Leçon 10





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LACAN



D’un Autre à l’autre




1968-69




Ce document de travail a pour sources principales :

  • D’un Autre à L’autre : sténotypie au format « Thèse », datée de 1980.

  • D’un Autre à L’autre : sténotypie au format « p.d.f. » sur le site de l’E.L.P.


Le texte de ce séminaire nécessite l’installation de la police de caractères spécifique, dite « Lacan », disponible ici :

http://fr.ffonts.net/LACAN.font.download (placer le fichier Lacan.ttf dans le répertoire c:\windows\fonts)

Les références bibliographiques privilégient les éditions les plus récentes. Les schémas sont refaits.

N.B.  Ce qui s’inscrit entre crochets droits [ ] n’est pas de Jacques LACAN.

(Contact)

Table des séances



Leçon 1 13 Novembre 1968

Leçon 2 20 Novembre 1968

Leçon 3 27 Novembre 1968

Leçon 4 04 Décembre 1968

Leçon 5 11 Décembre 1968



Leçon 6 08 Janvier 1969

Leçon 7 15 Janvier 1969

Leçon 8 22 Janvier 1969

Leçon 9 29 Janvier 1969
Leçon 10 05 Février 1969

Leçon 11 12 Février 1969

Leçon 12 26 Février 1969
Leçon 13 05 Mars 1969

Leçon 14 12 Mars 1969

Leçon 15 19 Mars 1969 Nassif

Leçon 16 26 Mars 1969
Leçon 17 23 Avril 1969

Leçon 18 30 Avril 1969
Leçon 19 07 Mai 1969

Leçon 20 14 Mai 1969

Leçon 21 21 Mai 1969
Leçon 22 04 Juin 1969

Leçon 23 11 Juin 1969

Leçon 24 18 Juin 1969

Leçon 25 25 Juin 1969


13 Novembre 1968 Table des séances


L’essence de la théorie psychanalytique est un discours sans parole

Nous nous retrouvons cette année pour un séminaire dont j’ai choisi le titre D’un Autre à l’autre, pour indiquer ce que seront les grands repères autour de quoi doit, à proprement parler, tourner mon discours. C’est en ceci que ce discours,

au point du temps où nous sommes, est crucial : il l’est pour autant qu’il définit ce qu’il en est de ce discours qui s’appelle

le discours psychanalytique, dont l’introduction, dont l’entrée en jeu dans ce temps emporte tant de conséquences.
Une étiquette a été mise sur ce procès du discours. « Le structuralisme » a-t-on dit, mot qui d’ailleurs n’a pas nécessité

de la part du publiciste qui soudain - il y a, mon Dieu, un nombre pas tellement grand de mois - l’a poussé

pour englober un certain nombre, dont le travail depuis longtemps avait tracé quelques avenues de ce discours.
Je viens de parler d’un publiciste, chacun sait les jeux de mots que je me suis permis autour de la « poubellication ».

Nous voilà donc un certain nombre, de par la grâce de qui c’est l’office, réunis dans la même poubelle. On pourrait avoir

plus désagréable compagnie. À la vérité, ceux avec qui je m’y trouve conjoint n’étant que des gens pour le travail desquels

j’ai la plus grande estime, je ne saurais, de toute façon, m’en trouver mal. Surtout que pour ce qui est de la poubelle,

en ce temps dominé par le génie de Samuel BECKETT, nous en connaissons un bout [Cf. Beckett : « Fin de partie »].
Pour moi personnellement, après avoir habité pendant aujourd’hui presque trente ans - en trois sections de 15, de 10 et de 5 ans - dans trois Sociétés psychanalytiques, j’en connais un bout sur ce qu’il en est de cohabiter avec les ordures ménagères !
Pour ce qui est du structuralisme, à la vérité on comprend le malaise qui peut se produire chez certains du maniement

que l’on prétendrait de l’extérieur infliger à notre commun habitat, et aussi bien que l’on puisse avoir l’envie d’en sortir

un peu pour se dérouiller les jambes. Il n’en reste pas moins que depuis que cette impatience semble - selon toute apparence - prendre certains, je m’avise qu’en cette corbeille je ne me trouve après tout pas si mal.

Puisque, aussi bien, à mes yeux, il ne me semble pas - ce structuralisme - pouvoir être identifié à autre chose qu’à ce que j’appellerai tout simplement « le sérieux », et à aucun degré - quoi qu’il en soit - à quelque chose qui ressemble à rien de ce que l’on peut appeler une philosophie, si par ce mot l’on désigne une vision du monde, ou même quelque façon d’assurer

à droite et à gauche, les positions d’une pensée.




Qu’il suffise, pour réfuter le premier cas…

s’il est vrai que - psychanalyste - je ne pouvais me prétendre d’aucune façon

introduire ce qui s’intitule ridiculement une anthropologie psychanalytique

…il suffirait de rappeler, à l’entrée même de ce domaine, des vérités constituantes qu’apporte dans ce champ la psychanalyse.
C’est à savoir qu’il n’y a pas d’union de l’homme et de la femme sans que la castration :

  • ne détermine, au titre du fantasme, précisément, la réalité du partenaire chez qui elle est impossible,

  • sans qu’elle se joue - la castration - dans cette sorte de recel qui la pose comme vérité chez le partenaire à qui elle est réellement, sauf excès accidentel, épargnée.


Insistons bien que, répandant cette formule de la Genèse que « Dieu les créa - il y a aussi le créa - homme et femme »,

c’est le cas de le dire : « Dieu sait pourquoi ! »

  • chez l’un, l’impossible de son effectuation - à la castration - vient à se poser comme déterminant de sa réalité,

  • chez l’autre, le pire dont elle le menace comme possible n’a pas besoin d’arriver pour être vrai,

au sens où ce terme ne comporte pas de recours.
Ce seul rappel, semble-t-il, implique : 

  • qu’au moins au sein du champ qui apparemment est le nôtre, nulle harmonie, de quelque façon que nous ayons à la désigner, n’est d’aucune façon de mise,

  • qu’assurément quelque propos s’impose à nous qui est celui justement du discours qui convient.


Pour le mener, aurons-nous à nous poser - en quelque sorte - la question qui est celle d’où est partie toute la philosophie, c’est qu’au regard de tant de savoirs, non sans valeur et efficace : qu’est-ce qui peut distinguer ce discours de soi-même assuré, qui se fondant sur un critère que la pensée prendrait dans sa propre mesure, mériterait de s’intituler

επιστήμη [épistèmé], la science ?
Nous sommes portés…

ne serait-ce que d’abord par ce défi que je viens de désigner comme celui porté par la vérité au réel

…à plus de prudence dans cette démarche de mise en accord de la pensée avec elle-même : une règle de pensée qui a à s’assurer

de la non-pensée comme de ce qui peut être sa cause, voilà ce à quoi nous sommes confrontés avec la notion de l’inconscient.
Ce n’est qu’à mesure de « l’hors de sens » des propos, et non pas - comme on s’imagine et comme toute la phénoménologie le suppose - du sens, que je suis comme pensée. Ma pensée n’est pas réglable - que l’on ajoute ou non « hélas ! » - à mon gré, elle est réglée.

Dans mon acte, je ne vise pas à l’exprimer mais à la causer. Mais il ne s’agit pas de l’acte : dans le discours, je n’ai pas à suivre

sa règle, mais à trouver sa cause. Dans l’entresens - entendez-le pour si obscène que vous pouvez l’imaginer - est l’être de la pensée.
Ce qui est à passer par ma pensée, la cause, elle laisse passer purement et simplement ce qui a été comme être, et ceci du fait que, déjà et toujours, là où elle est passée, elle est passée produisant toujours des effets de pensée. « Il pleut » est événement

de la pensée chaque fois qu’il est énoncé, et le sujet en est d’abord ce « il » - ce « hile » dirai-je - qu’il constitue

dans un certain nombre de significations.
Et c’est pourquoi cet « il » se retrouve à l’aise dans toute la suite car à « il pleut » vous pouvez donner :

  • « il pleut... des vérités premières »,

  • « il pleut... il y a de l’abus ! ».

Surtout à confondre la pluie - le météore - avec pluvia, l’aqua pluvia, la pluie, l’eau qu’on en recueille.

Le météore est propice à la métaphore - et pourquoi ? - parce que déjà il est fait de signifiants. « Il pleut ».
L’être de la pensée est la cause d’une pensée en tant que « hors de sens ». Il était déjà - et toujours - être d’une pensée, avant.

Or, la pratique de cette structure repousse toute promotion d’aucune infaillibilité. Elle ne s’aide précisément que de la faille

ou plutôt de son procès même - car il y a un procès de la faille - et c’est le procès dont la pratique de la structure s’aide, mais elle ne saurait s’en aider qu’à la suivre. Ce qui n’est d’aucune façon la dépasser, sinon à permettre sa saisie dans la conséquence qui s’en fige, au temps, au point même où la reproduction du procès s’arrête, c’est dire que c’est son temps d’arrêt qui en marque le résultat.
Et c’est ce qui explique - disons-le ici d’une touche discrète en passant - que tout art est défectueux,

que c’est du recueil de ce qui, au point où sa défaillance, d’être accomplie se creuse, c’est de ce recueil qu’il prend sa force.

Et c’est pourquoi la musique et l’architecture sont les arts suprêmes…

j’entends « suprêmes » techniquement, comme maximum dans le banal

…produisant la relation du nombre harmonique avec le temps et avec l’espace, sous l’angle précisément de leur incompatibilité.

Car le nombre harmonique n’est - maintenant on le sait bien - que passoire, à ne retenir ni l’un ni l’autre : ni ce temps, ni cet espace.
Voilà ce dont le structuralisme est la prise au sérieux. Il est la prise au sérieux de ceci :

du savoir comme cause, cause dans la pensée, et le plus habituellement, il faut bien le dire, d’une visée délirante.

Ne vous effrayez pas, ce sont propos d’entrée, rappels de certitudes, non pas de vérités. Et je voudrais, avant d’introduire aujourd’hui les schémas d’où j’entends partir, marquer que si quelque chose d’ores et déjà doit vous en rester au creux de la main, c’est ce que j’ai pris soin d’écrire tout à l’heure au tableau sur l’essence de la théorie :
L’essence de la théorie psychanalytique est un discours sans parole
L’essence de la théorie psychanalytique est la fonction du discours et très précisément en ceci…

qui pourra vous sembler nouveau, à tout le moins paradoxal

…que je le dirai « sans parole ». Il s’agit de l’essence de la théorie puisque c’est ceci qui est en jeu :

qu’en est-il de la théorie dans le champ psychanalytique ?
Autour de ceci, j’entends bruire autour de moi d’étranges échos. Le malentendu ne manque pas, et sous prétexte qu’à poser tout un champ de la pensée comme manipulation, je semble mettre en cause des principes traditionnels, j’entends et ceci est traduit…

étonnamment, pour être dans des lieux ou dans des têtes qui me sont proches

…par je ne sais quoi qui s’appellera « de l’impossibilité théorique », voire - n’ai-je pas trouvé cela au détour de quelques lignes ? -

que ce qu’un jour j’ai énoncé dans un contexte qui disait bien ce que cela voulait dire : qu’« il n’y a pas d’univers de discours »… « Alors à quoi bon nous fatiguer… » semble-t-on en conclure.
Sans doute importe-t-il moins à mes yeux de corriger mon dire, car il ne prête à aucune ambiguïté, et on ne voit pas

ce en quoi le fait que l’on puisse énoncer - précisément de ce qu’on l’ait énoncé - qu’il n’y a point de clôture du discours,

entraine que le discours est pour autant - bien loin de là - ni impossible, ni même seulement dévalorisé.
C’est précisément à partir de là que de ce discours vous avez la charge, et spécialement celle de le bien conduire,

tenant compte de ce que veut dire cet énoncé qu’il n’y a pas d’univers du discours.

Il n’y a certes donc à cet égard rien de ma part à corriger.

Simplement à y revenir pour faire les pas suivants : de ce qui du discours déjà avancé s’induit de conséquences, mais aussi

peut-être à revenir sur ce qui peut faire qu’étant attaché autant que peut l’être un analyste aux conditions de ce discours,

il peut à tout instant montrer ainsi sa défaillance.
Il fut un temps…

permettez-moi, avant d’entrer dans ce domaine, un peu de musique

où j’avais pris l’exemple du pot, non sans qu’on en fit un tel scandale que j’ai laissé ce pot, si je puis dire, en marge de mes Écrits.

Il s’agissait de ceci, dont le pot est en quelque sorte l’image sensible, qu’il est cette signification, par lui-même modelée.

Grâce à quoi, manifestant l’apparence d’une forme et d’un contenu, il permet d’introduire dans la pensée que c’est

le contenu qui est la signification, comme si la pensée manifestait là ce besoin de s’imaginer comme ayant autre chose

à « contenir ». Car c’est ce que le terme de « contenir » désigne quand il se pointe à propos d’un acte intempestif.
Le pot, je l’ai appelé « de moutarde » pour faire remarquer que loin d’en contenir forcément, c’est précisément d’être vide qu’il prend sa valeur de pot de moutarde, à savoir que c’est parce que le mot « moutarde » est écrit dessus. Mais « moutarde »

qui veut dire que moult lui tarde à ce pot, d’atteindre à sa vie éternelle de pot qui commence au moment où il sera - ce pot - troué. Car c’est sous cet aspect, à travers les âges, que nous le recueillons dans les fouilles, à savoir à chercher dans les tombes

ce qui nous témoignera de l’état d’une civilisation.
Le pot est troué, dit-on, en hommage au défunt et pour que le vivant ne puisse pas s’en servir. Bien sûr, c’est une raison.

Mais il y en a peut-être une autre qui est celle-ci : c’est que c’est ce trou qu’il est fait pour produire, pour que ce trou se produise, illustrant le mythe des DANAÏDES. C’est dans cet état [troué] que ce pot…

quand nous l’avons ainsi de son lieu de sépulture ressuscité

…vient trôner sur l’étagère du collectionneur, et dans ce moment de gloire il en est de lui ce qu’il en est aussi pour Dieu : c’est dans cette gloire qu’il révèle précisément sa nature.
La structure du pot - je ne dis pas sa matière - apparaît là ce qu’elle est, à savoir : corrélative de la fonction du tube et du tambour.

Et si nous allons chercher dans la nature les préformes, nous verrons que cornes ou conques, c’est encore là,

après que la vie ait été extraite, qu’il a à montrer ce qui est son essence, à savoir la capacité sonore.

Des civilisations entières ne sont plus représentées pour nous que par ces petits pots qui ont la forme d’une tête ou bien encore

de quelque animal couvert lui-même de tant de signes pour nous dès lors impénétrables, faute de documents corrélatifs.
Et ici nous sentons que la signification, l’image est bien à l’extérieur, que ce qui est à l’intérieur laissé à être est précisément ce qui gît dans la tombe où nous le trouvons, à savoir  des matières précieuses : les parfums, l’or, l’encens et la myrrhe, comme on dit.
Le pot explique la signification de ce qui est là au titre de quoi ?

Au titre d’une valeur d’usage, disons plutôt d’une valeur d’échange avec un autre monde et une autre dignité, d’une valeur d’hommage.

Que ce soit dans des pots que nous retrouvions les Manuscrits de la Mer Morte, voilà qui est fait pour nous faire sentir que

ce n’est pas le signifié qui est à l’intérieur, c’est très précisément le signifiant, et que c’est à lui que nous allons avoir affaire quand il s’agit de ce qui nous importe, à savoir le rapport du discours et de la parole dans l’efficience analytique.
Ici, je demande qu’on me permette un court-circuit au moment d’introduire ce qui, je pense, va vous imager l’unité

de la fonction théorique dans cette démarche proprement ou improprement appelée « structuraliste ».

Je ferai appel à MARX dont j’ai eu beaucoup de peine, importuné que j’en suis depuis longtemps, à ne pas - plus tôt - introduire le propos dans un champ où il est pourtant parfaitement à sa place. Je vais aujourd’hui introduire à propos

de l’objet(a) la place où nous avons à situer sa fonction essentielle.
Puisqu’il le faut, c’est d’une portée homologique que je procéderai, et rappellerai d’abord ce qui, par des travaux récents

jusqu’ici justement - et jusqu’au désaveu de l’auteur

désignés comme structuralistes, a été parfaitement mis en évidence, et pas très loin d’ici, dans un commentaire de MARX.

La question est posée, par l’auteur1 que je viens d’évoquer, de ce qui est l’objet du Capital.

Nous allons voir ce que, parallèlement, l’investigation psychanalytique permet d’énoncer sur ce point.
MARX part de la fonction du marché. Sa nouveauté est la place dont il y situe le travail. Ce n’est pas que le travail

soit nouveau qui lui permet sa découverte, c’est qu’il soit acheté, c’est qu’il y ait un marché du travail.

C’est cela qui lui permet de démontrer ce qu’il y a dans son discours d’inaugural, et qui s’appelle la plus-value.

Il se trouve que cette démarche suggère l’acte révolutionnaire que l’on sait, ou plutôt que l’on sait fort mal, car il n’est pas sûr que la prise du pouvoir ait résolu ce que j’appellerai la subversion du sujet - capitaliste - qui est attendue de cet acte.
Mais pour l’instant, peu nous importe. Il n’est pas sûr que des marxistes n’aient pas eu, de fait à en recueillir

bien des conséquences peu fastes. L’important, c’est ce que MARX désigne et ce que veut dire sa démarche.

Que ses commentateurs soient structuralistes ou pas, ils semblent bien pourtant, avoir démontré que lui l’est, structuraliste.
Car c’est proprement d’être au point - lui, comme être de pensée - d’être au point que détermine la prédominance

du marché du travail, que se dégage comme cause de sa pensée cette fonction…

obscure, il faut bien le dire, si cette obscurité se reconnaît à la confusion des commentaires

…qui est celle de la plus-value.
L’identité du discours avec ses conditions, voilà qui, j’espère, va trouver éclairage de ce que je vais dire de la démarche analytique.

Pas plus que le travail n’était nouveau dans la production de la marchandise, pas plus la renonciation à la jouissance

dont je n’ai pas ici plus à définir la relation au travail

…n’est nouvelle, puisque dès l’abord, et bien contrairement à ce que dit, ou semble dire HEGEL, c’est elle qui constitue

le maître qui entend bien en faire le principe de son pouvoir.
Ce qui est nouveau, c’est qu’il y ait un discours qui l’articule - cette renonciation - et qui y fait apparaître - car c’est là l’essence du discours analytique - ce que j’appellerai la fonction du plus-de-jouir. Cette fonction apparaît par le fait du discours

parce que ce qu’elle démontre, c’est dans la renonciation à la jouissance, un effet du discours lui-même.
Pour marquer les choses, il faut supposer qu’au champ de l’Autre, il y ait ce marché, si vous voulez bien, qui totalise

les mérites, les valeurs, l’organisation des choix, des préférences, qui implique une structure ordinale, voire cardinale.

Le discours détient les moyens de jouir en tant qu’il implique le sujet. Il n’y aurait aucune raison de sujet

au sens où l’on peut dire raison d’État

…s’il n’y avait au marché de l’Autre un corrélatif, c’est qu’un plus-de-jouir s’établisse qui est capté par certains.
II faut un discours assez poussé pour démontrer comment le plus-de-jouir tient à l’énonciation, donc est produit par le discours, pour qu’il apparaisse comme effet.

Mais aussi bien ce n’est pas là chose tellement nouvelle à vos oreilles si vous m’avez lu, car c’est l’objet de mon écrit

« Kant avec Sade » 2 où est faite la démonstration de la totale réduction de ce plus-de-jouir à l’acte d’appliquer sur le sujet

ce qu’est le terme (a) du fantasme, par quoi le sujet peut être posé comme cause-de-soi dans le désir.

J’élaborerai ceci dans les temps qui viendront par un retour sur ce « pari de Pascal » qui illustre si bien le rapport

de la renonciation à la jouissance à cet élément de pari où la vie dans sa totalité elle-même se réduit à un élément de valeur.
Étrange façon d’inaugurer le marché de la jouissance - de l’inaugurer dis-je bien - dans le champ du discours.

Mais après tout, n’est-ce pas là une simple transition avec ce que nous avons vu dans l’histoire s’inscrire tout à l’heure

dans cette fonction des biens voués aux morts ? Aussi bien n’est-ce pas là pour nous ce qui est maintenant en question.
Nous avons affaire à la théorie en tant qu’elle s’allège précisément de l’introduction de cette fonction qui est celle du plus-de-jouir. Autour du plus-de-jouir se joue la production d’un objet essentiel dont il s’agit maintenant de définir la fonction, c’est l’objet(a).
La grossièreté des échos qu’a reçu l’introduction de ce terme est et reste pour moi la garantie qu’il est bien en effet de l’ordre d’efficace que je lui confère. Autrement dit, le passage est connu, repéré et célèbre où un MARX3 savourait, dans les temps qu’il mettait au développement de sa théorie, l’occasion de voir nager ce qui était l’incarnation vivante de la méconnaissance.
J’ai énoncé « Le signifiant est ce qui représente un sujet pour un autre signifiant », ceci comme toute définition correcte, c’est-à-dire exigible. Il est exigible qu’une définition soit correcte et qu’un enseignement soit rigoureux. Il est tout à fait intolérable…

au moment où la psychanalyse est appelée à donner à quelque chose - ne croyez pas que j’ai l’intention de l’élider -

à la crise que traverse le rapport de l’étudiant à l’Université

…il est impensable qu’on réponde par l’énoncé : « qu’il y a des choses que l’on ne saurait d’aucune façon définir en un savoir ».
Si la psychanalyse ne peut s’énoncer comme un savoir et s’enseigner comme telle, elle n’a strictement que faire,

là où il ne s’agit pas d’autre chose. Si le marché des savoirs est très proprement ébranlé par le fait que la science lui apporte cette unité de valeur qui permet de sonder ce qu’il en est de son échange, jusqu’à ses fonctions les plus radicales, ce n’est certes pas pour qu’ici ce qui peut en articuler quelque chose - à savoir la psychanalyse - ait à se présenter par sa propre démission.
Tous les termes qui peuvent être employés à ce propos…

qu’ils soient ceux de « non conceptualisation », ou toute autre évocation de je ne sais quelle « impossibilité »

…ne peuvent désigner en tout cas que l’incapacité de ceux qui les promeuvent. Ce n’est pas pour la raison que ce n’est dans nulle intervention particulière autre que celle dite « interprétation » que peut résider la stratégie avec la vérité qui est l’essence de la thérapeutique, qu’en ce point assurément toutes sortes de fonctions particulières, de jeux heureux, dans l’ordre de la variable peuvent trouver leur opportunité… Mais ils n’ont de sens qu’à se situer au point précis où la théorie leur donne leur poids.
Voici ici, bel et bien, ce dont il s’agit.
C’est dans le discours sur la fonction de la renonciation à la jouissance que s’introduit le terme de l’objet(a).

Le plus-de-jouir comme fonction de cette renonciation sous l’effet du discours, voilà qui donne sa place à l’objet(a).
Tel le marché, c’est à savoir à ce qu’il définit quelque objet du travail humain comme marchandise, tel chaque objet porte

en lui-même quelque chose de la plus-value, ainsi le plus de jouir est-il ce qui permet l’isolement de la fonction de l’objet(a).
Que faisons-nous dans l’analyse, sinon d’instaurer par la règle un discours tel que le sujet y suspende quoi ?

Ce qui précisément est sa fonction de sujet, c’est-à-dire qu’il y soit dispensé de soutenir son discours d’un « je dis »,

car c’est autre chose de parler que de poser : « je dis ce que je viens d’énoncer ».
Le sujet de l’énoncé dit « je dis », dit « je pose » comme ici je fais dans mon enseignement. J’articule cette parole.

Ce n’est pas de la poésie. Je dis ce qui est ici écrit et je peux même le répéter - ce qui est essentiel - sous la forme où,

le répétant pour varier, j’ajoute que je l’ai écrit.
Voici ce sujet dispensé de soutenir ce qu’il énonce. Est-ce donc par là qu’il va arriver à cette pureté de la parole,

cette parole pleine dont j’ai parlé dans un temps d’évangélisation - il faut bien le dire - car le discours qu’on appelle Discours de Rome,

à qui était-il adressé d’autre qu’aux oreilles les plus fermées à l’entendre. Je ne qualifierai pas ce qui faisait ces oreilles

pourvues de ces qualités opaques, ce serait là porter une appréciation qui ne saurait être d’aucune façon qu’offensante.
Mais observez ceci, c’est que parlant de La Chose freudienne 4, il m’est arrivé de me lancer dans quelque chose que moi-même

j’ai appelé une prosopopée 5. Il s’agit de La Vérité qui énonce :
« Je suis donc pour vous l’énigme, celle qui se dérobe aussitôt apparue, hommes qui tant vous entendez à me dissimuler

sous les oripeaux de vos convenances. Je n’en admets pas moins que votre embarras soit sincère. »
Je note que le terme « embarras » a été pointé pour sa fonction ailleurs.
« Car même quand vous vous faites mes hérauts, vous ne valez pas plus à porter mes couleurs que ces habits qui sont les vôtres et pareils

à vous-même, fantômes que vous êtes. Où vais-je donc passer en vous, où étais-je avant ce passage ? Peut-être un jour vous le dirai-je. » 
Il s’agit là du discours.
« Mais pour que vous me trouviez où je suis, je vais vous apprendre à quel signe me reconnaître.

Hommes, écoutez, je vous en donne le secret. Moi la vérité, je parle. »
Je n’ai point écrit « je dis ». Ce qui parle assurément, s’il venait - comme je l’ai écrit ironiquement aussi - l’analyse,

bien entendu, serait close. Mais c’est justement :

  • ou ce qui n’arrive pas,

  • ou ce qui, quand cela arrive, mérite d’être ponctué d’une façon différente.


Et pour cela, il faut reprendre ce qu’il en est de ce sujet qui est ici mis en question par un procédé d’artifice, auquel il a été demandé en effet, de n’être pas celui qui soutient tout ce qui est avancé. Ne pas croire pourtant qu’il se dissipe,

car le psychanalyste est très précisément là pour le représenter, je veux dire pour le maintenir tout le temps qu’il ne peut pas,

en effet, se retrouver quant à la cause de son discours.
Et c’est ainsi qu’il s’agit, maintenant, de se rapporter aux formules fondamentales, à savoir celle qui définit le signifiant

comme étant ce qui représente un sujet pour un autre signifiant. Qu’est-ce que ceci veut dire ? Je suis surpris que jamais personne n’ait à ce propos encore remarqué qu’il en résulte, comme corollaire, « qu’un signifiant ne saurait se représenter lui-même ».

Bien sûr, ceci n’est pas nouveau non plus car dans ce que j’ai articulé autour de la répétition, c’est bien de cela qu’il s’agit. Mais là, nous avons à nous arrêter un instant pour bien le saisir sur le vif.
Qu’est-ce que cela peut vouloir dire ici, au détour de cette phrase, que ce « lui-même » du signifiant ? Observez bien que, quand je parle du signifiant, je parle de quelque chose d’opaque. Quand je dis qu’il faut définir le signifiant comme

« ce qui représente un sujet pour un autre signifiant », cela veut dire que personne n’en saura rien sauf l’autre signifiant,

et l’autre signifiant ça n’a pas de tête, c’est un signifiant. Le sujet est là étouffé, effacé, aussitôt en même temps qu’apparu.
Il s’agit justement de voir pourquoi quelque chose de ce sujet

qui disparaît d’être surgissant, produit par un signifiant pour aussitôt s’éteindre dans un autre

…comment quelque part ce quelque chose peut se constituer et qui peut à la limite se faire prendre à la fin

pour un Selbst­Bewusstsein [conscience de soi], pour quelque chose qui se satisfait d’être identique à soi-même.

Or, très précisément ce que ceci veut dire, c’est que le signifiant

sous quelque forme que ce soit qu’il se produise, dans sa présence de sujet bien entendu


ne saurait se rejoindre dans son représentant de signifiant sans que se produise cette perte dans l’identité qui s’appelle à proprement parler l’objet(a).
C’est ce que désigne la théorie de Freud concernant la répétition. Moyennant quoi :



  • rien n’est identifiable de ce quelque chose qui est le recours à la jouissance auquel, par la vertu du signe, quelque chose d’autre vient à sa place, c’est-à-dire le trait qui la marque,

  • rien ne peut là se produire sans qu’un objet n’y soit perdu.


Un sujet c’est ce qui peut être représenté par un signifiant pour un autre signifiant, mais est-ce que ce n’est pas là quelque chose

de calqué sur le fait que, valeur d’échange

le sujet dont il s’agit, dans ce que MARX déchiffre, à savoir la réalité économique

…le sujet de la valeur d’échange est représenté auprès - de quoi ? - de la valeur d’usage. Et c’est déjà dans cette faille que se produit,

que choit, ce qui s’appelle la plus-value. Ne compte plus à notre niveau que cette perte.
Non identique désormais à lui-même, le sujet, certes ne jouit plus mais quelque chose est perdu qui s’appelle le « plus de jouir ».

Il est strictement corrélatif à l’entrée en jeu de ce qui dès lors détermine tout ce qu’il en est de la pensée.
Et dans le symptôme de quoi s’agit-il d’autre, à savoir du plus ou moins aisé de la démarche autour de ce quelque chose

[le plus de jouir] que le sujet est bien incapable de nommer…



  • mais sans le tour de quoi il ne saurait même, à quoi que ce soit, procéder,




  • qui n’a pas seulement affaire aux relations avec ses semblables mais à sa relation la plus profonde,

à sa relation qu’on appelle vitale,



  • et pour lequel les références, les configurations économiques sont autrement plus propices que celles, lointaines en l’occasion, quoique bien sûr non tout à fait impropres, qui sont celles qui s’offraient à FREUD, celles de la thermodynamique.


Voici donc le moyen, l’élément qui peut nous permettre d’avancer dans ce dont il s’agit concernant le discours analytique.
Si nous avons posé théoriquement a priori

et sans aucun doute, sans avoir eu besoin d’une longue récursion pour constituer ces prémisses

…s’il s’agit dans la définition du sujet, comme causé par le rapport intersignifiant, de quelque chose qui en quelque sorte nous interdit à jamais de le saisir, voici aussi l’occasion d’apercevoir ce qui lui donne cette unité…

disons-la provisoirement préconsciente, non pas inconsciente

…celle qui a permis jusqu’à présent de soutenir le sujet dans sa prétendue suffisance.

Loin qu’il soit suffisant : c’est autour de la formule S a - c’est à savoir c’est autour de l’être de l’(a), - c’est autour du plus de jouir,


que se constitue le rapport qui nous permet, jusqu’à un certain point, de voir se faire cette soudure, cette précipitation,

ce gel qui fait que nous pouvons unifier un sujet comme sujet de tout un discours.
Je ferai au tableau quelque chose qui figure d’une certaine façon ce dont il s’agit en l’occasion.

Voici ce qui se passe du rapport d’un signifiant S1 à un autre signifiant S2 :


À savoir que le sujet S - représenté ici par S1 - jamais ne saura se saisir dès lors qu’un signifiant quelconque dans la chaîne

peut être mis en rapport avec ce qui n’est pourtant qu’un a.

À savoir ce qui se fabrique dans ce rapport au plus de jouir, dans ce quelque chose qui se trouve, par ouverture du jeu de l’organisme,

pouvoir prendre figure de ces entités évanouissantes, dont j’ai déjà donné la liste, qui vont du sein à la déjection et de la voix au regard :

ces (a) c’est la fabrication du discours de la renonciation à la jouissance.
Le ressort de cette fabrication est ceci : c’est qu’autour d’eux peut se produire le plus de jouir.

Qu’assurément si déjà, à propos du pari de Pascal, je vous ai dit que…

n’y aurait-il même qu’une vie à parier, à gagner au-delà de la mort

…cela vaudrait bien que nous travaillions dans celle-ci assez pour savoir comment nous conduire dans l’autre.

Dans cet échange de travail - dans le pari - avec un plus de jouir, avec quelque chose dont nous saurions qu’il en vaut la peine,

se trouve le ressort de ceci : c’est qu’au fond même de l’idée que Pascal manie


semble-t-il, avec l’extraordinaire aveuglement de celui qui est lui-même au début d’une période de déchaînement

et celle de la fonction du marché sont corrélatives.
S’il a introduit le discours scientifique, n’oublions pas qu’il est aussi celui qui voulait…

aux moments, même les plus extrêmes de sa retraite et de sa conversion

…inaugurer à Paris une Compagnie des Omnibus Parisiens. Ce PASCAL ne sait pas ce qu’il dit quand il parle d’une vie heureuse, nous en avons là l’incarnation : quoi d’autre sous le terme d’« heureux » est saisissable sinon précisément cette fonction

qui s’incarne dans le plus de jouir ?
Et aussi bien nous n’avons pas besoin de parier sur l’au-delà pour savoir ce qu’il en vaut là où le plus de jouir se dévoile

sous une forme nue, ça a un nom, ça s’appelle la perversion. Et c’est bien pour cela qu’« à sainte femme fils pervers ».

Nul besoin de l’« au-delà » pour voir ce qui se passe dans la transmission de l’une à l’autre d’un jeu du discours essentiel.
Voici donc ouverte la figure, le schéma de ce qui permet de concevoir comment c’est autour du fantasme

à savoir du rapport de la réitération du signifiant S [S1 → S2] qui représente le sujet par rapport à lui-même

que se joue ce qu’il en est de la production du (a).


Mais inversement, de ce fait leur rapport prend consistance.
Et c’est de ce qu’il se produit quelque chose, qui n’est plus ni sujet ni objet, mais qui s’appelle fantasme [S a], que dès lors les autres signifiants peuvent - s’enchaînant, s’articulant [S1 → S2] et du même coup ici, se gelant dans l’effet de signification - introduire cet effet

de métonymie qui fait que ce sujet quel qu’il soit…

  • qu’il soit - dans la phrase « On bat un enfant » - qu’il soit au niveau du « un enfant »,

  • au niveau du « bat »,

  • au niveau du « on »

…quelque chose d’équivalent soude ce sujet et le fait cet être solidaire dont dans le discours nous avons la faiblesse

de donner l’image comme une image omnivalente, comme s’il pouvait y avoir un sujet de tous les signifiants.
Si quelque chose, de par la règle analytique, peut être relâché dans cette chaîne assez pour que s’en produisent des effets révélateurs,

quel sens, quel accent devons-nous lui donner pour que ceci prenne une portée ?
L’idéal sans doute c’est ce « Je parle » mythique qui fera, dans l’expérience analytique effet, image, d’apparition de la vérité.

C’est ici justement qu’il s’agit de comprendre que cette vérité émise est là suspendue, prise entre deux registres qui sont ceux

dont précisément j’ai posé les deux bornes dans les deux termes [Aa] qui figurent au titre de mon séminaire cette année.
Car cet « ou bien... » fait référence au champ où le discours du sujet prendrait consistance, c’est-à-dire au champ de l’Autre,

qui est celui que j’ai défini pour ce lieu où tout discours au moins se pose pour pouvoir s’offrir à ce qui est ou non sa réfutation.
Qu’il puisse se démontrer, et sous la forme la plus simple

vous m’excuserez de n’avoir pas le temps de le faire aujourd’hui

…que le problème est totalement déplacé de savoir s’il est ou non un Dieu qui garantisse, comme pour DESCARTES,

le champ de la vérité : il nous suffit qu’il puisse se démontrer qu’au champ de l’Autre il n’y a pas de possibilité d’entière consistance du discours,

et ceci j’espère pouvoir la prochaine fois vous l’articuler précisément en fonction de l’existence du sujet.
Je l’ai déjà une fois écrit très rapidement au tableau. C’est une démonstration très aisée à trouver au premier chapitre

de ce qu’on appelle « la théorie des ensembles », mais encore faut-il…

au moins pour une part des oreilles qui sont ici

…montrer en quoi il est pertinent d’introduire dans l’élucidation de la fonction d’un discours comme celui qui est le nôtre,

à nous analystes, quelque fonction extraite d’une logique, dont ce serait tout à fait un tort que de croire que c’est une façon de l’exclure dans l’amphithéâtre voisin que de l’appeler logique mathématique.
Si nulle part dans l’Autre ne peut être assurée d’aucune façon la consistance de ce qui s’appelle vérité,

où donc est-elle sinon à ce qu’en réponde cette fonction du a ?

Aussi bien n’ai-je pas déjà à quelque autre occasion émis ce qu’il en est du cri de la vérité ?
« Moi la vérité - ai-je écrit - je parle. ...//... et je suis pure articulation émise pour votre embarras. »
C’est là - pour nous émouvoir - ce que peut dire la vérité. Mais ce que dit celui qui est souffrance d’être cette vérité, celui-là doit savoir que son cri n’est que cri muet, cri dans le vide, cri que déjà dans un temps j’ai illustré de la gravure célèbre de MÜNCH6.


Parce qu’à ce niveau rien d’autre ne peut lui répondre chez l’Autre, que ce qui fait sa consistance et sa foi naïve

de ce qu’il est comme « moi », c’est à savoir ce qui en est le véritable support,  à savoir sa fabrication comme objet(a).
En face de lui [comme (a) ], il n’y a rien que celui-là [A], que l’un en plus parmi tant d’autres, et qui ne peut d’aucune façon répondre à ce cri de la vérité sinon qu’il est très précisément son équivalent, la non jouissance, la misère, la détresse

et la solitude : c’est la contrepartie de ce a, de ce plus de jouir qui, du sujet en tant que « moi », fait la cohérence.

Il n’y a rien d’autre, à moins que…


pour aujourd’hui, vouloir vous quitter sur quelque chose qui fasse sourire un peu plus

…que je reprenne les paroles, dans l’Ecclésiaste, d’un vieux roi qui ne voyait pas de contradiction entre être le roi de la sagesse et posséder un harem, qui vous dit :
« Tout est vanité, sans doute, jouis de la femme que tu aimes, c’est-à-dire fais anneau de ce creux, de ce vide qui est au centre de ton être.

Il n’y a pas de prochain si ce n’est ce creux même qui est en toi, c’est le vide de toi-même. »
Mais dans ce rapport assurément seulement garanti par la figure qui permit à FREUD sans doute de se tenir à travers tout ce chemin périlleux et de nous permettre d’éclaircir des rapports qui, sans ce mythe, n’auraient pas été autrement supportables, la Loi divine qui laisse dans son entière primitivité cette jouissance entre l’homme et la femme dont il faut dire :
« Donne-lui ce que tu n’as pas, puisque ce qui peut t’unir à elle, c’est seulement sa jouissance. »
C’est là-dessus…

qu’à la façon d’une simple, d’une totale, d’une religieuse, énigme, de celle qui n’est approchée que dans la Kabbale

…je vous donnerai aujourd’hui quitus.

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