Leçon 1





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cette sorte particulière de reconnaissance de l'imaginaire, du fantasme qui est à pro­prement parler ce qu'on appelle l'antichambre de la folie, une certaine façon d'authentifier tout ce qui dans le sujet est de l'ordre de l'imaginaire et quelque chose dont nous n'avons tout simplement qu'à admirer que ça ne mène pas à une aliénation plus profonde. Sans doute c'est là ce qui nous indique suffisamment qu'il lui faut quelque prédisposition, et, nous n'en doutons pas, pour autant en effet qu'il n'y ait pas conditions. Comme on posait encore la question à Vienne, un garçon charmant auquel j'essayais d'expliquer quelques petites choses, me demandait si je croyais que les psychoses étaient organiques ou pas; je lui dis que cette question était complètement périmée, dépassée, et qu'il y avait très longtemps que nous ne faisions pas de différence entre la psychologie et la physiologie, et assurément ne devient pas fou qui veut, comme nous l'avions affiché au mur de notre salle de garde dans ce temps ancien, un peu archaïque. Il n'en reste pas moins que c'est à une certaine façon de manier la relation analytique, et qui est proprement d'authentification de la relation imaginaire dont on parlait,

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Authentifier ainsi tout ce qui dans le sujet est de l'ordre de l'imaginaire, c'est à proprement parler faire de l'analyse l'antichambre de la folie, ...
.. il y faut quelque pré­disposition, sinon quelque condition.

cette substitution à la reconnaissance sur le plan symbolique de la reconnaissance sur le plan imaginaire qu'il faut attri­buer justement les cas qui sont bien connus également de déclenchement assez rapide de délire plus ou mains persis­tant, et quelquefois définir, par un maniement imprudent à l'entrée dans l'analyse, de la relation d'objet tout simple­ment. Les faits sont reconnus, classés, donc il est bien connu que ça peut arriver, mais jamais personne n'a expliqué pour­quoi ça se produit, pourquoi une analyse dans ses premiers moments peut déclencher une psychose; c'est évidemment à la fois fonction des dispositions du sujet, comme on le fait toujours remarquer, mais aussi d'une certaine façon de manier l'analyse.

je crois aujourd'hui n'avoir pu faire autre chose que de vous apporter l'introduction à l'intérêt de ce que nous allons faire, l'imagination au fait qu'il est pour nous un point de vue de l'élaboration notionnelle, de la purification des notions, de leur mise en exercice, et du même coup de notre formation à une analyse. Il est utile de nous occuper de ce champ, quelque ingrat et aride que puisse être la paranoïa. je crois avoir également du même coup rempli mon pro­gramme, c'est-à-dire mon titre d'aujourd'hui, et vous avoir indiqué aussi quelques incidences tout à fait précises, cette élaboration notionnelle avec ce qu'elle comporte pour nous de formation, au sens de rectification des perspectives, est quelque chose qui peut avoir des incidences les plus directes dans la façon dont nous penserons, ou tout au moins dont nous nous garderons de penser, ce qu'est et ce que doit être dans sa visée, l'expérience de chaque jour.

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LECON 2

23 novembre 1955
Je crois que plus on essaie de se rapprocher de l'histoire de la notion de paranoïa, plus on s'aperçoit de son caractère hautement significatif, de l'enseignement qu'on peut tirer du progrès, même en l'absence de progrès, comme vous voudrez, qui ont caractérisé le mouvement psychiatrique.

Il n'y a pas de notion en fin de compte plus paradoxale, et ce n'est pas pour rien que j'ai pris soin la dernière fois, de mettre au premier plan le terme vieux de « folie », c'est-à­-dire le terme fondamental du commun pour désigner la folie qui est restée toujours synonyme de paranoïa;

et vraiment on peut dire que dans le mot de paranoïa, les auteurs ont manifesté toute l'ambiguïté qui se traduit fondamentale­ment dans l'usage de ce terme de folie. Assurément si nous considérons l'histoire du terme, il ne date pas d'hier ni même de la naissance de la psychiatrie, et sans vouloir me livrer ici à ces sortes de déploiement d'érudition qui sont beaucoup trop faciles, je peux vous rappeler quand même que la référence au terme de la folie fait partie depuis tou­jours du langage de la sagesse ou de ce qui est prétendu tel, et que c'est déjà une certaine date historique que ce fameux « Éloge de la folie ».
Cette sorte de mise en valeur de la folie est quelque chose d'identique au comportement humain normal, encore que le

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- p.25, L.1

Plus on étudie l'histoire de la notion de paranoïa, plus elle apparaît significative...
mot à cette époque ne soit pas en usage, c'est quelque chose qui garde tout son prix. Simplement dirons-nous que ce qui était dit à ce moment-là dans le langage des philosophes, de philosophe à philosophe, on parlait de la sagesse en parlant de la folie, et avec le temps, ça finit par être pris tout à fait au sérieux, au pied de la lettre. Le tournant se fait avec Pascal, avec tout l'accent du grave et du médité, que sans doute il y a une folie nécessaire, que ce serait fou, par un autre tour de folie, que de ne pas être fou de la folie de tout le monde.

Ces rappels ne sont pas complètement inutiles à voir le danger des paradoxes implicites déjà inclus dans les pré­mices, qu'il y a à essayer. On peut dire que jusqu'à Freud, on ramenait la folie à un certain nombre de comportements, de patterns, cependant que d'autres, par ces patterns, pen­saient aussi juger le comportement de tout le monde. En fin de compte, la différence, pattern pour pattern, ne paraît pas immédiatement sauter aux yeux, et le point d'accent n'a jamais tout à fait été mis sur ce qui permet de faire l'image de ce qui est une conduite normale, voire compréhensible, et de situer la conduite proprement paranoïaque. C'est bien ainsi en effet que les choses évoluaient à travers l'histoire de cette paranoïa, et ceci d'une façon plus ou moins accentuée, puisque après que Kraepelin soit resté attaché très long­temps à cette notion tout à fait vaste et en somme liée à cette sorte de sensibilité qui fait que en gros, l'homme qui a la pra­tique sait reconnaître que cet espèce de don, de sens, ce qu'on appelle l'indice naturel, qui est le véritable don médi­cal, certaine façon de voir quel est l'indice qui découpe bien la réalité.

Restons là au niveau des définitions. Le découpage de la paranoïa était incontestablement plus large et beaucoup plus vaste pendant tout le XIXe siècle, qu'il ne l'a été à partir d'un certain moment qui correspond à la fin du siècle dernier, c'est-à-dire vers 1899, à l'époque de la quatrième ou cin­quième édition de Kraepelin; et c'est en 1899 seulement que Kraepelin introduit une subdivision plus réduite à l'inté­rieur de ce cadre assez vaste qu'étaient les paranoïas, et qui

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p. 25, L.17

... de philosophe à philo­sophe, ...

en somme recouvrait jusque-là ce qu'il y a, à partir de cette réduction, ramené vers le cadre de la démence précoce, en en faisant le secteur paranoïde, et alors il amène une définition assez intéressante de la paranoïa, qui se distingue des autres modes de délires paranoïaques jusque-là pris dans cette vaste classe de la paranoïa« La paranoïa se distingue des autres parce qu'elle se caractérise par le développement insidieux de causes internes, et selon une évolution continue d'un système déli­rant, durable et impossible à ébranler, et qui s'installe avec une conservation complète de la clarté et de l'ordre dans la pensée, le vouloir et l'action. »Définition dont on peut dire que sous la plume d'un clini­cien aussi éminent que Kraepelin, elle contredit point par point toutes les données de la clinique, c'est-à-dire que rien là-dedans n'est vrai. Le développement n'est pas insidieux, il y a toujours des poussées, des phases. Il me semble, mais je n'en suis pas absolument sûr, que c'est moi qui ait introduit la notion de moment fécond; ce moment fécond est toujours sensible, il y a toujours au début d'une paranoïa, quelque chose qui est une rupture dans ce qu'il appelle plus tard l'évo­lution continue d'un délire sous la dépendance de causes internes. Il est absolument manifeste qu'on ne peut pas limi­ter l'évolution d'une paranoïa aux causes internes, et il suffit de passer au chapitre étiologique sous la plume du même auteur et des auteurs contemporains, c'est-à-dire Sérieux et Capgras qui ont fait cinq années plus tard leur travail, pour que justement quand on cherche les causes déclenchantes d'une paranoïa, on fasse toujours état de quelque chose avec le point d'interrogation nécessaire, mais d'une crise, d'un élé­ment émotionnel dans la vie du sujet, d'une crise vitale, on cherchera toujours quelque chose qui bel et bien se rappor­tera aux relations externes du sujet. Il serait bien étonnant qu'on ne soit pas amené à faire état dans un délire qui se carac­térise essentiellement comme un délire de rapports, délire de relations - terme qui n'est pas de Kretschmer, mais qui a été inventé par Wernicke - de causes externes.

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« L'évolution continue, système délirant durable et impossible à ébranler. » - Il n'y a rien de plus faux. Il est tout à fait manifeste dans la moindre observation de paranoïa, que le système délirant varie. Qu'on l'ait ébranlé ou pas la question me paraît secondaire. Il s'agit bien en effet de quelque chose qui a un certain rapport avec une interpsy­chologie avec les interventions de l'extérieur, avec le main­tien d'un certain ordre dans le monde autour d'une paranoïa dont il est bien loin de ne pas tenir compte, et qu'il cherche au cours de l'évolution de son délire, de faire entrer en com­position avec son délire, « qui s'instaure avec une conserva­tion complète de la clarté et de l'ordre dans la pensée, le vouloir et l'action ». Bien sûr, c'est même là ce qui va être le plus frappant, c'est qu'il s'agit de savoir ce qu'on appelle clarté et ordre et si ce quelque chose qui mérite ce nom peut être retrouvé dans l'exposé que le sujet fait de son délire, c'est quelque chose qui est loin d'être le moins intéressant dans les cas de paranoïa, encore faut-il qu'il n'y ait là qu'une caractérisation tout à fait approximative, qui est bien de nature à nous faire mettre en cause la notion de clarté et la notion d'ordre, à son propos.

Quant « à la pensée, le vouloir et l'action », c'est bien de cela qu'il s'agit, nous sommes là plutôt pour essayer de défi­nir la pensée, le vouloir et l'action, en fonction d'un certain nombre de comportements concrets, au nombre desquels est le comportement de la folie, plutôt que de partir de cette pensée, de ce vouloir et de cette action, qui nous emmènent dans une psychologie académique qui nous paraît devoir être remise sur le métier avant de faire l'objet de concepts suffisamment rigoureux pour pouvoir être échangés, au moins au niveau de notre expérience.

Je crois que l'ambiguïté de tout ce progrès autour de la notion de paranoïa, est lié à bien des choses, bien entendu à une insuffisante peut-être subdivision clinique, et je pense qu'il y a ici, parmi les psychiatres, suffisamment de connaissance des différents types cliniques, pour savoir que par exemple ça n'est pas du tout la même chose un délire

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d'interprétation et un délire de revendication, et la structure des deux formes de délires est très suffisamment différenciée pour poser justement les problèmes de ce qui fait qu'un délire est un délire d'interprétation, ou un autre, n'est pas un délire de revendication. je crois que ce n'est néanmoins pas dans le sens, d'abord d'une sorte d'éparpillement, pulvéru­lence des types cliniques, qu'il faut s'orienter pour com­prendre où est vraiment situé le problème; la différence en d'autres termes, entre les psychoses paranoïaques et les psy­choses passionnelles, encore qu'elle ait été admirablement mise en valeur par les travaux de mon maître Clérambault dont j'ai commencé la dernière fois de vous indiquer la fonc­tion, le rôle, la personnalité et la doctrine, n'était peut-être pas à situer tout à fait de la façon massive comme on le fai­sait tout d'abord, et que c'est précisément dans l'ordre des « distinctions psychologiques » que son couvre prend la por­tée la plus grande; nous aurons à le montrer plus en détail à un prochain séminaire. je crois que malgré tout, il y a tout intérêt à voir que le problème qui se pose à nous, se situe au niveau de l'ensemble du cadre de la paranoïa, et que le rôle essentiel de cette difficulté, d'abord qui donne vraiment le sentiment qu'un siècle de clinique n'a fait que déraper à tout instant autour du problème, à savoir qu'à chaque fois qu'elle s'avançait un peu dans son approfondissement, elle perdait aussitôt le terrain conquis, je dirais par la façon même de conceptualiser ce qui était immédiatement sensible et tou­chable au cœur des observations, car nulle part n'est plus manifeste la contradiction qu'il y a entre l'observation même simplement lue, et la théorisation; on peut presque dire qu'il n'y a pas de discours de la folie plus manifeste et plus sensible que celui des psychiatres, précisément sur ce sujet de la paranoïa.

Il y a quelque chose qui me paraît être tout à fait du ressort du problème et que nous approcherons par la voie suivante: si vous lisez par exemple le travail que j'ai fait sur la psychose paranoïaque, vous verrez que j'y mets l'accent pour essayer de reprendre l'analyse clinique au point qui

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p. 27,l. 29

... un délire de revendi­cation*
*référence implicite à de Clérambault qui est sautée.

LES PSYCHOSES
est vraiment un nerf du problème, l'accent que j'y mets sur ce que j'appelle les phénomènes élémentaires, j'emprunte ce terme et intentionnellement à mon maître Clérambault, et en centrant précisément sur les phénomènes élémentaires, j'essaie de démontrer le caractère radicalement différent qu'il y a entre ces phénomènes, et quoi que ce soit qui puisse être déduit de ce qu'il appelle la déduction idéique, c'est-à­-dire de ce qui est compréhensible pour tout le monde. En fait ces phénomènes ne sont pas plus élémentaires que ce qui est sous-jacent à l'ensemble de la construction d'un délire; dès cette époque, je n'ai pas souligné avec moins de fermeté le fait que ce phénomène n'est pas plus élémentaire que n'est par rapport à une plante, la feuille où se verra un certain détail de la façon dont s'imbriquent et s'insèrent les ner­vures, il y a quelque chose de commun à toute la plante qui se reproduit ou se masque dans certaines des formes qui composent sa totalité. Et j'insiste très précisément sur ce qui est du délire, des structures analogues se retrouvent, soit qu'on considère les choses au niveau de la composition, de la motivation, de la thématisation du délire lui-même ou au niveau du phénomène élémentaire, autrement dit que c'est la même force structurante si on peut s'exprimer ainsi qui se retrouve, qu'on le considère dans une de ses parties ou dans sa totalité. L'important du phénomène élémentaire n'est donc pas là comme quelque chose qui serait une espèce de noyau initial, de point parasitaire, comme s'exprimait Clérambault, à l'intérieur de la personnalité, et autour duquel le sujet ferait une sorte de construction, de réaction fibreuse destinée à l'enkyster en l'enveloppant, en même temps à l'intégrer, c'est-à-dire à l'expliquer comme on dit le plus souvent. Le délire n'est pas détruit*, il en reproduit la même force constituante, il est, le délire lui aussi, un phéno­mène élémentaire, c'est-à-dire que la notion d'élémentaire est là à ne pas prendre autrement que pour une notion

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*C'est la rectification du rédacteur qui est correcte.
p. 28, L. 6

[... J'y mets l'accent] sur ce que j'appelle, empruntant le terme à mon maître Clérambault...

p. 28, L. 29

Le délire n'est pas déduit...
directe d'utilité, c'est-à-dire d'une structure qui précisé­ment est différenciée, irréductible à autre chose qu'à elle­-même, qui se définit comme structure.

je crois que ce qui fait que ce ressort de la structure a été si profondément méconnu, que tout le discours dont je par­lais tout à l'heure, autour de la paranoïa, est quelque chose qui toujours garde ce caractère de pouvoir - c'est une épreuve que vous pouvez faire au cours de la lecture de Freud, et de presque tous les auteurs, vous y trouverez tou­jours des pages entières, quelquefois des chapitres entiers, extrayez-les de leur contexte, lisez-les à haute voix, et vous y trouverez les plus merveilleux développements concer­nant le comportement très précisément de tout le monde. Il s'en faut de peu que ce que je vous ai lu tout à l'heure sur le sujet de la définition de la paranoïa par Kraepelin, ne soit la définition du comportement normal, mais vous y retrou­verez ce paradoxe sans cesse, et même dans les auteurs analystes, quand précisément ils se mettent sur le plan de ce que j'appelais tout à l'heure le pattern, terme d'un avène­ment récent dans sa dominance, dans la théorie analytique, mais qui n'était pas moins là en puissance depuis très très longtemps.

je relisais par exemple pour préparer cet entretien, un article déjà ancien - environ 1908 - d'Abraham, qui concerne la démence précoce: il est appelé à parler de la rela­tion du dément précoce avec les objets. Il dit: regardez ce dément précoce, le voilà qui pendant des mois et des mois a entassé pierre sur pierre - il s'agit de cailloux vulgaires qui sont affectés pour lui du plus grand bien. Il est dans la voie de. nous. expliquer l'inaffectivité du sujet qui trouve une valeur sur-affective à garder des objets qui sont collection­nés, sur-valorisés; voilà donc où va ce mal qu'est l'inaffecti­vité du sujet, c'est qu'à force d'entasser sur la planche elle craque, grand fracas dans la chambre, on balaye tout. Et voilà bien un paradoxe nous dit Abraham : ce personnage qui semblait accorder tellement d'importance à ces objets, ne fait pas la moindre attention à ce qui se passe, ni la

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moindre protestation à l'évacuation générale des objets de son attention et de ses désirs, simplement il recommence, il va en accumuler d'autres.

Il est bien évident qu'il s'agit là de la démence précoce, mais que présenté sous cette forme, ce petit apologue a un caractère manifestement humain, qu'on aimerait en faire une fable et montrer que c'est ce que nous faisons tout le temps, je dirais même plus: ce pouvoir d'accumuler une foule de choses qui sont pour nous sans aucune valeur, et de les voir passer du jour au lendemain par pertes et profits, et tout simplement de recommencer, c'est même un très bon signe. Si on restait attaché à ce qu'on perd, c'est à ce moment-là qu'on pourrait dire: il y a une survalorisation d'objets dont la perte ou la frustration ne peut pas être sup­portée par le sujet.

L'ambiguïté totale de ces ressorts prétendus démonstra­tifs dans la description est quelque chose dont on se demande comment l'illusion peut même être un seul instant conservée, sinon par je ne sais quoi que nous pourrions vrai­ment caractériser comme une sorte d'obnubilation du sens critique qui semble saisir l'ensemble des lecteurs à partir du moment où l'on ouvre un ouvrage technique, et tout spé­cialement de la technique de notre expérience et de notre profession.

Cette remarque que je vous ai faite la dernière fois, à quel point le terme « compréhensible » est quelque chose de complètement fuyant et qui se dérobe, on est surpris qu'on ne la pose pas comme une espèce de leçon primordiale, de formulation obligée à l'entrée d'un seuil. Commencez par ne pas croire que vous comprenez, partez de l'idée du mal­entendu fondamental, c'est là une disposition première, faute de quoi il n'y a véritablement aucune raison pour que vous ne compreniez pas tout et n'importe quoi. Un auteur vous donne tel comportement comme signe d'inaffectivité dans un certain contexte, ailleurs ce serait au contraire excessivement valorisé que le personnage puisse recommen­cer son oeuvre après simplement en avoir accusé la perte. Il

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y a perpétuellement une sorte d'appel à des notions consi­dérée comme reçues, fondamentales, alors qu'elles ne le sont d'aucune façon et, pour tout dire c'est là que je veux en venir. cette difficulté d'aborder le problème de la paranoïa, est très précisément à saisir que la paranoïa se situe juste­ment sur ce plan de la compréhension,
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