Hippolyte bernheim de la suggestion





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 Serge R. Nicolas. http://histoire.psychologie.googlepages.com

Hippolyte BERNHEIM



DE

LA SUGGESTION


DANS L’ÉTAT HYPNOTIQUE

ET DANS L’ÉTAT DE VEILLE

AVANT-PROPOS
C'est à M. Liébeault, docteur en médecine à Nancy, que je dois la connaissance de la méthode que j’emploie pour provoquer le sommeil et certains effets thérapeutiques incontestables. Depuis plus de 20 ans, ce confrère, bravant le ridicule et le discrédit attachés aux pratiques de ce qu'on appelle le magnétisme animal, poursuit ses recherches et se voue avec désintéressement au traitement des maladies par le sommeil.

L’idée de la suggestion, émise par Faria, a été mieux appliquée par Braid ; M. Liébeault, perfectionnant la méthode, la ramenant à sa plus simple expression, a montré après Braid que la très grande majorité des sujets sont susceptibles d’être influencés ; et quelques-uns ressentent les effets bienfaisants de l’état psychique ainsi obtenu. Les premières recher-ches du médecin de Nancy sont consignées dans un volume intitulé : Du Sommeil et des états analogues considérés surtout au point de vue de l’action du moral sur le physique. Paris, 1866.

Les assertions de M. Liébeault ne trouvèrent que des incrédules. Ses pratiques parurent tellement empreintes d'étrangeté, pour ne pas dire de naïveté, que les médecins les rejetèrent sans plus ample examen. M. Liébeault vécut à l’écart, en dehors (PAGE 4) du monde médical, tout entier à ses malades (presque tous des classes pauvres) et à ses convictions.

Il y a deux ans, M. Dumont, chef des travaux physiques de la Faculté de médecine, ayant suivi les consultations de M. Liébeault, fut convaincu de la réalité des phénomènes observés ; il expérimenta avec succès à l'asile de Maréville et eut le bonheur de faire disparaître chez une hystéro-épileptique une contracture de la jambe droite datant de 3 ans et des attaques d'hystéro-épilepsie se répétant 5 ou 6 fois par jour.

À ma demande, il présenta le 10 mai 1882, à la Société de médecine de Nancy, 4 sujets sur lesquels il produisit un certain nombre d'expériences qui frappèrent vivement les membres de la Société.

J’ai moi-même expérimenté depuis cette époque, avec un grand scepticisme, je l'avoue, au début ; et après quelques tâtonnements et hésitations, je n'ai pas tardé à constater des résultats certains, frappants, qui m'imposent le devoir de ne pas garder le silence.

Dans ce mémoire, j’exposerai d'abord la méthode employée pour provoquer l’hypnotisme et les diverses manifestations qu’on peut déterminer chez les sujets hypnotisés.

Ensuite, je ferai un court aperçu historique de la question ; j'examinerai les vues théoriques émises à ce sujet et j ‘exposerai mes opinions personnelles sur le mécanisme psychologique des phénomènes.

Enfin, j’examinerai d'une façon générale les applications de la doctrine de la suggestion à la psychologie, à la médecine légale, à la thérapeutique.


CHAPITRE Ier.
Procédé pour obtenir l'hypnotisme par suggestion. - Nombre de personnes hypnotisables - Des différents degrés d'hypnotisme. –

Du réveil.
Voici comment je procède pour obtenir l’hypnotisme.

Je commence par dire au malade, que je crois devoir avec utilité soumettre à ce traitement, qu'il est possible de le guérir ou de le soulager par le sommeil ; qu’il ne s'agit d’aucune pratique nuisible ou extraordinaire ; que c'est un simple sommeil qu’on peut provoquer chez tout le monde, sommeil calme, bienfaisant, (PAGE 5) qui rétablit l’équilibre du système nerveux, etc. ; au besoin, je fais dormir devant lui un ou deux sujets pour lui montrer que ce sommeil n’a rien de pénible, ne s’accompagne d’aucune expérience ; et quand j’ai éloigné ainsi de son esprit la préoccupation que fait naître l’idée du magnétisme et la crainte un peu mystique qui est attachée à cet inconnu, surtout quand il a vu des malades guéris ou améliorés à la suite de ce sommeil, il est confiant et se livre. Alors je lui dis : « Regardez-moi bien et ne songez qu’à dormir. Vous allez sentir une lourdeur dans les paupières, une fatigue dans vos yeux ; vos yeux clignotent, ils vont se mouiller ; la vue devient confuse ; les yeux se ferment. » Quelques sujets ferment les yeux et dorment immédiatement. Chez d’autres, je répète, j’accentue davantage, j’ajoute le geste ; peu importe la nature du geste. Je place deux doigts de la main droite devant les yeux de la personne et je l'invite à les fixer, ou avec les deux mains je passe plusieurs fois de haut en bas devant ses yeux. Ou bien encore je l’engage à fixer mes yeux et je tâche en même temps de concentrer toute son attention sur l’idée du sommeil. Je dis : « Vos paupières se ferment, vous ne pouvez plus les ouvrir. Vous éprouvez une lourdeur dans les bras, dans les jambes ; vous ne sentez plus rien, vos mains restent immobiles, vous ne voyez plus rien ; le sommeil vient », et j’ajoute d’un ton un peu impérieux : « Dormez. » Souvent ce mot emporte la balance ; les yeux se ferment ; le malade dort.

Si le sujet ne ferme pas les yeux ou ne les garde pas fermés, je ne fais pas longtemps prolonger la fixation de ses regards sur les miens ou sur mes doigts : car il en est qui maintiennent les yeux indéfiniment écarquillés et qui, au lieu de concevoir ainsi l’idée du sommeil, n’ont que celle de fixer avec rigidité : l’occlusion des yeux réussit alors mieux. Au bout de deux ou trois minutes, tout au plus, je maintiens les paupières closes, ou bien j’étends les paupières lentement et doucement sur les globes oculaires, les fermant de plus en plus, progressivement, imitant ce qui se produit quand le sommeil vient naturellement ; je finis par les maintenir closes, tout en continuant la suggestion : « Vos paupières sont collées, vous ne pouvez plus les ouvrir ; le besoin de dormir devient de plus en plus profond ; vous ne pouvez plus résister. » Je baisse graduellement la voix, je répète l’injonction : « Dormez », et il est rare que plus de quatre ou cinq minutes se passent, sans que le sommeil soit obtenu. C'est le sommeil par suggestion ; (PAGE 6) c’est l’image du sommeil que je suggère, que j’insinue dans le cerveau.

Chez quelques-uns on réussit mieux en procédant avec douceur ; chez d'autres, rebelles à la suggestion douce, il vaut mieux brusquer, parler d’un ton d'autorité pour réprimer la tendance au rire ou la velléité de résistance involontaire que cette manœuvre peut provoquer.

Souvent, chez des personnes en apparence réfractaires, j'ai réussi en maintenant longtemps l'occlusion des yeux, imposant le silence et l'immobilité, parlant continuellement et répétant les mêmes formules : « Vous sentez de l'engourdissement, de la torpeur ; les bras et les jambes sont immobiles ; voici de la chaleur dans les paupières ; le système nerveux se calme, vous n'avez plus de volonté, vos yeux restent fermés, le sommeil vient, etc. » Au bout de 8 à 10 minutes de cette suggestion auditive prolongée, je, retire mes doigts, les yeux restent clos ; je lève les bras, ils restent en l'air : c’est le sommeil cataleptique.

Beaucoup de sujets déjà à la première séance sont impressionnés ; d'autres seulement à la seconde ou à la troisième. Après une ou deux hypnotisations, l'influence devient rapide. Il suffit presque de les regarder, d'étendre les doigts devant les yeux, de dire : « Dormez », pour que, en quelques secondes, instantanément même, les yeux se ferment et tous les phénomènes du sommeil sont là. D’autres n’acquièrent qu’au bout d’un certain nombre de séances, en général peu nombreuses, l’aptitude à dormir vite.

Il m’arrive souvent d’endormir successivement sept ou huit malades, chacun en un rien de temps ; ils tombent, pour ainsi dire, comme des mouches. Puis viennent aussi d’autres réfractaires, ou plus difficiles à endormir. Je n’insiste que quelques minutes ; une seconde ou une troisième séance amène le sommeil non obtenu à la première.

II ne faudrait pas croire que les sujets ainsi impressionnés soient tous des névropathes, des cerveaux faibles, des hystériques, la plupart de mes observations se rapportent à des hommes que j'ai choisis à dessein pour répondre à cette objection. Sans doute, l’impressionnabilité est variable ; les gens du peuple, les cerveaux dociles, les anciens militaires, les artisans, les sujets habitués à l’obéissance passive, m’ont paru, ainsi qu’à M. Liébeault, plus aptes à recevoir la suggestion que les cerveaux raffinés, préoccupés, qui opposent une certaine résistance morale, souvent (PAGE 7) inconsciente. Les aliénés, les mélancoliques, les hypocondria-ques sont souvent difficiles ou impossibles à endormir ; il faut que la volonté morale de dormir soit là ; il faut que le sujet se laisse aller, sans résistance cérébrale, aux injonctions de l’endormeur ; et, je le répète, l'expérience montre que la très grande majorité des personnes y arrivent facilement.

Le tableau suivant, communiqué à M. Dumont par M. Liébeault, donne une idée de la proportion dans laquelle un nombre relativement considérable de sujets de tout âge, de tout sexe et de tout tempérament se sont trouvés répartis dans les différentes catégories du sommeil.
Année 1880. Sur 1011 personnes soumises à l'hypnotisation.
Réfractaires 27

Sommeil très profond 232

Somnolence, pesanteur 33

Sommeil léger 31

Sommeil léger 100

Somnambulisme profond 131

Sommeil profond 460

Sans doute, il faut tenir compte de ce fait que M. Liébeault opère surtout sur des gens du peuple qui viennent chez lui pour être endormis, qui, convaincus de sa puissance magnétique, offrent une docilité cérébrale plus grande. Peut-être le nombre des personnes influencées serait-il moindre, sans ces conditions favorables et prédisposantes ; cependant, j’ai pu m’assurer par mes recherches que les sujets réfractaires constituent la grande minorité ; et il m’arrive souvent de produire l’hypnotisme dès la première séance sur des malades qui viennent dans mon cabinet, et n’ont aucune idée de ce qu’est le sommeil hypnotique.

Le degré du sommeil provoqué, ainsi que cela résulte du tableau précédent, varie suivant les sujets.

Quelques-uns n'éprouvent qu'un engourdissement plus ou moins prononcé, de la pesanteur des paupières, de la somnolence ; c’est le plus petit nombre. C'est le premier degré de M Liébeault. Cette somnolence peut disparaître aussitôt que l’opérateur cesse d'influencer ; ou bien elle se prolonge pendant quelques minutes, ou plus longtemps, pendant une heure chez une de mes malades. Les sujets restent souvent inertes ; d’autres exécutent quelques mouvements, changent de position, se retournent, mais continuent à rester somnolents. À l’une des séances suivantes, ce sommeil peut passer à l’un des degrés plus avancés ; d’autres fois, (PAGE 8) au contraire, comme chez cette malade où je ne pus obtenir cette somnolence qu’après une dizaine d’essais infructueux, on ne peut aller au-delà. Chez elle, j’ai établi la somnolence durant une demi-heure, plus de cent fois, mais rien autre chose.

Certaines personnes n’ont pas de somnolence à proprement parler, mais elles gardent les paupières closes et ne peuvent les ouvrir ; elles parlent, répondent aux questions, disent qu'elles ne dorment pas. Mais je leur dis : « Vous ne pouvez pas ouvrir les yeux » ; elles font des efforts infructueux pour les ouvrir, les paupières seules sont cataleptisées. Il m'a paru, je ne puis cependant l'affirmer, que cette forme d'hypnotisme est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Une d'elles faisait des efforts inouïs pour séparer les paupières ; elle riait, parlait avec volubilité ; je lui répétais : « Essayez de les ouvrir » ; elle y mettait toute sa force de volonté sans y réussir, jusqu'à ce que je fis cesser le charme en disant : « Vous pouvez les ouvrir. »

J'appelle cela encore une variété du premier degré.

À un second degré, les sujets gardent les paupières closes, leurs membres sont en résolution ; ils entendent tout ce qu’on leur dit, tout ce qui se dit autour d'eux. Mais ils restent assujettis à la volonté de l’endormeur ; leur cerveau est dans cet état que les magnétiseurs appellent hypotaxie ou charme.

Ce degré est caractérisé par la catalepsie suggestive : je lève un bras en l’air et je l’y maintiens quelques secondes ; il continue à rester dans la situation où je l’ai mis. Chez quelques-uns, et alors le sommeil est intermédiaire entre le premier et le second degré, il ne retombe qu’avec une certaine hésitation. Je lève les deux bras, les deux jambes ; je les maintiens quelque temps en l’air ; s’ils n'y restent pas, je dis au sujet : « Vos bras restent en l’air, vos jambes restent en l'air » ; alors il les maintient tantôt flexibles, faciles à abaisser, tantôt rigides et difficiles à déprimer. Le cerveau réalise la suggestion avec plus ou moins de contraction ou de contracture. Je ferme la main du sujet et je dis : « Vous ne pouvez plus l'ouvrir » ; la main reste fléchie en contracture.

À leur réveil, quelques-uns se figurent qu’ils n’ont pas dormi parce qu’ils ont tout entendu ; on peut leur persuader à eux-mêmes qu’ils ont simulé ; mais en répétant l’expérience, la catalepsie suggestive reparaît. Si ce n’est pas un sommeil, c’est au moins un état psychique spécial qui diminue la force de résistance cérébrale, qui rend le cerveau docile à la suggestion. (PAGE 9)

Dans un troisième degré, l’engourdissement paraît plus prononcé, la sensibilité tactile peut être émoussée ou éteinte ; outre la catalepsie suggestive, les sujets sont susceptibles de mouvements automatiques. Je tourne les deux bras, l’un autour de l’autre ; je dis : « Vous ne pouvez plus arrêter. » Les bras continuent à tourner indéfiniment. Le sujet entend tout ce qui se dit autour de lui.

Le quatrième degré est caractérisé, outre les phénomènes précédents, par la perte de relations avec le monde extérieur. Le sujet entend ce que dit l’opérateur, il n'entend pas ce que disent les autres personnes, ce qui se dit autour de lui : ses sens ne sont en communication qu’avec l’endormeur.

Les cinquième et sixième degrés, caractérisés, pour M. Liébeault, par l’oubli au réveil de tout ce qui s’est passé pendant le sommeil, constituent le somnambulisme. Le cinquième degré est le somnambulisme léger : les sujets se rappellent encore vaguement, ils ont entendu confusément à de certains moments ; on peut réveiller le souvenir de certains faits. Anéantissement de la sensibilité, catalepsie suggestive, mouvements automatiques, hallucinations par suggestion ; c’est alors que tous ces phénomènes dont nous allons parler plus en détail atteignent leur plus grande expression.

Dans le somnambulisme profond ou sixième degré, le souvenir de tout ce qui s’est passé pendant le sommeil est absolument éteint et ne peut être réveillé. Le sujet reste endormi à la volonté de l’opérateur et devient un automate parfait, docile à tous ses ordres.

Cette division du sommeil en plusieurs degrés est purement théorique ; elle permet de classer chaque sujet influencé sans grande description. Il existe des variantes, des intermédiaires entre ces divers degrés ; on observe toutes les transitions possibles, depuis la simple torpeur et le sommeil douteux jusqu’au somnambulisme le plus profond.

J’ajoute que la docilité aux suggestions et la facilité de provoquer les divers phénomènes ne sont pas toujours en rapport avec la profondeur du sommeil. Certains sujets dorment peu, répondent aux questions, se rappellent tout à leur réveil, et cependant la contracture, l’insensibilité, les mouvements automatiques commandés ou communiqués, les suggestions thérapeutiques réussissent bien chez eux. Cela deviendra facile à conce-voir quand j’aurai parlé de la suggestion à l’état de veille. (PAGE 10)

D'autres, au contraire, tombent dans un sommeil lourd, profond, ne se rappellent absolument rien à leur réveil. Pendant qu’ils dorment, on a beau les interroger, les harceler de questions, ils restent inertes. La catalepsie suggestive s'obtient difficilement chez eux ; ils ne gardent que peu de temps les bras en l’air. Les suggestions, actes, illusions, hallucinations pour le réveil ne sont pas réalisés ; on dirait qu'ils ne sont pas en rapport avec l'opérateur. Et cependant il suffit de prononcer le mot « Réveillez-vous », pour qu'ils se réveillent spontanément ; preuve évidente que ce rapport existe. J'ai obtenu chez un homme dont le sommeil était celui que je viens de décrire, en apparence inerte pendant son sommeil, des effets thérapeutiques immédiats par la suggestion auditive : retour de sensibilité, disparition de douleur, accroissement de la force musculaire mesurée au dynamomètre, preuve que, malgré son inertie apparente, il était resté pendant son sommeil en rapport avec moi.

Chaque dormeur a pour ainsi dire son individualité propre, sa manière d'être spéciale. Je veux simplement établir pour le moment que la facilité des phénomènes suggestifs provoqués n’est pas toujours proportionnelle à la profondeur du sommeil.

Le réveil peut être spontané. Les sujets qui dorment légèrement à leur première séance ont parfois une tendance à se réveiller rapidement ; il faut les maintenir sous le charme en tenant leurs paupières closes ou en répétant de temps en, temps : « Dormez. » Bientôt l’habitude du sommeil est acquise par l’organisme ; l’hypnotisé ne se réveille plus, tant que l'hypnotiseur est à ses côtés ; quelques-uns se réveillent, aussitôt qu'ils ne sentent plus cette influence. La plupart, abandonnés à eux-mêmes, continuent à dormir pendant plusieurs minutes, une demi-heure, une ou plusieurs heures ; j’ai laissé une de mes malades dormir pendant 15 heures, un autre pendant 18 heures.

Pour obtenir le réveil immédiat, je procède par suggestion vocale, comme pour obtenir le sommeil. Je dis : « C'est fini, réveillez-vous. » Et ce mot prononcé même à voix basse suffit chez les sujets déjà plusieurs fois hypnotisés à obtenir un réveil immédiat. Chez quelques-uns, il faut répéter l'injonction : « Vos yeux s'ouvrent, vous êtes réveillé. » Si cela ne suffit pas, l’action de souffler une ou plusieurs fois sur les yeux provoque le réveil ; jamais je n’ai dû recourir à d'autres procédés, tels que les aspersions d'eau froide ; le réveil a toujours été on ne peut plus facile. (PAGE 11)

Rien de plus étrange parfois que ce réveil. Voici un sujet en sommeil profond ; je l’interroge, il me répond ; s’il est causeur de sa nature, il pourra parler avec volubilité. Au milieu de sa conversation, je dis brusquement : « Réveillez-vous. » Il ouvre les yeux et n'a aucun souvenir de ce qui s'est passé ; il ne se rappelle pas m’avoir parlé, lui qui a parlé un dixième de seconde peut-être avant de se réveiller. Pour rendre le phénomène plus frappant, je le réveille parfois ainsi : « Comptez jusqu'à 10 ; quand vous direz à haute voix 10, vous serez réveillé. » Au moment où il dit 10, ses yeux s'ouvrent ; il ne se rappelle pas avoir compté. D’autres fois, je lui dis : « Vous allez compter jusqu'à 10 ; quand vous serez à 6, vous serez réveillé, mais vous continuerez jusqu’à 10. » Arrivé au chiffre 6, il ouvre les yeux et continue. Quand il a fini, je lui demande : « Pourquoi comptez-vous ? » Il ne se rappelle plus avoir compté. J’ai répété maintes fois cette expérience sur des personnes très intelligentes.

Chez certaines hystériques, il faut procéder avec prudence, éviter de toucher les points douloureux, de provoquer les zones hystérogènes ; car alors une crise hystérique peut être produite ; le sommeil hypnotique peut faire place au sommeil hystérique et l’opérateur n'être plus en relation avec le sujet. Alors la suggestion reste sans influence.

À leur réveil, quelques personnes continuent à rester somnolentes ; il suffit de passer plusieurs fois les mains transversalement, de manière à agiter l’air au-devant de leurs yeux, pour dissiper cet engourdissement. D'autres se plaignent de lourdeur dans la tête, de céphalalgie obtuse, de vertiges ; pour prévenir ces sensations diverses, je dis au sujet avant de le réveiller : « Veuillez vous réveiller et vous serez très à votre aise ; vous n’avez aucune lourdeur de tête, vous vous sentez tout à fait bien », et le réveil suggestif s'obtient sans aucune sensation désagréable. (PAGE 12)
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