Pas de salsepareille pour mister a





télécharger 0.94 Mb.
titrePas de salsepareille pour mister a
page2/29
date de publication20.11.2017
taille0.94 Mb.
typeDocumentos
m.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   29

desquelles Anselme avait eu beaucoup de mal à justifier les différences

entre les faits rapportés sur véto-bave et ce qui était réellement

arrivé

au pauvre Bernard. Même si Bérénice était venue témoigner en sa faveur,

il

était clair que les flics avaient beaucoup plus envie de croire en la

version électronique de son histoire. Sans compter que son amour-propre

en

avait pris un sacré coup dans l'aile...

Par la même occasion, il avait donc appris que Bernard n'était jamais

allé

à son premier rendez-vous de l'après-midi, qu'il n'était pas rentré chez

lui le soir et qu'on n'était sans aucune nouvelle depuis.

Tout cela le mettait dans une situation plus qu'inconfortable.

Néanmoins,

en l'absence de preuve particulière, le juge d'instruction l'avait

laissé

en liberté. Anselme n'avait pas mentionné la lettre anonyme,

Anne-Françoise

lui ayant judicieusement fait remarquer que cela ne ferait que renforcer

les soupçons qui pesaient sur lui.

Après avoir poussé dehors la mère Moulard, Anselme, ouvrit le dernier

numéro de Véto-Business. Il était dit qu'il serait difficile d'échapper

à

son sort : en première page s'étalait la photo, toutes dents dehors,

d'Yves

Van Beak, le directeur des laboratoires Miraculos avec le texte suivant,

en

énormes caractères : "LES LABORATOIRES MIRACULOS TRIPLENT LEUR CHIFFRE

D'AFFAIRES GRACE AU DESINTEGRATOR".

Suivait un panégyrique des activités du laboratoire et le récit du

succès

du grille-pain de compétition, encore plus éclatant que le sourire de

Van

Beak.

Anselme s'apprêtait à envoyer le journal tout droit dans la réserve de

fonds de cages quand il remarqua un petit encadré avec la photo d'un

splendide château : "Ce week-end, en l'honneur de la réussite du

Désintégrator, les laboratoires MIRACULOS convient tous les praticiens

de

la région parisienne à un gigantesque bal masqué dans le cadre

prestigieux

du Manoir de Givré." Comment ça "tous les praticiens" ? il n'avait rien

reçu, lui ! à moins que...

Il se précipita en salle de chirurgie. Anne-Françoise avait apparemment

entrepris de repeindre les locaux grâce à l'artère mammaire d'une

chienne

Berger allemand. Anselme remarqua que Bérénice, bien que située aux

premières loges, s'était débrouillée pour éviter les sanglantes

projections. Sa femme n'avait pas eu la même chance et exhibait une

grande

traînée rouge en travers de son impeccable maquillage.

"Ah ! ça y est, je la tiens ! passez-moi le Vicryl, Bérénice."

"Dis-donc, tu n'as rien trouvé de particulier au courrier, ces derniers

temps ?" demanda abruptement Anselme.

Anne-Françoise le toisa comme si elle venait de découvrir un lombric

dans

son pot de crème de nuit :

"Qu'est-ce qui vous prend, mon ami ? vous ne voyez pas que je suis

occupée ?"

Anselme ouvrit la bouche mais rien n'eut le temps d'en sortir.

"Vous voulez dire quelque chose d'encore plus particulier que ce que

vous

avez pu y trouver il y a trois jours ?" ajouta-t-elle avec un sourire

carnassier.

"Anne-Françoise, je vous en prie, ne vous fichez pas de moi ! vous savez

bien que je suis sur les nerfs avec toutes ces histoires ! avez-vous

ouvert

une invitation des laboratoires Miraculos à une espèce de bal masqué ?"

Sa femme haussa les sourcils :

"Ne me dites pas que ça vous intéresse ! vous n'avez pas peur qu'il vous

mettent dehors de la même façon que vous avez viré Bernard ?"

"Ne dites pas de bétises ! cette invitation est une excellente occasion

pour en savoir un peu plus... Où l'avez-vous mise ?

"Sur le frigo, dans le chenil. Mais je vous préviens, menaça

Anne-Françoise

en agitant son porte-aiguille, c'est hors de question que je vous

accompagne !"

Anselme se demanda la raison d'une telle véhémence et attrapa

l'enveloppe.

Elle contenait les invitations pour eux deux et les modalités de

participation. Là, Anselme sut tout de suite ce qui motivait le refus

catégorique de sa femme : il ne s'agissait pas d'un bal masqué, mais

d'un

bal costumé. Chacun pouvait venir choisir son costume en différents

points

d'accueil des départements de l'Ile-de-France. Quant au thème, Anselme

se

demanda s'il était vraiment raisonnable qu'il y aille lui-même : c'était

le

Livre de la Jungle.
épisode 4 : La vie de château.
Il tombait des cordes quand Anselme et Anne-Françoise sortirent du

gigantesque entrepôt qui servait de stockage aux costumes destinés aux

invités du bal costumé. Ils se précipitèrent, trimbalant leurs

volumineux

paquets, jusqu'à la Jaguar. Anne-Françoise tirait une gueule d'enfer et

le

nuage qui planait au-dessus de sa tête n'avait rien à envier aux cieux

déchaînés.

- Quels mufles ! oser me présenter d'emblée un 44 ! je sais bien

que j'ai grossi mais tout de même...

- N'empêche qu'à ta place, je l'aurais pris quand même...

- Ne sois pas grossier, je te prie ! et puis tu peux parler avec

tes cent kilos : c'est tout juste s'ils n'ont pas dû ajouter des

empiècements, ricana Anne-Françoise.

Anselme préféra garder le silence et se concentra sur la conduite, la

Jaguar ayant la fâcheuse tendance à se comporter comme une planche de

surf

sur les flaques de l'autoroute.

Il avait été impressionné devant l'abondance du choix des costumes mis à

leur disposition : personnages principaux et secondaires, tous étaient

présents et dans toutes les tailles. Les laboratoires Miraculos

n'avaient

pas lésiné sur les moyens, mais au prix où ils vendaient le

Désintégrator... Anselme repensa au chat cramé sur la table d'Hector et

eut

un frisson rétrospectif.

- De toute façon, ça me fait chier, cette soirée ! de quoi on va

avoir l'air avec ces trucs, ajouta Anne-Françoise en désignant les

cartons

sur la banquette arrière ?

- Personne ne t'oblige à venir : c'est toi qui as chang..

- Ouais, ça va ! tu crois que je ne t'ai pas vu venir avec tes gros

sabots ? si tu t'imagines que je vais te laisser y aller tout seul pour

que

tu puisses tranquillement te taper cette poufiasse d'Anabelle...

Anselme secoua la tête avec réprobation : C'était invraisemblable ce que

sa

femme pouvait devenir vulgaire par instants.

Anabelle... malgré les années qui s'étaient écoulées, le souvenir de la

jeune femme était toujours aussi vivace, dans son esprit, dans son coeur

et

apparemment également dans son pantalon comme en témoignait la

volumineuse

érection qu'il dissimula tant bien que mal sous son manteau. Pourtant

leur

relation n'avait guère duré, Anabelle l'ayant éjecté au bout d'une

semaine.

Après s'être documenté sur la question, il était apparu qu'il s'agissait

d'une bonne moyenne dont il n'avait pas à rougir : rares étaient ceux

qui

revenaient en deuxième semaine et l'échantillon au sein de l'Ecole

vétérinaire semblait parfaitement représentatif...

Si Anne-Françoise avait quelques raisons d'être aussi vindicative,

c'était

tout simplement parce qu'Anselme sortait déjà avec elle à l'époque ;

manifestement, dix ans plus tard, le sujet était toujours d'actualité.

Les quelques jours qui suivirent permirent à Anselme de garder à

l'esprit

qu'il était toujours dans la mouise : deux inspecteurs de la PJ vinrent

au

cabinet lui poser les mêmes questions pour la trentième fois. Bernard

n'avait toujours pas refait surface et les policiers étaient de plus en

plus nerveux.

Le jour de la réception, c'était Anne-Françoise qui était

particulièrement

nerveuse. A vrai dire, c'était un euphémisme : Anselme ne pouvait ouvrir

la

bouche sans se faire vertement rembarrer et même Bérénice, ce qui était

déjà beaucoup plus rare, venait de se prendre un savon pour avoir

malencontreusement placé les pinces à champs au fond de la trousse à

ovario

et non sur le dessus. Au moment d'enfiler leurs costumes, la situation

ne

s'était guère arrangée :

- Merde ! de quoi j'ai l'air dans ce machin ! fulminait-elle en se

tenant devant l'armoire de la chambre. Anselme devait avouer qu'avec les

tatanes à pompons, sans tête ni gants, elle semblait plus prête pour

participer au club Dorothée qu'à une réception mondaine. Au moins, de

son

côté, il avait pris moins de risques en choisissant l'un des trois

vautours

: censé être ridicule, il assumait pleinement son rôle, surtout avec le

collant jaune pâle.

- Arrête de râler ! avec la tête, les gants noirs et les chaussons,

ce sera impeccable ! et puis tout le monde sera pareil, alors...

Anne-Françoise le regarda fixement et haussa les épaules.
On n'entrait pas au manoir de Givré comme dans un moulin : deux

gorilles,

en l'occurence réellement habillés en gorilles, faisaient offices de

contrôleurs des invitations devant un portail imposant et sous l'oeil

inquisiteur de la surveillance vidéo. Une petite route serpentait au

coeur

de la propriété jusqu'à un parking aménagé à quelques dizaines de mètres

du château ; là, un autre gorille contrôlait de nouveau les invitations

et

les guidaient jusqu'aux marches de l'entrée, au cas, probablement, où le

pourcentage de non voyants eût été plus important dans la profession

vétérinaire.

A leur arrivée dans la salle de réception, ce qu'imaginait Anselme se

révéla en un instant : des centaines de Bagheera, Sher-Kahn, Kâ, Louie

et

Baloo devisaient paisiblement, coupe de champagne à la main. Assez peu

avaient choisi, comme lui, un personnage secondaire mais il repéra

par-ci,

par-là quelques loups, singes et vautours. Peu d'éléphants également,

pour

des raisons évidentes d'encombrement ; néanmoins, il repéra la moustache

du

docteur L. qui, comme à son habitude, n'avait pas hésité à faire valoir

son

imposant volume. Naturellement, aucun Mowgli...

- C'est pas possible : je me tire... fit Anne-Françoise en faisant

demi-tour.

- Attends ! fit Anselme en la rattrapant par le bras, on va bien

trouver quelques copains.

Anne-Françoise obtempéra visiblement à contre-coeur. Il progressèrent à

travers la salle, s'efforçant de reconnaître les visages sous les

masques

relevés. Finalement, ce fut Hector qui les repéra et les guida jusqu'à

un

petit groupe d'anciens copains de promo. Il lui asséna une grande claque

dans le dos :

- Surréaliste, pas vrai ? remarque, ils ont mis le paquet : caviar,

saumon, foie gras truffé, ça change des réunions du syndicat ! je vais

te

dire : si le syndicat nous promet de nous servir le même menu la

prochaine

fois, je suis même prêt à me déguiser en Caliméro !

Il éclata de rire bruyamment mais ne tarda pas à se calmer en voyant la

tête d'Anne-Françoise :

- Ben alors, Nanou, tu n'aimes pas le caviar ?

La principale intéressée se contenta de hausser les épaules.

- Laisse tomber, Hector, prévint Anselme, tu vas te prendre un coup

de griffes.

Anselme crut que la jolie couleur pivoine du visage de sa femme était

due à

ses propos et il rentra la tête dans les épaules en perspective de ce

qui

allait lui tomber dessus. Puis, il remarqua que le regard

d'Anne-Françoise

allait au-delà de sa modeste personne et il se retourna : à quelques

mètres

d'eux se tenait Anabelle. En Bagheera, elle aussi. Mais dans du sur

mesure

étant donné la parfaite adéquation entre le tissu noir et le corps

splendide de la jeune femme. Elle papillonnait au milieu d'un aéropage

de

déguisés masculins et s'appuyait sur le bras d'un Sher-Kahn dont il ne

distinguait pas le visage.

- Pas mal, hein ? susurra Hector, lui évitant in extremis certaines

modifications physiologiques qu'il craignait excessives, même cachées

sous

les plumes.

- Hmm... Qui c'est le type, à côté ?

- Comment, tu ne sais pas ? c'est Van Beak, bien sûr, ils se sont

mariés la semaine dernière. Il parait que c'est le grand amour, on n'a

pas

arrêté d'en parler sur véto-bave, faut suivre mon vieux !

- Ben tu sais, en ce moment...

Anselme risqua un regard en direction d'Anne-Françoise mais elle avait

disparu ; il la vit près du buffet, vidant d'un trait une coupe de

champagne et s'en versant illico une autre. Hector continua sur sa

lancée :

- Et tu vois le singe à côté de Van Beak ? c'est Blumenstein.

Anselme lui renvoya un regard ahuri.

- Blumenstein ! l'électronicien allemand qui a conçu le

Désintégrator ! un génie des puces ! ah ! ah ! ah ! par contre, il est

moche comme un pou : ce doit être le seul qui a intérêt à garder son

costume !

Hector s'étouffa de rire et Anselme en profita pour se dire qu'il était

temps de prendre des initiatives : il posa son verre et se dirigea tout

droit vers la tête des laboratoires Miraculos.
5ème épisode : l'oeil du tigre.
Anselme n'avait fait que quelques pas en direction du comité directeur

des

laboratoires Miraculos lorsqu'il faillit faire demi-tour illico : le

regard

émeraude d'Anabelle venait de se poser sur lui et un demi-sourire

apparut

sur son visage angélique. Néanmoins, tel le mime figurant une âpre lutte

face à une tempête, il parvint à terminer sa progression.

- Tiens ! une vieille connaissance...

Anselme esquissa une grimace :

- Tu exagères, Anabelle, nous avons le même âge...

Anabelle se tourna vers Sher-Kahn :

- Mon chéri, l'ours que voici est le docteur Anselme A. Nous nous sommes

connus assez brièvement à l'école vétérinaire.

Van Beak se tourna vers Anselme. Le biologiste arborait son sourire

photogénique : Anselme se demanda un instant s'il n'était pas resté

coincé

depuis sa dernière interview.

- Ah oui! c'est vous qui avez kidnappé l'un de nos délégués... Non, je

plaisante... C'est toutefois un incident regrettable... Il parait que

vous

vous êtes montré assez violent avec ce pauvre homme, non ?

Anselme ouvrit la bouche, mais Van Beak ne lui laissa pas le temps de
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   29

similaire:

Pas de salsepareille pour mister a iconMister k fighting Kit

Pas de salsepareille pour mister a iconMister Devil ou Monsieur Débile ?

Pas de salsepareille pour mister a icon«Mister Pück» Synopsis de Sophie Decroisette Scénario de Bruno merle & Jean-Rémi françois

Pas de salsepareille pour mister a iconTHÈse pour le diplôme d’État
«Quand passes-tu ta thèse ?». Cette question n’a l’air de rien mais grâce à elle, j’ai avancé pas à pas dans la réalisation de celle-ci....

Pas de salsepareille pour mister a iconQuatriemes rencontres de valvert
«l’argent n’a pas d’odeur», IL n’en a/est pas moins une couleur. Et dans notre société dite de consommation, l’argent n’est-il pas...

Pas de salsepareille pour mister a icon2 Histoire naturelle du cancer
«c’est pour votre culture» ou «c’est juste pour vous». Après bon ok IL a dit les chiffres à l’oral que je n’ai pas mit en gras mais...

Pas de salsepareille pour mister a iconOrganisateur de temps de loisirs pour enfants et adolescents ayant...
«L'éducation ne se borne pas à l'enfance et à l'adolescence. L'enseignement ne se limite pas à l'école. Toute la vie, notre milieu...

Pas de salsepareille pour mister a iconAdme. Ces étapes co-existent dans le temps et ne sont pas toutes...

Pas de salsepareille pour mister a iconProgramme annulé pour raisons de sécurité
«Les Arméniens Américains ne peuvent même pas supporter qu’un Arménien parle, s’il ne soutient pas leur position»…

Pas de salsepareille pour mister a iconArthrose : ne terminez pas en chaise roulante
...





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
m.20-bal.com