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LACAN

D’un discours

qui ne serait pas

du semblant


1971




Ce document de travail a pour sources principales :


Le texte de ce séminaire nécessite l’installation de la police de caractères spécifique, dite « Lacan », disponible ici :

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Les références bibliographiques privilégient les éditions les plus récentes. Les schémas sont refaits.

N.B.  Ce qui s’inscrit entre crochets droits [ ] n’est pas de Jacques LACAN.

(Contact)

Table des matières



Leçon 1 13 Janvier 1971

Leçon 2 20 Janvier 1971

Leçon 3 10 Février 1971

Leçon 4 17 Février 1971

Leçon 5 10 Mars 1971

Leçon 6 17 Mars 1971


Leçon 7 12 Mai 1971 Lituraterre

Leçon 8 19 Mai 1971

Leçon 9 09 juin 1971

Leçon 10 16 Juin 1971
13 Janvier 1971 Table des matières

Au tableau : « D’un discours qui ne serait pas du semblant. »

D’un discours : ce n’est pas du mien qu’il s’agit. Je pense l’année dernière vous avoir assez fait sentir ce qu’il faut entendre

par ce terme « discours ». Je rappelle le discours du Maître et ces 4 - disons - positions, les déplacements de ces termes

au regard d’une structure, réduite à être tétraédrique. J’ai laissé à qui voudrait s’y employer de préciser ce qui justifie que

ces glissements qui auraient pu être plus diversifiés, je les ai réduits à 4. Le privilège de ces 4, si personne ne s’y emploie, peut-être cette année vous en donnerais-je en passant l’indication.
Je ne prenais ces références qu’au regard de ce qui était ma fin, énoncée dans ce titre « L’envers de la psychanalyse ».
Le discours du Maître n’est pas l’envers de la psychanalyse, il est où se démontre la torsion propre, dirais-je, du discours de la psychanalyse : ce qui fait que ce discours fait poser la question d’un « endroit » et d’un « envers », puisque vous savez l’importance de l’accent

qui est mis dans la théorie, dès son émission par FREUD, l’importance de l’accent qui est mis sur la double inscription.

Or ce qu’il s’agissait de vous faire toucher du doigt, c’est la possibilité d’une inscription double - à l’endroit, à l’envers -

sans qu’ait à être franchi un bord. C’est la structure dès longtemps bien connue, dont je n’ai eu qu’à faire usage,

dite de « la bande de Mœbius ».
Ces places et ces éléments, c’est où se désigne que ce qui est à proprement parler discours ne saurait d’aucune façon se référer d’un sujet, bien qu’il le détermine. C’est là sans doute l’ambiguïté de ce par quoi j’ai introduit ce que je pensais devoir faire entendre à l’intérieur du discours psychanalytique. Rappelez-vous mes termes au temps où j’intitulais un certain Rapport 1 :
« De la fonction et du champ de la parole et du langage dans la psychanalyse ».
Intersubjectivité écrivais-je alors, et Dieu sait à quelle fausse trace l’énoncé de termes tels que celui-là peut donner occasion.

Qu’on m’excuse d’avoir eu - ces traces - à les faire premières. Je ne pouvais aller au devant que du malentendu :

  • « Inter » certes en effet, c’est ce que seule la suite m’a permis d’énoncer d’une inter-signifiance,

  • « subjectivité » de sa conséquence, le signifiant étant ce qui représente un sujet pour un autre signifiant où le sujet n’est pas.


C’est bien en cela que :

  • pour ce que là où il est représenté, il est absent,

  • que représenté tout de même, il se trouve ainsi divisé.


Le « discours », ce n’est pas seulement qu’il ne peut plus dès lors être jugé qu’à la lumière de son ressort inconscient,

c’est qu’il ne peut plus être énoncé comme quelque chose d’autre que ce qui s’articule d’une structure

où quelque part il se trouve aliéné d’une façon irréductible.
D’où mon énoncé du discours introductif : « D’un discours... », je m’arrête : ce n’est pas le mien. C’est de cet énoncé

du discours comme ne pouvant être comme tel discours d’aucun particulier, mais se fondant d’une structure et de l’accent que lui donne la répartition, le glissement, de certains de ses termes, c’est de là que je pars cette année

pour ce qui s’intitule « D’un discours qui ne serait pas du semblant ».
À ceux qui n’ont pu l’année dernière suivre ces énoncés qui sont donc préalables, j’indique que la parution, qui date déjà de plus d’un mois, de « Scilicet 2/3 » leur en donnera les références principales. « Scilicet 2/3 », parce que c’est un écrit,

est un événement - sinon avènement - de discours.

D’abord en ceci : c’est que celui dont je me trouve instruit sans qu’on puisse éluder qu’il nécessite votre « presse », autrement dit que vous soyez là, et très précisément sous cet aspect dont quelque chose de singulier nous fait « la presse ». Assurément avec, disons les incidences de notre histoire, il est quelque chose qui se touche, qui renouvelle la question de ce qui peut en être du discours en tant qu’il est le discours du Maître. Ce quelque chose qui ne peut faire que de lier,

quelque chose dont on s’interroge à le dénommer - n’allons pas trop vite à nous servir du mot « révolution » - mais il est clair qu’il faut discerner ce qu’il en est de ce qui en somme me permet de poursuivre mes énoncés de cette formule :
« D’un discours qui ne serait pas « semblant ».

Deux traits sont ici à retenir dans ce numéro de Scilicet. C’est que je mets à l’épreuve somme toute, à peu près - à quelque chose près qui est en plus - mon discours de l’année dernière, dans une configuration qui justement se caractérise

par l’absence de ce que j’ai appelé cette « presse de votre présence », et pour y mettre son plein accent,

je la dirai de ces termes : ce que cette présence signifie, je l’épinglerai du « plus-de-jouir pressé ».
Car c’est très précisément de cette figure que peut être estimée… si elle va au-delà d’une « gêne », comme on dit, concernant trop de semblance [S2 en semblant] dans le discours où vous êtes inscrits : le discours universitaire
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…celle qu’il est facile de dénoncer

  • d’une neutralité par exemple, que ce discours ne peut prétendre soutenir, [S1 en vérité]

  • d’une sélection compétitive, quand il ne s’agit que des signes qui s’adressent aux avertis, [a en Autre]

  • d’une formation du sujet, quand il s’agit de bien autre chose. [S en produit]


Pour aller au-delà de cette gêne des semblants, pour que quelque chose s’espère qui permette d’en sortir, rien ne le permet que de poser qu’un certain mode, un certain mode de rigueur dans l’avancement d’un discours [A]

ne clive en position dominante dans ce discours ce qu’il en est de ces triages, de ces globules de plus-de-jouir [a en semblant]

au titre de quoi vous vous trouvez, dans le discours universitaire, pris.
C’est précisément que quelqu’un, à partir du discours analytique, se mette à votre regard dans la position de l’analysant… ce n’est pas nouveau, je l’ai déjà dit, mais personne n’y a fait attention

…ce qui constitue l’originalité de cet enseignement et ce qui motive ce que vous lui apportez de votre « presse », c’est ce qu’à parler à la radio [Radiophonie] j’ai mis à l’épreuve de cette soustraction précisément de cette présence, cet espace

où vous vous pressez : annulé et remplacé par l’« il existe » pur de cette inter-signifiance dont je parlais tout à l’heure,

pour qu’y vacille le sujet. C’est simplement une aiguillade vers quelque chose dont l’avenir dira la portée possible.
Il est un autre trait dans ce que j’ai appelé cet événement - cet avènement - de discours, c’est cette chose imprimée qui s’appelle « Scilicet », c’est - comme un certain nombre déjà le savent - qu’on y écrit sans signer. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Que chacun de ces noms, qui se trouvent mis en colonne à la dernière page de ces trois numéros qui constituent

une année, peut être permuté avec chacun des autres, affirmant de là qu’aucun discours ne saurait être d’auteur.

Là ça parle - dans l’autre cas c’est l’aiguille - là l’avenir dira si c’est la formule que, disons dans 5-6 ans, adopteront toutes les revues, les revues bien s’entend. Enfin, on verra !
Je n’essaie pas, dans ce que je dis, de sortir de ce qui est ressenti, éprouvé, dans mes énoncés comme accentuant,

comme tenant à l’artefact du discours. C’est dire bien sûr - c’est la moindre des choses - que ce faisant, ça exclut que

je prétende tout en couvrir : ça ne peut être un système, ça n’est - à ce titre - pas une philosophie. Il est clair qu’à quiconque prend sous le biais où l’analyse nous permet de redoubler ce qu’il en est du discours, ceci implique qu’on se déplace,

je dirais dans un « désunivers ». Ce n’est pas la même chose qu’un « divers ». Mais même à ce divers je ne répugnerais pas,

et pas seulement pour ce qu’il implique de diversité, mais jusqu’à ce qu’il applique de diversion.
Il est très clair aussi que je ne parle pas de tout, que même dans ce que j’énonce ça résiste à ce qu’on parle de tout à son propos. Ça se touche du doigt tous les jours, même sur ce que j’énonce que je ne dise pas tout, cela est autre chose, je l’ai déjà dit, ça tient à ceci que « la vérité n’est qu’à mi-dire ».
Ce discours donc, qui se confine à n’agir que dans l’artefact, n’est en somme que le prolongement de la position de l’analyste, en tant qu’elle se définit de mettre le poids de son « plus-de-jouir » à une certaine place [a en semblant].
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C’est néanmoins la position qu’ici je ne saurai soutenir, très précisément de n’être pas dans cette position de l’analyste. Comme je l’ai dit tout à l’heure - à ceci près qu’il vous y manque le savoir - c’est plutôt vous qui y seriez, dans votre presse.

[les auditeurs en position d’analyste, mais sans le S2 d’analyste qu’ils viennent ici recevoir]

Ceci dit, quelle peut être la portée de ce que dans cette référence j’énonce « D’un discours qui ne serait pas du semblant » ? Ça peut s’énoncer de ma place et en fonction de ce que j’ai énoncé précédemment, c’est un fait en tout cas que je l’énonce. Remarquez que c’est un fait aussi puisque je l’énonce.
Vous pouvez n’y voir que du feu, c’est-à-dire penser qu’il n’y a rien de plus que le fait que je l’énonce.

Seulement si j’ai parlé à propos du discours d’« artefact », c’est que pour le discours il n’y a rien de fait si je puis dire, déjà, il n’y a de fait que du fait du discours, le fait énoncé est tout ensemble le fait du discours. C’est ça que je désigne par le terme d’artefact.

Et bien entendu c’est ce qu’il s’agit de réduire, parce que si je parle d’artefact c’est pas pour en faire surgir l’idée de quelque chose qui serait autre, d’une nature dont vous auriez tort de vous y engager pour en affronter les embarras parce que vous n’en sortiriez pas.
La question ne s’instaure pas dans les termes « Est-ce, ou n’est-ce pas dicible ? », mais dans ceci : « c’est dit ou ce n’est pas dit ».
Je pars de ce qui est dit dans un discours dont l’artefact est supposé suffire à ce que vous soyez là.

Ici coupure, car je n’ajoute pas : « à ce que vous soyez là à l’état de plus-de-jouir pressé ».

J’ai dit « coupure » parce qu’il est questionnable de savoir si c’est en tant que plus-de-jouir pressé déjà que mon discours vous rassemble.

Il n’est pas tranché, quoi qu’en pense tel ou tel, que ce soit ce discours, celui de la suite des énoncés que je vous présente, qui vous mette vous dans cette position d’où il est questionnable par le... par le « pas » d’un discours qui ne serait pas du semblant.

Du semblant, qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’est-ce que ça veut dire dans cet énoncé ? Du semblant de discours par exemple ?
Vous le savez, c’est la position dite du « logico-positivisme », c’est que si à partir d’un signifiant à mettre à l’épreuve

de quelque chose qui tranche par oui ou par non, ce qui ne permet pas de s’offrir à cette épreuve voilà ce qui est défini ne vouloir rien dire, mais avec ça on se croit quitte d’un certain nombre de questions qualifiées de « métaphysiques ».

Ce n’est pas certes que j’y tienne, mais je tiens à faire remarquer que la position du logico-positivisme est intenable,

en tout cas à partir de l’expérience analytique notamment. Si l’expérience analytique se trouve impliquée, de prendre

ses titres de noblesse du mythe œdipien, c’est bien qu’elle préserve le tranchant de l’énonciation de l’oracle [l’indécidable exclut le oui/non].
Et je dirai plus : que l’interprétation y reste toujours du même niveau : elle n’est vraie que par ses suites, tout comme l’oracle.

L’interprétation n’est pas « mise à l’épreuve » d’une vérité qui se trancherait par oui ou par non, elle déchaîne la vérité comme telle. Elle n’est vraie qu’en tant que vraiment suivie [du déchaînement la vérité]. Nous verrons tout à l’heure les schémas de l’implication

- j’entends de l’implication logique - dans leurs formes les plus classiques ces schémas eux-mêmes nécessitent le fonds

de ce « véridique » en tant qu’il appartient à la parole, fût-elle à proprement parler insensée.
Le passage de ce moment où la vérité se tranche de son seul déchaînement, à celui d’une logique qui va tenter de donner corps à cette vérité, c’est très précisément le moment où le discours en tant que représentant de la représentation est renvoyé, disqualifié. Et s’il peut l’être c’est parce qu’en quelque partie il l’est toujours déjà : que c’est ça que l’on appelle le refoulement.

Ce n’est plus une représentation qu’il représente, c’est cette suite de discours qui se caractérise comme effet de vérité.
Cet effet de vérité n’est pas du semblant, et l’œdipe est là pour nous apprendre - si vous me permettez - pour nous apprendre

que c’est du sang rouge. Seulement voilà, le sang rouge ne réfute pas le semblant, il le colore, il le rend re-semblant, il le propage : un peu de sciure et le cirque recommence ! C’est bien pour cela que c’est au niveau de l’artefact, de la structure du discours, que peut s’élever la question d’un discours qui ne serait pas du semblant. En attendant :

  • il n’y a pas de semblant de discours,

  • il n’y a pas de métalangage pour en juger,

  • il n’y a pas d’Autre de l’Autre,

  • il n’y a pas de vrai sur le vrai.


Je me suis amusé un jour à faire parler la vérité 2. Je demande où il y a un paradoxe : qu’est-ce qu’il peut y avoir de plus vrai

que l’énonciation « je mens » ? Le chipotage classique qui s’énonce du terme de paradoxe, ne prend corps que si ce « je mens », vous le mettez sur un papier à titre d’écrit. Tout le monde sent qu’il n’y a rien de plus vrai qu’on puisse dire

à l’occasion, que de dire « je mens ». C’est même très certainement la seule vérité qui à l’occasion ne soit pas brisée.

Qui ne sait qu’à dire que « je ne mens pas » on n’est absolument pas à l’abri de dire quelque chose de faux. Qu’est-ce à dire ?

La vérité dont il s’agit quand elle parle - celle dont j’ai dit qu’elle parle « je », qui s’énonce comme oracle - qui parle ?
Ce semblant, c’est le signifiant en lui-même ! Qui ne voit que ce qui le caractérise ce signifiant, dont au regard des linguistes

je fais cet usage qui les gêne ? Il s’en est trouvé pour écrire ces lignes, destinées à bien avertir que « sans doute,

Ferdinand de Saussure n’en avait pas la moindre idée ». Qu’est-ce qu’on en sait ? Ferdinand de SAUSSURE faisait comme moi [sic],

il ne disait pas tout, la preuve c’est qu’on a trouvé dans ses papiers des choses qu’il n’a jamais voulu faire sortir3.

Le signifiant, on croit que c’est « une bonne petite chose », comme ça qui... qui est apprivoisée par le structuralisme,

on croit que c’est « l’Autre en tant qu’Autre » et « la batterie du signifiant », et tout ce que j’explique bien sûr.

Bien entendu ça vient du ciel parce que je suis un « idéaliste », pour l’occasion...
« Artefact » ai-je dit d’abord. Bien sûr l’artefact, c’est absolument certain que ce soit notre sort de tous les jours. Nous le trouvons à tous les coins de rue, à la portée du moindre geste de nos mains. S’il y a quelque chose qui soit

un discours soutenable, en tout cas soutenu, celui de la science nommément, ce n’est peut-être pas vain de se souvenir

qu’il est parti très spécialement de la considération de semblants.
Le départ de la pensée scientifique - je parle de l’histoire - qu’est-ce que c’est ?

L’observation des astres, qu’est-ce que c’est si ce n’est la constellation, c’est-à-dire le semblant typique ?

Les pas premiers de la physique moderne, autour de quoi est-ce que ça tourne au départ ?
Non pas comme on le croit des éléments, car les éléments, les quatre [terre, air, eau, feu] - enfin même si vous y ajoutez

« la quintessence » [5ème élément] - c’est déjà du discours, du discours philosophique, et comment ! - c’est des météores !

DESCARTES fait un traité des météores 4. Le pas décisif - un des pas décisifs - tourne autour de la théorie de l’arc-en-ciel.

Et quand je parle d’un météore, c’est quelque chose qui se définit d’être qualifié comme tel d’un semblant. Personne n’a jamais cru que l’arc-en-ciel - même parmi les gens les plus primitifs - que l’arc-en-ciel était une chose

qui était là courbée, dressée. C’est en tant que météore qu’il est interrogé. Le météore le plus caractéristique, le plus originel, celui dont il est hors de doute qu’il est lié à la structure même de tout ce qui est discours, c’est le tonnerre.
Si j’ai terminé mon « Discours de Rome » sur l’évocation du tonnerre, ce n’est pas absolument comme ça par fantaisie : il n’y a pas de Nom du Père tenable sans le tonnerre, dont tout le monde sait très bien que... qu’on ne sait même pas le signe de quoi c’est, le tonnerre. C’est la figure même du semblant. C’est en cela qu’il n’y a pas de semblant du discours. Tout ce qui est discours ne peut que se donner en semblant, et rien ne s’y édifie qui ne soit à base de ce quelque chose

qui s’appelle signifiant, qui dans la lumière où je vous le produis aujourd’hui, est identique à ce statut comme tel du semblant.
D’un discours qui ne serait pas du semblant, pour que ça fasse énoncé, il faut donc que d’aucune façon ce « du semblant » ne soit complétable de la référence de discours. C’est d’autre chose qu’il s’agit, du « référent » sans doute.

Contenez-vous un tout petit peu... Ce référent n’est pas probablement tout de suite l’objet, puisque justement ce que ça veut dire

c’est que ce référent c’est justement lui qui se promène.
Le semblant dans lequel le signifiant est identique à lui-même, c’est un niveau du terme « semblant » : c’est le semblant

dans la nature. Ce n’est pas pour rien que je vous ai rappelé qu’aucun discours qui évoque la nature n’a jamais fait que

de partir de ce qui dans la nature est semblant. Car la nature en est pleine, je ne parle pas de la nature animale dont il est bien évident qu’elle en surabonde, c’est même ce qui fait qu’il y a de doux rêveurs qui pensent que toute entière

la nature animale - des poissons aux oiseaux - chante la louange divine, ça va de soi. Chaque fois qu’ils ouvrent

comme ça quelque chose - une tête, une bouche, un opercule - c’est un semblant manifeste, et elle nécessite ces béances.
Quand nous entrons dans quelque chose dont l’efficace n’est pas tranché pour la simple raison que nous ne savons pas comment ça s’est fait qu’il y ait eu, si je puis dire « accumulation de signifiants ». Car les signifiants - hein, je vous le dis -

sont répartis dans le monde, dans la nature, il y en a à la pelle. Pour que naisse le langage - c’est déjà quelque chose

d’amorcer ça ! - pour que naisse le langage il a fallu que quelque part s’établisse ce quelque chose que je vous ai déjà indiqué à propos du pari : c’était le pari de Pascal, nous ne nous en souvenons. Supposer ceci, l’ennuyeux c’est que

ça suppose déjà le fonctionnement du langage.
Parce qu’il s’agit de l’inconscient, l’inconscient et son jeu, ça veut dire que parmi les nombreux signifiants qui courent

le monde, il va y avoir en plus le corps morcelé [ a]. Il y a quand même des choses qui... dont on peut partir en pensant

qu’elles existent déjà, elles existent déjà dans un certain fonctionnement où nous ne serions pas forcés de considérer l’accumulation du signifiant : c’est les histoires de territoire. Si le signifiant « votre bras droit » va dans le territoire du voisin faire une cueillette - c’est des choses qui arrivent tout le temps - naturellement votre voisin saisit votre signifiant

« bras droit » et vous le re-balance par-dessus la chose mitoyenne : c’est ce que vous appelez curieusement « projection », c’est une façon de s’entendre.
C’est d’un phénomène comme ça qu’il faudrait partir. Si votre bras droit chez votre voisin n’était pas entièrement occupé à la cueillette, des pommes par exemple, s’il était resté tranquille, il est assez probable que votre voisin l’aurait adoré,

c’est l’origine du signifiant-maître, un bras droit : « le sceptre ». Le signifiant-maître, ça ne demande qu’à commencer comme ça, tout au début. Il en faut malheureusement un peu plus, c’est un schéma pas très satisfaisant, en plus ça vous donne

« le sceptre », tout de suite vous voyez la chose se matérialiser comme signifiant. Le procès de l’histoire se montre,

d’après tous les témoignages de ce qu’on a, un tout petit peu plus compliqué.
Il est certain que la petite « parabole » - celle par laquelle j’avais commencé d’abord, n’est-ce pas - le bras qui vous est

re-renvoyé d’un territoire à l’autre - c’est pas forcé que ce soit votre bras qui vous revienne, parce que les signifiants

c’est pas individuel, on ne sait pas lequel est à qui. Alors voyez-vous, là nous entrons dans une espèce de...

d’autre jeu originel quant au... à la fonction du hasard, que celui d’ŒDIPE.
Vous faites un monde pour l’occasion, disons un schéma : un support divisé comme ça en un certain nombre de cellules territoriales 5. Cela se passe à un certain niveau, celui où il s’agit de produire, où il s’agit de comprendre un peu ce qui s’est passé.

Après tout, non seulement on peut recevoir un bras qui n’est pas le sien par ce processus d’expulsion - que vous avez appelé on ne sait pourquoi « projection », si ce n’est que ça vous est projeté, bien sûr - non seulement un bras

qui n’est pas le vôtre, mais plusieurs autres bras.
Alors à partir de ce moment-là, cela n’a plus d’importance que ce soit le vôtre ou que ce ne soit pas le vôtre.

Mais enfin comme après tout, de l’intérieur d’un territoire, on ne connaît que ses propres frontières, et qu’on n’est pas forcé de savoir que sur cette frontière il y a six autres territoires6, on balance ça un petit peu comme on peut,

et alors il se peut que ces territoires il y en ait une pluie.
L’idée du rapport qu’il peut y avoir entre le rejet de quelque chose [« c’est pas ça »] et la naissance de ce que je vous appelais tout à l’heure le signifiant-maître [inscription, trait unaire] est certainement une idée à retenir. Mais pour qu’elle prenne tout son prix, il faut certainement qu’il y ait eu, comme ça, par un processus de hasard, en certains points accumulation de signifiants [répétition].

À partir de là, peut se concevoir quelque chose qui soit la naissance d’un langage.
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Ce que nous voyons à proprement parler s’édifier comme 1er mode de supporter dans l’écriture ce qui sert de langage [cf. α, β, γ, δ], en donne en tout cas une certaine idée : chacun sait que la lettre « A » est une tête de taureau renversée 7

et qu’un certain nombre d’éléments comme celui-là, mobiliers, laissent encore leur trace.
1a
Ce qui est important, c’est de ne pas aller trop vite et de voir où continuent de rester les trous. Par exemple, il est bien évident que le départ de cette esquisse était déjà lié à quelque chose de marquant le corps d’une possibilité d’ectopie8

et de « balade », qui évidemment reste problématique. Mais après tout, là encore, tout est toujours là. Nous avons - enfin, c’est un point très sensible que nous pouvons encore contrôler tous les jours - il y a pas très longtemps, encore cette semaine, quelque chose : une très jolie photo d’un journal dont certainement tout le monde s’est délecté. Les possibilités de l’exercice du découpage de l’être humain, sur l’être humain sont tout à fait impressionnantes. C’est de là que tout est parti.
Il reste un autre trou. Vous le savez on s’est cassé la tête, on a bien fait la remarque que HEGEL c’est très joli

mais qu’il y a quand même quelque chose qu’il n’explique pas : il explique « la dialectique du maître et de l’esclave »,

mais il n’explique pas qu’il y ait une société de maîtres.
Il est tout à fait clair que ce que je viens de vous expliquer est certainement intéressant en ceci : que par le seul jeu

de la projection, de la rétorsion, il est clair qu’au bout d’un certain nombre de coups, il y aura certainement, je dirais,

une moyenne de signifiants plus importante dans certains territoires que dans d’autres. Mais enfin il reste encore à voir comment ces signifiants vont pouvoir dans un territoire en quelque sorte faire société de signifiants. Il convient de ne jamais laisser dans l’ombre ce qu’on n’explique pas, sous prétexte que l’on a réussi à donner un petit commencement d’explication.
Quoi qu’il en soit, l’énoncé de notre titre de cette année : D’un discours qui ne serait
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«les internes des asiles», ce sont maintenant «des hôpitaux psychiatriques», sans compter le reste

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Leçon 4 17 Février 1971 Leçon 5 10 Mars 1971 Leçon 6 17 Mars 1971 Leçon 7 12 Mai 1971 Lituraterre Leçon 8 19 Mai 1971 Leçon 9 09 juin 1971 Leçon 10 16 Juin 1971 13 Janvier 1971 Table des matières Au tableau : «D’un discours qui ne serait pas du semblant.» iconLeçon 1 18 novembre 1959 Leçon 2 25 novembre 1959
«Éthique», vous verrez pourquoi, ce n’est pas par plaisir d’utiliser un terme plus rare, plus savant

Leçon 4 17 Février 1971 Leçon 5 10 Mars 1971 Leçon 6 17 Mars 1971 Leçon 7 12 Mai 1971 Lituraterre Leçon 8 19 Mai 1971 Leçon 9 09 juin 1971 Leçon 10 16 Juin 1971 13 Janvier 1971 Table des matières Au tableau : «D’un discours qui ne serait pas du semblant.» iconLeçon 1 06 Novembre 1957 Leçon 2 13 Novembre 1957
«l’algèbre lacanienne», IL faut installer la police de caractères dite «Lacan», disponible sur la page d’accueil du superbe site...

Leçon 4 17 Février 1971 Leçon 5 10 Mars 1971 Leçon 6 17 Mars 1971 Leçon 7 12 Mai 1971 Lituraterre Leçon 8 19 Mai 1971 Leçon 9 09 juin 1971 Leçon 10 16 Juin 1971 13 Janvier 1971 Table des matières Au tableau : «D’un discours qui ne serait pas du semblant.» iconRésumé : L’étude s’appuie sur un dispositif expérimental de fertilisation...

Leçon 4 17 Février 1971 Leçon 5 10 Mars 1971 Leçon 6 17 Mars 1971 Leçon 7 12 Mai 1971 Lituraterre Leçon 8 19 Mai 1971 Leçon 9 09 juin 1971 Leçon 10 16 Juin 1971 13 Janvier 1971 Table des matières Au tableau : «D’un discours qui ne serait pas du semblant.» iconGéopolitique de la production et du trafic de drogues illicites en Asie
«guerre contre la drogue» (war on drugs) qui est menée sur tous les fronts et dans tous les pays depuis que l’administration Nixon...

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«l’Etat ne peut pas tout faire») et-ou du principe de responsabilité individuelle («il ne faut pas tout en attendre»)

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