Pas de salsepareille pour mister a





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éviter

les nombreux obstacles disséminés sur le parcours.

*

* *
- Je suis sûr que tu l'as fait exprès...

- Je te jure que non ! mon seul but était de me rapprocher des toilettes

:

ce n'est quand même pas ma faute s'Ils étaient sur le trajet...

*

* *

Il était donc 2h17 quand le paquebot Anne-Françoise heurta de plein

fouet

l'iceberg Yves Van Beak. Le choc était inévitable, Anne-Françoise ayant

entrepris de vider sa coupe, de saluer Hector, qui, en fait, ne faisait

que

tenter de la prévenir de l'imminence de la collision, et de continuer sa

course vers les toilettes. Heurté dans le dos, Van Beak fut propulsé en

avant, envoyant par la même occasion le contenu de sa coupe sur la tête

de

sa femme.

Anne-Françoise, remise du choc, en apprécia les conséquences. Et la

première

chose qu'elle vit fut la tête effarée d'Anabelle dégoulinante de

champagne.

A ce stade, l'incident ne mobilisait guère que l'attention des voisins

immédiats, mais Anne-Françoise partit d'un rire tonitruant. Pas un de

ces

rires en cascade dont Anabelle avait le secret et qui parvenaient, en

quelques secondes subtiles, à captiver l'ouie puis le regard, non,

plutôt un

rire dont la puissance et l'insistance commandent à chacun de gagner

prestement les sorties de secours.

Le résultat immédiat fut surtout la fureur d'Anabelle qui arracha

l'assiette

des mains de Blumenstein ("salade de calmars au chablis avec ses petits

légumes") et la projeta avec une précision étonnante sur le crâne de la

fauteuse de troubles, stoppant du même coup ses zygomatiques en pleine

action.

Curieusement, Anne-Françoise fit demi-tour sans même jeter un regard au

discobole qui afficha un sourire victorieux conforté par la sollicitude

de

l'entourage devant ce tableau de la beauté outragée. Le sourire fut

toutefois de courte durée : Anne-Françoise faisait le trajet en sens

inverse, armée d'un volumineux saladier ("harengs de la Baltique marinés

dans l'huile de noix parfumée à l'aneth et ses herbes nordiques"). A

vrai

dire, Anabelle sous-estima grossièrement la détermination de son

adversaire

: jusqu'au bout, elle crut qu'Anne-Françoise se dégonflerait et ce n'est

qu'une fois coiffée du saladier qu'elle dut admettre qu'elle s'était

trompée.

*

* *

- Nom de Dieu...

- Merde ! elle l'avait cherché ! et puis les harengs, ça va bien avec la

morue, non ?

- Putain ! mais tu te rends compte du bordel ? tu crois qu'on avait

besoin

de ça ?

Anne-Françoise le regarda en faisant mine de bouder :

- Tu as raison, je suis désolée mon chéri, la prochaine fois, je

l'embrocherai sur ma fourchette à huitre avant de la balancer dans le

vide-ordures !

- Oh, ça va...

Anselme posa les doigts sur son épaule meurtrie :

- Je suppose que c'est elle qui t'a mordue ?

- On ne peut rien te cacher... Mais à l'heure qu'il est, elle doit avoir

un

oeil au beurre noir à décourager la plus épaisse des escalopes de veau

anabolisées !

Anselme se laissa retomber sur le lit.

- Eh ben là, on est vraiment dans la merde...

Anne-Françoise se glissa à ses côtés :

- Bah... Demain, c'est dimanche, on aura le temps d'y réfléchir. Je suis

sûre que ça va finir par s'arranger.

- Si tu le dis... Moi, j'ai le furieux sentiment que ça ne fait que

commencer...

Episode 7 : ANSELME BRICOLE.
Sitôt couchée, Anne-Françoise s'endormit comme une souche. Anselme resta

éveillé jusqu'au lever du jour, la respiration régulière de sa femme ne

parvenant pas à le bercer suffisamment pour chasser de son esprit les

multiples questions qui s'enchaînaient en boucle. Quand il parvint enfin

à

trouver le sommeil, ce fut pour aller de cauchemar en cauchemar dans

lesquels, de façon immuable, d'abominables entités s'évertuaient à le

transformer en bois de chauffage avec des haches dont le calibre allait

en

augmentant. Curieusement, ces visions terrifiantes le laissaient

indifférent, comme si la réalité à laquelle il venait d'échapper l'avait

définitivement vacciné contre l'épouvante onirique.

Toutefois, à l'issue du énième découpage, le décor changea brutalement.

Il

se trouvait dans une gigantesque pièce vide dans laquelle il venait

d'entrer

par une porte apparemment dépourvue de toute poignée. La salle baignait

dans

une lumière blanche et crue, comme si des milliers de néons

l'éclairaient

alors qu'aucune source lumineuse n'était visible. Quand ses yeux se

furent

accoutumés à la blancheur éclatante, il distingua, à quelques dizaines

de

mètres de là, manifestement au centre de la pièce, plusieurs silhouettes

vers lesquelles, machinalement, il se dirigea. Progressivement, il put

compter trois personnes dont une se trouvait assise dans un fauteuil. Le

parcours était interminable et lui laissait largement le temps

d'appréhender

le tableau qui devenait de plus en plus net : les deux personnes se

tenant

debout à côté du fauteuil étaient Van Beak et Anabelle. Celle-ci tenait

dans

sa main droite une monumentale seringue remplie d'un liquide rosâtre. Le

fauteuil était tourné dans l'autre sens ce qui fait qu'Anselme ne

pouvait

distinguer l'identité de la troisième personne.

- Monsieur A. ! s'exclama Van Beak avec son sourire breveté, vous

tombez

bien ! ma femme s'apprête justement à tester le dernier produit de notre

laboratoire : nous tenions à ce que vous fussiez le premier témoin des

progrès de la médecine vétérinaire !

Anabelle fit alors pivoter le fauteuil et Anselme découvrit

Anne-Françoise,

entièrement nue et fermement attachée et baillonnée. Il hurla mais aucun

son

ne sortit de sa bouche ; il voulut se précipiter mais ses pieds

restèrent

fermement collés au sol. Anabelle saisit le bras d'Anne-Françoise et y

planta fermement l'aiguille : le liquide rose passa en totalité dans le

corps de sa femme. Anselme constata qu'il ne pouvait même pas détourner

le

regard. Comme rien ne se passait, il fixa les tortionnaires d'un air

surpris. Anabelle commença alors à rire. Et comme si son rire était

l'ingrédient manquant jusqu'à présent, Anne-Françoise se mit à se tordre

de

douleur sur son fauteuil. Anabelle riait de plus en plus fort, son rire

emplissait toute l'immensité de la pièce. Puis elle leva d'un coup les

bras

au plafond et Anne-Françoise explosa.

Au propre et au figuré.

- Non mais, t'es cinglé ou quoi ? ça va pas de hurler comme ça ?

Anselme contempla sa femme, rouge de colère dans le lit à côté de lui,

tout

surpris que les morceaux soient revenus à leur place aussi rapidement :

- Euh... J'ai rêvé que t'étais morte...

- Eh ben non, pas encore figure-toi, mais si tu continues à crier

comme

ça, t'as peut-être une chance de provoquer une crise cardiaque, on ne

sait

jamais !

Anselme haussa les épaules et regarda le réveil : il était huit heures.

- Bon écoute, je me lève et j'essaye d'avoir quelques réponses à mes

questions. Ne t'inquiète pas si tu ne ne me vois pas pour déjeuner, OK ?

Anne-françoise disparut sous la couette :

- C'est ça ! et si je meurs, je te préviens !

Merde alors ! comment faisait-elle pour arriver à dormir dans ces

conditions

? Anselme ne pouvait s'empêcher d'admirer cette capacité de sa femme à

rester de glace face aux situations les plus inquiétantes qui soient :

c'était bien ce qui les avaient résolus, lors de leur installation, à

lui

confier la chirurgie. Elle aurait été capable de récupérer un pédicule

ovarien d'une main en se remaquillant de l'autre.

Anselme s'habilla et décida de mettre au point un plan d'investigation.

Assis devant un bol de corn-flakes, il traça sur une feuille un rapide

schéma de sa situation : Bernard Guillé, le Désintégrator, les

laboratoires

Miraculos, le garde du corps, Anabelle, Van Beak et le savant allemand

dont

il ne parvenait absolument pas à retrouver le nom et qu'il appela

momentanément Mabuse. Pas grand-chose à investiguer là-dedans, se dit-il

et

il ne se voyait guère partir à l'assaut de Miraculos en Arsène Lupin du

dimanche. En fait, il n'y avait que le désintégrator qui fût une cible à

la

hauteur de ses modestes moyens.

Sa montre indiquait neuf heures. Hector devait être de retour de son

jogging

hebdomadaire. Anselme se risqua à appeler son ami sur son mobile pour

éviter

de réveiller toute la maison ; au bout de cinq sonneries, une voix

essoufflée lui répondit :

- Ouais ?

- C'est Anselme, tu as fini ton parcours de santé ?

C'était un éternel sujet de moquerie vis-à-vis d'Hector qui persistait à

penser que ses dix tours de pâté de maison étaient en mesure de

compenser

les millions de kilocalories de ses repas gastronomiques.

- Ah, c'est toi ? je croyais que c'était Monique qui voulait que je

rapporte des croissants, pfou, pfou, pfou, tu t'es remis de tes émotions

vieux ? pfou, pfou, fou...

Anselme imagina le volumineux quadragénaire en sueur, courant le mobile

collé à l'oreille et ne put retenir un sourire :

- Ouais, ouais... Dis-moi, je peux venir à ton cabinet d'ici une

demi-heure ?

- Pfou, pfou, pfou, une demi-heure ? ça a l'air urgent dis-donc...

tu

sais que c'est double-tarif les jours fériés ? Ah ! Ah ! bon OK, Monique

attendra pour le p'tit déj. Je fais un dernier tour et j'arrive, pfou,

pfou.

A plus !

Anselme raccrocha, avala ses céréales et fila dans le garage. La jaguar

étant manifestement en meilleure forme que lui, il ne lui fallut qu'un

quart

d'heure pour parvenir devant la clinique d'Hector. Evidemment, son ami

n'était pas encore arrivé. Tout en déambulant sur le parking ombragé,

Anselme tomba en arrêt devant l'enseigne "clinique vétérinaire" : cet

abruti

d'Hector avait recommencé ! elle devait bien faire le double des normes

autorisées... Et Anselme était prêt à parier qu'elle était clignotante.

En fait, tout venait de ce qu'il y a deux ans, cette andouille de S. qui

avait son cabinet dans la ville voisine, avait eu, si l'on peut dire, la

sombre illumination de débouler avec son double-décimètre pour vérifier

la

conformité de l'enseigne d'Hector. Or, à la grande surprise de ce

dernier,

il y avait bien trois centimètres excédentaires dans les deux sens.

Hector

avait naturellement tenté d'obtenir une conciliation mais il fallait

croire

qu'il piquait un peu trop de clients à S. pour que cela fût envisageable

et

il se retrouva en commission de discipline avec, toutefois, la simple

consigne de changer d'enseigne ou de la raccourcir à la scie-sauteuse

selon

sa préférence.

Hector n'ayant pas digéré ce coup-là, s'ingéniait depuis à déclencher

l'ire

de son bouillant voisin, au mépris de toute sanction ordinale : annonce

pleine page dans le journal local signalant la poursuite des

consultations

pendant la réfection de sa salle d'attente, panneau indicateur de la

direction de sa clinique au carrefour avoisinant le cabinet de S.,

distribution de cartes de voeux publicitaires à la sortie du même

cabinet

par Hector lui-même, déguisé en Père Noël. Hector savait bien qu'il

finirait

par se prendre une interdiction d'exercice mais d'une part, il avait

tellement de fric qu'il s'en foutait éperduement, d'autre part la tête

de S.

à chaque affront le confortait dans sa puérile croisade.

Anselme fit le tour du magnifique bâtiment : 250 mètres carrés de

plain-pied

avec des verrières artistiques à la mords-moi-le-noeud, portes

coulissantes,

stores électroniques et tout le tintouin alors que cet enfoiré

travaillait

seul ! la mairie, sans doute impressionnée par l'ouvrage, lui avait même

alloué dix places de parking réservées ! dire qu'Anselme en avait conçu

une

certaine jalousie relevait de l'euphémisme mais Hector s'était tellement

foutu de lui que ça lui était passé assez rapidement. Et puis tout le

monde

ne peut pas avoir des parents leaders mondiaux de l'emballage

plastique...

Le crissement des pneus de la Porsche sur l'asphalte du parking lui fit

interrompre son inspection. Hector extirpa à grand peine sa lourde

carcasse

du véhicule :

- Ca y est ! me voilà ! j'espère que ça ne fait pas trop longtemps

que

tu attends ?

- Non, t'inquiète... Dis-donc, fit Anselme avec un petit sourire, tu

as

refait ton enseigne ?

- Tu as vu ? ça m'a coûté bonbon mais ça valait le coup ! quatre

fois

mille watts et ça clignote de trois couleurs. Génial, non ?

Le mot était faible.

Hector ne lui laissa pas le temps de commenter :

- Si ce coup-ci, machin ne fait pas un ulcère, je me fais marchand

de

gaufres !

Anselme haussa les épaules :

- Bon, si ça ne te fait rien, je ne suis pas venu pour applaudir à

tes

gamineries. Tu me fais entrer ou je pète un de tes vitraux byzantins ?

- OK, OK, on y va, décompresse un peu ou tu vas l'avoir toi aussi,

l'ulcère. Et si tu m'expliquais ce qui arrive à te faire bouger aussi

tôt un

dimanche matin ?

- Je voudrais voir ton Désintégrator.

- Ah ! je savais bien que tu y viendrais ! ça marche super, tu sais

?

j'en ai pris un deuxième depuis que tu es passé. Les gens ne jurent plus

que

par ça. Y'en a même qui disent que le chien traité est plus vif, plus

gai...

- Ouais... pas les chats en tout cas...

Le rire tonitruant d'Hector résonna dans la salle de consultation :

- Je n'ai pas réessayé sur le chat mais le labo doit sortir un

appareil

spécial d'ici la fin du mois. En tout cas, ça se bouscule tellement au

portillon que j'ai majoré les tarifs de 20 % : ça te dit quelque chose ?

- Ecoute : je me fous de ta promotion. Pour l'instant, je suis

persuadé

que Miraculos est une bande d'enfoirés et, crois-moi, j'ai de bonnes
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