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9 • GESTION DES RISQUES LIÉS AUX PRIONS ET PROTECTION DE L'HOMME



Comme cela a été détaillé dans le chapitre 2, c'est au Royaume-Uni que les risques liés aux prions pour l'Homme ont été les plus importants et ceci, durant la période (des années 80 jusqu'en 1996) où les tissus connus pour être très infectieux (cervelle et moelle épinière ) entraient dans la chaîne alimentaire. Il faut se rappeler [13] que cervelle et moelle épinière (à ne pas confondre avec la moelle osseuse, qui elle, n'est pratiquement pas contaminante) peuvent être utilisées soit directement dans de nombreux plats cuisinés (liants de sauce, raviolis…) soit indirectement par l'intermédiaire des viandes séparées mécaniquement ( surtout celles entourant la colonne vertébrale) et qu'on pouvait retrouver par exemple dans les viandes hachées et les hamburgers (au Royaume-Uni jusqu'en 1996).

Selon Jean Phillipe Deslys [13] il est possible d'établir une classification des risques chez l'Homme en fonction de la période d'exposition aux tissus nerveux contaminés :

  • avant 1989, cervelle et moelle épinière rentraient légalement dans l'alimentation humaine.

  • entre 1990 et 1996, les mesures d'exclusion des tissus nerveux ont été mises en place progressivement et assez sélectivement au Royaume-Uni, comme cela est relaté dans l'annexe "historique".

Pendant cette période cruciale, les exportations britanniques de farines animales et d'abats vers l'Europe (surtout vers la France et le Portugal) augmentèrent régulièrement… et ceci sans aucun état d'âme, puisque les autorités affirmaient avec véhémence, qu'il n'y avait aucun risque pour l'Homme (Déclaration de John Major en décembre 1994).

- à partir de mars 1996 déclenchement de la crise de la vache folle au Royaume - Uni, entraînant immédiatement l'embargo de la France (21 mars) puis du reste de l'Europe (27 mars) sur les importations de viandes bovines et des troupeaux britanniques.
Malgré le jugement prononcé le 13 décembre 2001 par la Cour européenne de justice de Luxembourg le gouvernement français avait décidé de ne pas lever l'embargo sur le bœuf britannique, embargo qu'il a maintenu de manière unilatérale depuis 1999 sur les viandes bovines d'origine britannique.

Cette prise de conscience, bien que très tardive, aura néanmoins permis de diminuer très fortement la dissémination des produits contaminants dans l'alimentation humaine.

- depuis novembre 2000, la France interdit l'utilisation des farines animales pour toutes les espèces d'élevage, mesure de précaution indispensable, tant que la contamination reste possible.

Au niveau de l'Union européenne, les mesures de précaution concernent en plus de l'interdiction complète des farines animales, l'utilisation systématique de tests de dépistage de l'ESB chez les bovins de plus de 30 mois. Cette période correspond à l'âge où il est possible de détecter des quantités décelables de prions pathogènes et qui correspond aussi à la période à laquelle l'animal est susceptible de développer l'ESB.

Ces mesures devrait permettre l'élimination de tous les bovins détectés positifs, et ceci avant l'entrée dans la chaîne alimentaire.

En France et en Allemagne, le dépistage systématique à l'abattoir a été mis en place en janvier 2001 et est devenu obligatoire en juillet 2001 pour les autres pays de la communauté européenne.

Au 1er juillet 2001, la France a mis en place des tests de dépistage systématique de l'ESB, dès l'âge de 24 mois.

A la différence des autres états membres de l'Union européenne, la Grande-Bretagne s'est toujours refusée à mettre en place un dépistage systématique des animaux apparemment sains âgés de plus de 30 mois. Par ailleurs, le gouvernement de Tony Blair se refuse de mettre en place un programme de dépistage des animaux âgés de plus de 24 mois comme cela se pratique en France et dans d'autres pays de l'Union européenne.

Ces faits justifiaient, en s'appuyant sur le principe de précaution, la position ferme de la France vis à vis de l'embargo sur le bœuf britannique. Suite à l'avis de l'AFSSA du 20 septembre 2002 qui considère que la viande bovine britannique ne présenterait pas plus de risque que la viande françaises, l'embargo a été levé le 2 octobre 2002.
A ce jour la Commission européenne a validé trois tests de dépistage de la forme pathogène du prion (PrPres) [39]. Le test de la société suisse Prionics est basé sur une technique de séparation par électrophorèse, suivie d'une immunodétection (Western-blot).

Le test de la société irlandaise Enfer-Technology-Limited utilise l'immunodétection par la technique ELISA. Enfin le test français , mis au point par Jean Philippe Deslys et collaborateurs a été développé au CEA à partir de 1996 et commercialisé par le groupe CEA-Biorad. Ce test le plus performant en terme de sensibilité est basé sur une technique de purification de la PrPres, couplée à une détection par la technique ELISA.

L'intérêt des tests sensibles est de garantir l'élimination de tous les animaux potentiellement dangereux pour l'Homme. Actuellement de nouveaux tests rapides et sensibles sont en cours de développement.

Ainsi grâce à une technique d'amplification dite PCMA (Amplification cyclique des protéines anormalement pliées) le docteur Claudio Soto [43], chercheur suisse d'origine chilienne a réussi à mettre au point un nouveau test très sensible, qui devrait pouvoir être utilisé pour la détection de la PrPres dans les tissus et liquides biologiques (sang, liquide céphalorachidien…).

Selon une publication parue le 21 juin 2001 dans le "Journal of Biological Chemistry" Ruth Gazibon et ses collègues du département de neurologie de l'hôpital Hadassah à Jérusalem (Israël) affirment avoir réussi à détecter dans les urines d'animaux et de personnes atteintes d'encéphalopathies spongiformes, une protéine apparentée à la forme pathogène du prion (PrPres) et qu'ils ont dénommé UPrSc (U: pour urine). Ces résultats, s'ils sont confirmés, ouvrent la voie pour le développement d'un test in vivo de détection des maladies à prion, c'est à dire du vivant des sujets, alors que l'on ne dispose actuellement que de tests réalisés après le décès du sujet.

En France dès le 8 juin 2000, le Ministère de l'Agriculture a lancé un programme de 48 000 tests pour rechercher les bovins en phase d'incubation terminale parmi une population considérée à risque (animaux de plus de 2 ans, morts dans des conditions douteuses) et ceci pour l'essentiel dans la région du Grand Ouest.

Sur les 48.000 bovins testés, 74 étaient touchés par l'ESB. Le taux de prévalence atteint donc 1,6 cas pour 1000, chiffre plus élevé que celui qui est mesuré dans le cadre des dépistages systématiques effectués depuis le 1er janvier 2001 sur les animaux de plus de 30 mois, animaux qui sont destinés à la consommation humaine. Dans ce cadre, en moyenne un animal contaminé par le prion pathogène est détecté sur 30.000 animaux testés.

Les enseignements de ces deux programmes de dépistage, arrivent à la même conclusion quant à l'âge des animaux les plus exposés à l'ESB, lesquels sont nés entre 1993 et 1995 (90 % de tous les cas détectés).

A partir du 18 juin 2001, un nouveau programme de tests a été lancé. Il va concerner 200.000 bovins dits à risque et ceci sur l'ensemble du territoire français.

Il faut souhaiter qu'un tel dépistage soit aussi appliqué rapidement dans tous les autres pays de l'Union Européenne, car on ne peut que regretter qu'aucun dépistage systématique de l'ESB sur les animaux âgés de plus de 24 mois ne soit pratiqué au Royaume-Uni.

La mise en place depuis juillet 2001 des tests systématiques à l'abattoir par la Commission européenne devrait, en toute logique, mettre en évidence que tous les pays européens sont potentiellement susceptible de développer l'ESB. Un premier cas d'ESB, détecté en juin 2001 en Slovaquie, a constitué, sans aucun doute, le démarrage d'un processus, qui ne peut aller qu'en s'amplifiant.

Il doit en être de même pour plusieurs pays du reste du Monde qui se sont allègrement (et à bon marché) approvisionnés en farines animales britanniques (Japon, Thaïlande, Indonésie…).

C'est certainement pour devancer cette inquiétante éventualité que le 15 juin 2001, lors d'une rencontre à Paris, l'Office International des Epizooties (OIE), l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la Food and Agriculture Organization (FAO) ont recommandé que l'usage des farines animales de viande et d'os soient rapidement interdit dans l'alimentation de tous les ruminants et ceci à l'échelle mondiale.
En France, l'action des pouvoirs publics, a pour l'essentiel été guidée par le principe de précaution, utilisé il faut le reconnaître en général avec un certain bon sens. Néanmoins ceci ne justifie pas, que sous prétexte de soutenir les cours de la viande en Europe, nous sommes obligés de sacrifier des centaines de milliers de bêtes à corne de plus de 30 mois. Espérons pour le monde agricole, très traumatisé par cette mesure hors normes, que celle ci soit rapidement levée.

En effet ces mesures pour spectaculaires qu'elle soient, peuvent à terme, ruiner toute notre économie agricole, sans pour autant sécuriser complètement la filière bovine [13]. Beaucoup d'agriculteurs sont désespérés devant de telles perspectives et on peut craindre à terme pour certains d'entre eux, une issue dramatique… Qui, réellement prend en compte, ce drame que vivent ces petits exploitants ?

Un risque potentiel supplémentaire menace l'agriculture européenne: c'est l'éventuelle contamination des ovins par le prion bovin. Actuellement il est impossible de différencier la tremblante, propre aux ovins et aux caprins, de la maladie qui pourrait être engendrée par le prion bovin… la crise du mouton fou n'est pas impossible et si elle se déclare, cela aura des conséquences économiques catastrophiques.

Selon Moira Bruce [51], l'infection par le prion se répartit dans tout l'organisme du Mouton (tissu nerveux, ganglions lymphatiques, rate, amygdales, intestins, placenta…) et peut toucher la viande que nous consommons. A la différence des bovins, le prion de l'ESB, peut chez les ovins se transmettre par le sang.

Or il semblerait que la répartition du prion chez l'Homme se rapproche plus de celle du mouton que de celle des bovins, ce qui impliquerait que la transfusion sanguine pourrait ne pas être sans risques.

Actuellement, les tests de détection du prion sensibles permettent de proposer une protection de l'Homme au niveau de la chaîne alimentaire (détection de l'ESB à l'abattoir) mais pas en ce qui concerne le sang… ce qui justifie les efforts importants de recherche pour mettre au point des tests beaucoup plus sensibles [13].
Il semble donc que le principal risque de contamination par le prion de l'ESB pour l'Homme soit:

  • à partir des bovins, la consommation de tissus fortement infectieux : cervelle, moelle épinière, ganglions le long de la colonne vertébrale, ganglion trijumeau et rétine[13]. Les tissus lymphoïdes sont aussi contaminants et se trouvent en particulier dans l'intestin grêle (plaques de Peyer).

  • A partir des ovins, il serait prudent de ne pas consommer les tissus nerveux et les tissus riches en structures lymphoïdes (intestins…). Dans ce contexte, il est évident qu'une bonne protection de l'Homme passe obligatoirement par le développement de tests rapides des prions pathogènes, tant pour les bovins que pour les ovins et par la mise au point de techniques capables de différencier les prions pathogènes [13].


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