Sujet 4 : De l’Etat français à la ive République (1940-1946)





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Dossier documentaire réalisé par Luc Cronier

De l’Etat français à la IV° République

Sujet 4 : De l’Etat français à la IVe République (1940-1946)

Problématique générale : Quel régime politique pour la France ?

L’entrée dans la séquence : Rappels des événements de mai-juin 1940 qui conduisent à l’Armistice et à l’arrivée au pouvoir de Pétain.

On peut partir de la Rafle du Vel d’Hiv dans une première séance et se demander comment on en est arrivé là.

Séance 1 : La Rafle du Vel d’Hiv - 16 juillet 1942

Séance 2 : Le régime de Vichy

Séance 3 : La France du refus

Séance 4 : Vers une nouvelle République : Libération et naissance de la IVe République

Séance 1 : La Rafle du Vel d’Hiv - 16 juillet 1942
Problématique : En quoi et pourquoi la Rafle s’inscrit dans la politique antisémite du gouvernement de Vichy ?


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policier et ss rafle.jpgPolicier et SS pendant la Rafle du Vel d’Hiv

macintosh hd:users:luccronier:desktop:marseille.jpg René Bousquet (en col de fourrure) entouré notamment de Bernhard Griese et du préfet Marcel Lemoine, à l'hôtel de ville de Marseille, 23 janvier 1943

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En juillet 1942, le chef de la SS en France Karl Oberg et René Bousquet secrétaire général à la Police. Au cours de son procès en 1946, H. knochen l’adjoint d’OBerg, a déclaré : « Bousquet a toujours très fermement insisté pour que toutes les mesures exécutives concernant les Juifs soient exclusivement laissées à la diligence de ses services (Découvertes Gallimard)




I – La Rafle

A - les faits

L'organisation de la rafle

Les Juifs français étant normalement fichés depuis 1940 (le dernier recensement français ayant recueilli des données religieuses est celui de 1874), les autorités connaissent leur adresse (« fichier Tulard »). Les instructions du directeur de la police municipale de Paris Émile Hennequin, le 12 juillet 1942, stipulent que «1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l'identité des Juifs qu'ils ont mission d'arrêter, n'ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux [...] 2. Ils n'ont pas à discuter non plus sur l'état de santé. Tout Juif à arrêter doit être conduit au Centre primaire. [...] 7. [...] Les opérations doivent être effectuées avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire.»

René Bousquet, le secrétaire général de la police nationale, accompagné de Louis Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, rencontre le 4 juillet, au siège de la Gestapo à Paris, les SS Knochen et Dannecker, général SS qui dirige la police allemande en France. Un nouvel entretien, dans les bureaux de Dannecker avenue Foch, afin d'organiser la rafle prévue pour le 13 juillet 1942, se tient le 7 juillet en compagnie de Jean Leguay, l'adjoint de Bousquet, accompagné de François, directeur de la police générale, Hennequin, directeur de la police municipale, André Tulard, en charge des questions juives à la préfecture, Garnier, sous-directeur du ravitaillement à la préfecture de la Seine, Guidot, commissaire de police à l'état-major de la police municipale et enfin Schweblin, directeur de la police aux questions juives. Le capitaine SS Dannecker déclare: « Les policiers français — malgré quelques scrupules de pure forme — n'auront qu'à exécuter les ordres! » 1 La rafle vise les Juifs allemands, autrichiens, polonais, tchèques, russes et les indéterminés, âgés de seize à cinquante ans. Des dérogations exceptionnelles pour les femmes « dont l'état de grossesse sera très avancé » ou « nourrissant leur bébé au sein » sont prévues, mais « pour éviter toute perte de temps, ce tri ne sera pas fait au domicile mais au premier centre de rassemblement par le commissaire de la voie publique » 2. Les nazis prévoient de faire arrêter par la police française 22 000 Juifs étrangers dans le Grand Paris, qui seront conduits à Drancy, Compiègne, Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Pour cela, « le service de M. Tulard fera parvenir à la Direction de la police municipale les fiches des Juifs à arrêter (...) Les enfants de moins de quinze ou seize ans seront confiés à l'Union générale des Israélites de France qui à son tour les placera dans des fondations. Le tri des enfants sera fait dans les centres primaires de rassemblement. »

Le SS Dannecker s'entretient le 10 juillet 1942 avec Adolf Eichmann, tandis qu'une nouvelle réunion se tient le même jour au siège du Commissariat général aux questions juives (CGQJ) en compagnie des SS Dannecker, Röthke, Ernst Heinrichsohn, et de Jean Leguay, Pierre Gallien, adjoint de Darquier de Pellepoix (chef du CGQJ), quelques cadres de la préfecture de police ainsi que des représentants de la SNCF et de l'Assistance publique.

Finalement, un peu de retard est pris. Les autorités allemandes évitent d'ordonner la rafle pour le 14 juillet, bien que la fête nationale ne soit pas célébrée en zone occupée, ils craignent une réaction de la population civile. Celle-ci a donc lieu le lendemain soir.

La rafle

Le 16 juillet 1942, à 4 heures du matin, 12 884 Juifs sont arrêtés (4 051 enfants, 5 802 femmes et 3 031 hommes). Un nombre indéterminé, prévenu par la Résistance ou bénéficiant du manque de zèle de certains policiers, parvient à échapper à la rafle. Les conditions sont très dures : les personnes arrêtées ne peuvent prendre avec elles qu'une couverture, un pull, une paire de chaussure et deux chemises. De plus les familles sont séparées ; la plupart ne seront plus jamais réunies.

Après leur arrestation, une partie des Juifs sont emmenés par autobus dans le camp de Drancy (au nord de Paris). Une autre partie est envoyée vers le Vélodrome d'hiver (situé dans le XVe arrondissement), qui sert de prison provisoire (cela avait déjà été le cas lors d'une rafle à l'été 1941). Ce sont donc environ 7 000 personnes qui devront survivre pendant cinq jours, sans nourriture et avec un seul point d'eau. Ceux qui tentent de s'enfuir sont tués sur le champ. Une centaine de prisonniers se suicident. Les prisonniers seront conduits dans les camps de Drancy, Beaune-la-Rolande (dans le département du Loiret) et Pithiviers, avant d'être déportés vers les camps d'extermination allemands.

Cette rafle représente à elle seule plus du quart des 42 000 Juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942, dont seuls 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre. En 1979, Jean Leguay, le représentant du secrétaire général de la police nationale, René Bousquet, en zone occupée, est inculpé pour son implication dans l'organisation de la rafle, mais il meurt avant d'être jugé, en 1993.

Selon la préfecture de police, le nombre d'individus arrêtés s'élève à 13 152. C'est aussi ce nombre qui est gravé sur la stèle commémorative située à l'emplacement du vélodrome.

B - les acteurs pour faire apparaître les responsabilités françaises

Les maîtres d’œuvre de la rafle

Pierre Laval, chef du gouvernement depuis le 18 avril 1942.

René Bousquet, secrétaire général de la Police de Vichy.

Jean Leguay, délégué de René Bousquet en zone occupée.

Amédée Buissières, préfet de police de Paris.

Jean François, directeur de la police générale. Responsable des camps d’internement, et directeur des affaires juives.

Émile Hennequin, directeur de la police municipale.

André Tulard, sous-directeur du service des étrangers et des affaires à la préfecture de police, responsable du fichier juif.

Louis Darquier (dit Pellepoix), commissaire général aux questions juives.

Pierre Gallien, directeur de cabinet de Darquier, puis directeur de police aux questions juives.

Jacques Scweblin, directeur de la police aux questions juives.

Leurs interlocuteurs nazis

Karl Oberg, chef suprême de la SS et de la police allemande en France.

Helmut knochen, adjoint direct de Oberg, lui-même assisté pour les questions juives par les SS Théo Dannecker, puis Heinz Röthke.

La Rafle du Vél d’Hiv, Maurice Rajsfus, Que sais-je ? 3606, PUF

II – Une politique antisémite.

Contextualisation où l’on montre l’antisémitisme d’État et au-delàs, l’alignement du régime de Vichy sur l’Allemagne nazie.

A partir de ces documents appuyés par de l’iconographie (pour montrer la réalité de la politique d’exclusion, et la réalité de l’exclusion des juifs en France.)

Repères chronologiques

3-4 octobre 1940

Premier statut des Juifs (notamment série d’interdictions professionnelles).

27 mars 1942

Premier convoi de déportation parti de Drancy pour Auschwitz.

29 mars 1941

Création d’un commissariat général aux questions juives.

7 juin 1942

Obligation du port de l’étoile jaune en zone occupée.

2 juin 1941

Second statut des Juifs (étendant la liste des interdits professionnels).

16-17 juillet 1942

Rafle du Vél’d’Hiv.

22 juillet 1941

Début de « l’aryanisation des entreprises juives » (vente forcée conduisant à une confiscation de fait) en zone occupée.

D’après Histoire Géographie 2e 1er Bac Pro, Nathan Technique 2009




Principal document LOI portant statut des juifs Source : Journal officiel, 18 octobre 1940, p. 5323.

LOI portant statut des juifs

Source : Journal officiel, 18 octobre 1940, p. 5323.

Nous, Maréchal de France, chef de l'État français, Le conseil des ministres entendu,

Décrétons :

Article l". - Est regardé comme juif, pour l'application de la présente loi, toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif.

Art. 2. - L'accès et l'exercice des fonctions publiques et mandats énumérés ci-après sont interdits aux juifs :

1. Chef de l'État, membre du Gouvernement, conseil d'État, conseil de l'ordre national de la Légion d'honneur, cour de cassation, cour des comptes, corps des mines, corps des ponts et chaussées, inspection générale des finances, cours d'appel, tribunaux de première instance, justices de paix, toutes juridictions d'ordre professionnel et toutes assemblées issues de l'élection.

2. Agents relevant du département des affaires étrangères, secrétaires généraux des départements ministériels, directeurs généraux, directeurs des administrations centrales des ministères, préfets, sous-préfets, secrétaires généraux des préfectures, inspecteurs généraux des services administratifs au ministère de l'intérieur, fonctionnaires de tous grades attachés à tous services de police.

3. Résidents généraux, gouverneurs généraux, gouverneurs et secrétaires généraux des colonies, inspecteurs des colonies.

4. Membres des corps enseignants.

5. Officiers des armées de terre, de mer et de l'air.

6. Administrateurs, directeurs, secrétaires généraux dans les entreprises bénéficiaires de concessions ou de subventions accordées par une collectivité publique, postes à la nomination du Gouvernement dans les entreprises d'intérêt général.

Art. 3. - L'accès et l'exercice de toutes les fonctions publiques autres que celles énumérées à l'article 2 ne sont ouverts aux Juifs que s'ils peuvent exciper de l'une des conditions suivantes :

a) Être titulaire de la carte de combattant 1914-1918 ou avoir été cité au cours de la campagne 1914-1918 ;

b) Avoir été cité à l'ordre du jour au cours de la campagne 1939-1940 ;

c) Être décoré de la Légion d'honneur à titre militaire ou de la médaille militaire.

Art. 4. - L'accès et l'exercice des professions libérales, des professions libres, des fonctions dévolues aux officiers ministériels et à tous auxiliaires de la justice sont permis aux juifs, à moins que des règlements d'administration publique n'aient fixé pour eux une proportion déterminée. Dans ce cas, les mêmes règlements détermineront les conditions dans lesquelles aura lieu l'élimination des juifs en surnombre.

Art. 5. - Les juifs ne pourront, sans condition ni réserve, exercer l'une quelconque des professions suivantes :

Directeurs, gérants, rédacteurs de journaux, revues, agences ou périodiques, à l'exception de publications de caractère strictement scientifique.

Directeurs, administrateurs, gérants d'entreprises ayant pour objet la fabrication, l'impression, la distribution, la présentation de films cinématographiques; metteurs en scène et directeurs de prises de vues, compositeurs de scénarios, directeurs, administrateurs, gérants de salles de théâtres ou de cinématographie, entrepreneurs de spectacles, directeurs, administrateurs, gérants de toutes entreprises se rapportant à la radiodiffusion.

Des règlements d'administration publique fixeront, pour chaque catégorie, les conditions dans lesquelles les autorités publiques pourront s'assurer du respect, par les intéressés, des interdictions prononcées au présent article, ainsi que les sanctions attachées à ces interdictions.

Art. 6. - En aucun cas, les juifs ne peuvent faire partie des organismes chargés de représenter les progressions visées aux articles 4 et 5 de la présente loi ou d'en assurer la discipline.

Art. 7. - Les fonctionnaires juifs visés aux articles 2 et 3 cesseront d'exercer leurs fonctions dans les deux mois qui suivront la promulgation de la présente loi. Ils seront admis à faire valoir leurs droits à la retraite s'ils remplissent les conditions de durée de service ; à une retraite proportionnelle s'ils ont au moins quinze ans de service ; ceux ne pouvant exciper d'aucune de ces conditions recevront leur traitement pendant une durée qui sera fixée, pour chaque catégorie, par un règlement d'administration publique.

Art. 8. - Par décret individuel pris en conseil d'État et dûment motivé, les juifs qui, dans les domaines littéraire, scientifique, artistique, ont rendu des services exceptionnels à l'État français, pourront être relevés des interdictions prévues par la présente loi. Ces décrets et les motifs qui les justifient seront publiés au Journal officiel.

Art. 9. - La présente loi est applicable à l'Algérie, aux colonies, pays de protectorat et territoires sous mandat.

Art. 10. - Le présent acte sera publié au Journal officiel et exécuté comme loi de l'État. 


Fait à Vichy, le 3 octobre 1940. 
Ph. Pétain. 


Par le Maréchal de France, chef de l'État français :

Le vice-président du conseil, Pierre LAVAL. 

Le garde des sceaux, ministre secrétaire d'État à la justice, Raphaël Alibert. 
Le ministre secrétaire d'État à l'intérieur, Marcel Peyrouton. 
Le ministre secrétaire d'État, aux affaires étrangères, Paul Baudouin. 

Le ministre secrétaire d'État à la guerre, Général Huntziger. 
Le ministre secrétaire d'État aux finances, Yves Bouthillier. 

Le ministre secrétaire d'État à la marine, Amiral DARLAN. 
Le ministre secrétaire d'État à la production industrielle et au travail, René BELIN. 
Le ministre secrétaire d'État à l'agriculture, Pierre CAZIOT 

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