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TOXICOLOGIE DU MERCURE

JDV des 10-11-12 janvier 05


NANCY

Dr Sylvie BETTING

Dr Brigitte Van DEN ABBEELE

SOMMAIRE




TOXICOLOGIE DU MERCURE 1

SOMMAIRE 2

1- CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES : 3

2- EXPOSITION EXTRA-PROFESSIONNELLE : 4

A-L’eau contaminée  4

B- Semences empoisonnées 4

C- Thermomètres au mercure : 5

D- Les amalgames dentaires  5

3- EXPOSITION PROFESSIONNELLE : 6

4- REGLEMENTATION : 7

5- LE METABOLISME : 7

6- LA TOXICITE 9

7- LA METROLOGIE ET LA BIOMETROLOGIE 13

8- LA CLASSIFICATION ET L’ETIQUETAGE 14

A. Le mercure et ses composés minéraux 14

9- LES RECOMMANDATIONS 15

10- LA REPARATION 17

BIBLIOGRAPHIE : 18

1- CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES :




Connu depuis l’antiquité, les alchimistes l’appelaient le «  vif-argent « et le représentaient par le symbole de la planète Mercure d’où son nom. Son symbole Hg vient du latin hydrargyrum qui signifie argent liquide.

  • C’est le seul métal liquide à température ambiante. Il se divise par l’agitation en fines gouttelettes. C’est aussi le seul métal dont la température d’ébullition est inférieure à 650° (357°) Comme il prend de l’expansion ou se contracte selon la température, il est utilisé dans les instruments de mesure :thermomètres, tensiomètres…

  • Il se caractérise par une extrême volatilité, il émet des vapeurs, passant de la forme liquide à gazeuse, à la température ordinaire. Les vapeurs sont toxiques.

  • C’est un métal qui se combine très facilement avec d’autres molécules, que ce soit des métaux, ces alliages forment des amalgames, des molécules inorganiques pour former des sels, ou avec une molécule contenant du carbone pour former un dérivé organique.

  • Il est toxique. Sa toxicité vient de sa volatilité (il peut être respiré), de sa relative solubilité dans l’eau et la graisse (il sera facilement transporté dans le corps), de sa capacité à se lier à d’autres molécules.

  • Le mercure a une grande capacité à se transformer, en fonction de l’acidité du milieu, il va s’oxyder ou se combiner avec des molécules contenant du soufre ou du chlore (sels de mercure).En milieu aqueux, se produit une méthylation (mercure organique) qui donne un méthylmercure CH3-Hg. Ce méthylmercure est très toxique et est retrouvé dans les eaux polluées, et contamine le milieu aquatique.




2- EXPOSITION EXTRA-PROFESSIONNELLE :




  1. L’eau contaminée 



Le mercure est un polluant de l’environnement, provenant de rejets industriels. Dans l’eau des océans, il est méthylé par les microorganismes et transformé en méthylmercure qui s’accumule dans la chair des poissons et est ensuite ingéré par l’homme qui se contamine en le consommant. Les daurades, espadons, thons, requins sont particulièrement concernés. Un poisson contaminé pourra contenir jusqu’à 100 000 fois la concentration de l’eau environnante, c’est la bioaccumulation. Normalement, l’eau potable doit contenir moins de 1 µg/l.
On peut citer la catastrophe de Minamata au Japon entre 1953 et 1956 : une usine chimique produisant du chlorure de vinyle utilisait du chlorure et sulfate de mercure comme catalyseur. Les rejets de l’usine ont contaminés l’eau de la baie de Minamata, et les poissons consommés par les populations locales de pêcheurs. Il y a eu des centaines de morts, et de nombreuses personnes atteintes de pathologies surtout neurologiques et de malformations fœtales.

B- Semences empoisonnées



A partir de 1890 ont été utilisés des composés organo-mercuriels qui permettaient une meilleure conservation des semences de céréales. Cette pratique s’est généralisée à partir de 1915 et a donné de nombreuses intoxications suite à la consommation de pains fabriqués avec des grains contaminés. (Irak en 1971 : 459 morts) Ces produits ont été interdits en Europe de l’Ouest depuis 1982

.

C- Thermomètres au mercure :



Ces instruments de mesure sont interdits en France depuis 1999.

D- Les amalgames dentaires 



Le mercure est utilisé pour la fabrication des amalgames dentaires que l’on nomme « plombages «, et qui seraient à l’origine d’une imprégnation excessive du mercure de l’organisme. Les études montrent des divergences d’appréciations entre les experts.

3- EXPOSITION PROFESSIONNELLE :



Actuellement, le mercure est surtout utilisé dans trois domaines d’applications industrielles :

Dans l’industrie chimique, électrique, fabrication d’instruments de mesure.


  • dans l’industrie chimique : il est utilisé dans la production du chlore et de la soude.

Dans l’industrie pharmaceutique, on l’utilise comme antiseptique externe (mercurochrome), comme laxatif…
- dans l’industrie électrique : il est utilisé comme constituant de piles, lampes, tubes

fluorescents, enseignes lumineuses,…
- dans la fabrication d’instruments de mesure et de laboratoire : thermomètres,

baromètres.…
En dentisterie, il sert à la préparation d’amalgames dentaires.
En joaillerie, on l’utilise pour la séparation de l’or et de l’argent.

Pigment pour la peinture connu depuis l’antiquité, le sulfure mercurique (cinabre) est encore utilisé pour les matières plastiques, le papier, la cire.

Fabrication des chapeaux en feutre : le nitrate mercureux était utilisé pour agglomérer les poils dans les opérations de feutrage. L’auteur d’ « Alice au pays des merveilles » se serait inspiré pour le personnage du chapelier fou du tableau d’intoxication chronique appelé hydrargyrisme.

4- REGLEMENTATION :



Aucun pays d’Europe n’a formellement interdit l’amalgame dentaire mais des limitations d’usage commencent à se mettre en place.

Sur l’environnement, du fait de la gravité des effets du mercure sur la santé et sur la contamination de l’environnement, des réglementations ont été adoptées à différents niveaux : national, européen, international, mondial (OMS).
Jusqu’en 1998, seuls quatre pays Européens avaient pris des dispositions pour limiter l’utilisation de l’amalgame dentaire. Il s’agit de l’Autriche, de l’Allemagne, de la Suède, du Danemark. En France, l’Arrêté du 30 mars 1998 réglemente seulement les rejets d’amalgame en imposant aux cabinets dentaires de se doter d’un séparateur pour récupérer les déchets d’amalgame. Puis la décision de l’AFSSAPS du 14 décembre 2000 a imposé d’utiliser les amalgames sous forme de capsules pré dosées.
L’implication des pays européens pour préserver l’environnement fait que l’on compte une trentaine de directives et règlements pour limiter l’utilisation et les rejets de mercure.

L’OMS intervient en formulant des recommandations : aucune ne concerne l’amalgame dentaire mais de nombreux textes concernent la concentration du mercure dans l’air ambiant, le milieu professionnel, l’eau potable, les poissons…

5- LE METABOLISME :

A- ABSORPTION : pulmonaire, cutanée, digestive.



En milieu professionnel, la principale voie d’entrée du mercure métallique est la voie pulmonaire suite à l’inhalation de vapeurs. En effet, le mercure s’évapore à la température ambiante. Un mètre cube d’air saturé par des vapeurs de mercure contient 15 mg de mercure à 20°C, à 40°C il en contient 68mg/m3. 80 % des vapeurs inhalées sont absorbées au niveau alvéolaire, et passent rapidement la membrane alvéolo-capillaire grâce à leur liposolubilité.

La voie cutanée est possible pour le mercure métal et les composés inorganiques. On a décrit des intoxications liées à l’application de crèmes ou de savons contenant du mercure inorganique.

La voie digestive : concerne la population générale qui peut absorber des aliments contaminés comme des poissons. Le mercure métal est peu absorbé, les sels mercuriques sont également peu absorbés, mais l’absorption est presque totale pour les dérivés organiques.

B- TRANSPORT et ELIMINATION



Le transport du mercure métal est effectué au 2/3 par les globules rouges et pour 1/3 par

Le plasma, la distribution dans les organes est très rapide : 10 mn après la fin de l’exposition, 30 % du mercure reste dans les poumons. L’accumulation se fait surtout dans les reins et le foie, et 1% se retrouve dans le cerveau. L’élimination se fait par l’air expiré, par les urines, les selles dans les 3 jours qui suivent. La demi-vie est de 58 jours pour l’ensemble du corps, elle est de plusieurs années pour le cerveau.

Pour les composés inorganiques, la distribution prédomine au niveau du rein, surtout au niveau du tube contourné proximal et l’anse de Henlé. L’absorption digestive peut atteindre 15%, très peu au niveau du cerveau. La demi-vie est de 40 jours.

Pour les composés organiques, l’absorption digestive est importante (80 à 100%), l’absorption respiratoire également ( 80%), la voie cutanée est favorisée par la grande liposolubilité. Le transport se fait par voie sanguine sur les globules rouges sur les groupements thiols de l’hémoglobine. Le methylmercure s’accumule dans le système nerveux central (substance grise) grâce à sa stabilité et à sa liposolubilité il va être particulièrement toxique. L’élimination se fait pour 90% par les selles, une petite partie par la bile pour suivre le cycle entéro-hépatique et être ensuite éliminé par les urines. L’excrétion urinaire est très faible, les phanères, le lait, la salive sont des voies d’élimination mineures. La demi-vie est de 70 jours.


6- LA TOXICITE

A – L’intoxication aiguë


Elle est exceptionnelle dans l’industrie et peut être provoquée par :

Inhalation de vapeurs de mercure à fortes concentrations atmosphériques de 1 à 3 mg/m3
Cela peut survenir de façon accidentelle dans les espaces mal ventilés, lors de l’extraction du métal de son minerai ou le chauffage d’alliages à base de mercure (amalgame or mercure). Les troubles concernent :

  • L’appareil respiratoire : ils peuvent se traduire par une simple irritation trachéo – bronchique avec toux et dyspnée, accompagnée d’une hyperthermie et de frissons. Cependant, à concentration plus élevée, on peut observer une pneumopathie chimique (pneumopathie mercurique) avec toux, dyspnée et oppression thoracique. Ces symptômes surviennent quelques heures après l’exposition et évoluent vers un OPA lésionnel (œdème alvéolaire et infiltration interstitielle) dont l’évolution peut être favorable ou, dans les formes majeures, aboutir à un syndrome de détresse respiratoire aiguë et à la constitution d’une fibrose voir au décès.

  • D’autres appareils, plus rarement, avec manifestations digestives : hypersialorrhée, goût métallique, stomatite, douleurs abdominales, diarrhées, vomissements, atteinte hépatique (cytolyse), lésions cutanéo-muqueuses (érythème prurigineux scarlatiniforme), atteinte neurologique pouvant persister quelques temps après l’intoxication (céphalées, tremblements, perturbations sensorielles, motrices et cognitives, troubles de la personnalité, confusion et, quelquefois, coma convulsif) ainsi qu’une atteinte tubulaire rénale modérée.


En cas d’ingestion accidentelle de sels mercuriques et de composés organiques


  • Cela est rare et entraîne une atteinte digestive avec goût métallique dans la bouche, brûlures bucco pharyngées et oesogastriques puis douleurs abdominales avec vomissements et diarrhées sanglantes traduisant une gastro-entérite ulcéro-hémorragique due à l’action directe du produit et se complétant par des signes généraux sévères en particulier signes de déshydratation pouvant entraîner la mort par collapsus.

  • Elle entraîne également une atteinte rénale avec dégénérescence voire nécrose des tubes contournés proximaux évoluant vers une insuffisance rénale aiguë aboutissant au décès en quelques jours. De nombreux cas d’empoisonnement, suite à une ingestion de pains préparés accidentellement avec des graines de céréales destinées à des semences et traitées par des organomercuriels ont eu lieu en Irak (1956, 1960, 1972), au Pakistan (1961) et au Guatemala (1963, 1964, 1965).

L’ingestion de mercure métal est peu toxique car l’absorption digestive est négligeable.

Par voie parentérale
L’injection sous cutanée volontaire ou accidentelle de mercure entraîne des lésions locales inflammatoires. Les risques d’intoxication systémique sont rares. En cas de passage intraveineux, le métal peut se répandre dans l’organisme et causer des lésions nécrotiques. Le principal risque est constitué par l’embolisation pulmonaire qui peut être fatale.
Par contact cutané


  • Le fulminate de mercure peut provoquer une dermite avec un érythème, un prurit, des réactions pustuleuses et ulcéreuses.

  • Le mercure métal et ses sels peuvent être responsables d’allergie cutanée.

  • Les composés organiques sont responsables de lésions caustiques de type d’érythème et de brûlures.


Par contact oculaire
Les gouttes de mercure qui pénètrent accidentellement dans l’épithélium cornéen, sont éliminés rapidement sans réaction importante.

B – L’intoxication chronique


Il s’agit de la forme la plus fréquente en pathologie professionnelle et elle est le plus souvent due à une exposition prolongée à des vapeurs de mercure et / ou à des poussières de dérivés mercuriels.


  1. Avec les vapeurs de mercure et les dérivés minéraux


Une exposition prolongée à des vapeurs de mercure et / ou à des dérivés minéraux entraîne des manifestations diverses regroupées sous la dénomination d’hydrargyrisme.

  1. Atteinte du système nerveux central


Une atteinte du système nerveux central, dont le tremblement dit mercuriel, est le signe essentiel.

Une encéphalopathie d’installation insidieuse se développe avec troubles du comportement :

  • A type d’hyperexitabilité avec irritation, hyperactivité mentale, insomnie, rêves

  • Ou, au contraire, de type dépressif, avec asthénie, anxiété, angoisse, troubles de la mémoire, difficultés de concentration, diminution de la libido

Une atteinte cérébelleuse à type d’ataxie associée à un tremblement dit mercuriel peut être observée. C’est un tremblement intentionnel qui débute généralement au niveau de la face, c’est-à-dire lèvres (commissures labiales, langue), paupières puis qui s’étend aux membres supérieurs, doigts, entraînant une modification particulière de l’écriture.

Ce tremblement n’apparaît donc qu’à l’occasion du mouvement volontaire. Il augmente sous l’effet de la fatigue ou des émotions. Il progresse aux membres inférieurs.

  1. Atteinte du système nerveux périphérique


Des polynévrites sensitivomotrices ont été décrites, souvent infra cliniques, se traduisant par une diminution de la vitesse de conduction de certains nerfs à l’EMG.

  1. Atteinte rénale


Cette atteinte rénale serait plus fréquente avec les composés minéraux, sous forme d’une glomérulonéphrite extra membraneuse généralement réversible à l’arrêt de l’exposition. Elle consiste en une simple protéinurie isolée avec possibilité d’évolution vers un syndrome néphrotique, l’atteinte tubulaire étant d’origine toxique alors que l’atteinte glomérulaire résulterait d’un processus immunologique.

  1. Atteinte cutanée


Elle se traduit par :

    • Une dermatose eczématiforme de contact et / ou aéroportée

    • Une dermatose allergique.




  1. Atteinte digestive


Elle comporte :

    • Des troubles à type d’anorexie, nausées, vomissements, diarrhées (moins intenses par rapport à l’intoxication aigue).

    • Une gingivostomatite liée à l’élimination salivaire du métal et favorisée par une mauvaise hygiène bucco-dentaire

      • Au début, simple goût métallique dans la bouche

      • Hyper sialorrhée avec haleine fétide

      • Tuméfaction de l’ensemble des muqueuses buccales et gingivales avec apparition d’ulcérations douloureuses et saignantes

      • Parodontolyse avec déchaussement dentaire




  1. Atteinte oculaire


Une atteinte oculaire est observée avec des opacités ponctiformes disséminées dans le cristallin ainsi que des dépôts brunâtres au niveau de la capsule antérieure du cristallin.

  1. Atteinte du système immunitaire


Il est décrit une interférence avec le système immunitaire dont les conséquences demandent à être précisées.

  1. Avec les dérivés organiques

  • Les dérivés organomercuriels présentent la formule générale R-Hg-X dans laquelle R est un radical organique, alkyl, aryle ou alkoxyalkyl et X un anion dissociable, organique ou inorganique

  • Les propriétés dépendent principalement du radical R.

  • Ils sont utilisés comme pesticides dans l’agriculture (traitement des graines), industrie du papier, peintures, textiles, matières plastiques, préparations médicamenteuses et cosmétiques.

    a) Les dérivés arylés et alkoxyalkylés.

    Ils se dégradent rapidement en mercure inorganique. L’exposition à ces dérivés a les mêmes conséquences que l’exposition aux dérivés minéraux.



  1. Les dérivés alkylés ou méthylés.

    Si dans l’industrie, les voies pulmonaire et cutanée constituent les voies d’absorption les plus fréquentes (en raison respectivement d’une grande volatilité et d’une bonne liposolubilité), des épisodes extra-professionnels d’intoxication massive ont pu résulter de l’ingestion d’aliments contaminés par ces dérivés et en particulier le diméthylmercure.

    La cause de la « Maladie de Minamata » survenue dans une communauté de pêcheurs située dans la baie de Minamata au Japon fut finalement attribuée à la consommation de poissons contaminés par le méthylmercure suite au déversage dans la baie des déchets d’une usine utilisant du dichlorure et du sulfate de mercure.

    Le méthylmercure peut contaminer la chaîne alimentaire selon le processus suivant : dans les conditions anaérobiques existant au fond des rivières et des lacs, le mercure inorganique est transformé en méthylmercure par l ‘action de micro-organismes.

    • Les alkyl-mercures se fixent de manière sélective sur le système nerveux entraînant une encéphalopathie de gravité variable. Les symptômes apparaissent progressivement après plusieurs semaines de latence. Le début est marqué par un désintérêt, une apathie, une asthénie, des paresthésies des doigts et des lèvres lorsque les concentrations sanguines en méthylmercure atteignent 20 µg/100 ml. Il s’installe alors une ataxie cérébelleuse avec dysarthrie, tremblements, mouvements anormaux de type choréiforme et athétosique.

    Une atteinte sensorielle est fréquente avec diminution de l’acuité visuelle et rétrécissement visuelle entraînant une vision tunnellaire, avec surdité. Des troubles comportementaux avec dysphonie, indifférence totale, complètent le tableau. Celui-ci aboutit à une grabatisation du patient puis au décès.

    • Le méthylmercure est tératogène et traverse le placenta. Des lésions neurologiques graves et irréversibles ont été observées chez les enfants des mères exposées pendant leur grossesse à Minamata : ataxie cérébelleuse, retard mental, dysarthrie, chorée, tremblements.

    • Des altérations des chromosomes lymphocytaires ont été observées dans les lymphocytes de personnes consommant régulièrement du poisson contenant du méthylmercure à 0,5 à 7 ppm ( atteinte génétique, altérations chromosomiques).

C. Effets sur la reproduction


Une augmentation de l’incidence des avortements spontanés a été signalée chez des femmes exposées à des vapeurs de mercure.

Des anomalies du cycle menstruel et une baisse de la fécondité ont été constatées.

Des cas d’oligospermie et de stérilité ont été observés chez des travailleurs exposés à l’oxyde mercurique dans une fabrique des batteries.

Les enfants nés de mères consommant du poisson contenant du méthylmercure pendant leur grossesse à Minamata présentaient de graves lésions neurologiques irréversibles.


D. Effets mutagènes


Un nombre anormalement élevé d’aberrations chromosomiques a été observé chez des travailleurs professionnellement exposés au mercure.

E. La cancérogénicité


Le mercure métallique et les composés minéraux sont classés 3 par le C.I.R.C.

Le méthylmercure est classé 2B par le C.I.R.C.

7- LA METROLOGIE ET LA BIOMETROLOGIE

A. Métrologie d’ambiance


Les concentrations atmosphériques maximales VME proposées en milieu professionnel sont de :

0,05 mg/m3 pour les vapeurs de mercure

0,01 mg/m3 pour les composés alkyles = composés organiques

0,1 mg/m3 pour les composés aryles et les composés inorganiques =composés minéraux.

Il n’existe pas de VLE en France.

Il convient de remarquer qu’à température ambiante, le mercure métal (liquide) et certains de ces composés émettent des vapeurs par sublimation. La tension de vapeur est telle, que la concentration atmosphérique de la valeur saturante est tout à fait en mesure de dépasser la VME de 0,05 mg/m3.

B. Biométrologie


  1. Mercure inorganique


a) Dosage dans le sang

      • Ce dosage doit se faire en fin de semaine et en fin de poste.

      • Il est un bon indicateur de l’exposition au mercure de la semaine précédente.

      • Il est bien corrélé au taux atmosphérique, pour une exposition correspondant à la VME 0,05 mg/m3, les concentrations sanguines de mercure sont de l’ordre de 25 µg/l.

      • Il n’est utilisable que chez des individus dont la consommation de poisson est peu importante (interférence car apport de mercure inorganique)

      • De même les amalgames dentaires peuvent interférer avec ce dosage, surtout pour de faibles niveaux d’exposition.

      • Il est intéressant lors d’une exposition accidentelle aiguë.


b) Dosage dans les urines

      • Les prélèvements doivent être effectués entre 14 et 16 heures, ils sont alors mieux corrélés à l’excrétion des 24 heures.

      • Il existe de grandes variations journalières même pour des niveaux d’exposition très faibles, d’où l’intérêt de confirmer un dosage anormalement élevé par une deuxième analyse.

      • Il permet d’apprécier l’exposition ancienne, de plus de trois mois.

      • Il est bien corrélé aux effet sur la santé : pour des concentrations urinaires inférieures à 50 µg/g créatinine, il n’y a en général pas d’anomalies.

      • Les amalgames dentaires au mercure sont susceptibles d’entraîner un élévation des concentrations urinaires.

      • Il ne devrait être utilisé qu’après six mois d’exposition puisque les concentrations urinaires de mercure atteignent un état d’équilibre entre 10 jours et 6 mois.




-Pour une exposition fluctuante, le dosage du mercure sanguin est préférable (si prélèvement réalisé en début de poste cela permet de diminuer le risque de contamination du prélèvement).

-Pour une exposition ancienne et constante, le dosage du mercure urinaire est à

privilégier.
2- Mercure organique
a) Dosage dans le sang

        • Il est un bon témoin de l’intensité de l ‘exposition.

        • Il reflète la charge corporelle

        • La consommation de poisson doit être prise en compte pour interpréter ce dosage.

        • Il est bien corrélé au risque d’intoxication.

        • Pour les personnes exposées au méthylmercure la mercuriémie doit être inférieur à 100 µg/l.

b) Dosage dans les urines

        • Ce dosage n’a aucun intérêt car le méthylmercure est éliminé par les selles.


-Pour le mercure organique seul le dosage dans le sang est utilisable. Le dosage dans les urines n’a aucun intérêt car le méthylmercure est éliminé par les selles.

8- LA CLASSIFICATION ET L’ETIQUETAGE

A. Le mercure et ses composés minéraux


1- Le mercure :
T : toxique

R23 : Toxique par inhalation

R33 : Danger d’effets cumulatifs
2- Les composés minéraux autres que sulfure mercurique et que ceux nommément désignés :


R26/27/28

R33

B. Les composés organiques


Très toxique : T+

R23 à 28

R33

9- LES RECOMMANDATIONS

A- Au point de vue médical = surveillance médicale


1- Réglementaire.
a)Visites médicales

      • Visite d’embauche préalable à l’affectation, pour certains travaux, exclusion des femmes, des travailleurs de moins de 18 ans, de travailleurs temporaires, des CDD.

      • Visite médicale une fois par an. Rechercher des signes cliniques d’intoxication mercurielle (troubles neuropsychiques, stomatite, troubles digestifs, lésions cutanées.)

b) Mesure de l’exposition

Mesures de concentrations dans l’atmosphère de façon régulière voir mesure en continu et lors de tout changement des conditions de travail susceptibles d’avoir des conséquences sur l ‘exposition.

c) Fiche d’exposition

Etablie par l’employeur et mentionnant :

      • La nature du travail effectué, les caractéristiques des produits, les périodes d’exposition et les autres risques ou nuisances d’origine chimique physique ou biologique du poste de travail.

      • Les dates et les résultats des contrôles de l’exposition du poste de travail ainsi que la durée et l’importance des expositions accidentelles.

      • Une copie de cette fiche est remise au médecin du travail et cette copie est conservée dans le dossier médical.


2- Conseillée
a)Visites médicales

  • Visites d’embauche : éviter d’exposer des personnes ayant une affection rénale, neurologique ou cutanéo-muqueuse chronique, écarter les femmes enceintes ou allaitantes. On exposera les risques aux femmes en age de procréer afin qu’elles déclarent au plus vite une grossesse.

  • Visite périodique : rechercher des signes cliniques d’intoxication mercurielle.



b) Examens complémentaires

  • Indices biologiques d’exposition :

Mercure inorganique total dans le sang doit être  15 µg/l

dans les urines  35 µg/l

Mercure organique dans le sang  100 µg/l

  • Etude de la fonction rénale



  1. En cas d’incidents ou d’accidents




  • En cas d’ingestion d’un sel de mercure, si le sujet est conscient, il sera transféré en milieu hospitalier pour un traitement évacuateur, symptomatique et éventuellement chélateur spécifique.

  • En cas de blessure ou de souillure d’une plaie avec du mercure, le patient sera transféré à l’hôpital pour examen. Les injections sous-cutanées de mercure provoquent localement une réaction à corps étranger. Il y a formation d’une coque fibreuse qui limite la diffusion du métal. Quelquefois les poussées inflammatoires sont invalidantes. Il faut alors pratiquer l’exérèse des tissus contaminés comme lorsque les dépôts cutanés sont importants car il y a alors risque d’intoxication systémique avant la formation du foyer fibreux.

  • En cas de projection cutanée ou oculaire, il faut laver immédiatement à l’eau, retirer les vêtements imprégnés. Si des signes d’irritation apparaissent, consulter un médecin.

  • En cas d’inhalation de vapeurs ou de brouillards de mercure ou de ces dérivés, si le sujet est conscient, il sera transféré en milieu hospitalier pour un traitement symptomatique et éventuellement chélateur spécifique.



B- DU POINT DE VUE TECHNIQUE


1- Prévention collective


  • Il faut remplacer le mercure par des corps moins dangereux dans la mesure du possible.

  • Le stockage du mercure et de ses composés minéraux doit se faire dans des récipients soigneusement fermés et étiquetés. Il sera conservé si possible en atmosphère close sous gaz inerte.

  • Les locaux seront frais. Le sol et les parois des locaux seront construits en matériaux lisses et imperméables, exempts de fissures et de joints poreux. Le sol présentera une légère déclivité conduisant à une rigole d’écoulement avec trappe d’arrêt et amenée d’eau. En cas de déversement accidentel, le métal pourra être collecté sous eau et récupéré rapidement.

  • Toutes les opérations de vidange, soutirage, remplissage et transvasement se feront sous aspiration et à partir de système clos.

  • Le mercure répandu sera récupéré en utilisant soit des techniques physiques (aspiration sous vide avec piège de charbon actif) soit un procédé chimique (amalgamation avec un alliage indiqué)

  • La manipulation du mercure et de ses composés se feront suivant les mêmes règles que le stockage.

  • Il faut limiter le personnel exposé.

  • Il faut éviter l’inhalation de vapeurs ou de brouillards de mercure et de ses composés minéraux. Toute opération industrielle qui s’y prête sera effectué en vase clos en particulier lorsqu’ils sont chauffés. Sinon, il faudra mettre en place des aspirations à leur source ainsi qu’une ventilation générale des locaux sans en augmenter l’intensité ( car risque de vaporisation) et sans recyclage d’air.

  • Il faut séparer les postes et locaux où s’effectuent des travaux pouvant donner lieu à l’émission de vapeurs de mercure.

  • Les tables de travail devront avoir des bords surélevés avec des angles arrondis et comporter une pente légère menant vers une rigole d’écoulement se déversant dans un flacon rempli d’eau.

  • Les installations de chauffage des locaux de travail seront encastrées de façon à faciliter le nettoyage et l’entretien des locaux qui doivent être quotidiens. Les aspirateurs seront munis de filtres à charbon actif capables d’adsorber les vapeurs de mercure.

  • Il ne faut absolument pas rejeter le mercure ou ses composés minéraux à l’égout. Il faut conserver les déchets dans des récipients clos spécialement prévus à cet usage et les envoyer à des centres spécialisés dans le traitement des déchets mercuriels.

  • Il faut contrôler régulièrement voir en continu la teneur de l’atmosphère en mercure dans les locaux.



2- Prévention individuelle

  • Il faut informer le personnel des risques présentés par ses produits, des précautions à observer et des mesures à prendre en cas d’accident.

  • Il faut éviter le contact avec la peau et les yeux et donc mettre à la disposition du personnel des vêtements de protection, des gants imperméables non poreux à usage unique et des lunettes de sécurité. Les vêtements ne devront comporter ni poches ni revers. Ces effets seront nettoyés après usage avec les mêmes précautions et maintenus en bon état.

  • Il faut observer une hygiène corporelle et vestimentaire stricte : lavage des mains, des dents et du visage avant les repas, passage à la douche et changement complet des vêtements après le travail.

  • Il ne faut pas boire, fumer ou manger dans les ateliers.

  • Un vestiaire spécial sera mis à disposition séparé des autres salariés. Les tenues seront nettoyées par étuvage.

10- LA REPARATION


La réparation des manifestations provoquées par le mercure et les composés mercuriels se fait selon des délais variables aux tableaux n° 2 du régime général et n° 12 du régime agricole.
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BIBLIOGRAPHIE :



CATILINA P. Médecine et risque au travail. MASSON
INRS. Documents pour le médecin du travail. N°93. 1er trimestre 2003.
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