Je reviendra ici, le cœur plein de nostalgie…





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Sûrement pour cette raison qu’elle n’arrêtait pas de me répéter qu’elle n’aurait que très peu de temps, qu’elle avait du travail…

Rendez-vous à 15 heures à la bibliothèque. On verra bien si elle veut rester là, prendre un pot, aller chez moi… Ne pas trop s’interroger là-dessus… et ne s’attendre à rien, n’envisager rien…

C’est la première fois que l’on va se retrouver en tête à tête depuis.

Elle pourra être agressive, se méfier… Je pourrais aussi.

Tachons de ne pas y penser. Tenons nous en à la méthode.


Vendredi 16/4/99

Gagné ! Sarah vient d’appeler (14h) pour annuler.

C’était gros, énorme… Aurait mieux fait de ne pas m’appeler du tout.

Enfin. J’ai été aimable et serein. Je m’y attendais tellement.
Par le plus heureux des hasards, il se trouve que le Journal de Brian Eno que j’ai pris à la bibli retrace, entre autre l’enregistrement du disque de David Bowie emprunté le même jour !… Dingue !… Ma vie est totalement dingue !…
« Les gens qui ne semblent pas se soucier de savoir si oui ou non on les aime sont presque toujours adorables » B. Eno
23h30. Je m’énerve, je rage, je cogne contre les murs avec mes petits poings !… Une folle envie de filer des paires de baffes à tout ce qui bouge !…
Ce que j’aime bien, chez moi, c’est que je me fais bien rigoler parfois…

Je viens, là, de me jouer mentalement un petit sketch comme cela m’arrive très souvent mais c’est la première fois que je pense à le retranscrire… Ce n’est pas désopilant. Un petit éclat. Toujours en imaginant la tête du type en face…

En l’occurrence, je me projetais dans une sorte de débat où je devais démontrer que le plaisir n’est pas incompatible avec le malheur :

« Prenons un exemple. Vous êtes jeune marié, un enfant en bas âge. Votre femme meurt décapitée à vos côtés dans un accident de voiture. Vous êtes indemne, mais quand vient le soir et que vous faite l’amour à votre enfant en bas âge, il est clair, il me semble, que votre plaisir n’enlève rien à votre malheur… Ou alors il faudra me présenter votre enfant en bas âge. »

En tout cas, moi, ça me fait rire.
N’oublions pas que Sarah n’aime pas les chats.
Je crois que je n’ai pas très envie d’aimer en ce moment… Ou d’être aimé, d’être responsable de ça…
A tout hasard, parlez un peu quand-même (pour le répondeur).
« On a beau aimer quelqu’un ; comment vivre jour après jour avec lui ?!… » A star is born, G. Cukor
Putain de film (“A star is born”) ! Je ne m’y attendais pas, j’avais oublié. Cette dernière phrase, ces derniers mots… J’ai éclaté en sanglots. Un vrai éclat. Comme de rire tout à l’heure… très fort, très bref, bouleversant et pas du tout désagréable…

Mon premier éclat de pleurs… Faut fêter ça.


Samedi 17/4/99

Dans une société d’individualistes respectueux, il n’y aurait pratiquement plus de malades mentaux.
Créer une chorale d’aliénés…

Faut que je regarde s’il n’y a pas un asile dans le coin…


Dimanche 18/4/99

La dernière fois que j’ai été malade c’était à Courson, chez mes parents. Depuis, je n’ai fait que semblant, une ou deux fois.


Lundi 19/4/99

Affût, 15h. Les filles sont soit beaucoup trop désirables, soit vraiment pas assez pour que je puisse être motivé.

Je sais ; je l’ai déjà dit.
« Ma théorie est toujours : commencer ici, commencer maintenant. »

B. Eno
Il est étonnant que je sois si peu influencé par la publicité, vu comme je la dévore…
Le monde des musiciens (des artistes ?) n’est-il pas uniquement composé d’attardés, de gens bloqués à l’adolescence ?…

Quelle différence y a-t-il dans ma relation aux musiciens par rapport à celle de mes 15 ans ? Hormis la pratique qu’avec un peu d’efforts nous aurions tous pu avoir à cet âge…

Conclusion, c’est chez les artistes que je peux trouver femme qui vive, et non chez les futures secrétaires.

Bon. On avance. L’idéal étant les futures artistes mais je ne sais déjà pas où dénicher ces dernières.

En tout cas je tiens une piste, là. Curieux que je n’y ai jamais pensé…


Mardi 20/4/99

Fidji, cette nuit, durant une petite heure au téléphone. Je lui ai raccroché au nez, ce qui n’est pas très sympa vu qu’elle allait mal, venait d’avoir (encore) un accident de voiture mais elle m’a énervé, toujours à quémander qu’on l’aime, à se vanter, à se plaindre d’être ce qu’elle est, à pleurer en affirmant qu’elle ne peut pas changer… 

J’ai dit mais oui et j’ai raccroché.
Je comprends parfaitement que l’on désire barboter un peu dans la morosité, mais l’autre n’a rien à voir là dedans.


Mercredi 21/4/99

Il existe une race de singe, l’Aiaïe, dont l’index de la main droite fait deux fois la taille normale.


Jeudi 22/4/99

Discussion dans la rue avec un mec de la L.C.R. (Krivine vient faire un meeting dimanche). Enfin quelqu’un pour parler politique avec moi… 

En général, personne ne veut…
Affût, 17h. Une jeune fille travaille, écrit. C’est celle qui a un petit air à Isabelle Carré. Et puis un type genre mon âge arrive près d’elle, se penche un peu, lui demande ce qu’elle fait. Elle lui répond, grand sourire. Il s’assoit. Ils se parlent pour la première fois. Elle est heureuse. Je suis à bout.

Ce genre scène m’ébranle, m’anéantit totalement, me brise, m’achève, écroule cet équilibre précaire où je crois me maintenir, me mentir…
N’acheter que ce qui est à jeter…


Vendredi 23/4/99

Est-ce par vengeance ou par nihilisme que les parents laids prolifèrent  ?
Cette idée d’acheter que ce qui est à jeter m’est venu en voyant une publicité pour un “nettoyant de canalisation”… Investir dans l’ordure de luxe pour l’offrir à l’égout…
Midi, par là. J’attends ma mère à la terrasse abritée d’un café, près des Invalides… Une fondante demoiselle parle cinéma quelque tables plus loin. Elle est actrice, semble-t-il, et cite Rohmer et Assayas… Trop pour moi, sûrement, beaucoup trop…
Comment vouloir changer la société si, dès le départ, on s’enchaîne à l’entrave de la procréation qui rend, dès lors, toute remise en cause impossible  ?!…


Samedi 24/4/99

Je suis tout autant fasciné par les constructions de la nature que par la destruction des villes…


Dimanche 25/4/99

Indépendance, Pauvreté, Liberté.
Je repense à Krivine, la L.C.R.… En luttant « contre les licenciements et la précarité » ils contribuent au total maintient du système d’exploitation et d’esclavage qu’est le travail salarié, le rendent par-là même indispensable et ne font qu’enfoncer le clou du patronat ravi. Ce ne sont que des serfs se contentant de réclamer un peu plus d’aumône au seigneur au lieu de détruire son château, au lieu de s’extirper de sous sa coupe…

Réclamer du travail, c’est faire le jeu de l’argent et des patrons.

Ces gens ne chipotent, finalement, que sur la qualité des chaînes…


Lundi 26/4/99

Première mouche de l’année.


Mardi 27/4/99

Trois semaine que je n’ai pas vu la Dame… Lui parler de ma gravidophobie et de la prise de responsabilité que suppose une rencontre…
« L’acte de conférer une valeur nous appartient » B. Eno
14h. Finalement, j’ai passé ma séance à déblatérer sur les mères, uniques responsables de cette immonde humanité…


Mercredi 28/4/99

Je suis : un homme (?… Ça commence mal…), un compositeur, un solitaire, un écrivant, un mangeur de pâtes, un intellectuel, un gravidophobe, un fils unique…

La liste de B. Eno fait cinq fois la mienne…

Je suis aussi, et surtout, un putain de sacré feignant.
Idée de jeu pour internet : on pénètre à l’intérieur d’un tableau de maître, pour continuer dans le hors-champs, dans un décor qui s’éloigne peu à peu du style de l’œuvre, pour s’approcher d’un autre, d’une autre œuvre (de Raphaël à Dali, par exemple) par où s’aventure quelqu’un d’autre.

Imaginer une sorte de no man’s land ou toux les styles se mélangent.

On pourrait choisir n’importe quelle image scannée, virtualisée en 3D et connectée au réseau central par l’entrée la plus adéquate au genre choisi. Je me comprends.

Un jeu d’aventures culturelles, découverte et connaissance de l’art.

Le joueur représente l’auteur ou l’œuvre elle-même. C’est sa personnalité pour d’éventuelles rencontres (fiches).
C’est le côté Sisyphien qui me ronge… Devoir recommencer encore et encore sans que jamais personne n’en ait connaissance… Chaque aboutissement (texte, disque) est aussitôt suivi de rien.
Il faudrait que le piano – moi, donc - affole le climat comme les guitares de Robert Fripp intoxiquent les chansons de Bowie…
Un peu découragé. Je sens bien qu’il me faut sauter le pas, passer à autre chose, de l’inconnu, et que j’ai peur de me lancer, de mes capacités à l’affronter.

Comme d’habitude, je crains ce que j’attends et espère.


Jeudi 29/4/99

Bientôt, pour la fête du travail, le premier Mai, les gens se rappellerons et mimerons, referons pour une journée, pour rire, deux fois quatre heures de gestes inutiles et fatigants, d’actions débiles et avilissantes… Une fête, une satire, pour ne pas oublier, pour ne plus jamais ça… Bientôt. Peut-être pas après demain, mais bientôt.


Vendredi 30/4/99

9h15, Paris. Tombé du lit à 7 heures… Je me suis dit qu’il devait y avoir une raison… Normalement je me serais rendormi ; là non.
C’est curieux… Je me disais qu’entre un plat de pâtes exceptionnel et une femme sublime…

Mais si je remplace la femme par une nymphette, il n’y a plus d’hésitation possible…


Samedi 1 Mai 1999 (ne pas oublier de travailler)

Ou d’écrire…


Dimanche 2/5/99

Mieux vaut être hors du coup qu’à la traîne.
Les beaux jours reviennent. Le moral s’en va. La Grèce me manque.


Mardi 4/5/99

Je n’écris plus. Pas le temps. Ma vie dans la musique, le nez dans l’ordinateur… 

Le doute musical me déstabilise suffisamment pour camoufler l’autre, le vrai, celui qui est tout dans le fond, de toujours, et qui creuse encore, m’enfonce et pénètre de force, viole mon présent à grands coups de soleil et de robes légères…

Trop vieux désormais pour espérer l’amour, le concret. Condamné aux fantasmes qui, au moins, ont le mérite de n’engager que moi.

En fait, je m’échine à occulter un grave problème pour un autre beaucoup plus rigolo.
« Il n’y a d’interdit que ce qui est impossible, dit la Dame. »
Soir. Sale journée de merde !

Je viens de raccrocher au nez d’Ariane qui dénigrait mon jeu après une lamentable répétition où plus personne ne s’intéresse, ne s’amuse, n’est là…

Suicide. D’un coup, c’est la seule idée qui me vient.

Qu’elle promptitude dans l’attitude pour quelqu’un qui se sentait guérir !…
Où l’artiste trouve-t-il le courage de continuer quand personne n’aime ce qu’il fait, n’aime vraiment je veux dire… ?


Samedi 7/5/99

« I’m dead man working » et je crois sincèrement que ça pourrait être pire.


Dimanche 8/5/99

Finalement, on paye le ticket de vie assez cher pour que cela nous incite à aller jusqu’au bout.
Le charme de Sarah sur moi n’exerce plus d’attrait.
Je laisse un peu s’accumuler…

Entamer un nouveau carnet… Ça va peut-être me relancer pour un temps…


Vendredi 14/5/99

Toujours pas racheté de carnet mais toujours rien à dire, alors…
L’autre jour, j’ai revu Sarah, donc. C’est elle qui m’a rappelé.

Un dimanche. Trois jours que je me posais la question, que je me demandais si, si j’oserais, s’il fallait… Elle non. Elle était dehors, dans une cabine, n’avait pas envie de rentrer chez ses parents… 

Un petit moment avant de réaliser qu’elle voulait me voir là, ici, maintenant…

J’espérai du plaisir, tout au moins du désir…

Il n’y a plus rien. Elle ne m’attire plus. Je ne sais pas pourquoi. C’est comme ça.

Je me suis forcé pourtant. Couché du soleil sur un étang, le vent, les cygnes, mes doigts qui frôlent sa joue, ma demande d’un baiser (meilleur moyen pour ne pas l’obtenir, surtout de la façon dont j’ai, genre « On n’a rien à se dire, ça ferait passer le temps »)… Mais non, rien. Elle ne me plaisait plus. Peut-être parce que de son côté aussi…

Travailleur = looser 3

La trace d’un sentier 16

Femme interdite 27

Là où l’on est seul à être seul 38

99 lits où mon sommeil eut lieu 51

Voici jeanne 61

Prénoms volés 71

La fille qui vend des tickets de train 81

Soupirant de l’instant 92

Souvenir d’un éventuel furur 104

Si seulement quelqu’un m’en voulait 117

Chantal 128

Nausée de désir 141

Marmite vide 153

Sarah 163

Six rendez-vous 173

Peggy 186

Dernière raison 197

Discuter, dit-elle 208

Le courage de rien 219

Révisions 233

Exclusion volontaire 246

Fidji 257

La méthode 270

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