Conseils en matière d’alimentation à donner au cours des différentes phases de la maladie





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date de publication17.10.2016
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ALIMENTATION ET CANCER.

Comment s’alimenter pendant les traitements


Introduction
L’alimentation est un des éléments attractifs de l’existence mais aussi un des facteurs essentiels pour se maintenir en bonne santé. Pourtant, à cause de la maladie cancer ou de son traitement, il est souvent difficile de continuer à s’alimenter de façon équilibrée et plus encore d’y trouver du plaisir.

Si le cancer en lui-même n’impose généralement aucune précaution alimentaire précise, certains traitements chimiothérapiques, radiothérapiques ou chirurgicaux comme l’ablation de l’estomac, peuvent avoir des conséquences sur l’appétit et la digestion, ces traitements peuvent agir également sur la perception du goût.

Un état nutritionnel satisfaisant permet de réduire ces complications. Aussi, une prise en charge nutritionnelle précoce doit être d’emblée envisagée dans le protocole de soins.

  • nombre de patients traités pour cancer /an (nombre de patients traités par chimiothérapie, par radiothérapie, par l’association des 2)

  • Absence de formation durant le cursus universitaire et pourtant tous les généralistes sont confrontés un jour à ce type de situation.


L’objectif de cet atelier est de pouvoir être en mesure d’apporter des réponses à des situations concrètes.


1ère partie
Conseils en matière d’alimentation à donner au cours des différentes phases de la maladie


  • Dans quels types de cancers la tumeur peut-elle impliquer des précautions alimentaires ?

  • Conseils à donner en fonction des traitements :


Diapo 1 : « Conseils alimentaires après chirurgie »
- de la sphère ORL :

Intervention au niveau de la cavité buccale, du pharynx ou de l’œsophage :

L’absorption des aliments solides est difficile durant les premières semaines. La texture de votre alimentation devra sans doute être modifiée. Vous serez peut-être alimenté(e) sous forme liquide au début, puis vous devrez hacher la viande, réduire les légumes en purée, prendre les fruits en compote avec retour plus ou moins rapide vers une alimentation normale.


- gastrique :

L’estomac est une poche où la nourriture absorbée séjourne plusieurs heures afin de subir les premiers temps de la digestion. Si cette poche est enlevée ou très réduite, vous devrez suivre un régime pauvre en fibres et faire plusieurs petits repas dans la journée.
- du colon :

Le côlon est le gros intestin chargé, d’une part de la fin de la digestion, surtout des fibres, et d’autre part de l’absorption de certains constituants et surtout de l’eau. C’est dans le côlon que se forment les matières fécales. En cas de colostomie, le régime sera adapté en fonction de votre transit intestinal pour éviter diarrhée et constipation.
Diapo 2a « Conseils alimentaires en cours de traitement par radiothérapie »
La radiothérapie provoque une inflammation des tissus irradiés, qui entraîne des réactions variables suivant la région traitée.


Sur la région cervicale :

La gorge, le pharynx, l’œsophage sont irrités. Vous éprouvez des difficultés à avaler les aliments solides. Vous avez des difficultés à mastiquer, à avaler, votre goût est modifié.

● Faites plusieurs petits repas au cours de la journée.

● Prenez des aliments faciles à avaler comme des potages (enrichis si vous avez peu d’appétit), des filets de poisson sans arête, des œufs brouillés, des laitages, des glaces, etc.

● Modifiez la texture de vos aliments :

- Hachez la viande, ajoutez-y du jus, de la sauce.

- Préparez les légumes en purée, ajoutez-y du beurre ou de la crème fraîche.

- Cuisez les fruits et faites des compotes que vous pourrez mélanger à de la crème fraîche

ou du fromage blanc par exemple, pour les rendre plus douces.

- Des plats complets mixés prêts à consommer existent, n’hésitez pas à demander conseil

pour vous en procurer.

● Evitez toute cuisine épicée.
Diapo2b « Conseils alimentaires en cours de traitement par radiothérapie »
Sur la région thoracique :

L’œsophage est irrité, ce qui entraîne une certaine gêne à la déglutition. Les conseils

sont les mêmes que les précédents.
Sur l’abdomen :

L’abdomen contient tous les organes de la digestion, notamment l’estomac et l’intestin. Des

douleurs abdominales, des nausées, et parfois la diarrhée, peuvent survenir durant toute l’

irradiation.

Votre alimentation sera pauvre en fibres, anti-diarrhéique.
Sur le petit bassin :

Si vous avez des douleurs abdominales ou des troubles digestifs (diarrhée), votre

alimentation sera pauvre en fibres et anti-diarrhéique.

Diapo 3 « conseils après une radiothérapie »
Malgré l’arrêt du traitement, vous constatez que l’absence de salive persiste, que votre bouche est sèche et que vous avez du mal à avaler.

Sachez que les rayons assèchent les glandes salivaires.

● Buvez régulièrement et très souvent, par petites gorgées. N’oubliez pas d’emmener une

bouteille d’eau avec vous quand vous vous déplacez.

● Pour manger plus facilement, si vous n’avez pas de salive, n’hésitez pas à ajouter à vos aliments de la sauce, de la mayonnaise, du beurre, de la crème fraîche (sauf contre-indication : cholestérol élevé ou autre). Ils seront plus faciles à avaler.

● Demandez à votre médecin qu’il vous prescrive une salive artificielle, à utiliser en vaporisation (spécialité vendue en pharmacie).



Diapo 4 «  Alimentation et chimiothérapie »
Vous pouvez éprouver, durant quelques jours, une perte d’appétit, une perturbation du goût ou de l’odorat, des nausées ou des vomissements.

● Durant la chimiothérapie, ne vous forcez pas à manger. Essayez de vous alimenter légèrement dans les heures qui précèdent la perfusion.

● Le petit déjeuner est généralement le repas qui passe le mieux. Entre vos cures, si vous le pouvez, efforcez vous de prendre un petit déjeuner plus copieux en ajoutant un jus de fruit, un yaourt, des céréales, un laitage ou un fromage.

● Si les vomissements sont abondants, demandez à votre médecin des médicaments anti-vomitifs, de préférence sous forme de suppositoires.

Veillez à vous réhydrater (boissons fraîches, bouillon salé, coca-cola, etc).
En dépit des précautions que l’on vous aura conseillées (bains de bouche), il est fréquent que surviennent des aphtes buccaux, une mucite buccale, pharyngée ou oesophagienne.
● Suivez scrupuleusement les soins locaux et généraux conseillés par l’équipe soignante.

● Pour votre alimentation, évitez les aliments acides, les mets épicés et pimentés ; diminuez le sel et le sucre qui risquent de vous irriter ; alimentez-vous sous forme liquide et froide (à base de lait, laitages, potages froids, glaces) ; ayez recours aux compléments nutritionnels en demandant à votre médecin de vous les prescrire (potages, crèmes, boissons lactées, jus de fruits).

2ème partie
Réponses pratiques aux situations cliniques les plus fréquentes (sous forme de diaporama)


Diapo 5 «  Je n’ai plus d’appétit » :

Certains médicaments, la douleur, l’anxiété ou la maladie elle-même affectent l’appétit. Ne pas manger entraîne la perte d’appétit, c’est un cercle vicieux. Dans ce cas, il est préférable de manger 6 à 8 fois par jour de petites quantités d’aliments, de préférence riches en calories sous un faible volume :

● des aliments salés : dés de jambon, de fromage ou crème de gruyère, rondelles de saucisson, chips, gâteaux apéritifs salés…,

● des aliments sucrés : flan, gâteau de semoule ou de riz, glace, fromage frais, yaourt, petits suisses, fromage blanc, fruits secs, compote, céréales au lait, barre de céréales…,

● mangez les aliments que vous aimez,

● pensez à relever les plats : citron, herbes aromatiques (persil, ciboulette, basilic…),

● évitez de manger seul,

● pratiquez un exercice physique modéré comme la marche, cela vous ouvrira peut-être l’appétit,

● pour les fumeurs, l’arrêt du tabac ouvre l’appétit !

● pensez à rincer régulièrement votre bouche : une boisson gazeuse acidulée peut aider à mieux apprécier les aliments,

● et si possible éloignez le temps du repas de celui des traitements.
Diapo 6 «  J’ai perdu du poids  » 
Pour ne pas maigrir, l’organisme a besoin chaque jour d’énergie apportée par les calories alimentaires.

Pour que les calories supplémentaires ne vous semblent pas impossibles à avaler, utilisez les conseils ci-dessous :
Comment augmenter la valeur énergétique de votre alimentation ?

L’énergie (mesurée en calories) provient essentiellement des graisses et des sucres. Pendant les traitements, l’organisme a besoin de plus d’énergie que d’habitude. Si vous ne lui en apportez pas suffisamment, il utilisera ses propres réserves : cela se traduira par une perte de poids et vous affaiblira.

Quelques exemples de bonnes sources d’énergie :
Les matières grasses :

● beurre, sur le pain, les légumes, les purées, les potages, les sauces,

● crème fraîche, avec les légumes, les potages, les purées,

● chantilly sur les fruits cuits, les glaces, le café…,

● mayonnaise, dans les salades de thon et sur les poissons frais (elle contient plus de calories que la vinaigrette).
Les aliments riches en graisse :

● chips, rondelles de saucisson, lardons, fromage à plus de 50% de matières grasses, fruits oléagineux (cacahuètes, noix, amandes, poudre d’amandes, noix de coco râpée…).
Les aliments riches en sucre :

● sucre, miel, confiture, chocolat, caramel…

● entremets (crèmes glacées, desserts lactés, clafoutis, gâteaux de riz…).
Diapo 7 «   Place des compléments nutritionnels » 
Actuellement, il existe une grande variété de produits pour compléter l’alimentation :

● boissons lactées aromatisées à divers parfums, riches en protides et en calories,

● crèmes desserts,

● potages,

● jus de fruits.

Ces produits peuvent être remboursés s’ils sont prescrits par un médecin. Ils sont alors pris en charge par la sécurité sociale sur la base du prix LPPR ( liste des produits et des prestations remboursables) (prix indiqué sur la vignette).

Vous les trouverez en pharmacie, mais attention : le prix des produits varie en fonction des pharmacies. Dans certains cas, pour des produits identiques, vous n’aurez rien à payer et dans d’autres cas, vous devrez régler un supplément (le prix prévu par le pharmacien est parfois supérieur au LPPR). Il existe aussi certains produits qui bénéficient d’un remboursement à 100%.

Certains prestataires de service peuvent également vous fournir ces produits (avec ou sans frais de port, selon les quantités demandées). Demandez la liste et les coordonnées des prestataires de service à votre pharmacien ou à votre médecin.
A quel moment les consommer ?

● Pour ne pas couper l’appétit au moment du repas, ils doivent être consommés 2h avant ou en fin de repas, en remplacement d’un dessert ordinaire.
Ce sont des produits concentrés : il faut les boire par petites gorgées ou les manger lentement par petites bouchées et de préférence les consommer frais.
Mais vous pouvez aussi :

● les tiédir au micro-ondes (1 mn maximum, opercule ôté),

● les transformer en crème ou en glace,

● les épaissir avec une poudre (maïzena…),

● aromatiser différemment ceux qui sont à la vanille en ajoutant des sirops de fruits, du caramel, café, chocolat en poudre, cannelle…
Comment augmenter la teneur en protéines de votre alimentation.

L’organisme a besoin de protéines pour cicatriser après une intervention chirurgicale, réparer les tissus après une radiothérapie ou une chimiothérapie, combattre les infections…

Dans ce cas, l’apport en protéines, source d’énergie, doit être plus importante que d’habitude.

Pour augmenter la teneur en protéine sans augmenter la quantité de nourriture, il faut enrichir les préparations culinaires et en faire un concentré nutritif :

● Ajoutez du lait en poudre au lait entier liquide (5 à 6 cuillères à soupe de poudre de lait par ½ litre de lait liquide), aux purées, aux yaourts, aux desserts lactés et aux potages.

● Buvez du lait au petit déjeuner ou mangez du fromage, ajoutez-en dans les potages, préférez les desserts lactés aux compotes de fruits.

● Enrichissez les potages, les sauces, les légumes, avec de la viande ou du jambon mixé, des jaunes d’œuf, du gruyère râpé.

● Ajoutez du blanc d’œuf battu en neige dans les compotes, les crèmes, les mousses, les soufflés.

● Ajoutez du fromage ou des œufs durs dans les salades.
Diapo 8 « Je prends du poids » :
Certains traitements, (hormonothérapie, corticothérapie) induisent une prise de poids excessive, non désirée et souvent mal vécue ou mal supportée.

● Selon votre âge, certains traitements hormonaux modifient votre statut hormonal, ce qui peut entraîner une prise de poids.

Il est donc important de surveiller votre poids et si celui-ci augmente, il est prudent de consulter une diététicienne qui pourra vous conseiller un régime adapté à vos besoins.

Si vous suivez un traitement prolongé par des dérivés de la cortisone, on vous recommandera un régime pauvre en sel, et/ou en glucides et en protéines :

● réduisez l’apport en sel et en aliments salés : charcuterie, chips, cacahuètes salées, gâteaux apéritifs, fromages, condiments, conserves, toutes les eaux minérales contenant du sodium (ex : eau de Vichy,…),

● diminuez l’apport en sucre, graisse, boissons sucrées ou alcoolisées, pâtisseries du commerce,

● ne vous resservez pas 2 fois d’un plat,

● faites 3 repas par jour et ne grignotez pas entre les repas,

● pratiquez une activité physique modérée d’1/2 heure,

● buvez au moins 2 litres d’eau par jour,

● assaisonnez vos plats avec des herbes, des aromates, du coulis de tomate sans sel.

Diapo 9 « J’ai des nausées et/ou des vomissements » 
En cours de radiothérapie ou de chimiothérapie et malgré les médicaments antiémétiques (contre les vomissements), vous pouvez avoir des nausées ou des vomissements :

● essayez d’éloigner l’alimentation des séances de traitement, l’alimentation nocturne est souvent mieux tolérée,

● même en présence de nausées, il est recommandé de manger car plus l’estomac est lesté, moins il rejette facilement les aliments,

● au petit déjeuner, supprimez le café au lait et les préparations riches en lait et remplacez-les par un thé ou un café léger et mangez un morceau de fromage type gruyère,

● préférez les aliments lisses et épais (potages épais, purée de pommes de terre ou de légumes, flan, semoule ou tapioca…) car les aliments en morceaux augmentent le brassage de l’estomac, ce qui favorise les vomissements, alors que plus les aliments sont homogènes, plus ils passent rapidement dans les intestins,

● consommez des aliments froids ou des glaces plutôt que des aliments chauds dont les odeurs peuvent déclencher des nausées,

● choisissez des aliments cuits sans graisse et ajoutez du beurre cru après cuisson car les graisses cuites restent plus longtemps dans l’estomac,

● ne consommez pas d’aliments acides (agrumes, vinaigrette…),

● buvez souvent, par petites quantités et lentement. Dans certains cas, des boissons à base de cola peuvent calmer les nausées.

Diapo 10 « J’ai une altération du goût » 
La perception de la saveur des aliments peut se trouver altérée ou modifiée par certains traitements, ce qui induit une baisse de la consommation alimentaire et une perte d’appétit.

Ceci peut être dû à une production de salive insuffisante, épaisse ou ayant mauvais goût.
Un goût désagréable dans la bouche ?

Avant le repas, faites un rinçage de bouche avec de l’eau gazeuse additionnée de jus de citron.

Les repas paraissent fades ?

Recherchez les aliments forts en goût (fromage fermentés, charcuterie, jambon fumé, poissons fumés…) et utilisez largement les herbes aromatiques (persil thym, basilic, ciboulette, ail, échalotes…), les épices et les aromates (curry, paprika…).

Les aliments semblent amers ?

Supprimez les viandes rouges et remplacez-les par des viandes blanches (volaille, lapin…) du poisson, des œufs, des quenelles, des quiches, pizzas, soufflés au fromage et des laitages…

Les aliments semblent trop salés ?

Cuisinez sans sel, évitez les aliments déjà salés par eux-mêmes (fromages, charcuterie, chips, gâteaux apéritifs, cacahuètes salées, bouillons de bœuf ou de volaille…).

Un goût métallique dans la bouche ?

Commencez le repas par un pamplemousse, mais attention aux contre-indications avec certains médicaments, vérifiez la notice.

Préférez les poissons, les œufs et les laitages aux viandes.

Préférez les féculents (pommes de terre, pates, riz) aux légumes.

Adoucissez les légumes en ajoutant de la sauce blanche (béchamel).

Un dégoût pour la viande rouge ?

On peut la remplacer par de la volaille, des œufs, du poisson, des quenelles, des quiches, de la pizza, des soufflés au fromage ou au thon, des laitages ou des fromages qui sont des aliments riches en protéines.

Les odeurs écoeurent ?

Préparez des repas froids, des salades composées, des assiettes de fromage ou de charcuterie, des sandwiches…

Ne mangez pas dans la cuisine où les odeurs de cuisson sont persistantes.

Des dégoûts alimentaires prononcés ?

Les compléments nutritifs alimentaires sont précieux pour apporter des protéines et des calories sous une forme qui ne rappellent pas les aliments.


Assurer à une personne une bouche en bon état, c’est lui permettre de communiquer, ce qui devient particulièrement difficile avec une bouche desséchée ou « sale », c’est lui permettre de s’alimenter avec le moins de difficultés possibles et lui éviter des douleurs. ( Natali F. Les soins de bouche. Médecine , mai 1996 : 11-21)

Deux critères sont essentiels pour apprécier l’état de la bouche :

- Y a-t-il de la salive ? Est-ce de la vraie salive, c’est à dire transparent, pas collante ? Si la salive est insuffisante ou si elle n’est pas de bonne qualité, on est dans le cas dune bouche sèche.

- Est-ce que les muqueuses sont roses ? Toute personne ayant un bon état buccal a des muqueuses roses ; si elles sont brunâtres ou rouge noirâtres, il s’agit d’une bouche « sale » ou mycosique.
Diapo 11 « J’ai la bouche sèche »
La muqueuse peut être sèche, mais il peut aussi persister une certaine sécrétion salivaire qui est alors épaisse, mousseuse, collant à l’abaisse langue. Pour soigner une bouche sèche ; il faut :

- Utiliser du bicarbonate, maintenant commercialisé directement sous une forme « buccale », ce qui évite de demander une préparation. Si le patient en est capable, il utilise le bicarbonate en gargarismes, sinon,on lui badigeonne l’intérieur de la bouche.

- Puis appliquer un corps gras sur la langue, l’intérieur des joues, le palais, pour remplacer le lubrifiant que ne contient plus la salive, à ce titre le Lansoyl est très simple d’utilisation. Le Bioxtra, gel humectant, peut aussi être utilisé mais après avoir vérifié que la muqueuse est rose donc sans enduit.

- Donner à boire de l’eau de Vichy, sauf si son taux élevé en sodium la contre indique, eau qui contient le plus de bicarbonate et conseiller de sucer des pastilles Vichy.

- Rappeler au patient comme aux soignants la nécessité du brossage des dents et du nettoyage de la prothèse.

- Les pulvérisations avec un brumisateur aident à l’humidification mais il faut se méfier des fausses routes possibles et toujours pulvériser en diagonale.

Les préparations commerciales de « salive artificielle » et les stimulants de la sécretion salivaire ne démontrent pas d’efficacité réelle dans ces situations.
Diapo 12 «  J’ai la bouche sale »
Si les muqueuses ne sont pas roses, cela signifie qu’elles sont recouvertes d’une pellicule ou croûte qui tapisse la muqueuse. Devant une muqueuses rouge, ou brunâtre, le premier objectif, c’est de retrouver une muqueuse rose, pour cela, il est nécessaire de « nettoyer. »

- L’ananas est efficace pour les patients conscients qui en sucent des morceaux sans avaler les fibres, en s’assurant au préalable de l’absence d’aphte.

- Le coca-cola est un excellent décapant en bains de bouche ou en application locale avec grattage de la langue.

- L’eau oxygénée (une cuillerée dans un demi-verre tiède) possède un effet mécanique de nettoyage, de détersion. On tamponne l’intérieur de la bouche, ce qui va faciliter l’ablation de la pellicule. Attention, l’eau oxygénée doit être préparée juste avant son emploi et ne s’utilise que pour le décapage ; dès que la muqueuse est redevenue rose, on revient au bicarbonate.

- Le mélange classique de bicarbonates et d’anti-fongique ne doit plus se faire, favorisant les résistances

- Les solutions alcoolisées sont à proscrire, elles ont un effet astringent qui provoquent un assèchement de la bouche ( Heron J.F. Soins de bouche. 2000. www.oncoprof.net/palliatifs). Deux solutions non alcoolisées sont utilisées : l’Alodont et le Paroex, qui ont un effet rafraîchissant pour les patients se plaignant d’avoir un mauvais goût dans la bouche.

- En cas de mycose, un antifongique est nécessaire. C’est fréquent, l’acidose buccale est habituelle chez les patients atteints de cancer favorisant la mycose.( Charbonnel S. La fin de vie à domicile : à propos de quelques situations particulières. EPU-BS, mai 2005.)

- Les aphtes, source de douleurs, peuvent être soulagés par des tamponnements à l’Ulcar ou avec un bâtonnet humide imprégné d’aspirine en poudre.

- Certaines bouches très douloureuses, notamment en cas d’ulcérations buccales en cas de radiothérapie ORL peuvent parois justifier une prémédication une heure avant les soins de bouche avec de la morphine injectable à tamponner localement. La xylocaïne visqueuse peut aussi être utilisée mais avec une grande prudence compte tenu du risque de paralysie du carrefour.
Diapo 13 «  j’ai du mal à avaler »
Les troubles de la déglutition peuvent venir de la difficulté à fermer les lèvres ou à bouger la langue pour contrôler les aliments pendant la mastication ou pour les pousser au fond de la bouche.

Ces troubles peuvent entraîner des « fausses routes » : aliments ou boissons allant dans les poumons au lieu de l’estomac, provoquant ainsi des quintes de toux ou de suffocation.

La « fausse route » est une complication grave et il est important de surveiller les signes d’alerte.

● sensation de boule dans la gorge lors de la déglutition,

● toux en avalant nourriture ou boisson,

● étouffement passager, régurgitation de salive ou d’aliment par le nez ou la bouche,

● raclement de gorge fréquent,

● voix anormalement rauque ou éraillée,

● déglutitions multiples pour un petit volume mis en bouche,

● crachements et postillons,

● adhérence des aliments au fond de la bouche ou sur un côté.
Stimuler la production de salive permet d’éviter les « fausses routes ».
Le goût des aliments, leur texture, la température, peuvent servir de stimulant pour la production de salive, la mastication et la déglutition :

● mangez des aliments fortement salés ou sucrés,

● le jus de citron, le vinaigre, les produits acidulés ou les épices peuvent aider à la reconnaissance en bouche et donc faciliter la déglutition (sauf contre indication après certains traitements),

● la température des aliments aide également à contrôler la déglutition : les aliments bien chauds ou glacés sont plus facilement identifiés et avalés que les aliments tièdes,

● faites attention à la consistance des aliments : ils doivent avoir une texture lisse et uniforme (potages épais, purée de légumes, flan, fromage blanc…). Les produits épais sont plus faciles à avaler car ils restent compacts dans la bouche, en revanche, les boissons plus fluides arrivent très rapidement dans la gorge et risquent de provoquer des « fausses routes »,

● utilisez l’eau gazeuse comme boisson car, lors de la déglutition, l’appui se fait alors sur les bulles ce qui permet de diriger correctement le liquide dans l’œsophage vers l’estomac,

● les boissons devront être épaissies à l’aide de poudre épaississante (que vous trouverez en pharmacie) jusqu’à la consistance de sirop épais ou de crème (demander conseil à la diététicienne),

● supprimez tous les aliments à base de petits morceaux (carottes râpées, petits pois, riz, maïs…) ou de gros grains (semoule de couscous…) ou qui se décomposent dans la bouche (biscotte, biscuits secs…),

● les aliments composés d’éléments de textures différentes (potage avec petites pates ou petits morceaux) sont également fortement déconseillés. Utilisez le mixage après cuisson pour rendre les aliments lisses et homogènes (légumes, viandes ou fruits). Selon la consistance désirée, ajoutez de la sauce ou du jus si c’est trop épais, ou un épaississant si c’est trop liquide. Voir avec la diététicienne pour avoir des conseils et recettes adaptés à tous vos besoins.
Ne jamais utiliser de liquide pour aider à avaler des aliments solides, car deux textures différentes dégluties en même temps majorent le risque de « fausse route ».
« Vous avez mal à la gorge quand vous avalez. Votre bouche est sèche et vous avez des aphtes » :

Pendant le traitement, peuvent apparaître des douleurs en avalant, des aphtes, une mycose buccale ou une mucite (inflammation des muqueuses de la bouche et des voies digestives) : la bouche peut devenir sèche sans salive ou la salive peut devenir épaisse et collante.

● en cas de mycose buccale : mâcher de l’ananas aide à nettoyer les muqueuses (grâce à sa structure fibreuse et à sa teneur en enzymes protéolytiques),

● en cas de mucite, choisissez des repas crémeux, onctueux, mixez les aliments et mouillez-les avec de la sauce ou de la crème ; privilégiez les aliments froids, lactés, lisses, peu sucrés et peu salés (laitages, milkshakes, glaces…),

● une cuillérée de crème fraîche ou autre matière grasse (huile, beurre, mayonnaise…) en début de repas lubrifie la bouche et aide à avaler les aliments,

● évitez les aliments durs (croûte de pain, aliments panés, fruits durs…) qui pourraient blesser,

● évitez les aliments acides (salades, vinaigrette, jus de fruits…) qui « piquent » ou laissent une sensation de brûlure,

● supprimez la pomme de terre dont les particules restent collées sur la muqueuse de la gorge et irritent,

● buvez à la paille pour limiter le contact avec la bouche,

● brossez-vous les dents souvent, notamment avant et après les repas, en utilisant une brosse à dents à soies souples,

● prenez particulièrement soin de votre bouche, des dents et des gencives en effectuant les rinçages de bouche prescrits,

● si les problèmes s’aggravent, consultez le médecin et le diététicien qui, outre des médicaments (antibiotiques, antifongiques…), vous proposeront une alimentation adaptée ou une nutrition artificielle administrée par une sonde jusqu’à ce que les troubles aient disparu.
Diapo 14 « J’ai des problèmes de transit »
Il n’est pas rare que certains traitements provoquent des diarrhées. En plus des traitements anti-diarrhéiques, il est recommandé d’avoir une alimentation adaptée :

● pour compenser les pertes d’eau et de minéraux et éviter la déshydratation, buvez fréquemment de petites quantités de liquide, de préférence salé : bouillon de légumes, eau minérale, thé, tisane, boisson à base de cola sans gaz (faire disparaître les bulles en remuant le liquide).

● choisissez des aliments « constipants » : bouillon et purée de carottes, riz et eau de cuisson du riz, banane écrasée, pomme crue râpée finement, tapioca, compote ou gelée de coing, flocons d’avoine cuits…

● diminuez les aliments riches en fibres :

− supprimez légumes et fruits crus et légumes verts cuits (épinards, haricots verts, tomates…),

− supprimez les légumes secs et les légumes flatulents (petits pois, choux, champignons, oignons),

● remplacez le lait par du lait « sans lactose »,

● évitez les fromages frais (1/2 sel, yaourt, fromage blanc, petits suisses…) et les laitages (crème, flan, œuf à la neige, glace…),

● supprimez les boissons glacées ou gazeuses et les jus de fruits crus,

● supprimez les fritures, charcuteries, sauces, graisses cuites, mayonnaise et crème fraîche,

● remplacez le pain par des biscottes, supprimez les céréales complètes,

● évitez les chewing-gums et les bonbons sans sucre qui contiennent du sorbitol qui a un effet laxatif.
« Vous souffrez de constipation ou de transit ralenti » :
La constipation peut être induite par les traitements contre la douleur ou par certaines chimiothérapies. Dans ce cas :

● préférez les aliments riches en fibres comme les légumes verts et fruits crus ou cuits, les fruits secs, le pain aux céréales, les céréales complètes,

● prenez un jus de fruits à jeûn : jus de pruneaux, pomme ou raisin,

● augmentez la prise de boisson et répartissez-les tout au long de la journée (aux repas et entre les repas),

● les aliments mouillés augmentent le ballast intestinal et aident à la progression des selles dans l’intestin (courgettes, épinards hachés, salade cuite, compote de pommes ou de pruneaux),
Dans certain cas, des compressions peuvent intervenir sur l’intestin et rendre le transit plus difficile en le ralentissant : il convient de supprimer les aliments qui risquent d’obstruer l’intestin :

● évitez légumes et fruits crus et remplacez-les par des fruits cuits, des compotes ou des potages et des purées de légumes,

● privilégiez le poisson, les œufs ou la viande moulinée,

● supprimez les fruits secs, céréales et pains complets, légumes secs et flatulents (petits pois, choux, lentilles, champignons, oignons, salsifis…).

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