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8 • QUELS SONT LES RISQUES DE TRANSMISSION À L'HOMME ?




La transmission du prion pathogène PRNP peut s'effectuer du bovin à l'Homme.

Les encéphalopathies spongiformes subaiguës transmissibles (ESST) sont transmissibles expérimentalement à l'animal, mais cela dépend beaucoup de la barrière d'espèce [13].

Ainsi la maladie de Creutzfeldt-Jakob se transmet à la Souris, au Cobaye, au Hamster et au Singe, et comme nous l'avons vu précédemment, de l'Homme à l'Homme. Ce phénomène de barrière d'espèce est, en santé publique, l'élément critique dans l'appréciation des risques liés aux prions .

Si la transmission au sein d'une même espèce est efficace à 100% (par exemple Homme-Homme), celle-ci n'est plus que de 20% dans le cas Homme-Souris.

C
Le gène de la protéine prion (gène PRNP) règle le passage de la barrière d'espèce.
'est le gène de la PrP, dénommé gène PRNP (pages 24) qui règle ce phénomène de barrière d'espèce. Il contrôle aussi la susceptibilité individuelle et la durée de la période d'incubation [13].

La nature des tissus ou des organes, responsables de la transmission des maladies à prion, est déterminante. C'est le système nerveux central (cervelle…) qui est le plus infecté et sera, de très loin, le plus dangereux pour l'Homme en terme de santé publique. Il en est de même pour la moelle épinière et pour des organes annexes comme les yeux (rétine).

Les tissus lymphoïdes (thymus, amygdales, intestin…), la rate, le placenta, sont aussi de bons vecteurs de l'agent transmissible.

Les muscles squelettiques, les reins, le cœur, mais aussi les globules rouges, le sérum, le lait, la salive, le sperme, n'ont jusqu'à présent, jamais pu être associés à la transmission de la maladie.

En 1991, l'OMS [48] a pu établir, à partir des modèles animaux, une liste des tissus à risque répartis en cinq catégories comme l'indique le tableau 2 ci-après :



CATÉGORIE



NIVEAU D'INFECTIOSITÉ



TYPE DE TISSU


I



Haute infectiosité


cerveaumoelle épinière11, rétine (yeux)



II



Infectiosité moyenne


amygdales, rate, ganglions lymphatiques, iléon, côlon proximal, placenta



III


Infectiosité faible


nerf sciatique, hypophyse, surrénales, côlon distal, muqueuse nasale



IV


Infectiosité minime


thymus, moelle osseuse, foie, poumons, pancréas, liquide céphalo-rachidien



V


Infectiosité non détectable


muscles, cœur, reins, thyroïde, ovaire, utérus, glande mammaire, testicules, vésicule séminale, sérum, caillot sanguin, lait, colostrum, fèces



Tableau 2

Classification selon l'OMS des tissus en fonction de leur infectiosité (OMS, 1991) [48]
Depuis le 1er Octobre 2000 (décision du 29 Juin 2000) tous les pays de l'Union européenne doivent retirer de la chaîne alimentaire, les matériels à risques spécifiés (MRS).

Pour l'Union européenne sont considérés comme tissus à risques spécifiés (MRS) :

  • chez les bovins: le crâne (encéphale et yeux compris), la moelle épinière, les amygdales, l'iléon (pour les animaux âgés de plus de 12 mois).

  • chez les ovins et les caprins, les mêmes organes (pour les animaux de plus de 12 mois) plus la rate.

La France a ajouté à cette liste :

  • pour les bovins, l'intestin et la rate (de tous les animaux) et le thymus ( pour les animaux nés avant le 1er mai 1999). Le 25 septembre 2002 l'AFSSA a autorisé la réintroduction dans la chaîne alimentaire du ris (thymus) de veaux nés après le 30 juin 2002.

  • pour les ovins et les caprins, le crâne (des animaux nés ou élevés au Royaume-Uni), la moelle épinière et les viscères thoraciques et abdominales de tous les animaux atteints de la tremblante.


E
Le cerveau et la moelle épinière sont les tissus les plus contaminants.
n fait, il faut écarter de l'alimentation humaine, en premier lieu le cerveau et ses annexes (œil), ainsi que la moelle épinière (utilisée par exemple, dans la région lyonnaise pour préparer les amourettes), mais aussi par prudence, les intestins, la rate, le thymus (par exemple le ris de veau), les amygdales, les ganglions lymphatiques et même le foie.

Par ailleurs il faut être particulièrement vigilant par rapport aux viandes mécaniquement reconstituées et qui peuvent contenir des matériaux à risque spécifié (MRS), comme le système nerveux central (cerveau, moelle épinière…). Ces viandes reconstituées peuvent se retrouver dans les raviolis, les hamburgers, les saucisses , les tourtes, divers plats cuisinés mais aussi dans les petits pots pour bébés. Ainsi en août 2001 la Food Standard Agency britannique (FSA) a confirmé qu'entre la fin décembre 1980 et le début des années 1990, plusieurs centaines de tonnes de viandes reconstituées potentiellement contaminées par des MRS sont ainsi passées dans l'alimentation de nos voisins d'Outre Manche.

En ce qui concerne la viande de bœuf, selon Dominique Dormont, "le risque est tout à fait minime, si les règlements sont respectés, si les animaux malades sont éliminés de la chaîne alimentaire, si les farines animales ne sont plus données aux ruminants et si l'embargo sur la viande bovine britannique est efficace". Ce sont des recommandations très sages… mais qui peut garantir le respect de ces règles ?

D
Il est important qu'une réponse rapide soit apportée à la non contamination par les prions pathogènes de la viande des bovins, ovins et caprins.
ans un article de mars 2002, Stanley Prusiner et coll. (Proc Natl Acad Sci, 99, 6, 3812-3817) décrivent la présence de prions pathogènes dans les muscles des pattes arrières de Souris et d'Hamster infectés par le prion pathogène de la tremblante du Mouton. Ces résultats n'ont pas été retrouvés dans les études ultérieures menées en France (AFSSA et CEA) où le prion pathogène a été détecté dans le cerveau et la rate des Souris infectées mais pas dans les muscles.

Un important effort de recherche doit être entrepris pour bien cartographier la répartition des prions dans les muscles du bétail infecté (bovins, ovins et caprins). Ceci devrait permettre d'apporter une confirmation de l'absence de contamination par les prions pathogènes de la viande. C'est en effet un point essentiel pour rassurer totalement les consommateurs, dont beaucoup demeurent à juste titre très vigilant.

Avec un peu de recul, on peut mettre en doute l’efficacité de l’embargo sur la viande bovine britannique, d’autant plus que l’Union européenne qui n'avait qu'un souhait , la levée de cette mesure. Elle vient de l'obtenir le 2 octobre, le gouvernement français ayant annoncé la levée de l'embargo.

Fort judicieusement, le gouvernement français avait, le 1er octobre 1999 refusé pour des raisons sanitaires cette levée partielle de l’embargo, qui frappait depuis 1995, les viandes bovines britanniques.

Il fallait en effet être très prudent en ce qui concerne certains morceaux de viande : ainsi le gouvernement britannique avait annoncé dès le 3 décembre 1997 des mesures visant à interdire la commercialisation de la côte de bœuf et de la queue de bœuf. Ces morceaux de viande sont en effet proches de la colonne vertébrale et des ganglions rachidiens dorsaux, lesquels seraient susceptibles d'être contaminés par les prions pathogènes.

Par prudence, il vaut donc mieux éviter de consommer les quartiers de viande entourant la colonne vertébrale, parfois contaminés par des fragments de moelle épinière.

En ce qui concerne les produits secondaires issus de la filière bovine, par exemple la gélatine préparée à partir d'os de ruminants, leur emploi en France a été interdit par un arrêté du 24 mai 2001, en particulier pour la fabrication de gélatine alimentaire (la majorité de cette gélatine alimentaire est préparée à partir de couenne de porc).

Par ailleurs, 70 % des produits pharmaceutiques contiennent des extraits bovins notamment de la gélatine. Les risques encourus, difficile à réellement évaluer actuellement, faute de tests suffisamment sensibles, doivent être surtout estimés en fonction des techniques utilisées pendant leur production, en particulier au niveau de l'efficacité des méthodes d'inactivation des prions pathogènes. Il en est de même pour les gélatines utilisées dans les cosmétiques.
L
Un gramme de tissu cérébral de bovin atteint de l'ESB donné par voie orale, suffit à provoquer de l'ESB chez cette espèce animale.
a voie d'introduction des prions est un paramètre essentiel dans la transmission des agents transmissibles non conventionnels. 

Expérimentalement, si la voie intracérébrale est de loin la plus efficace, la voie orale est par contre beaucoup moins évidente. Néanmoins, une étude chez les bovins a montré qu'un gramme de tissu cérébral de bovin atteint d'encéphalopathie spongiforme subaiguë transmissible (ESST) donné par voie orale suffit à provoquer la maladie chez cette espèce. En expérimentation animale, il faut chez le Hamster syrien (souche 263 K) inoculer près de 100 000 molécules de PrPres pour voir apparaître la maladie [13].

Chez les bovins britanniques, on ne peut que s'interroger sur les implications éventuelles des injections d'hormone de croissance contaminée (l'usage illicite d'extraits hypophysaires ou d'hormone somatotrope est très à la mode dans certains élevages)12

La période d'incubation varie en fonction de la voie d'introduction : par voie intracérébrale, comme dans le cas de la contamination chirurgicale (greffe de dure-mère…), la période d'incubation varie de quelques mois à quatre ans.

En revanche, après traitement par voie périphérique avec des extraits hypophysaires humains (hormone de croissance) la période d'incubation varie de cinq à quinze ans, avec une médiane de douze ans.
J
Jusqu'à présent la transmission du prion par voie sanguine chez l'Homme n'a pu être mise en évidence.
usqu'à présent, dans les conditions d'une transfusion sanguine, les maladies à prions n'ont jamais pu être transmises, mais néanmoins des expériences animales, avec du sang provenant d'un animal contaminé, ont mis en évidence des possibilités de transmission lorsque l'inoculation se fait par voie intracérébrale. La transmission de l'agent de l'ESB par transfusion sanguine à partir d'un mouton contaminé expérimentalement par voie orale montre que le sang peut être un bon vecteur [13].
Ceci ne peut inciter qu'à une très grande prudence en ce qui concerne les produits d'origine sanguine qui doivent être soumis à des contrôles rigoureux et il est maintenant admis que le sang peut être une voie de contamination, même si cela n’est pas encore démontré formellement [13].

L'équipe de John Collinge, a mis en évidence que les prions pathogènes présents dans le cerveau d'une des victimes atteintes de maladie de Creutzfeldt-Jakob (variété V-MCJ) peuvent aussi être caractérisés au niveau de ses amygdales. Ceci avait laissé présager la mise au point d'une technique diagnostique basée sur une simple biopsie amygdalienne, mais cette approche n'a pas donné les résultats attendus et est en cours d'abandon. Néanmoins, cela doit inciter les chirurgiens ORL effectuant des amygdalectomies, à détruire après intervention, leur matériel chirurgical.

Il est déjà recommandé en neurochirurgie de détruire rapidement les instruments qui ne supportent pas les procédures de stérilisation efficaces contre les prions, et qui ont été utilisés chez des patients atteints de maladie de Creutzfeldt-Jakob.

La contamination d'origine professionnelle par les prions est possible et des mesures extrêmement strictes de prévention doivent être appliquées.



Une analyse de la littérature jusqu'en 1994, répertorie 33 travailleurs de Santé (chirurgiens, pathologistes, personnels de morgues, histologistes, médecins, infirmières, dentistes, techniciens de laboratoire, …) décédés de la maladie de Creutzfeldt-Jakob [2], et l'hypothèse d'une contamination d'origine professionnelle n'est pas, dans certains cas à exclure, mais demande a être confirmée [2].

Il est évident, qu'au niveau de la prévention, tout le personnel participant à des autopsies ou à des examens anatomo-pathologiques doivent être d'une vigilance extrême.


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