Cours de macroéconomie





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ECOLE SUPERIEURE DE COMMERCE

Cours de macroéconomie

Première année du nouveau programme
Document d’appui préparé

Par
Pr ILMANE Mohamed-Chérif

Octobre 2011

Chapitre introductif : Objet, méthode et principaux agrégats de la macroéconomie
Dans ce chapitre introductif, nous proposons, dans un premier temps, un aperçu succinct sur l’objet et la méthode de la macroéconomie. Dans un deuxième temps, nous exposerons les principaux agrégats et variables macroéconomiques, sur lesquels portent la théorie et l’analyse macroéconomique. Enfin, dans un troisième temps, nous exposerons quelques relations célèbres entres ces variables. Il s’agit bien entendu d’un exposé en guise d’entrée à la matière.
I.- Objet et méthode de la macroéconomie

L’objet de la macroéconomie est l’étude de l’économie dans sa globalité. Elle s’intéresse à ses grandeurs globales ou agrégées telles que la production totale et ses composantes (la consommation, l’investissement, les dépenses publiques...), l’emploi total et/ou le chômage, l’inflation, la dépense publique, la masse monétaire, les importations, les exportations… De même qu’elle s’intéresse aux données agrégées, elle considère les agents économiques en ensembles agrégés tels que les ménages ou consommateurs, les entreprises ou producteurs, l’Etat et ses démembrements ou les administrations publiques et le reste du monde pour une économie ouverte.

La macroéconomie est une science relativement jeune et en plein mutation. Elle demeure encore largement empirique. A l’aide des faits, des statistiques sur la production, l’emploi et le chômage, les prix et l’inflation, la monnaie, l’investissement, les dépenses publiques  et la fiscalité, les échanges internationaux…, les macroéconomistes s’efforcent de tirer des enseignements leur permettant d’élaborer des théories et des modèles susceptibles d’expliquer les phénomènes observés.

De plus, les macroéconomistes s’efforcent de faire des propositions aux pouvoirs publics quant aux politiques économiques publiques à mettre en œuvre telles que la politique monétaire, la politique budgétaire, la politique des revenus, la politique commerciale, la politique fiscale… afin d’améliorer les performances de l’économie. Ainsi, par ces politiques, l’Etat peut stabiliser l’inflation, relancer la croissance économique, réduire les inégalités sociales en redistribuant le revenu national, réorienter l’allocation des ressources vers des activités plus créatrices de richesses et/ou d’emplois…

Ce qui convient de noter est que le macroéconomiste ou l’économiste en général n’est pas un comptable. En effet, contrairement au comptable qui raisonne ex post, l’économiste, comme tout scientifique, raisonne ex ante. Le comptable travaille sur les données ou les faits réalisés. L’économiste, tout en utilisant ces données, travaille surtout sur les mécanismes d’ajustement des différentes variables économiques en recherchant les causes qui conduisent aux résultats comptables. Pour cela, l’économiste considère les comportements des agents économiques.

Mais alors que le comptable est exhaustif, l’économiste raisonne généralement en termes de moyenne. Aussi, n’étant pas en mesure, voire qu’il n’est pas nécessaire, de capter la réalité dans tous ses détails, l’économiste, en scientifique, recourt à la simplification, à l’abstraction : il élabore une théorie. Pour revenir à la réalité et en faire l’analyse, l’économiste recourt à un instrument opérationnel : le modèle.

Avec le modèle, le macroéconomiste met en relation, généralement sous forme d’équations, des variables macroéconomiques en faisant des hypothèses sur la nature de leur relation. Ces hypothèses sont censées refléter les comportements des agents économiques car en fin de compte, ce sont ces derniers qui sont des acteurs de la vie économique. Pour que le modèle soit le plus réaliste possible, il faut que les hypothèses sur lesquelles est bâti reflètent le mieux possible les comportements en question. Il est évident que plus les hypothèses sont réalistes, c’est-à-dire plus on se rapproche de la réalité, plus le modèle devient complexe. Arrive un moment où la complexification ne servirait à rien, car elle n’apporte pas, ou pas suffisamment, d’informations supplémentaires qui amélioreraient de manière pertinente la compréhension du phénomène étudié. Il n’est donc pas utile de compliquer le modèle si le coût de cette complexification est supérieur au gain en informations qu’elle permet.

Enfin, sur le plan pédagogique, il est impératif d’aborder le problème de manière la plus simple possible, c’est-à-dire la plus abstraite possible, pour repérer, isoler les relations fondamentales et comprendre les mécanismes de base. Il s’agira, ensuite, d’accroître la complexité en procédant au "relâchement" des hypothèses.
II.- principaux agrégats et variables macroéconomiques

Pour faciliter aux débutants l’entrée à la matière, il nous semble utile de les armer de quelques notions de base sur les principaux agrégats macroéconomiques en particulier, le PIB, l’inflation, le chômage et la quantité de monnaie en circulation. Il s’agit de grandeurs qui désignent des phénomènes qui préoccupent tout le monde économistes, politiciens, intellectuels, les jeunes atteignant l’âge de travailler, les ménagères… et ce, tous les jours. Pour mieux fixer les idées, nous nous référons systématiquement aux données macroéconomiques algériennes.

Dans les chapitres suivants, nous verrons comment et pourquoi les agents économiques, par leurs comportements, les déterminent. Nous partons donc de l’observation pour aller, ensuite, à la théorie, c’est-à-dire aux hypothèses que les économistes font sur les comportements des agents économiques pour décrire le comment et le pourquoi de cette détermination. Il va falloir revenir, enfin, à la réalité pour "tester" le pouvoir explicatif de la théorie.

Attelons-nous à présent à définir et à mesurer les principaux agrégats macroéconomiques : la production, le chômage, l’inflation et la masse monétaire.
II.- 1- La production agrégée : le Produit Intérieur Brut (PIB)

Nous procédons par étape allant du simple au compliqué. C’est ainsi que dans un premier temps, nous travaillerons sous l’hypothèse d’une économie fermée, c’est-à-dire sans relations économiques avec le reste du monde, ce qui n’est pas tout à fait réaliste. Pour se rapprocher de la réalité, nous lèverons, dans un deuxième temps, cette hypothèse pour raisonner dans le cadre d’une économie ouverte, ce qui nous permettra de tenir compte des répercussions de cette ouverture sur cette variable.

Avec le développement de la comptabilité nationale à partir des années quarante, l’activité économique d’un pays et son évolution sont mesurées par sa production agrégée ou le Produit Intérieur Brut (PIB). Le PIB est donc ce que produit l’économie au cours d’une période donnée, généralement une année. C’est aussi le revenu global que reçoivent les différents agents économiques ou leur dépense totale en biens et services effectuée durant cette même période.

Il y a trois manières, trois optiques, de définir et mesurer le PIB : en tant que valeur, en dinars, des biens et services finals produits ou somme des valeurs ajoutées (optique production), en tant que revenu (optique revenu) et en tant que dépense (optique dépense).

II.-1- 1 - Le PIB somme des valeurs ajoutées 

La production d’un bien ou d’un service final nécessite souvent l’utilisation de plusieurs autres biens et services. Exemple : pour produire des tables, il faut du bois, de la colle, des clous, de la teinte, de l’énergie... Chacun de ces produits est produit par une entreprise donnée et chacun d’eux à sa valeur ou son coût propre ; toutes ces valeurs, ou coûts, entrent dans la formation de la valeur de la table. Mais ce n’est pas tout. En effet, l’obtention des tables à partir de ces produits nécessite le recours aux services de la main-d’œuvre moyennant salaire. L’entrepreneur, propriétaire de la fabrique, exige de son côté une rétribution, c’est la marge bénéficiaire ou le profit. Ce sont tous ces éléments qui constituent la valeur des tables, c’est-à-dire la valeur de la production de cette entreprise. Il est donc clair que la valeur de la production n’est pas la somme des valeurs de ces éléments et de la valeur de la table, car il y a là un double emploi. En fait, la valeur totale de la production est celle de la table uniquement ou la valeur du produit final. Mais pour la fabrique des tables, les produits et services utilisés sont des intrants, des inputs ou consommations intermédiaires.

C’est quoi donc la valeur ajoutée ?

En fait, chaque bien ou service peut être un input ou un produit ou service final. Ainsi, la tomate vendue par l’agriculteur à la ménagère est un produit final ; mais si elle est vendue à la fabrique de conserve de tomate, elle devient un input ou intrant. Cela veut dire que ce qui est un produit final pour un producteur (la tomate pour l’agriculteur) devient un produit intermédiaire pour un autre (la conserverie de tomate).

Mais alors comment calculer le PIB de l’ensemble des producteurs de biens et services ?

Revenons à la fabrique de tables. La valeur d’une table, soit 1000 dinars, est formée de deux ensembles de coûts : les coûts des intrants, soit 600 dinars, et les coûts internes à l’entreprise (main d’œuvre, marge bénéficiaire et autres frais liés à son fonctionnement), soit 400 dinars. Or les coûts des intrants, les 600 dinars, sont déjà pris en compte dans le calcul des PIB des entreprises qui les avaient produis. Par conséquent, la valeur ajoutée de la fabrique de tables est de 400 dinars seulement, c’est-à-dire la valeur qu’elle ajoutée à celle des intrants pour obtenir la valeur de la table.

Ainsi, le PIB d’une entreprise est sa valeur ajoutée qui est gale à la valeur de son produit final déduction faite de la valeur de ses inputs ou consommations intermédiaires.

Le PIB d’une économie, au cours d’une période donnée, est la somme des valeurs ajoutées de l’ensemble des entreprises activant dans cette économie.

Pour obtenir le PIB d’une économie, on agrège les valeurs ajoutées des centaines de milliers voir des millions d’entreprises en ensembles homogènes tels que l’agriculture, l’industrie, le commerce, les travaux publics..., soit un nombre limité de branches ou secteurs.

Il convient de noter que cette valeur du PIB, la somme des valeurs ajoutées qui la composent, ne comporte en fait que les coûts des facteurs de production. C’est le PIB aux coûts des facteurs. Dans la réalité, l’Etat, pour se financer, intervient dans l’activité économique en prélevant impôts et taxes. Ainsi, en plus des coûts des facteurs, la valeur ajoutée des entreprises sera augmentée des taxes et impôts prélevés par l’Etat. Par conséquent, la valeur du PIB sera augmentée de ces impôts et taxes. C’est le PIB aux prix du marché.

Et ce n’est pas tout. Ce PIB est en fait le PIB marchand ; il est le fait de toutes sortes d’entreprises commerciales de droit privés ou public. Les biens et services finals le composant sont dits biens et services marchands car ils font l’objet de vente et d’achat sur le marché et aux prix du marché.

En plus des biens et services marchands, il y a des biens et services non marchands qui sont le fait de l’Etat et ses démembrements ou des administrations publiques. Ces dernières produisent donc une valeur ajoutée non marchande qu’il faut ajouter au PIB marchand pour obtenir une évaluation totale de la production réalisée dans le pays.

Au total, le PIB d’une économie, au cours d’une période donnée, est la somme des valeurs ajoutées marchandes et de la valeur ajoutée non marchande.
Tableau 1 : Origine sectorielle du PIB: 2006-2010
II.- 1 - 2 - Le PIB en tant que revenu : la répartition du PIB (optique revenu)

Regardons maintenant le PIB suivant une autre optique, l’optique revenu. Au fur et à mesure que l’activité de production des biens et services se déroule, les participants à cette activité reçoivent une rémunération : les travailleurs reçoivent les salaires en contre partie du travail fourni, c’est le revenu du travail, et les entrepreneurs reçoivent les profits en contrepartie de leur apport en capital, c’est le revenu du capital. A ces deux agents, s’joute un troisième : l’Etat, qui perçoit des impôts et taxes en contre partie ou pour financer les services qu’il assure au profit des membres de la société collectivement et/individuellement (défense, sécurité, éducation, santé, travaux publics et autres services publics...), ce sont les revenus de l’Etat.

Selon donc cette optique, le PIB est la somme des revenus des travailleurs (les salaires), des revenus des entrepreneurs (les profits) et des revenus de l’Etat (impôts et taxes indirects).
Tableau 2 : Répartition du PIB entre agents économiques : 2000-2010

II. - 1 - 3 - Le PIB en tant que dépense ou demande (optique dépense)

Une fois distribué en revenus, le PIB donne lieu à une demande de biens et services finals produits dans le pays. Globalement, il y a deux types de biens et services finals : les biens et services destinés à la consommation finale (produits alimentaires, vêtements, biens durables, tourisme, culture...) et les biens et services destinés à la consommation productive, c’est-à-dire à l’investissement (machines, outillage, bâtiments, transport, brevets, logiciels...).

Il y a par conséquent, deux types de demande :

  • la demande de biens et services pour la consommation finale ; et 

  • la demande de biens et services pour l’investissement.

La demande de consommation finale émane principalement des ménages et dans une moindre mesure des administrations publiques ; tandis que la demande d’investissement émane, elle, essentiellement des entreprises et secondairement des administrations publiques et des ménages (logements).

L’investissement effectué au cours d’une période donnée, dit investissement brut, comprends la formation brute du capital fixe (FBCF) et la variation des stocks.

Tableau 3 : Emplois du PIB : 2006-2010

Voyons à présent ce qui se passera si on relâche l’hypothèse de l’économie fermée.

II.- 1 - 4 - La prise en compte des échanges avec le reste du monde

Jusqu’ici nous avons raisonné comme si notre économie vit en autarcie, c’est l’hypothèse de l’économie fermée. Dans la réalité, aucune économie moderne ne vit fermée sur elle-même. Toutes les économies sont ouvertes sur l’extérieur, sur le reste du monde, importent et exportent des biens et services, des capitaux et de la main-d'œuvre. Par conséquent, le PIB et ses différentes variantes connaîtront des modifications qu’il est très important de repérer et de mesurer.

1) Commençons par le PIB : le PIB en économie ouverte

En autarcie, on ne peut dépenser (en consommation finale et en consommation productive ou investissement) que ce que l’on a produit localement. Inversement, on ne produit que ce que l’on peut consommer localement. Mais si l’économie est ouverte au reste du monde, il sera possible tout aussi bien de dépenser plus que ce que l’on produit localement : en important le manque des pays étrangers, ou de produire plus que ce que l’on peut consommer localement : en exportant le surplus vers ces pays. Ainsi convient-il désormais de prendre en considération les exportations (X) et les importations (M) de biens et services.

Mais si les importations s’ajoutent à l’offre locale de biens et services finals, les exportations viendront en déduction. En effet, en plus du PIB, en tant qu’offre locale de ces biens et services finals, il faut ajouter les importations : c’est la demande des résidents locaux de biens et services étrangers. De même, du côté des emplois du PIB, il faut ajouter, à la demande locale des biens et services produits localement, les exportations de ces mêmes biens et services : c’est-à-dire la demande des résidents étrangers des biens et services locaux. On obtient ainsi l’offre globale et la demande globale en économie ouverte.

Prenons l’exemple de l’année 2006 :

L’offre globale = PIB + M = 8463,5 + 1831,5 = 10295 milliards DA.

La demande globale = DIB + X = 6157,5 + 4137,5 = 10295 milliards DA.

Deux remarques importantes s’imposent au vue de ces chiffres.
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