Les règles élémentaires d’un bon compostage





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Le compostage des déjections

Le compostage correct est la technique incontournable pour le maintien durable de la production agricole. Vu l’augmentation de la population mondiale, la généralisation ou la marginalisation de cette technique conditionnera notre survie sur cette planète. La valorisation agricole des déjections humaines fera partie des techniques de l’avenir. Au vu de la dégradation des terres agricoles, nos enfants nous accuseront d’insouciance coupable d’avoir tardé à reconnaître le caractère insoutenable de l’épuration des eaux vannes. Il n’est pas exagéré d’affirmer que le W-C à chasse et sa généralisation était l’invention humaine la plus désastreuse après la bombe thermonucléaire.
Ceux qui ont adopté la toilette à litière biomaîtrisée (TLB) sont à la pointe du progrès vers un monde durable. Etant donné que la communauté refuse d’envisager le ramassage sélectif et le compostage collectif des déjections humaines, c’est l’individu qui doit prendre en charge ce problème. Ceux qui compostent déjà les déchets de leur jardin et/ou les déchets de la cuisine, n’auront pas de problème d’adaptation. Le compostage des effluents de la TLB n’ajoute que peu à leur travail. Les autres doivent apprendre les rudiments de cette technique qui, selon certains, relève presque de l’art. Nous n’avons pas la prétention de nous substituer aux excellents ouvrages disponibles sur le sujet, notamment à la librairie de l’association Nature & Progrès1. Nous nous contenterons de donner quelques indications surtout en ce qui concerne la spécificité du compostage des déjections.

Les règles élémentaires d’un bon compostage



Le but du compostage est d’introduire la biomasse végétale et animale dans le processus de formation de l’humus. Ce dernier est “ l’or brun de la terre ”. Sans humus, nous avançons à grand pas vers la disparition des terres arables et la désertification. Ceci entraînera par voie de conséquence des changements climatiques et provoquera des pénuries d’eau de plus en plus graves. L’inverse de cette affirmation est heureusement vrai2 : la restitution de la teneur en humus régénère les terres, modifie le climat et rétablit le régime hydrique d’un terroir. Les problèmes d’eau se résolvent sans autre intervention. Il faut savoir que l’humus est capable de fixer 50 fois son poids d’eau. En présence d’humus, la terre sablonneuse commence à tenir, tandis que le sol argileux et compact devient friable3.
L’humus est une matière organique composée de grosses molécules (acides humiques) dont les éléments4 sont présents dans la biomasse végétale et animale. La biomasse végétale fournit le “ squelette ” carboné, tandis que la biomasse animale apporte les “ morceaux ” protéiques contenant de l’azote et du phosphore. Le tout est “ assaisonné ” avec des sels minéraux. Le sol, avec ses particules d’argile, de calcaire et de sable apporte le support sur lequel se fixent, après synthèse, les molécules d’acides humiques formant ce qu’on appelle des “ complexes argilo-humiques ”. C’est la phase ultime de la fixation de l’humus qu’on dit alors “ stabilisé ”.
La première règle d’or découle de ces constats : Le compostage se fait en contact direct et intime avec la terre5. Le processus biologique d’une très grande complexité a lieu grâce à la faune microscopique et macroscopique qui vit naturellement dans le sol. Le cycle de vie de ces organismes comporte des passages dans le sol et aussi dans le compost qui se trouve au-dessus. Il y a donc un échange continuel entre les deux. Le compostage sur une aire bétonnée ou dans un bac de plastique prive le compost de ces échanges indispensables6.
Au point de vue scientifique, il faut que le rapport carbone/azote (C/N) au départ du compostage soit d’environ 60. Au cours de compostage, ce rapport descend et se stabilise à 14. Tout un chacun n’a pas la possibilité de mesurer le C/N, mais cela n’est pas indispensable. Quand on a acquis l’art du compostage, on “ sent ” ce que les scientifiques mesurent avec leurs instruments.
Lorsque le compost contient trop peu de matière animale, le processus devient lent. La décomposition des feuilles mortes, sans adjonction de déjections peut mettre deux ans. Les tiges des plantes restent intactes et le compost a tendance à se dessécher. En présence d’un excès de déjections ou de fumier, le compost sent mauvais. Lorsqu’on le retourne, même après plusieurs mois, il dégage une odeur d’ammoniac. Il a tendance à devenir compact et humide. Ce n’est plus du compostage, mais de la pourriture. C’est ce qui se fait souvent, lorsqu’on tente de composter des déchets de cuisine dans un bac en plastique.
La deuxième règle est donc de trouver un équilibre juste entre la composante végétale et animale.
Le degré d’humidité joue également un rôle important. Le bon compost n’est ni trop humide, ni trop sec. Lors de la constitution du tas de compost, il est relativement simple de fixer le degré d’humidité. En retirant son pied placé sur le compost, si la chaussure ou la botte fait un bruit de succion ou colle à la semelle, la matière à composter est trop humide. Un compost trop humide se tasse et devient compact. C’est la pourriture assurée. Par contre, la présence des cloportes en grand nombre indique que la matière à composter est trop sèche.
A un compost trop humide, on ajoutera de la paille, des végétaux à tiges ou même des brindilles. Ceci permet également l’accès de l’air. Il ne faut pas oublier que le compostage est un processus principalement aérobie.
Lorsque le compost est trop sec, vérifier s’il n’y a pas trop peu de composante animale, généralement très humide. Un excès de brindilles (tonte de haie, bois de taille) rend le compost trop sec. Généralement, l’adjonction des effluents de la TLB rétablit rapidement la situation. On a également ce phénomène lorsqu’on utilise trop de copeaux dans la toilette. Lors de la constitution du tas de compost, dans des rares cas où la matière est trop sèche, on peut l’arroser, sans la noyer7.
Le temps de compostage a aussi toute son importance. Le compostage s’inscrit dans les cycles annuels du jardinage. Rien ne sert de se dépêcher. Vouloir faire du compost en trois mois avec des activateurs, c’est faire preuve d’une manque de sagesse8.
Le compostage des déjections
Le compostage des déjections se fait en deux étapes.
Pour commencer, on aménagera dans un coin du jardin – pas trop loin de l’habitation – un carré à compost – d’un air d’une superficie d’environ 1 m² par personne que l’on peut clôturer à l’aide d’un treillis de poule9. On veillera à laisser un passage suffisamment large pour une brouette. Avant de commencer à y déposer les matériaux, le sol du carré à compost est bêché et ratissé. Il est préférable d’installer le carré à l’ombre. Pour ombrager, les sureaux et les noisetiers conviennent parfaitement.
Dans le carré à compost, on déposera, tout au long de l’année, tout ce qui doit être composté : déchets de jardin, déchets de cuisine, effluents de la toilette à litière.
Après chaque déversement du contenu du seau de la TLB, on veillera à couvrir avec un peu de tonte d’herbe, de paille, de mauvaises herbes arrachées, de feuilles mortes10, etc. Le seau est rincé et remis en service.

Au bout d’un an, le carré à compost est rempli. On procède alors, de préférence en automne ou au début de l’hiver, à la constitution du tas de compost.
On vide le carré à compost et le contenu est entassé couche par couche à côté du carré pour faire un tas en forme de toit. Le tas est installé sur un sol bêché et ratissé. Il aura environ 1,3 m de large à la base et une hauteur de 1 à 1,2 m. Sa longueur sera déterminée par la quantité de matière à composter.
On disposera dans le fond les matières les plus fraîches. Il est même intéressant de commencer par un lit de brindilles ou de paille. C’est indispensable pour une bonne aération. On terminera avec les matériaux plus anciens et plus compacts. Après chaque couche, on saupoudre de basalte et de litothame. On peut également y mettre une poignée de cendres de bois, mais pas de chaux. Si le compost est utilisé pour produire des asperges, y mettre un peu de plâtre déjà gâché.
Le tas de compost fraîchement constitué sera saupoudré d’une fine couche de tourbe. C’est le moment d’introduire les préparats bio-dynamiques si l’on pratique cette technique11.
On termine le travail en couvrant le tas d’un couche de 20 cm de paille. A ce moment, les bio-dynamistes pulvériseront sur le tas le préparat “ valériane ”. On déposera sur la paille quelques branches afin d’empêcher la dispersion de la paille par les oiseaux qui ne tarderont à venir chercher les lombrics.
Le carré à compost vide est bêché et ratissé pour recevoir les nouveaux matériaux à composter. S’il y a une prédominance des effluents de TLB, on y placera au départ une couche de 20 à 30 cm de paille. La constitution du tas de compost est décrite en images.
Le tas de compost est abandonné pour un an. Son volume se réduit de plus de 50%, la couverture de paille sera partiellement absorbée. Avant de vider à nouveau le carré à compost, on déplacera le tas précédent près du potager. Le compost mûr est friable, de couleur brunâtre et sent bon la terre. Il est prêt à l’emploi pour être épandu sur les parcelles du potager. L’épandage se fait de préférence avant l’hiver. Une partie du compost stocké, couvert d’une couche de paille, sera réservé aux semis et aux plantations de printemps.

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