Procedure du depistage, de l’evaluation et du suivi de la douleur





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PROCEDURE DU DEPISTAGE, DE L’EVALUATION ET DU SUIVI DE LA DOULEUR



Nb de pages : 16

Date de création

18 / 06 / 2014

Rédaction :

Dr ABADIE Robert

Vérification :

Dr Nicolas SAFFON

Validation :

Groupe FMC Gériatrie et Med Co 31


 Référence: HAS, MOBIQUAL


Date d’application

18 / 06 / 2014

Version

V1

Dates de révision
1. DEFINITION - INTRODUCTION

La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante, potentielle, ou décrite en termes évoquant une telle lésion.

Elle peut être :

- Aigue : douleur post opératoire, fracture.. ;

- Chronique, évoluant depuis trois à six mois : pathologies cancéreuses, neurologiques, rhumatologiques

Elle peut être :

  • Spontanée

  • Induite provoquée par un geste potentiellement douloureux (geste thérapeutique ou de nursing : change, toilette, pansement, changement de position, habillage…)

  • Purement palliative (cancérologie, phases terminales de démences ou maladies dégénératives).

Elle est susceptible d’affecter le comportement, le bien-être du patient.

La grande prévalence de la douleur chez le sujet âgé est aujourd’hui prouvée par de nombreuses enquêtes

(au moins 60 % des résidents, 1/3 ayant des douleurs sévères).
La prise en charge de la douleur se décline en 5 étapes successives :

  • Repérage-dépistage de la douleur : systématique de la douleur par l’ensemble de l’équipe soignante / douleur induite par les soins

  • Evaluation de niveau douloureux : avec l’utilisation des échelles d’auto ou d’hetéro-évaluation

  • Localisation-irradiation

  • Déterminer le mécanisme de la douleur : nociceptive, neuropathique, psychogène ou mixte

  • Prise en charge thérapeutique : médicamenteuse, non médicamenteuse et institutionnelle



  1. LES OUTILS DE L’EVALUATION

2.1 Chez la personne âgée communicante :

        • Le dépistage :

  • Le dépistage se fait à l’interrogatoire, le résultat sera consigné dans l’observation médicale ou la transmission écrite.

  • En présence d’une douleur, il est nécessaire d’en préciser l’intensité, la localisation, l’irradiation, le type (décharge électrique, sensation d’étirement, d’écrasement, de brûlure, etc…), la durée ainsi que les facteurs aggravants ou soulageant.




        • L’évaluation de l’intensité douloureuse :

L’évaluation peut se faire avec l’une des échelles d’auto évaluation suivantes :


  • EVA, échelle visuelle analogique





Il s'agit d'une petite réglette en plastique munie, sur une face d'un curseur mobilisé par le patient, sur l'autre de graduations millimétrées lues par le soignant.

Sur la face présentée au patient est indiqué à l'une des extrémités : absence de douleur, à l'autre : douleur insupportable. Le patient place le curseur entre ces 2 extrémités en fonction de l'intensité de sa douleur.

Il est recommandé de présenter la réglette à la verticale, l’extrémité « douleur insupportable » en haut.

  • EN, échelle numérique


Elle présente une note de 0 à 10 que choisit le patient pour exprimer l'intensité de la douleur, 0 étant l'absence de douleur et 10 la douleur insupportable. Comme pour les deux échelles précédentes, la réponse peut être verbale ou écrite.


    1. 2.2 Chez la personne âgée ayant des troubles de la communication verbale :

Le dépistage et l’évaluation se font en un seul temps par les soignants à l’aide d’une échelle comportementale (hétéro évaluation).

        • Echelle ALGOPLUS : Echelle comportementale d’hétéro-évaluation de la douleur aiguë chez la personne âgée présentant des troubles de la communication verbale. Elle est particulièrement adaptée pour le suivi des douleurs induites.

  • Elle consiste à observer le comportement de la personne à l’aide de 5 critères : Visage, Regard, Plaintes orales, Corps et Comportements.

  • La présence d'un seul comportement dans chacun des items suffit pour coter «oui » l'item considéré.

  • Chaque item coté « oui » est compté un point et la somme des items permet d'obtenir un score total sur cinq.

  • Un score supérieur ou égal à deux permet de diagnostiquer la présence d'une douleur et donc d'instaurer de façon fiable une prise en charge thérapeutique antalgique.

  • La prise en charge est satisfaisante quand le score reste strictement inférieur à deux.




        • Echelle ECPA : échelle comportementale d’hétéro-évaluation de la douleur chez la personne âgée non communicante particulièrement adapté au suivi des douleurs chroniques et le dépistage des douleurs induites.




  • Les études statistiques de l’ECPA autorisent la cotation douloureuse du patient par une seule personne.




  • Tous les mots de l’échelle sont issus du vocabulaire des soignants sans intervention de médecins.




  • Elle est utilisée en seconde intention après l’échec de l’autoévaluation. Elle évite une sous-estimation de la douleur en permettant de dépister, de quantifier et de suivre l’évolution de la douleur du patient.




  • Conditions d’utilisation : Le temps de cotation est court de 1 à 5 minutes selon l’entraînement. Un seul cotateur suffit car la fidélité de l’ECPA est très bonne. Elle n’est pas adaptée pour les patients sédatés en réanimation ou les patients en état végétatif chronique. C’est une échelle rapide qui permet des mesures répétées et rapprochées. Il est important de coter effectivement la dimension « Observation avant les soins » réellement avant les soins et non pas de mémoire après ceux-ci. Il y aurait alors contamination de la deuxième dimension sur la première



  • Modalités d’utilisation :

L’échelle ECPA comprend 8 items, regroupés en 2 dimensions :

  • L’observation avant les soins de 4 items

  • L’observation pendant les soins de 4 items.

Chaque item comporte 5 degrés de gravité progressive croissante qui va de 0 à 4.

  • Analyse des résultats: La cotation globale va de 0, pas de douleur, à 32, douleur extrême. C’est la comparaison de scores globaux qui permettra d’ajuster la thérapeutique antalgique.

2.3 Questions diverses en rapport avec la cotation de la douleur chez la PA en EHPAD

  • Qui côte ?

L’évaluation n'est pas réservée au médecin, la cotation pluridisciplinaire est la plus judicieuse. Tout soignant peut donc être amené à faire de l'évaluation comportementale

  • Quelles sont les limites à l’auto-évaluation ? :

  • Le déficit de la capacité d’abstraction : la personne âgée a du mal à comprendre ce concept d’auto-évaluation du ressenti douloureux « Quel est le rapport entre une réglette, un curseur et la douleur ? ».

En ce qui concerne l’échelle visuelle (EVA), la personne âgée est souvent incapable de concevoir la relation entre un curseur, une note et l’intensité de la douleur.

  • Le manque de sensibilité : il y a souvent sous-évaluation (par crainte de déranger ou par préjugé) ou surévaluation (en cas d’anxiété, d’hypochondrie ou d’hystérie).

  • Le manque de spécificité : la personne âgée a tendance à évaluer les conséquences de la douleur (gène, handicap) plutôt que l’intensité douloureuse.

Les personnes âgées pouvant s’auto-évaluer sont en minorité. Il faut donc souvent recourir à l’hétéro-évaluation de la douleur.

  • Y-a-t-il un lien entre le score de l’évaluation et l'antalgique à prescrire ?

Non, une échelle d'évaluation de la douleur répond uniquement à la question : " cette personne âgée a-t-elle mal ou non ? ". Elle ne caractérise pas l’étiologie possible de la douleur.

  • Un score bas exclut-il la douleur ?

Non, il n’existe pas de bon ou de mauvais score seule la cinétique des scores nous renseignera sur l'adéquation du traitement antalgique. Cependant, il est possible de fixer des seuils au-delà desquels un traitement est reconnu nécessaire :

- pour l’échelle EVA ou EN > 3

- pour l’échelle ALGOPLUS 2

- pour l’échelle ECPA on étudie la cinétique dans le temps.

  • Quelle périodicité adopter pour la répétition des évaluations ?

Le principe : chaque évaluation positive de la douleur doit entrainer la mise en œuvre d’une action corrective (thérapeutique, non médicamenteuse, institutionnelle ...) qui sera suivie d’une nouvelle évaluation en respectant un délai qui tient compte du type de traitement mis en œuvre. Les évaluations ne seront plus nécessaires dès lors que le seuil d’acceptabilité de la douleur a été atteint.

En pratique, et notamment dans le cas de douleurs chroniques il peut être utile de se fixer une période d’évaluation courte d’une à 2 semaines avec une grille de relevé des résultats en interaction rapprochée avec le médecin traitant afin d’adapter le traitement dans les meilleurs délais.

4. ORGANISATION DU DEPISTAGE, DE L’EVALUATION ET DE LA PRISE EN CHARGE DE LA DOULEUR.

4.1- Le dépistage (ou repérage) de la douleur
Le dépistage est réalisé par l’ensemble du personnel soignant qui doit être tout être formé et sensibilisé à cet objectif de santé public.
Le dépistage est réalisé aux moments suivants :

  • A l’arrivée et dans les 15 premiers jours suivants l’entrée,

  • A la demande selon les circonstances devant tout symptôme évocateur de la douleur notamment chez le dément,

  • Pluri-quotidiennement à l’occasion des soins pour les douleurs induites,

  • Systématiquement et semestriellement dans le cadre de l’EGS qui accompagne le Projet Personnalisé.


Le dépistage se fait à l’interrogatoire, le résultat sera consigné dans les documents d’observation médicale et/ou de transmissions.

En présence d’une douleur suspectée, il est nécessaire de la confirmer et de la caractériser sur les points suivants:

  • Evaluer l’intensité avec l’utilisation d’échelles spécifiques,

  • Préciser la localisation anatomique et irradiation,

  • Préciser le type (décharge électrique, sensation d’étirement, d’écrasement, de brûlure, etc…),

  • Préciser la durée (chronique ou aigue)

  • Préciser la temporalité (préciser le moment de la journée)

  • le caractère spontané ou induit notamment par les soins (pansement d’escarre, toilette, manipulation..)

  • Préciser l’existence de facteurs aggravants ou soulageant.

  • Préciser le contexte (cancérologique, dément ...)

  • Le retentissement de la douleur sur le comportement au quotidien (humeur, marche, activités, sommeil..)


4.2- L’évaluation de l’intensité de la douleur suspectée
Elle peut être réalisée par l’ensemble du personnel soignant (tout particulièrement par les aides soignantes et infirmières) qui doit s’approprier les outils proposés, en comprendre les avantages et les limites, les adapter à sa pratique quotidienne.

  • Chez la personne âgée communicante :

L’évaluation de l’intensité peut se faire avec l’une des échelles d’auto évaluation suivantes :

  • EVA (échelle visuelle analogique),

  • Ou EN (échelle numérique).

  • Chez la personne âgée ayant des troubles de la communication verbale ou non communiquant:

L’évaluation se fait par les soignants à l’aide d’une échelle comportementale (hétéro évaluation).

Selon le contexte et les circonstances nous utiliseront préférentiellement les échelles suivantes :

  • Dans un contexte de douleur chronique et pour le dépistage d’une douleur induite: l’échelle ECPA,

  • Dans un contexte de douleur aigue ou pour le suivi d’une douleur induite : l’échelle ALGOPLUS.



Le résultat de l’évaluation est consigné dans les documents d’observation médicale et/ou de transmissions. Il est souvent utile de mettre en place une grille de relevé des résultats pour apprécier la cinétique de la douleur.

Le médecin traitant est informé de l’existence des scores positifs et appréciera la conduite à tenir sur le plan thérapeutique ainsi que la périodicité des évaluations avenirs en accord avec l’équipe soignante afin d’adapter le traitement.
Note : Il n’existe pas de bon ou de mauvais score seule la cinétique des scores nous renseignera sur l'adéquation du traitement antalgique.

Cependant, il est possible pour certaine échelles de fixer des seuils au-delà desquels un traitement est reconnu nécessaire, les seuils suivants sont communément retenus :

  • un score EVA ou EN > 3

  • un score ALGOPLUS 2


4.3- La détermination du mécanisme de la douleur identifiée
Cette étape sera réalisée de préférence par le médecin traitant et à défaut par le médecin coordonnateur.
L’analyse des ATCD, l’interrogatoire, l’examen physique et psychologique permettent de classer la douleur selon 4 mécanismes principaux :

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