évier :

- Il m'a demandé s'il allait y avoir une cicatrice et je lui ai

répondu

"uniquement si la gangrène ne s'y met pas", c'est tout. Mais il n'a

aucun

humour, ton copain.

- Ce n'est pas mon copain. Et ce n'est pas malin.

- Tiens, oui, au fait : si tu m'expliquais pourquoi tu ramènes des

clodos à la maison. Tu n'aimes plus la décoration ?

Anselme haussa les épaules :

- Si tu crois que ça m'amuse... J'ai passé une nuit d'enfer !

Anne-Françoise prit un air apitoyé :

- Pauvre chéri ! si j'avais su, je t'aurais invité à ma

surprise-partie

: je me suis éclatée et je n'étais pas la seule, fit-elle avec un

violent

frisson.

Anselme la regarda de travers :

- Qu'est-ce que tu veux dire au juste ?

- Attends : toi d'abord ; je t'expliquerai mon cas ensuite. Et

peut-être

que si Bérénice accepte de nous accorder quelques minutes de son

précieux

temps, nous pourrons en savoir un peu plus sur sa nuit à elle. Elle

n'avait

pas l'air causante, ce matin.

Anselme eut un geste évasif puis se lança dans le récit de ses

pérégrinations nocturnes. Il dût s'interrompre à plusieurs reprises afin

de

laisser Anne-Françoise reprendre son souffle tellement elle se marrait.

Il

parvint néanmoins au terme de l'histoire.

- Tout ça ne me dit pas ce qu'il fout là.

- En prison, il a parlé de copains à lui qui avaient mystérieusement

disparu et qu'on avait retrouvés dans des états divers allant de la

folie

furieuse à la carbonisation.

- La carbonisation ? tu veux dire...

- Comme Bernard Ghilé, exactement ! ces salauds expérimentent le

Désintégrator sur les êtres humains ! je ne sais pas si c'est pour

s'amuser

ou s'ils ont quelque chose en tête mais je pense que Couscous peut nous

donner un coup de main pour en avoir le coeur net.

Anne-Françoise eut une moue dubitative :

- Après désintoxication, peut-être, et encore, je demande à voir...

- Il ne boit pas tant que ça, protesta Anselme. Tiens, cette nuit,

il

n'a vidé qu'un litre !

- Effectivement, une broutille...

Bérénice passa la tête dans l'entrée de la salle de chirurgie :

- Je ne voudrais surtout pas troubler votre touchant tête-à-tête

mais si

vous tenez à ce que la salle d'attente conserve un état présentable, il

me

paraîtrait judicieux d'entamer les consultations.

Elle ajouta sur le ton de la confidence :

- Vous avez vu ? il y a un clochard dans le chenil...

Anne-Françoise soupira :

- Je t'expliquerai... Anselme, tu te mets au boulot ?

Anselme se dirigea vers son bureau en traînant les pieds :

- OK, OK, mais essaie de discuter un peu avec Couscous, histoire de

briser la glace...

- La crasse ?

- ... Et de voir s'il peut t'en dire un peu plus sur ses copains

abîmés.

Anne-Françoise battit des mains avec un air réjoui :

- Quelle bonne idée ! je vais préparer un thé avec quelques cookies

: je

suis sûre que nous allons passer un excellent moment !

Anselme haussa les épaules et entra dans l'arène.
La matinée fut, comme prévu, épouvantable. Cela débuta naturellement

avec le

chien tousseur ; Anselme avait déjà prévu d'effectuer un bilan sanguin

complet assorti de quelques clichés radiographiques, d'un

électrocardiogramme, de tests allergéniques cutanés et, s'il lui restait

du

temps d'une fibroscopie vite fait sur le gaz. Malheureusement, il

semblait

que la vieille peau était aguerrie aux techniques commerciales les plus

sophistiquées puisqu'elle répliqua à la tentative de prise de sang par

un

cinglant "et combien ça va me coûter tout ça ?" avant de hurler qu'elle

ne

venait pas d'hériter. Anselme lui aurait bien répondu qu'il souhaitait

sincèrement que sa descendance n'aît pas éternellement la même malchance

mais le courage lui manqua. Au bout de cinquante bonnes minutes, il fut

contraint à l'abandon, n'ayant même pas la satisfaction de lui caser une

boîte de quinolones de cinquième génération à cinq cents francs les

douze

comprimés :

- Ecoutez, je vais déjà essayer ceux que vous m'avez donnés la

dernière

fois, quoique ça m'étonnerait que ça marche. Je vous dois quelque chose

?

Anselme faillit tomber dans le panneau mais réussit in extremis à

facturer

une consultation. L'autre lui envoya un regard qui devait être réservé à

l'origine au percepteur et sortit un chèque plié en huit de sa sacoche

du

Crédit Agricole. Le chien conclut l'entrevue en pètant bruyamment

quoiqu'Anselme n'était pas certain que ce ne fut pas sur ordre.

Le reste fut à l'avenant : fièvre inexpliquée sur chat intouchable,

diarrhée

profuse sur un Saint-Bernard de soixante-quinze kilos, consultation

comportementale sur une petite chienne totalement saine terrorisée par

des

maîtres totalement barjos. Le seul vaccin de la matinée concernait un

Rottweiler dont la préoccupation essentielle semblait être l'amputation

d'un

membre d'Anselme, sans toutefois aucune préférence quant à la

localisation.

A 11h30, Anselme était littéralement épuisé.

Pour corser le tout, Bérénice ne semblait pas vraiment dans son

assiette.

D'abord, Anselme la surprit en train de remplir son tiroir à seringues
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