Je reviendra ici, le cœur plein de nostalgie…





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L’idéal serait une jeune fille de treize ans avec le mental de Simone Signoret vieille.


Mercredi 3/9/97.

« La peur d’affronter mes désirs de vie, dit la Dame »… Ou quelque chose comme ça. Je n’ai pas saisi, lui ai demandé de préciser : la vie — c’est à dire se qu’il se passe hors Prozac, Xanax ou shit — contiendrait un certain nombre de désirs que je n’oserais pas affronter…

Il y en a un que je connais, celui des jeunes filles.

La Dame semble persuadé qu’il y en a beaucoup d’autres.
Au début, elle a juste parlé de « peur de vivre ».
La vie est une menace permanente. La peur de vivre seul (sans Fred), d’affronter seul.

Si quelqu’un m’accompagne, c’est un peu comme si j’avais réussi à rallier à ma cause un élément traître, un agent double de l’ennemi (la vie).

Mais rien ne prouve non plus que la mort soit amie. Bien au contraire, celle-ci constitue la plus redoutable arme de la vie.
Les drogues ne sont pas des béquilles mais plutôt une sorte d’élixir d’invisibilité permettant de traverser la vie sans lui donner de prises sur moi…
La jalousie (sorte de pensée-rêve que j’ai eu hier soir en m’endormant)… Ne pourrait-on pas imaginer un couple qui, quoique s’entendant fort bien par ailleurs, n’ait plus de désir l’un pour l’autre (jusqu’ici, c’est on ne peut plus plausible) ?

Le jeu consisterait donc à ce que chacun ait des relations avec un ou plusieurs amants pour ensuite, au sein du couple, reproduire, raconter, revivre, doubler d’un plaisir voyeuriste ces scènes, répétitions sexuelles préparées avec d’autres…

Seul hic : la jalousie.


Vendredi 5/9/97.

Ce soir, il fait un peu froid comme à Montréal et j’ai mis mes chaussettes de ski, comme à Montréal.

Je me concocte une jolie petite nostalgie à base de toasts grillés, beurre de cacahuètes, confiture et café, comme à Montréal.


Samedi 6/9/97.

Pas génial en ce moment. Epuisé, écœuré de ces trois mêmes morceaux que je ressasse depuis deux mois. Angoissé par le rendez-vous de lundi chez EMI (où je n’irais pas).
Manque… Solitude… Un peu démotivé…


Lundi 11/9/97.

Deux choses :

1°, il faudrait que je parle des mes problèmes de vomi (interdiction de boire / interdiction de rire).

2°, il faut qu’Ariane sache que je ne suis plus jaloux et que je l’aime plus que tout au monde.


Mercredi 13/9/97.

Rétention de personnalité.

Je ne danse pas pour les mêmes raisons que je ne bois pas, ne ris pas, ne vomis pas.

Vous vous surveillez trop, dit la Dame.


Vendredi 12 (doit y avoir erreur avant) /9/97.

Journées mornes, de cafard noir malgré les médicaments.

Retombées de cette audition foireuse ? La solitude ? La vie ?


Lundi 15/9/98.

Ces derniers jours à ne goûter que le sommeil et les douches.


Mardi 16/9/97.

Petite scène : revenant de la bibliothèque (difficile au début; Xanax, un peu mieux) pour rejoindre ma voiture, deux jeunes filles semblent m’attendre. Grosses et laides. En partant (c’est alors qu’) je m’aperçois qu’effectivement c’est bien moi qu’elles attendent car ma voiture bloque la leur.

Conclusion: les voitures c’est encombrant.

Remarque: dommage qu’elles aient été grosses et laides.
Vu à la télé : le principal prédateur de l’homme (après l’homme, je suppose) - plus de deux millions de morts par an - est le moustique.

Voilà qui me déculpabilise un peu…
Aucun animal, à priori, ne me fait peur (le moustique est l’ennemi mais je n’en ai pas peur).

N’importe quel humain, à priori, me fait peur.
« la peur d’affronter mes désirs… » ; « je me surveille trop »… J’avoue qu’un indice de plus ne serait pas de trop…


Mercredi 17/9/97.

Autrement dit : j’ai honte de mes désirs… C’est tout à fait vrai.
Il faut que je me désobéisse!


Jeudi 18/9/97.

Ça baise à tout va aujourd’hui : la voisine, les fourmis volantes… à tout va.


Dimanche 21/9/97.

Je me souviens de cigarettes de toutes les couleurs, avec des bagues dorées…
Je suis convaincu qu’il y a quelque chose de très significatif dans le fait qu’Ariane atteint l’âge que j’avais en la rencontrant… (un peu convaincu…).
La jalousie… Serait-il le seul sentiment uniquement nuisible et totalement destructeur ?


Lundi 22/9/97.

Ce que j’aime dans “raconter”, c’est qu’il y a “conter” dedans…

Mais je n’ai rien à raconter.
J’aimerai rencontrer.
Je crois que le film “La femme interdite“ devrait me plaire.
Qu’entends-je par “aimer” et “être amoureux” ?

1. Etre amoureux (je viens de lire “Penser/classer” de Perec) est, avant tout, basé sur le physique et le physique l’emporte tellement qu’il cache voire embellit une vérité intérieur (sic) que l’on aime donc aussi, d’emblée.

Dans le fait d’être amoureux, il y a peut-être de l’amour mais ce n’est pas une obligation et de toute façon cet amour est aveugle et on ne peut plus fragile.

2. Aimer est lorsque l’on a dépassé le physique et que l’on s’aperçoit que la vérité intérieure (puisqu’on a commencé…) est au moins aussi belle et agréable que l’apparence, l’esthétique par laquelle on avait d’abord été attiré.

Finalement l’amour est assez rare. Je suis de ceux qui se font souvent avoir et foncent, pieds et poings liés dans l’apparence, l’état amoureux, croyant aimer alors que leur désir masque un amour qui, au fond, n’existe peut-être pas, en tout cas pas assez pour dépasser le Cap de Lassitude du Désir (C.L.D.) et la déconvenue devant le vide laissé par ce désir disparu (D.D.V.L.D.D.… Ben quoi ?…)…

Conclusion : Quand même, surtout vu sous cet angle, l’amour c’est rare.
Il faudrait que je me penche sur ma treizième année. Si ça se trouve, ce n’est pas celle que je crois…


Mardi 23/9/97.

En fait, le charme doit être le seul et véritable indice que là, se cache, peut-être, autre chose d’aimable.


Jeudi 25/9/97.

Je ne suis pas jaloux mais maniaque, très maniaque (à dire à une future si elle couchait avec un autre).
Ransley, le bassiste, s’apprête à quitter le groupe. Toujours la même histoire : Argent-femme-enfants, la triade maudite.


Vendredi 26/9/97.

Tour de Beauvais dans l’espoir de me dénicher une terrasse sympathique, devant la sortie d’un lycée par exemple. Pas trouvé. Me rabats sur le tabac habituel (j’y suis déjà allé deux fois).

Sentiment que les jeunes ne sèchent plus beaucoup les cours de nos jours alors que s’il est un temps où les études ne servent plus à grand-chose, c’est bien celui-ci.

Peut-être qu’en m’installant là deux ou trois après-midis par semaine… Ai-je d’autres solutions ? D’un autre côté, je ne vois pas comment faire la connaissance de qui que ce soit en restant assis à une terrasse de café. Le défilé est agréable mais cela ne peut guère aller plus loin.

Sympathique serveuse tout de même, qui me confectionne rien que pour moi un sandwich végétarien et, qui plus est, m’a tutoyé d’emblée… Je trouve cette familiarité rassurante.


Samedi 27/9/97.

Il s’avérerait que ma nouvelle-nouvelle voisine ne soit pas un voisin. Toujours ça, d’autant qu’elle semble jeune. Laide et conne, mais jeune.

18 heures. Toute une bande l’a aidé à déménager cet après-midi, dont une jeune fille restée plus tard pour l’aider à s’installer en écoutant N.J.R.

Parmi tant de choses appréciables chez les jeunes filles, même laides et connes, il en est une qui n’a de cesse de me troubler : la voix.

Ces deux qui parlent de rangement en écoutant N.J.R.… Un peu comme une bande-son… Le son de fond d’une chambre au Paradis…

Ça y est, elle me regardent en ricanant… Elles m’ont donc remarqué…

Mais pourquoi me remarquent-elles toujours en ricanant ?…


Dimanche 28/9/97.

Cette allergie à la hiérarchie, d’où me vient-elle ? Cette peur du pouvoir ?

J’ai l’impression qu’avant mon séjour chez les curés, ce problème ne se posait pas.

Mes souvenirs de là-bas : solitude, « bonjour mon père », premières lectures (Pagnol, Colette…), coup de pied au cul, première fugue, frustrations et misères d’un monde sans filles, sauvetage des souris du laboratoire…

J’y ai encore moins appris qu’avant ou ailleurs… et j’ai triché à l’examen qui allait me sortir de là.


Lundi 29/9/97.

Il me faut bien admettre que mes goûts sont totalement inabordables.

La solitude et la fine tranche d’âge où s’épanouit (?) mon désir…

Je ne vois vraiment pas où ni comment je pourrais rencontrer quelqu’un…


Mercredi 1/10/97.

La femme défendue” (et non “interdite”… Je transposais… Chacun sa merde…) de P. Harel.

Et une démonstration de plus, une, s’il en fallait…

L’histoire d’un con dans la quarantaine, marié, un môme, qui drague une fille de 22 ans, et qui ne s’en sortira pas. Trop tard. Il a basé sa vie sur l’avoir (grosse bagnole, promoteur…). Perdu, raté, mauvais choix… L’actrice, Isabelle Carré, est assez fascinante…
Est-ce que l’amour, du moins tel que je l’entends, est compatible avec la liberté ? Est-il seulement possible ? Sans même parler de mes goûts adolescents… Il va d’ailleurs peut-être me falloir faire un effort de ce coté-là. Si je dois faire des concessions (quel mot!), enfin bref, regarder un peu plus haut, élargir le champ d’investigation… Sincèrement, je ne crois pas que cela puisse changer grand chose…
Il y a une incompatibilité de base si les filles qui m’attirent sont comme moi : timides, renfermées, solitaires…


Jeudi 2/10/97.

Gare du nord, 10h30. A peine arrivé, contrôle d’identité. Il est agréable de sentir que, du moins pour la police, j’ai l’allure du rebelle en puissance…


Vendredi 3/10/97.

Mal commencé la journée : lever 15 heures, mauvaise humeur.
Sortie en ville à la recherche d’un bar sympathique. J’aurai voulu quelque chose dans le genre de celui de “Friends”, la copie d’un coffee shop, cool, accueillant… Je suis d’abord tombé, après une heure d’errance en vélo, sur un salon de thé turc (le salon et le thé) assez sordide et au café dégueulasse.

Et puis ici. Cela s’appelle l’Affût. Sombre, intime, étudiant, assez calme pour l’instant (17h) mais j’ai comme l’impression que cela ne va pas durer…
Acheté quatre livres : “Le traité de savoir vivre” de Raoul Vaneigem, “L’homme imaginant” de Laborit, “La société de consommation” de Baudrillard et “La culture de soi” de Michel Onfray dont je viens de finir l’encourageante “Politique du rebelle”.

Je cherche, j’approche je crois, la voie transparaît…
Il me semble que l’amour doit être un don de liberté à l’autre. Tout le contraire de la possession jalouse. Une sorte de port d’attache, havre de repos, camp, base d’où peut se lancer, s’aventurer l’être aimé (moi étant le port…).
Je suis attablé au fond de la salle. Tout le monde est au bar, à l’entrée. De temps en temps, je vois passer ceux qui se rendent aux toilettes. Assez régulièrement, bière oblige.

Ce n’est pas très facile d’être seul ici où chacun semble inclus dans un groupe.

Moyenne d’âge : 18/25 en gros. Regards sympathiques parfois, sourires à moi adressés…
18 heures. Envie de rester, de m’attarder, d’attendre et d’espérer… Mais n’est-ce pas attaquer trop de front mon moral ? Ne m’apprête-je pas à rentrer chez moi désespéré, aigri, rageant de cet isolement ?

D’un autre côté, n’est-ce pas là l’endroit le plus agréable que j’ai pu découvrir par ici ?
Si seulement je pouvais définir ce que le sexe représente pour moi. Si j’étais certain de son rôle comme je suis certain (ou en voie de l’être) de la direction que je dois donner à mon existence… Bref, si je savais ce que je veux (vaut ?) sexuellement, peut-être pourrais-je me lancer… C’est idiot. C’est justement cette obsession refoulante du sexe qui créé l’improbabilité d’une rencontre quelle qu’elle soit.
Dans un premier temps, peut-être, aborder une fille laide, ce qui réglerait d’emblée le problème du sexe… D’autant qu’en général, les laides sont moins connes (partant du principe qu’elles cherchent peut-être un peu moins à plaire qu’à se plaire).
Je ne sais même pas si c’est d’être amoureux dont j’ai envie…

Je ne sais même pas si j’ai envie…

Je ne sais même pas si je suis en vie…
Discuter, rencontrer des gens un peu moins cons que la moyenne. Des filles plutôt. Je me suis toujours mieux senti en compagnie féminine.
Hier soir, documentaire sur une tribu amazonienne refusant de travailler plus de deux heures par jour. Le reste du temps étant essentiellement consacré à l’amour, aux drogues et au repos… Et c’est nous qui serions modernes…!
Voilà. Il est 19h30 et, non seulement j’ai raté “Friends” mais, pas un(e) décoincé(e) n’a daigné m’adresser la parole…
22 heures. Après avoir nourrit les gosses, bouffé mes pâtes et pris un Xanax, me voilà revenu à l’Affût.

Le Xanax me sauve : c’est bourré à craquer.

J’ai tiré face pour venir.

C’est un endroit où l’on se rend en groupe ou pour y retrouver des amis.

Je n’ai pas d’amis.

Beaucoup de gens arrivent, s’arrêtent à mi-salle, regardent s’ils ne connaissent personne et repartent.

J’ai fais la même chose, j’ai fais semblant de faire la même chose sauf que je suis resté.

Je suis debout dans un recoin juste assez grand pour me caser et d’où je n’aperçois que le cinquième de ce monde qui m’ignore.

La moyenne d’âge, à cette heure, a augmentée d’environ cinq ans.

Il y a bien une fille qui me regarde mais en ces temps machistes je ne peux guère m’attendre à plus.

Difficile, toujours. Je n’aurais pas tenu dix minutes sans comprimé mais bon, pour l’instant, je tiens.

Curieux ces endroit où l’on est seul à être seul…
Je sais que je ne risque rien. Je sais depuis toujours qu’en théorie je ne risque rien. Qu’est-ce alors ? Du respect, de la peur, mais de quoi au juste ?
Cette mode des grosses baskets, seules chaussures avec lesquelles, à la fin de sa vie, Fred parvenait à marcher…
Que faire dans un endroit où tout le monde se connaît, où personne ne me connaît… ?

S’emmerder ?

Merci, c’est ce que je fais. Je commence même à m’énerver, presque à regretter…

Mon attitude relationnelle me semble particulièrement mal engagée. Une capacité à me fondre dans les murs… J’aurais du faire espion.

Enfin, ce n’est qu’une première. N’extrapolons pas.


Samedi 4/10/97 (St Pilouface).

Pile-ou-face, ce matin, pour un éventuel suicide. Ce fut pile et je suis là.

Hier soir m’a miné beaucoup plus que prévu.

Un pile-ou-face, en fin d’après-midi, pour une éventuelle sortie. Ce fut pile mais je suis sorti quand-même.
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