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L’AUTISME


Expérience d’une étudiante en ergothérapie

Ecrit de synthèse en vue de l’obtention du diplôme d’état

Delphine DECHAMBRE
SOMMAIRE

Introduction 3

AUTISME et communication 4

1.Un handicap cognitif : problème de la signification 4

a)    Capacités limitées de donner du sens aux perceptions : 4

b)les expressions émotionnelles 4

2.Les interactions sociales et l’imagination 5

3.L’autisme et ses déficits en communication 5

a)    Un aspects clé : le sentiment d'angoisse. 5

b)    Explication 6

c)Particularités et disparités 6

1.Introduction au sujet de la communication 8

2.Origine de la communication  8

a)Période pré linguistique 8

b)Période linguistique 9

3.Les capacités requises pour communiquer 9

4.Communiquer, pourquoi ?  9

Pour une intervention adaptée 11

1.Quels sont les enjeux de notre travail en communication ? 11

2.rééducation ou éducation de l'enfant autiste ? 11

3.Les principes utilisés avec l'ergothérapeute  12

a)      Structure de l'environnement 12

b)      Structure de l'horaire et du temps 13

c)      Structure de travail 13

4.La participation des parents 13

1.Comment évaluer la communication 15

2.les objectifs d’enseignement ergothérapiques 16

3.Les moyens utilisés pour communiquer 16

a)    Les objets 17

b)    Les pictogrammes 17

c)     Photos 18

4.Apprentissage de la communication selon les stades de développement 18

a) les activités 19

b)Les limites 21

Conclusion 23

ANNEXES

BIBLIOGRAPHIE

Introduction

Quels que soient les domaines médicaux : psychiatriques ou fonctionnels, il est fréquent de se heurter dans un premier temps aux symptômes présentés par les patients, et de ne s'intéresser qu'aux principaux signes cliniques de leur pathologie.

Pourtant, au-delà du syndrome ou de la maladie, l'essentiel n'est-il pas de créer une relation de confiance, préalable indispensable pour un accompagnement thérapeutique de qualité ? Mais comment faire alors, quand notre interlocuteur est démuni de toute parole ?


Certains troubles ou atteintes, peuvent entraver de façon plus ou moins importante les moyens de communication des individus : l'autisme en fait partie. Cette atteinte en marge des maladies mentales et des psychoses, provoque à différents degrés, des troubles de la communication que l'on ne peut ignorer. Ces individus ont besoin de pouvoir s'exprimer et de se faire comprendre pour recevoir notre aide. Malheureusement, nous oublions souvent que c'est à nous, encadrants, de se mettre à leur portée pour avancer ensemble, et non pas le contraire. Nous avons souvent entendu dire que les personnes autistes vivent refermées dans un monde parallèle au notre ("les normaux"), pour autant, Quelle possibilité leur est-il laissé, d'initier une relation quand les personnes qui les entourent, ne cherchent pas à leur tour à rentrer en contact avec elles.
Ce document tentera donc de montrer l'importance de la communication dans un tel contexte. Mon étude s'appuie sur le modèle TEACCH, (modèle américain pour les personnes autistes), que j'ai découvert dans ma pratique auprès de jeunes adultes. Cette méthode me semble en effet permettre un accompagnement efficace de ces personnes en faisant de la communication une base de travail.

 

Je décrirai dans un premier temps les grandes lignes qui font de l'autisme une atteinte si complexe à comprendre. C'est à partir de là seulement que j'approfondirai la question de la communication. Dés lors, il faudra admettre qu'il n'existe aucune règle tel un mode d'emploi pour permettre la communication. Des présentations succinctes illustreront mes propos en dernière partie et nous essaierons de voir comment intervenir face à différentes situations.
AUTISME et communication

AUTISME
Autisme - (Dictionnaire Larousse) : repli sur soi-même.

Cette définition on ne peut plus succincte, montre combien la compréhension de cette atteinte est réductionniste. Comme le dit T. PEETERS [6], il vaut mieux ne pas employer le terme d'autisme dans le sens de cette définition. Les véritables problèmes des autistes concernent certes l'inhibition sociale, mais vont bien au-delà. (Cf. Annexe 1 ; critères de l’autisme CIM 10) Pour donner une définition plus complète de l’autisme, et avant d’en expliquer plus précisément les troubles, revenons sur les caractéristiques essentielles de l’autisme qui sont :


  1. Un handicap cognitif : problème de la signification

a)    Capacités limitées de donner du sens aux perceptions :

La signification est une faculté innée qu'ont les êtres humains à donner du sens aux perceptions. Chez les autistes la signification n'est pas absente, elle est perturbée.

Pour illustrer ce paragraphe, faisons référence au film "Rain Man" où le héros atteint d'autisme, décrit un baiser comme étant "mouillé". Les personnes autistes ne parviennent pas à découvrir le sens et les émotions qui se dissimulent derrières certains actes. Ils ressentent "le concret" des expériences sans comprendre ce qu'elles signifient au-delà des gestes.


  1. les expressions émotionnelles

Partons du postulat qu'il existe 2 catégories de gestes. La première regroupe les gestes instrumentaux et la seconde, les gestes expressifs.

  • Les gestes instrumentaux sont caractérisés par la visibilité immédiate du symbole et de sa signification. Ex : "chut", "viens", "là-bas", etc.

  • Les gestes expressifs, sont plus complexes à comprendre car le geste en lui-même n'induit pas quelque chose concret. Ex : "consolation", "amour", etc.

En fait, la compréhension de ces gestes expressifs requiert la capacité de dépasser l'analyse du geste "de façon littérale". Pourquoi considère-t-on que deux personnes qui se tiennent par la main les doigts entrelacés soient amoureuses ? Il n'y a apparemment pas de raisons visibles pour assimiler ce geste à un tel sentiment.

De même pourquoi une personne qui pleure est-elle triste quand de l'eau coule de ses yeux ? Situation d'autant plus délicate que les larmes peuvent être de joie et de peine.

On croit souvent à tort que les autistes sont insensibles, ce n'est pas le cas : leur semblante indifférence est la conséquence de leur handicap cognitif et réagir en fonction.



  1. Les interactions sociales et l’imagination


La vie sociale est complexe car elle ne semble pas suivre de modèle fixe. Les personnes autistes arrivent difficilement à lire les émotions, les intentions, les pensées.
Certaines personnes bien intentionnées prirent la peine de m’expliquer comment les autres ressentaient mon attitude. J’en conclus que mon comportement avait toujours deux interprétations possibles ; la leur et la mienne. Ces gens serviables essayaient de m’aider à surmonter mon ignorance, mais sans jamais chercher eux-mêmes à comprendre la façon dont je voyais le monde. Pour eux, tout était simple : il y avait des règles à respecter, et j’avais besoin de leur aide pour les apprendre c’était évident. " [12, p 136-137]
Dans les faits, il est extrêmement difficile de parler de perturbations des règles sociales proprement dites. Ces désordres ne peuvent être compris que si l’on prend en compte que les interactions humaines, la communication et l’imagination sont intimement liées.


  1. L’autisme et ses déficits en communication

Les difficultés de langage chez les autistes sont secondaires aux problèmes cognitifs et d’ordre sociale. Leur communication est bien plus défaillante que celle souffrant d’autres types de déficits langagiers sans être imputée à un problème moteur. En effet, il ne semble pas exister d'envie, ni de désir, à entrer en communication avec nous : principal « frein » à tout échange relationnel.

a)    Un aspects clé : le sentiment d'angoisse.

Depuis le début de leur développement, les personnes autistes éprouvent des difficultés à nous signifier leurs besoins et leurs attentes à cause, non pas d'un manque d’initiative, mais au contraire d'insécurité, d'angoisse... C’est cet aspect essentiel de la communication qui, étant perturbé, entrave inévitablement la communication intentionnelle.

b)    Explication

Comme nous l'avons vu dans la partie précédente, bien avant que le langage n'apparaisse, il existe très tôt une forme de communication qui passe d'abord par la relation. Alors que l'enfant n'est encore qu'un nourrisson, le moment du repas est un temps privilégié. L'enfant par son cri, alerte son entourage de sa faim, et sa mère en satisfaisant le besoin de son enfant, communique « quelque chose de la plus grande importance à son bébé qui le reçoit mais ne peut y répondre » [8]. La relation et la communication naissent donc dans la réponse positive et appropriée de la mère car l'enfant qui s'exprime au travers de ses cris sait qu'il sera entendu et respecté. Or dans cette partie de la réalité, la mère ne pourra pas toujours satisfaire les besoins et le confort de son enfant, engendrant chez ce dernier un sentiment de frustration.

Pour l'enfant autiste, cette frustration est insurmontable. Rien d'autre, hormis ses affects désagréables, ne semble vouloir exister pour lui et cette sensation nuit à la vision qu'à l'enfant du monde extérieur puisqu'il généralise son ressentiment au reste du monde environnant. La frustration inhibe non seulement son intérêt pour le monde, mais aussi ses efforts à émettre des signaux. L'enfant ne trouve aucun avantage dans la relation à autrui. Il lui semble que quiconque ne peut répondre à ses attentes et " l'expérience que ses propres actions ne changent rien à rien le décourage de l'interaction avec autrui et par conséquent de la construction d'une personnalité grâce à laquelle il pourra commercer avec l'environnement. Et si nous ne rencontrons pas constamment et dans un age précoce, la réponse appropriée à l'expression de nos efforts, nous cessons de communiquer avec autrui et éventuellement nous ne nous intéressons plus au monde"[8 p46] 

  1. Particularités et disparités

Les autistes n’ont pas tous les mêmes aptitudes vis à vis de la communication. On retrouve chez eux tous les degrés de maîtrise de la parole : certains pourront parler, d’autres pourront lire et écrire, tandis que certains n’arriveront jamais a accéder à un langage oral. C’est pourquoi je rappelle ici les troubles fréquemment rencontrés chez les autistes, ainsi que certaines de leurs particularités moins fréquentes.


  • Signification des mots

Il nous est aisé de qualifier des choses, de donner des précisions sur des situations ou encore de décrire des êtres humains, mais cette aptitude ne l’est pas pour les personnes autistes. Pour eux, un mot correspond à une situation donnée. Ceci entraîne donc un problème majeur dans leur acquisition du vocabulaire et dans la vie quotidienne, étant donné qu’un mot, une fois qu’il est assimilé dans un contexte, ne peut être réemployer dans un autre. L'emploi des adjectifs qualificatifs par exemple : Une personne autiste ne comprendra pas que l’on puisse dire que la maison est plus grande qu’une voiture alors qu’elle est plus petite qu’un immeuble. L’individu a assimilé que la maison était " par définition grande " pourquoi dire désormais qu’elle est petite ?


  • Le "tu", le "je"

Il est difficile pour une personne autiste de se reconnaître au travers de différents pronoms. Pourquoi dois-je répondre à une question par je, alors que l’on m’interpelle en me disant tu ? Ou encore, pourquoi dois-je dire " je "et non pas mon prénom puisque c’est ce nom qui m’a été donné pour me nommer à la naissance ?

Il est très fréquent que les autistes parlent d’eux à la troisième personne, non pas parce qu’ils veulent parler de quelqu’un d’autre mais parce que la distinction des différents pronoms demande une souplesse mentale que la plupart des Autistes n’ont pas.

D.WILLIAMS : Il m’avait fallu 4 ans de plus que les enfants normaux qui parlaient d’eux-mêmes en disant " je ". [12 p 47]


  • L’écholalie

« Les spécialistes du langage et de l’expression nous décrochèrent le second coup. Elles déclarèrent que les aptitudes au pré langage de Tony étaient si pauvres qu’il ne parlerait sans doute jamais, à part pour montrer l’écholalie qui commençait à poindre. [10 p 55] »

On entendra souvent dire que tous les autistes qui savent parler sont écholaliques, or cette constatation est vérifiée dans 60 % des cas. Il faut noter que cette forme de communication n’entre pas dans un schéma anormal de développement du langage (Cf. Annexe 2).Cette façon de s’exprimer peut paraître rebutante pour l’entourage de l’enfant. Au-delà du simple fait que la personne répète inlassablement nos mots, il faut peut être comprendre qu’il s’agit d’un effort de communication

Pierre par exemple, est un jeune que l’on peut qualifier « d’écholalique ». Il répète ce que l’interlocuteur lui dit à plusieurs reprises, avant d’effectuer la consigne demandée. Dans son cas, on a l’impression que le temps de la répétition, correspond au temps qui lui est nécessaire pour comprendre ce qui lui ai demandé.

D’autres enfants pourront répétés des mots et phrases qu’ils ont l’habitude d’entendre en dehors de leur contextes et qui s’apparentes souvent à des propos incohérents

Théo, dans les moments de transitions répètes souvent « il va donner fesser papa, il va donner fesser papa ». Peut être dit-il cette phrase dans les moments où il sent une certaine angoisse et agressivité monter en lui.



LA COMMUNICATION

 

  1. Introduction au sujet de la communication


Communication : Définition du dictionnaire :

La communication établit un échange et met un être en relation avec un autre. Elle permet de pouvoir s’exprimer sur des faits, des besoins, des désirs, des envies, des émotions, etc. la communication est visuelle, orale ou encore écrite. C’est ce par quoi une personne renseigne ou influence autrui et en est elle-même renseignée et influencée.
Les dernières avancées de la technologie ont considérablement accrues le nombre de moyens de communication : envoi postal, téléphone, le fax, Internet, etc. Toutefois il est important de souligner que 85 % de la communication est non verbale. Ainsi la parole n’est pas l’élément clé de la communication. Deux individus n’utilisant pas le même " code de communication " que le nôtre peuvent établir des liens et se comprendre malgré tout.

Les paragraphes qui vont suivre vont essayer d’expliquer : comment, pourquoi et avec qui communique-t-on, et ainsi nous verrons pourquoi la communication doit être un de nos objectifs thérapeutiques dans la prise en charge des personnes autistes.

 


  1. Origine de la communication 

    1. Période pré linguistique

C’est à cette période (6 mois) que l’enfant a, à sa disposition tous les phonèmes pour parler sa langue natale (différents selon les pays). Il est en mesure de pouvoir dire : " MA-PA-BA-ADA " et c’est souvent un instant pour de nombreuses interprétations de la part des interlocuteurs.

" Il a dit MA, il a voulu dire MAMAN " La mère rajoute le phonème manquant MAN et le bébé à force d’entendre le mot MAMAN va essayer de le répéter. C’est ce qu’on nomme le " baby talk ". Les mots naissent parce qu’ils sont entendus.

L’enfant comprend son nom et le non. Il comprend plus de mots qu’il n’en utilise. C’est le moment où il développe ses mimiques, des expressions du visage et utilisent des gestes de la communication.

 

    1. Période linguistique

Cette période comprend deux phases qui se développent de façon simultanée.

Phase lexicale ; l’enfant développe son vocabulaire de base. Les objets et les actes prennent un nom.

Phase syntaxique : le stock lexical de l’enfant est associé pour faire des phrases et les notions de présent et de futur se développent petit à petit. Il y a amélioration de toute la gestuelle associée à la communication comme faire : au revoir, oui, non, bravo, chut, etc. L’enfant peut répondre par des mots et pourra verbaliser son prénom vers 18-20 mois. C’est seulement vers 2 ans qu’arrive le " je ". Tous les développements inter-individuels sont différents. C’est pourquoi il est inutile de s’inquiéter si l’enfant ne parle pas aux moments prétendus. Ce qui importe est la compréhension et la communication

 

  1. Les capacités requises pour communiquer

- Transférer et recevoir l’information

- Créer une relation avec les autres en gérant la confiance accordée aux personnes

- Reconnaissance fiable de soi, des autres et de ses envies

- Capacités de choisir parmi plusieurs solutions

- Mémorisation du répertoire de la syntaxe d’une langue ou d’un langage pour le mettre en œuvre

- Capacité d’action de déplacement, de protection de soi et de modification de l’environnement associé à la capacité stratégique pour adapter son comportement aux situations.

Aussi, pour les personnes autistes, les activités devront faire intervenir progressivement toutes ces capacités.


  1. Communiquer, pourquoi ? 

La communication vise à satisfaire des besoins vitaux : physiques, psychologiques, sociaux, et permet l’échange d’information (Cf. Annexe 3 les fonctions de la communication). Pourtant pour que ce processus de communication se mette en place, il faut avoir conscience de son utilité et des modalités de retour qu’il permet.

"Je n’ai pas employé le langage afin de communiquer avant l’âge de douze ans… Ce n’était pas, parce que je n’en étais pas capable, mais simplement, je ne savais pas à quoi il servait". J.SINCLAIR

Cette citation me semble illustrer parfaitement que l’emploi de la communication n’a de sens que si l’on en connaît son importance, si l'on en sait sa richesse et ce qu’elle peut nous apporter.
L’objectif le plus oublié de la communication est la création de la relation au travers des échanges d’informations et la réalisation d’actions partagées que nous nous construisons. En somme, s’informer, agir et établir des relations sont des objectifs complémentaires intimement liés. L’efficacité de la communication, sa puissance sera fonction des informations échangées ainsi que de la qualité de la relation. La communication est caractérisée par la confiance que les acteurs s’accordent.
Pour une intervention adaptée

  1. Quels sont les enjeux de notre travail en communication ?

A l’issue de cette partie théorique posons nous la question suivante : pourquoi cherchons-nous à favoriser la communication et pourquoi est ce si difficile de la mettre en œuvre avec les autistes ?

Dans la définition de la communication, on retrouve la nécessité d'un émetteur, d'un récepteur et d'un message. Je suis moi, tu es toi. La reconnaissance de l'autre est essentielle pour pouvoir ensuite parler de relation et de communication.

Avec les autistes, le problème relationnel rend souvent cette communication difficile : c'est un défi quotidien. C'est pour cette raison qu'il me semble important de mettre en confiance chacun des interlocuteurs. C'est notre comportement général qui déterminera un climat de rencontre favorable à la communication avec les jeunes. C'est à ce moment là que la relation réelle s'établit et que nous pouvons proposer des moyens de communication.

En somme, la qualité de la relation est garante d'une communication efficace.
Plus on communique, plus on passe d'information, plus on fait état des besoins, plus on attend des réponses : la communication appelle l'action

Plus on est reconnu, plus on donne à entendre sa vie intérieure et sa richesse : la communication est une nécessité identitaire.

En communiquant, on crée et on maintient des liens : la communication engage la relation.
Il me semble alors essentiel de prendre conscience du rôle que nous jouons dans ce face à face, c'est à dire notre responsabilité dans le handicap de la communication.


  1. rééducation ou éducation de l'enfant autiste ?

En dépit de toutes les recherches qui ont été menées pour expliquer les causes étiologiques de l'autisme, aucun traitement médicamenteux spécifique des troubles présentés par ces enfants n'existe aujourd'hui. Plusieurs méthodes, thérapies existent et sont chacune reconnues avec des avantages et des inconvénients que l'on pourra toujours discuter. Je vais dans la prochaine partie parler du programme TEACCH (treatment and education of austistic and related communication handicaped children).

Le programme s'articule autour de trois grands principes destinés à faciliter au maximum la compréhension de l'enfant ; indispensable à l'apprentissage de la communication :

- Les gestes simples : manière concrète de la communication

- Les images : plus parlantes que nos mots

- Les objets : pour échanger
Il s'agit d'une prise en charge cognitive et comportementale dans laquelle les professionnels visent à développer les compétences de l'enfant autiste en collaboration avec les parents. Nous leur donnons des stratégies de compensation afin de l’aider dans leur adaptation aux différents milieux de vie : familial, institutionnel, social.


  1. Les principes utilisés avec l'ergothérapeute 

L'évaluation, ou du moins l'observation, nous permet de déceler des aptitudes ou déficits spécifiques dans les compétences communicatives de ces enfants. Afin de mieux les aider, il s'agira de compenser les déficits présents en utilisant ce qui chez eux; peut être un atout pour la communication.

Nous constatons chez eux de nombreuses aptitudes spécifiques:

- Une mémoire mécanique d’informations verbales simples ;

- Une mémoire mécanique de routines motrices ;

- Une mémoire visuelle ;

- Une capacité de traiter des informations en images ;

- Des intérêts particuliers envers certains objets et leurs habitudes favorites ;

- Pour certain, la capacité de lire.
Aussi, étant donné les incroyables capacités d'observation visuelle de ces personnes, il est judicieux d'utiliser ces aptitudes dans notre démarche thérapeutique pour implanter des repères environnementaux et temporaux, mais aussi pour que l'enfant puisse interagir avec autrui en comprenant ce qui lui est demandé. Cela implique qu'il y ait une bonne compréhension du milieu, du temps et de l'activité, afin que la personne autiste se sente en sécurité. Ce climat devient alors propice à la communication :
a)      Structure de l'environnement

La structure de l'environnement consiste à organiser l’espace en raison de la grande difficulté de l’autiste à se concentrer et à s'organiser dans celui-ci. Les ergothérapeutes délimitent ainsi des aires de façon à faire une distinction claire entre les différents endroits de vie. On pourra pour cela, utiliser différentes couleurs pour le revêtement des murs des pièces, pour des types d'activités précises.

b)      Structure de l'horaire et du temps

Nous avons tous nos points de repères culturels et sociaux. Ils assurent une régularité rassurante. L'enfant autiste, quant à lui, se sent en constante insécurité car il ne dispose pas de repères significatifs. C'est à nous ergothérapeute de lui donner une notion du temps qui passe et des événements qui s'y déroulent.

L'emploi du temps doit être visible et accessible. Symbolisé par des pictogrammes, il est affiché sur un mur de haut en bas ou encore sur les étagères d'une armoire sans porte si nous utilisons des objets comme moyen de communication. Au fur et à mesure que la journée avance, le mur (ou le placard) se vide des activités déjà réalisées.

L'emploi du temps par sa représentation facile donne des repères, non pas de temps (ce n'est pas le but premier) mais une possibilité de représentation des morceaux de vie qui peut faire rentrer les jeunes dans le symbole. C'est de l'information disponible en permanence qui favorise notamment la prévisibilité des événements.

Pierre est peu sensible au temps et au vocabulaire qui se réfère au passé et au futur. Pour lui « hier signifie tout ce qui s’est passé la veille, la semaine dernière ou les mois précédents. De même « demain » désigne tout ce qui se passera à l’avenir. Nous mettons donc en place des calendriers qui lui permettent de visualiser cette différence de jour , de week-end et de mois.
c)      Structure de travail

Il s'agit d'établir une structure visuelle qui permet à l'enfant de voir ce qui lui est demandé. C'est d'autant plus important que l'enfant est dans les premiers temps peu motivé et a des difficultés à s'organiser. Il a souvent une mauvaise compréhension des situations et des consignes verbales. Il a besoin d'un encadrement important. Afin de simplifier les activités de travail, les tâches à accomplir seront disposées de gauche à droite et une image (ou pictogramme) sera placée pour indiquer l’activité de détente qui suit.


  1. La participation des parents

Les parents sont de véritables partenaires. Ils connaissent différemment leur enfant et ils sont les mieux placés pour tisser les liens entre l'aide substitutive que nous proposons et son utilisation par le jeune. Ils continuent au quotidien tout le travail élaboré avec nous. De plus, la réalité familiale étant différente de celle que nous pouvons imaginer, il est préférable pour le bien fondé de la prise en charge, de mettre en place des échanges et d'en tenir compte. C'est pour cette raison qu'une prise de contact régulière est importante. Elle doit absolument être envisagée entre ces deux partenaires. Et même si le rythme de vie actuel ne permet pas toujours de prendre du temps pour discuter du jeune, un cahier de vie peut remplir ce rôle.

Tout comme les parents acceptent de nous confier leur enfant, les intervenants doivent en retour, demeurer compréhensifs et flexibles vis à vis des choix familiaux et ne pas porter de jugement.

 

Les questions des parents nous rappellent que l'enfant ne peut être pensé sans eux et que nous avons à prendre en compte leur présence et leur proximité. Ils adhèrent à la proposition de rencontre et nous manifestent souvent l'isolement et l'incompréhension dans lesquels ils se sont sentis jusque là. La famille collabore donc au programme quotidiennement, en nous rencontrant ou en consultant le cahier de liaison. Ce cahier comporte les activités de la journée effectuée au sein du centre, un espace est réservé pour le reste de la journée, et est rempli par les parents qui nous informe en retour des éléments de la soirée. Ce système permet un échange régulier d'information qui s'avère judicieux étant donné le rythme de vie de chacun.
Je dégagerai trois raisons essentielles à l’intégration de la famille dans le processus de soin :

- On ne peut aider un enfant sans être relié de manière ajustée et cohérente avec chacun des parents. Ceci est évident lorsqu'il est question d'un enfant dont la pathologie est telle que son sentiment d'exister se confond avec l'existence même des autres.

- Si les professionnels parviennent à recréer des liens, le risque est grand de mettre les parents à l'écart et de les enfermer dans un sentiment d'impuissance.

- Les progrès ne pourront s'améliorer que si on permet à l'enfant de faire un transfert de ses acquis dans le milieu familial. Pour cette raison, il est primordial que les parents adhèrent aux projets thérapeutiques et soient nos partenaires.

Nous sommes là pour entendre les remarques des parents et créer un échange, pour construire ensemble un maillon pivot qui va se révéler indispensable à la trame du tissu thérapeutique. 
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