Essaires à la naissance du papillon. 2ème





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titreEssaires à la naissance du papillon. 2ème
date de publication20.04.2017
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Lecture analytique numéro 4

Le papillon

Guenilles : vêtements déchirés (haillons). Erratique : qui n’est pas fixe. Superfétatoire : qui est en trop (superflue). Flamber : se bruler. Atrophie : affaiblie.

Idée générale : les étapes de la vie du papillon : de sa naissance à son envol.

  • 1er paragraphe : les conditions nécessaires à la naissance du papillon.

  • 2ème paragraphe : la métamorphose du papillon.

  • 3ème paragraphe : l’errance de l’insecte.

  • 4ème paragraphe : son comportement. Relation avec l’élément floral.

  • 5ème paragraphe : dans son errance apparait la fragilité du personnage.

Plan :

  1. Entre narration et description :



  1. Une fable en prose.

  2. La matière en mouvement.



  1. Métaphore et métamorphose :



  1. L’éloge de la transformation.

  2. Métaphore et liberté poétique.

Comment le texte est-il en relation avec la symbolique traditionnelle du papillon ?

  1. Entre narration et description :



  1. Une fable en prose :



  • Le choix d’un animal comme thème central de ce poème en prose, invite à le comparer su genre classique de la fable (voir définition La Fable).

Remarque : l’on connait l’admiration de Ponge pour le fabuliste Jean de La Fontaine.

  • La construction du poème souligne sa dimension descriptive et narrative : les 5 paragraphes sont les étapes successives du récit.

  • Le passe simple a valeur ponctuelle : surgit ; flambèrent ; accentue le caractère narratif :

  • Cependant l’essentiel du texte est au présent : se produit ; vagabonde.

  • Le premier verbe « surgit » présente quant à lui une syllepse grammatical car il peut être considère comme un présent ou comme un passe simple

  • La 2ème proposition « un grand effort se produit par terre » peut rappeler l’emploi classique du présent épique.

  • Notamment à cause du temps verbal que du registre guerrier rappelé par l’hyperbole « grand effort ».

  • La comparaison triviale « comme des tasses mal lavées » autorise également à parler du burlesque.



  • Il s’agit d’une épopée microscopique et zoologique, proche de la parodie.



  • L’individualisation des personnages est un autre trait qui rappelle le genre de la fable animalière (exemple perso à donner).

  • Le titre est au singulier « Le Papillon », il est alors désigné commune entité connue.

  • Les insectes sont souvent désignés au pluriel « les papillons ».

  • Cependant Ponge a recours à l’indéfini qui les individualise, rappelé par le déterminant « chaque chenille».

  • Puis c’est le singulier qui est exclusivement utilisé :

  • Par des images « le papillon erratique ».

  • Le pronom personnel « il » a plusieurs occurrences.



  • La présence de nombreux exemples d’anthropomorphisme inscrivent bien le poème dans le genre de la fable :

  • Ponge parle de « torse » (les insectes ont plutôt un thorax).

  • Il compare le papillon à un « lampiste ».

  • Une psychologie humaine et humoristique est attribuée à l’animal :



  • Par le gérondif d’un verbe pronominal de sens réfléchi « se conduisant ».

  • Des verbes au présent qu’on attribue à l’humain « il vérifie » ;  « venge » ; « vagabonde ».

  • Le jeu phonétique se fait par une allitération en « v ».  



  • La progression de l’anecdote est souligné par des connecteurs essentiellement temporels qui assurent son déroulement temporel « lorsque » ; « comme » ; « dès lors » ; « d’ailleurs ».

  • On peut aisément restituer l’histoire relatée par le poème :



  • 1er paragraphe : la naissance du papillon évoque par « prennent leur envol ».

  • 2ème paragraphe : une analepse « chaque chenille eut la tête couverte ».

  • 3ème paragraphe : l’idée d’un avenir ouvert rappelée par la négation « ne…plus », « ne pose plus qu’au hasard ».

  • 4ème paragraphe : une description éthologique et une analyse psychologique du papillon.

  • 5ème paragraphe : une conclusion avec une idée d’ouverture désignée par l’aspect du verbe « il vagabonde ».



  • On observe néanmoins que le texte diffère d’une fable traditionnelle.



  • Par l’absence de portée moralisatrice.

  • Par la volonté de laisser l’interprétation ouverte et libre.

Le schéma narratif sert en réalité à dynamiser une approche également descriptive.

  1. La matière en mouvement :



  • Le règne animal est ici convoque pour donner de la matière une image mobile et changeante :



  • Des verbes signifiant le mouvement : « prennent leur vol » ; « il arrive » ; « se conduisant » et « il emporte ».

  • L’animation de l’animal rejaillit sur le monde végétal, confirme par l’aspect du verbe « surgit ».

  • La végétation du repos occupe une place centrale dans le poème, rappelée par la litote « il ne se pose plus ».



  • L’idée d’un mouvement perpétuel marque le poème et montre la vivacité de cet animal.

  • La description dynamique du papillon met par ailleurs l’accent sur la corporéité : « tête aveuglée » ; « torse amaigri » ; « ailes symétriques ».



  • La présence du qualificatif relève bien du discours descriptif.

RQ : On conclura à la négation de l’idéalisme platonicien dans la mesure où le papillon est traditionnellement symbole de l’âme. D’ailleurs le mot grec qui signifie « âme » : psukhé a également le même sens que papillon.

RQ : Ponge n’a rien conserve de ce symbolisme si ce n’est de manière parodique en humanisant le papillon.

  • Ponge révèle que le déplacement du papillon est libre et chaotique : « erratique » ; « vagabonde ».



  • Le papillon est issu du niveau inférieur de la terre et semble s’élever à la fin : ce que traduit la tournure passive avec le complément d’agent : « maltraite par le vent ».

  • Mais il s’agit moins d’une ascension que d’une libération :

  • La verticalité est présente à travers les termes : « les tiges » ; « au sommet ».

  • Cependant la dernière phrase dont plutôt l’image de déplacement horizontaux, confirmes par le présent de narration d’aspect du verbe : « il vagabonde au jardin».



  • La référence à la longue « humiliation » forme plus un jeu de mot étymologique car le terme « humiliation » est de la même famille que « umus » qui se veut un indice d’élévation spirituelle.



  • La dernière métaphore employée par Ponge le confirme : le papillon est finalement un « pétale superfétatoire » et cette périphrase atteste la continuité existant entre le végétal et l’animal, le bas et le haut, la terre et le ciel.

II. Métaphore et métamorphose

  1. L’éloge de la transformation



  • Le papillon par nature est considéré comme un symbole de métamorphose.



  • L’insecte renvoi à une transformation matérialiste du monde (qui rappelle les convictions marxistes de Ponge à l’époque) :

  • Dès le début du poème, la notion de travail est présente par l’expansion nominale « le sucre élaboré »

  • La nature, elle-même est un processus de production et de transformation : le poète fait allusion plusieurs fois à l’industrie et au travail par un lexique varié, « tasses mal lavée » ; « lampiste » ; « provision d’huile ».



  • Le papillon, comme tel, symbolise une transformation de soi-même qui, ici, n’est pas sans évoquer un processus révolutionnaire rappelé par l’hyperbole « véritable explosion ».



  • L’idée du feu est récurrente « flambèrent ; allumettes » ; « flammes » : elle suggère un embrasement dont l’insecte es à la fois l’agent et le bénéficiaire.



  • Des termes dévalorisants décrivent le papillon à l’état de chenille : « guenille ». ce terme peut se lire comme une référence au prolétariat qui se libère de son aliénation.




  • Une idée d’égalité se trouve proposée par l’adjectif qualificatif dans l’expression : « les ailes symétriques ».




  • L’ancienne misère de la chenille est implicitement décrite par un lexique soutenu « atrophié » qui évoque étymologiquement la male nutrition car « trophê » signifie en grec nourriture.




  • L’ignorance est connotée par l’adjectif qualificatif « aveuglé »




  • Enfin, le papillon libéré agit comme le rappel la personnification « venge sa longue humiliation amorphe ».




  • L’espace, lui-même est structuré de façon hiérarchisé comme le rappel le groupe prépositionnel « au pied des tiges ».



  1. Métaphore et liberté poétique




  • La libération politique que le poème donne à lire se double d’une liberté poétique : le foisonnement des métaphores en est le vecteur :

  • Si l’insecte choisit est par nature voué à la métamorphose : « chenille, chrysalide, papillon ».

  • Ponge redouble ce processus métamorphique en attribuant à l’animal une série de formes métaphorique qui repose sur la même analogie désignée par des périphrases : « allumette volante » ; « minuscule voilier » ; « pétale superfétatoire ».




  • Chaque fois, le papillon est décomposé en deux éléments : le corps et les ailes avec lesquelles les métaphores entrent en résonnance :

  • D’un côté, le corps du papillon rappel par sa forme de bâtonnet le bois de l’allumette, le mât du voilier et la tige de la fleur

  • D’un autre côté, les ailes se rapprochent de la flamme de l’allumette, les voiles du navire, le pétale de la fleur.




  • Le, poème se construit essentiellement sur ces deux séries d’analogies.




  • Le travail du signifiant (la forme des mots) est au cœur du processus de métamorphose chez Ponge

  • Le passage de « chenille » à « guenille » constitue la paronomase centrale du poème

  • Le poète est attentif à la valeur symbolique des lettres utilisées

  • D’une allitération généralisée en [v] : « lavées » ; « vole » ; « aveuglée » ; « volante » ; « vérifie » ; « vagabonde ». cette consonne relie des termes qui ont un lien souvent avec l’idée de liberté et de mouvement.

  • La forme même du V est un rappel du thème de l’envol qui occupe une place essentielle dans le poème.

RQ : Ce peut être aussi en 1942, un appel à la résistance contre l’occupant allemand et à la victoire contre le nazisme.


  • La liberté métamorphosée par le papillon se joint à l’idée de voyage :

  • L’insistance sur les dérivés de « vol »

  • La comparaison navale voire aéronautique : « voilier des airs »




  • Le savoir lexicographique est mis alors au service de ce mouvement de libération.




  • Ce dernier se rencontre aussi dans :

  • Des mots d’origine grecque : « symétrique » ; « atrophiée » ; « amorphe », qui appartiennent à une langue savante.

  • Mais aussi des mots d’origine arabe : « sucre » ; « tasse » ; « hasard ».

  • « hasard » signifie en arabe à la fois le dé et la fleur : a z z a h r

  • L’allusion à la fleur est cohérente avec le traitement que Ponge fait du papillon : celui-ci est issu du monde terrestre, végétal comme le rappel le groupe prépositionnel : « au fond des fleurs » et l’allusion au « pétale ».




  • La nature, mixte de hasard et de nécessité, figure alors une entreprise qui transforme le sens propre en sens figuré.

  • A la fin, le papillon s’apparente encore à la fleur mais cette fois, poétiquement.

Conclusion
Les hasards de l’évolution et de la métamorphose contribuent donc à une harmonie des choses et à une harmonie des choses avec les mots.

La présence du mot « hasard » peut, dès lors se lire comme un hommage à Mallarmé : « d’un coup de dés jamais n’abolira le hasard », texte généralement considéré comme l’acte de naissance de la poésie du XXe siècle

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