Je reviendra ici, le cœur plein de nostalgie…





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Je suis foncièrement misogyne envers ces femmes qui pensent être meilleures du simple fait d’être femme, envers celles qui sont aussi truies que les porcs qu’elles croient combattre…

Se sentir meilleure que les hommes parce qu’on déjette dans le monde un peu plus de chair à canon, à usine, à misère; parce qu’on donne vie à un futur cadavre…
23h. Larmes encore. Pas assez. J’en voudrais encore et encore… Elles ont un goût de vie, de vie pure, non coupées au Prozac ou à quoique ce soit d’autre… Je voudrais pleurer, pleurer toute le nuit mais cela ne dure qu’un instant, une minute…

Suis-je aussi trop vieux pour pouvoir pleurer ?!…


Mercredi 26/11/97

Hier soir j’étais triste et cela m’a fait grand bien, je crois.
Yi King : 1° “L’obscurcissement de la lumière”… Effectivement ; je n’allais pas rester sur mon petit nuage ad lib… 2° “Le progrès” ; voilà qui est mieux…
La serveuse du “Kiosque”, près de la gare de Beauvais (il est 9h30), ressemble un peu à Isabelle Huppert…
S’il est vrai que les femmes vantant les qualités soit-disant exclusivement féminines sont des connes; il n’en est pas moins vrai que les hommes, dans leur immense majorité, sont des porcs…
Du train : étonnants reflets d’arbres dans un étang, plus nets, plus réalistes que les arbres eux-même noyés dans la brume… 

La réalité est derrière le miroir…
Le sentiment que, si tout va bien, je pourrai écrire correctement d’ici cinq à dix ans…


Jeudi 27/11/97

Soir. En rentrant de Paris, j’ai entendu piailler dans le jardin abandonné d’à côté - du moins a-t-il l’air abandonné -…

Un petit Guilloux roux de trois mois, tout trempé…


Dimanche 30/11/97

La semaine se termine. Il était temps. Une sale semaine, dure, pénible, pleine de remises en causes, où tout le monde semble aller mal… 

C’est fini. Demain repartira…


Lundi 1/12/97

Bonjour décembre. Bonjour lundi. C’est reparti.

Pas si sale semaine que ça, finalement, même si les larmes, ou grâce aux larmes… Un rapprochement de la vie, d’une tension, d’une acuité nouvelle – ou seulement retrouvée ?…
Affût 14h30. Je vais peut-être pouvoir ouvrir un petit bureau de conseils en relations amoureuses…

Deux habituées viennent de me consulter sur l’attitude à tenir face aux mecs avec qui elles croient sortir… L’une n’a été embrassée qu’une fois dans le mois. L’autre deux (l’air de rien, c’est déjà le double…). Elles sont charmantes…
Le lundi (elles sont reparties) est vraiment la journée morte de l’Affût. J’y suis maintenant seul. Je veux dire sans présence féminine. Juste une table de crétins vantant les mérites de leurs portables et puis, là bas, deux, trois mecs assis au bar…
Pas beaucoup écrit ces derniers temps… la musique qui revient, réclame son quota d’attention…
16h30, toujours personne… C’est un peu chiant…
17h, ça y est. Julie est arrivée accompagnée d’un groupe de trois autres filles puis, un peu plus tard, Jeanne s’est avancée jusqu’à l’entrée de la salle mais, au lieu d’aller les rejoindre, est retournée s’asseoir près de l’entrée, à l’abri du bar… Est-elle fâchée avec ces filles, attend-elle un amoureux (je n’ai plus jamais revu l’autre, au fait…) ou tient-elle tout simplement à rester seule parce que des choses à faire ?… Mais pourquoi n’avoir pas salué les autres ?… Moi, je peux comprendre mais - Elle vient de passer à toute vitesse sans un regard pour personne, fonçant vers les toilettes… Elle a peut-être la diarrhée (il n’est jamais mauvais de malmener le piédestal)… Non. A mon avis, elle fait la gueule. Mais pas à moi, puisqu’elle n’a jamais vraiment remarqué ma présence…
J’entends vaguement, au loin, les conneries basses et racistes que professe Julie… Dommage… Elle était jolie, pourtant, quoique son allure de petite bourge aurait dû m’affranchir…
Une grappe de filles s’installe à la table de derrière. L’une d’elles, au moins, se parfume à quelque chose de marin…
Marthe arrive. Elle non plus ne va pas saluer le groupe de Julie… Il s’est assurément passé quelque chose au cours de cette sale semaine…

Elle rejoint Jeanne, toujours cachée, là-bas…

D’autres y sont aussi… Un groupe à chaque bout. L’un loin derrière moi, l’autre loin devant… Personne dans la pièce principale… Serait-ce moi qu’ils évitent tous ainsi ?…
Assez morne après-midi où je m’aperçois que Julie est une grosse (enfin, façon de parler… Elle est très bien foutue…) conne (« On dit qu’on est raciste mais les noirs sont encore plus racistes que nous »)…

La fille qui vend des tickets de train

Mardi 2/12/97

Il y aurait des dolmens à Boury-en-Vexin, Villier-Saint-Sepulcre et Trie-Château… C’est dingue !
16h45, Affût. Passé (perdu ?) pas mal de temps à la bibliothèque… 

Prises du jour : une carte de la région; un recueil de légendes sur les forêts d’ici ; le “Traité du désespoir” de Kierkegaard et “Le démon” de Selby.
Il fait vachement froid. Il neigeait ce matin.
Pas mal de monde ici : Marthe, Julie, mes deux patientes d’hier…

Tout le monde m’a vaguement dit bonjour; agréable…
J’entends que l’on reproche à Marthe de ne fréquenter que des vieux… Il semblerait qu’elle soit désormais avec le grand gaillard qui, il y a peu, draguait Jeanne (qui vient d’arriver), mais bon… Va savoir… Ou alors elle a juste besoin d’un peu de chaleur…

Sa tête repose sur son bras replié sur son genou à lui qui laisse sa main négligemment posée sur son dos à elle mais sans la bouger, sans caresser; d’ailleurs elle vient de se redresser mais non, elle remet sa tête sur son épaule… Mais croise les mains derrière le dos…
Marthe part aux toilettes; Jeanne prend sa place sur l’épaule du gaillard… C’est bien ce que je pensais… Rien de bien sérieux dans tout ça…

En fait, aussi bien l’une que l’autre aime à laisser reposer sa tête sur l’épaule du voisin, et qu’importe le voisin pourvu – car il y a malheureusement un pourvu – qu’il soit copain, qu’il fasse partie de la bande.
Il me faut bien avouer que j’ai de moins en moins de choses à rapporter sur l’Affût… Toujours les mêmes, errant de table en table, réclamant des cigarettes, se lisant mutuellement l’horoscope du journal du jour, et ma situation, dans ce cadre, évolue à une vitesse d’escargot… 

Mais je continue à penser qu’il me faut insister, que cela va payer…

N’y a-t-il pas, en l’état actuel, une bonne demi-douzaine de filles qui, si elles me croisaient dans la rue, me salueraient, ne serait-ce que d’un signe de tête… ?

Persévérons, donc.

J’étais assez satisfait de constater que, malgré l’heure tardive de mon arrivée, personne ne s’était installé à ma table alors que les autres étaient plus qu’occupées… Etait-ce fait exprès ; ai-je dorénavant ma place réservée ?…
Il suffirait que les deux mecs assis à la table de Marthe se barrent et que celle-ci retourne sa chaise pour se trouver face à moi… Elle se retourne, d’ailleurs, assez souvent, très vite mais complètement…

Avant de partir sans un regard…

Va savoir… Va comprendre…


Mercredi 3/12/97

Très pratique, ce début de mois, pour la datation : lundi 1, mardi 2, mercredi 3…
J’avais l’intention d’aller tôt à l’Affût, vers midi, et ne repartir que vers 16 heures pour Paris mais Ariane ne va pas très bien, besoin d’un coup de pouce… Ma journée sera donc consacrée à lui chercher un nouveau matelas, le sien étant tout pourri… Coup de pouce d’autant moins contraignant que si je dois passer la nuit chez elle, autant que ce soit sur un bon matelas.
11h30. La journée s’annonce plutôt bien… Une Isabelle de 19 ans, stagiaire à la gare de Beauvais et déjà repérée samedi dernier, a l’heureuse initiative de me faire répondre à un sondage sur la SNCF…

A sa dernière question (« Avez-vous des questions à formuler ? »), je lui demande s’il serait possible de lui offrir un café… Rendez-vous à l’heure de sa pause, demain midi… Mince, cheveux longs raides et roux, dents pourries et points noirs…

Bon point, mon garçon ! Saisir les moindres occasions, voilà le secret d’une vie palpitante.

M’a-t-elle reconnu de samedi?… Elle doit voir tellement de gens derrière son hygiaphone… N’empêche que c’est elle qui m’a approché… Même si c’est son boulot et qu’il était flagrant que je n’avais rien d’autre à faire… Je la regardais, tachant de me rappeler d’où… Ce n’est que lorsqu’elle m’a accosté que cela m’est revenu… 

On verra demain (s’il se passe quelque chose; penser à ne pas embrasser Ariane sur la bouche devant elle… D’ailleurs faudrait peut-être qu’on arrête… Fâcheuse habitude que ce baiser, que sa main dans la mienne au su et vu de tous alors qu’il n’y a plus rien… Mais je ne vois pas comment revenir sur cette attitude, du jour au lendemain, sans attirer la suspicion, et puis…)…


Jeudi 4 (ça marche toujours… Dommage que les semaines ne durent pas dix jours… ce serait pratique ce mois-ci…)/12/97

08h00. Train. De retour eud’la ville
14h, Isabelle, donc (je m’aperçois qu’elle ne sait même pas mon nom…), durant une heure vingt.

Elle n’est vraiment pas très jolie… Hormis deux énormes points noirs de chaque côté du nez (mignon), elle a les oreilles (très) décollées, des dents trouvées dans une décharge et les ongles rongés jusqu’au sang (quoique ça, ça peut avoir son charme…). Mais bon, tout ça se répare, rien d’irrémédiable.

Le reste maintenant : famille (quand je lui demande ce que font frères, sœurs, parents, grands-parents, arrières-grands-parents, elle me répond le plus sérieusement du monde, même pour les arrières-grands-parents (morts)… Cela me rappelle l’époque du Minitel, quand les jeunes filles s’excusaient que non, elles n’avaient pas le permis poids-lourd… Question d’âge peut-être… De différence d’âge… Trop impressionnée pour ne pas me prendre au sérieux…)…

Famille, donc : père menuisier, mère femme de ménage dans une usine de fonderie (« la plus grande d’Europe ») où son frère bosse aussi, sœur secrétaire et grand-père à la retraite (je n’ai pas osé lui demander de préciser…). Elle prépare (ou a eu) un Bac service-relation-vente (« c’est nouveau ») et va essayer de se faire titulariser (j’allais dire “ridiculiser”) à la SNCF, ici…

Rien que dans cette optique, c’est un mauvais plan.

Elle prend des antidépresseurs (bon point), lit un peu, pas trop, adore Maupassant et Stephen King, va au cinéma un peu, pas trop, s’y emmerde souvent, aime toutes les musiques sauf la techno, adore son lit, préfère les chiens aux chats (rédhibitoire, non ?), doit aller ce soir chez le dentiste se faire arracher des dents (quelle idée !) et va « avoir la tête comme un hamster », ne peut pas me voir demain (à cause des bajoues ?) mais lundi, fait ses études (quand elle n’est pas stagiaire) à Chantilly qu’elle déteste (un autre bon point), a dû prononcer 24 fois « c’est pas plus mal » et une douzaine de fois « ça me saoule », sérieuse, peu d’humour (mais moi non plus)… Quoi d’autre ?… Elle est du signe du taureau (« signe difficile »)… 

En fait, elle connaît forcément mon nom puisque le sondage d’hier…

Sa première question fut « Qu’est-ce que tu fais comme métier ? »… Ça commençait bien…

Bref. Peu d’atomes crochus si ce n’est qu’elle s’est surprise elle-même d’accepter si vite mon invitation… Quoique « c’est toujours agréable de se faire offrir un café… » ; tu vois le genre…

J’ai été on ne peut plus serein avant, pendant, après. Si ça avait été Marthe, je ne dis pas; Jeanne encore moins…
Bon entraînement mais qui risque de tourner court et de devenir fastidieux dès lundi…
Un peu con d’avoir dragué la fille qui me vend des tickets de train…
22h. Le Yi King me dit “méfiance” puis “patience”, et il fait bien. 


Vendredi 5/12/97

J’ai omis de mentionner (lacune révélatrice) que Isabelle était célibataire depuis un an…
On dirait que j’ai une petite crève, moi…
14h, Affût. Acheté de l’Actifed ; 40 balles cette merde !…
Marthe est là, deux hommes en main; la 17 aussi, chaperonnée de laiderons, comme d’hab…
Info dernière : Marthe a bientôt 16 ans. Etonnant. Elle fait plus. Très mûre pour 15 ans. Surtout comparée à d’autres, mes “patientes”, par exemple, dont une avait 20 ans…
Tout le monde repart… 

Elles reviendront…
Un peu dans le coton grâce à la grippe… Pas désagréable… Ça calme mes frustrations…
Il est certain que je ne peux, en aucune façon, tomber amoureux d’Isabelle…

Qu’importe. L’exercice reste bénéfique…

Ce qu’il y a d’agaçant avec Isabelle, c’est ce manque total d’enthousiasme que traduit bien son « c’est pas plus mal »… Je la sens froide et égoïste - et un peu trop bourrée d’antidépresseurs…
Il y a une charmante petite noire, à peine plus âgée que la moyenne semble-t-il (mais suis-je vraiment bon à ce jeu ?…), mais un poteau, malheureusement, la dérobe à mon regard…

Je ne l’avais jamais vu… Elle me plaît beaucoup sans pour autant me rendre malade… Pour l’instant…
Cela fait, finalement, à peine plus d’un mois que je viens ici.

Jusque là, tout va bien…
Il y a un autre type d’à peu près mon âge (Grrr…), très laid selon mes patientes, qui paraît, lui aussi, vouloir prendre ses quartiers dans le coin… Personnellement je ne le trouve pas laid… Une tête à la John Laurie des Longe Lizards… Une tête plutôt sympa mais je ne suis pas là pour ça… Quoique, en attendant…
Non. Décidément, je n’ai rien à faire avec quelqu’un comme Isabelle. J’irai lundi mais ça s’arrêtera là.
On vient (des inconnues reparties aussitôt) de me demander deux francs, précisant qu’elles en cherchaient quinze.

Je leur en ai donné quinze…

C’est un peu comme l’auto-stop, une sorte d’allégeance (est-ce le bon mot ?…) à ma jeunesse, mon adolescence, quand je mendiais trente francs pour aller cinéma…
Il suffit de ne pas lui redonner rendez-vous… Peut-être même serai-je trop malade lundi… Auquel cas j’irai la voir plus tard, à son guichet, pour m’excuser et basta… Encore plus facile…
Marthe s’impatiente d’un anglais qui n’arrive pas… C’est sûrement fort déplaisant mais cela ne l’empêche nullement de me regarder (rien de plus)…

Jeanne est là aussi qui continue de m’ignorer princièrement…
17h ; c’est vendredi, ça se remplit…

Une légère fièvre est plutôt agréable, elle rend calme, serein… Je n’ai pas changé de place depuis trois heures… Je me sens calme, serein, appréciant sans frustration les coups d’œil de Marthe…
17h30. Marthe partie, je ne vais pas tarder non plus…

Nourrir les gosses, une bonne soupe et au lit…

De la bande à Marthe : « Qu’est-ce qu’il fait; il lit ?… — Non, il écrit… » ; les têtes vite re-détournées…
23h30. Lundi, aborder le problème de front.

Quand un homme rencontre une femme, de quoi doivent-ils parler ? D’histoire d’homme et de femme, comme Lelouch, de relation entre homme et femme, de ce qu’on en attend, sous quelle forme et puis le Sida, les enfants, la jalousie (qu’on a un peu abordé, je crois)…

Et quand un homme retrouve une femme pour la seconde fois dans une claire situation de drague ?…
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