André le gall, P. U. F., coll. «Caractères», 1973





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date de publication13.10.2019
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CARACTÉROLOGIE

DES ENFANTS ET DES ADOLESCENTS

André LE GALL, P.U.F., coll. « Caractères », 1973
Ne faut-il pas, pour éduquer convenablement un enfant, tenir compte des particularités de son caractère ? Cet ouvrage, un « classique » du genre, décrit les principaux types de caractères (il y en a huit) et propose, pour chacun d’eux, des méthodes éducatives appropriées. Il ne s’agit pas de changer les tempéraments, mais de développer les aspects positifs d’une personnalité, et de résorber ses défauts. Notre résumé est assez schématique, en raison de la densité du texte. Il faut le prendre comme un ensemble de notes.


1. LES ÉLÉMENTS FONDAMENTAUX DU CARACTÈRE


a) L’émotivité : Capacité de réaction vive à un événement (cris, enthousiasme, etc.).

b) L’activité : tendance assidue à découvrir, à rechercher ou à créer les occasions d’agir.

c) Le retentissement : Les primaires sont ceux chez qui l’impression s’efface vite. Chez les secondaires, la résonance des événements se prolonge.

On dénombre cinq éléments complémentaires :

- La largeur ou l’étroitesse du champ de conscience : centres d’intérêt très diversifiés, ou très peu.

- La domination ou la conciliation

- L’extraversion ou l’introversion

- La tendresse et la sécheresse affective

- L’avidité (besoin de posséder) ou la non-avidité
Tableau des huit caractères fondamentaux :

Émotifs-inactifs-primaires

nerveux

Émotifs-inactifs-secondaires

sentimentaux

Émotifs-actifs-primaires

actifs exubérants

(ou colériques)

Émotifs-actifs-secondaires

passionnés

Inémotifs-actifs-primaires

réalistes

(ou sanguins)

Inémotifs-actifs-secondaires

flegmatiques

Inémotifs-inactifs-primaires

amorphes

Inémotifs-inactifs-secondaires

apathiques


2. ÉDUCATION ET RÉÉDUCATION DES NERVEUX
a) Présentation du nerveux

● Le nerveux a une grande émotivité, qui n’est pas dérivée dans l’action, et n’a pas la barrière de la secondarité. Sa sensibilité est tumultueuse, son intelligence est bouleversée, sa volonté est asservie à ces mouvements précipités.

- Vit dans l’instant : mobile et affairé, travaille par à-coups, impulsif, inégal d’humeur, mobile en amitié, vite consolé.

- Vivacité affective : violence, susceptibilité, parole forte et criarde, rire abondant. Besoin d’émotions : recherche les impressions nouvelles, les changements, les divertissements, les résultats immédiats ; peu casanier, peu solitaire

- Manque d’objectivité : vie et pensée contradictoires, peu digne de foi, menteur, méfiant, peu honnête, parle beaucoup de lui, peu ponctuel. Manque d’esprit de suite : rarement au travail, néglige les travaux imposés, ajourne, se décourage, se laisse convaincre. Manque de discipline : sexualité déréglée, dépensier, impatient pendant les maladies

- Sentiment de soi : content de soi, vaniteux, affecté, rit de ses plaisanteries, embellit ce qu’il dit, complimente

Physiquement, visage amenuisé à l’étage inférieur. Yeux, nez, bouche ouverts et proéminents. Profil saillant.

Étroit ou large ? Le nerveux étroit est surtout attentif à lui-même. Il aime se faire remarquer, attirer l’attention. C’est un levier éducatif : il peut soigner son travail et sa conduite pour favoriser son amour-propre. Le nerveux large est souriant et d’une extrême gentillesse, mais incapable de s’astreindre à un effort.

Comprendre le nerveux. Le nerveux, esclave de l’instant, est insensible aux remarques portant sur le long terme. Il lui faut un éducateur très ouvert et généreux. La sévérité est inutile, comme les punitions.
b) Éducation du nerveux

● La vigilance (ce sont des enfants très mobiles) doit s’allier à la délicatesse (ils sont très sensibles).

La sévérité ne donne rien : ou bien on obtient une mentalité immorale (pas vu, pas pris) ; ou bien, pour un nerveux étroit, le reproche peut conduire à un éclat imprévisible ; pour un nerveux large, à une inactive mélancolie ; enfin, il est des cas où la sévérité provoque une satisfaction paradoxale, le prestige de la faute.

Révéler au nerveux son caractère. S’appuyer sur l’émotivité et le sentiment de soi. Ces moments de découverte doivent simplement être répétés pour compenser la facilité d’oubli.

Freiner l’émotivité primaire. - Offrir à l’enfant des lieux de calme et de décompression, sans le séquestrer : des détentes non excitantes, de la diversité sans dissipation, des émotions éducatives.

- Faire le vide autour de ses éclats : lui faire comprendre que nous ne prenons guère au sérieux sa « crise ». Tout en restant amical, lui dire qu’« il fait l’intéressant ».

- Surveiller les évasions. Il peut s’égarer dans la cruauté et le fantastique : lui révéler cela, et freiner son émotivité.

- L’école maternelle freine et fixe : elle éveille à des centres d’intérêt, elle pousse à une recherche un peu plus suivie. L’école primaire poursuit ce travail en imposant une discipline à travers des cycles, en renouvelant l’intérêt. La famille joue aussi son rôle : habituer l’enfant à ne pas sursauter, à supporter un spectacle un peu pénible.

- Jouer sur la maîtrise et l’affirmation de soi. A la puberté, proposer au jeune de devenir plus maître de lui-même.

Maîtriser l’intelligence. Tirer l’intelligence vers l’abstraction en apprenant au jeune à chercher la loi de ses impulsions. Il veut acheter telle cravate à la mode ? Lui montrer qu’il n’est qu’un mouton de Panurge, par ex.

Maîtriser la motricité. Pour le corps, rien de tel que des sports, et de préférence individuels. Pour l’affectivité, utiliser la tactique du recul élastique et de la terre brûlée.

L’attaque des défauts particuliers.

- L’indécision. Il craint de s’appauvrir en se décidant : le jeter à l’eau, lui confier une mission qui pique sa vanité.

L’impulsivité. On peut la traiter alimentairement (magnésium et sédatifs légers). Pratiquer aussi le recul élastique et profiter du creux de vague pour révéler au nerveux sa servitude.

L’instabilité : mettre devant ses yeux les exigences réelles de ses examens. Enrober le refus dans l’explication. Soumettre le nerveux à une discipline de travail en famille, inflexible dans ses grandes lignes, mais discrète et aimable dans ses expressions. Ne pas le laisser remettre au lendemain. Eviter l’internat.

Le mensonge. Il peut mentir pour embellir ou par embarras. Au fond, ce n’est pas bien grave.

Le sentiment excessif de soi. Surtout, ne pas détruire ce vrai levier éducatif. Au contraire, le transférer de l’individu à ses œuvres. Cela le sortira de son complexe d’infériorité (et de supériorité). Souligner les vrais succès.

La bouderie du nerveux : ne jamais lui céder.
3. VARIÉTÉS DE NERVEUX ET TRAITEMENTS SPÉCIAUX
a) Les nerveux mélancoliques. Leur donner des occasions d’action, les encourager.

b) Les nerveux cycloïdes. Ces cyclothymiques sont excessivement sensibles à l’ambiance. Respecter les aspects exubérants du cycle, et mobiliser cet enjouement vers l’action. Apaiser aussi médicalement l’instabilité.

c) Les nerveux frivoles. Calmer le système nerveux, donner du magnésium. Organiser les divertissements, imposer une discipline. Surveiller le passage à la chambre d’étudiant en imposant un mentor. Ils sont capables du meilleur.

d) Les nerveux mythomanes. Vers 8-10 ans, la fabulation enfantine doit disparaître. La vraie mythomanie est propre aux étroits. Pour eux, c’est une victoire que d’imposer leur mensonge à l’entourage. Les orienter vers de vrais rôles, vers le théâtre. Etre le moins complaisant possible à leurs fables, en ne leur proposant pas l’oreille des adultes, mais celle d’autres enfants : « Les enfants ne parlent pas à table ». Et attention à ce qu’ils lisent et regardent.

f) Les nerveux hystériques. L’hystérique est un mythomane qui s’auto-suggère. Ne pas exciter l’imagination, éviter le mysticisme, faire lire des aventures vécues, inciter au travail manuel, au jeu en groupe (discipline et évasion).

g) Les nerveux désaxés. Ces étroits se fixent sur un certain type d’émotions. Traitement sédatif sur le plan médical. Psychologiquement, leur donner une part de divertissement et redresser progressivement leur caractère : leur donner des tâches originales, ou leur montrer le côté piquant de leur tâche quotidienne.

h) Les nerveux hautains. S’appuyer sur le sentiment de soi pour orienter leur demi-activité en un sens positif.

i) Les nerveux hyperémotifs. Contre l’angoisse : habituer l’enfant à être seul dans sa chambre, à l’obscurité.
4. ÉDUCATION ET RÉÉDUCATION DES SENTIMENTAUX
a) Présentation du sentimental

Émotivité, mais dotée de secondarité. Emotion tendue, longue et secrète. Désirs obstinés, entêtés. Impulsivité très moyenne, grand amour de la solitude, horreur de la nouveauté et amour des habitudes et des souvenirs. Fermé, boudeur, mélancolique. Très mécontent de soi, peu soucieux de sa tenue, timide et craintif. Peu de sens pratique.

Défauts : violent, excitable, d’humeur variable, fermé, boudeur, indécis, peu courageux, facilement découragé, timide, craintif, mécontent de soi, peu soucieux de sa tenue, rancunier.

Qualités : cohérence des actes et des paroles, conduite honorable, sincérité, honnêteté, bonté envers les inférieurs.

Unité de vie : elle est très forte. Très sensible aux événements, aux reproches. Grande cohérence. Honnêteté, véracité. L’unité se fait dans le présent, mais aussi dans le passé. C’est pourquoi il faut éviter à l’enfance des chocs, aussi bien qu’une trop grande protection. Mais chaque sentimental est aussi « unique » en son genre, car c’est toute son histoire personnelle qui l’influence.
b) Le traitement de l’introversion

● L’éducateur doit empêcher que l’introversion ne produise une rupture avec le milieu ambiant, ou si c’est déjà le cas, restaurer l’harmonie. La « conversion » du sentimental l’amène à la bonne connaissance de soi, à une maîtrise de soi, et finalement à une réforme de ses défauts. Un sentimental adapté est heureux.

Erreurs éducatives. L’échec scolaire, une orientation contre-indiquée peuvent lui faire beaucoup de mal. Une mauvaise note, une mauvaise appréciation laissent des traces profondes. L’inverse est vrai. Le mauvais temps les touche s’il dure. Les préférences familiales aussi. La promiscuité des classes, la muflerie, la grossièreté, les abandons, la brutalité l’affectent. Il faut écarter de lui les brimades. C’est la famille qui doit constituer le refuge.

Que faire ?A l’école : veiller à ce que l’épreuve scolaire soit positive.

- La famille : doit protéger, pas trop quand même !

- La conscience professionnelle : ce sera un véritable levier éducatif chez ces enfants. S’appuyer sur elle pour en faire des actifs. Encourager, mettre en relief leurs premiers succès.

- L’indécision et le scrupule : montrer au sentimental que l’échec fait partie de la marche normale vers le succès. Le pousser progressivement à l’action.

- Les habitudes et les marottes : créer de bonnes activités, de bonnes habitudes. Eviter le journal intime !

- La pensée embrouillée : les aider à suivre un raisonnement. Valeur esthétique d’un « beau » raisonnement.

- Les thèmes religieux : « solidifier » cette tendance forte. L’appuyer sur des raisons, plus que sur des sentiments.

- L’ennui : transformer le « désir » en action. L’aider à « faire » les choses.

- La hauteur : elle est en fait un bouclier.

- Les punitions : à éviter. Elles blessent le sentimental. Il faut même souvent lui donner l’excuse qu’il ne se donnera pas spontanément. Ne pas l’humilier.
5. ÉDUCATION ET RÉÉDUCATION DES ACTIFS EXUBÉRANTS (OU « COLERIQUES »)
a) Présentation de l’actif exubérant

- L’appellation de « colérique » est insatisfaisante : il est violent, susceptible, impulsif, mais pas plus que le nerveux.

- Il travaille très régulièrement, même s’il a tendance à expédier la besogne, il est persévérant, adroit et pratique.

- Il est très serviable et compatissant, de bonne humeur, désireux d’impressions nouvelles et de changements.

Physiquement, il est plutôt allongé, lèvres fortes, nez long, yeux gros, front arrondi, fuyant, cheveux abondants.

b) Éducation de l’actif exubérant

La discipline de l’exubérance. Les arrêts : une solide éducation morale, un entraînement à la discipline de soi. Mais les acquis ne sont pas durables. Les divertissements : le sport.

L’attacher à sa famille. Son goût de l’indépendance est réel. Aérer l’atmosphère familiale, et l’attacher aux siens. De fortes personnalités (un père, un maître) doivent s’imposer à lui. Il marche au cœur. Ne pas l’humilier en public : le prendre en privé, lui faire voir que sa faute n’est pas digne de lui, qu’il vaut mieux que cela. Lui présenter un but qui le galvanise : un métier d’aventure, mais d’un niveau élevé. L’accompagner dans ses objectifs, cela le touchera.

L’émulation et l’ambiance scolaire. Lui montrer qu’il a progressé, qu’il se dépasse. Ne pas l’humilier. Le groupe de camarades auquel il appartient importe aussi beaucoup : il est de tous les coups, bons comme mauvais.

La générosité et l’ambiance générale. L’aider dans ses entreprises sociales. Il est honnête, son mensonge n’est qu’exagération, il est confiant. Mais se méfier de l’impulsivité affective, orienter l’activité. Capables du meilleur.

L’optimisme total. Organiser, morceler son travail, pour qu’il saute les obstacles.

L’intelligence et le travail. Leurs résultats sont irréguliers, ils sont plus à l’aise dans le concret.

L’orientation intellectuelle. Comme il est décidé mais peu persévérant, il peut perdre du temps dans diverses voies.
6. ÉDUCATION DES PASSIONNÉS ACCENTUÉS ET DES PASSIONNÉS RÉFLÉCHIS
a) Description et éducation du passionné réfléchi

● Impulsivité, patience, susceptibilité moyennes ; tolérance, libéralisme forts ; peu impérieux, peu facile à conduire.

Physique : rétractés de face. Visage aplati, profil rectangulaire, parfois presque carré, front surplombant (parfois bossué), creux et bosses arrondis, mâchoire à angle droit, menton en galoche, bouche fine, yeux encaissés.

Évolution. 3 ans : entêtement, petits raisonnements, émotivité, très joueur mais calme et solitaire, observateur.

En âge scolaire, il se passionne pour la lecture, soigne ses cahiers, ou aime ses animaux. Assez mûr à 13-14 ans, il ressent fortement la poussée sexuelle, mais a l’art de se raisonner. Sentiments familiaux vigoureux mais discrets.

- Vigueur rapide plutôt que violence. Il peut être redresseur de torts en classe, et voudrait des parents parfaits.

- Il choisit ses actes avec décision et pénétration. Sa vocation, son mariage. Passion de l’ordre : lui fixer des limites.

- Le comportement scolaire. Bon élève : intelligence rapide et solide, bonne mémoire, don de l’observation. Bon en tout, et modeste. Il écarte les mauvaises fréquentations, et aime travailler seul. Ponctuel.

- L’indifférence pour le sport. Il faut le motiver à cela, par le raisonnement.

- Le manque de courage physique. Normal, car il est émotif et secondaire. Il faut l’y entraîner.

- Le désintérêt pour les arts. On peut essayer de l’y mener, mais cela risque d’être peine perdue.

- Valeur morale. Il est plein de vertus : assidu, consciencieux, honnête, digne de confiance.

- Sentiment religieux. C’est un grand croyant et un réfléchi, un convaincu.
b) Description et éducation des passionnés accentués

● Impulsivité, impatience et susceptibilité fortes ; tolérance, mais libéralisme moyen ; parfois impérieux ou sombres, très peu faciles à conduire. Ils ont souvent mauvais caractère, une franchise assez brutale.

Les passionnés mélancoliques, méditatifs ou vindicatifs. Forte émotivité, forte secondarité (lettres très affectueuses) : forte religiosité. Mais actif : écolier très sérieux, passionné de lecture. Voir les sentimentaux.

Les passionnés impétueux. Forte émotivité et forte activité. La secondarité dirige leur impétuosité.

– Les étroits braquent toujours leur conscience dans la même direction, sans rien voir d’autre. Farouches entêtés.

– Les larges, au contraire, voient à la fois leur but et le reste. Cèdent à une conviction raisonnée. Les laisser réfléchir. N’user ni de moquerie, ni de violence : ce sont des sensibles.

Le danger paranoïaque. Le passionné méditatif ou impétueux est prédisposé à la paranoïa. Très ombrageux… Les installer dans un climat éducatif ouvert et optimiste, tout en étant ferme sur les interdits.

En résumé : vaincre leur forte secondarité, étroite et dominatrice. Une autorité pleine de chaleur y parviendra.
7. ÉDUCATION ET RÉÉDUCATION DES RÉALISTES (OU « SANGUINS »)
a) Présentation du réaliste

● L’appellation de « sanguin » est inadaptée. Ayant peu de vie intérieure, il est tranquillement disponible à l’extérieur. Émotivité moyenne : souvent bon élève. Moralement fragile, mais aisé à rééduquer.

Les appels du corps. - Un para-colérique (proche du colérique) consomme vigoureusement, mais dépense autant (sport et bagarres). Avidité, sexualité précoce et sans fixité. - Un para-amorphe a plutôt une sensualité, parfois solitaire, avec une recherche du scabreux. A surveiller. – Mais la curiosité est vive et peut servir de point d’appui.

Faiblesse de la vie morale. Triche aisément en classe. Ment. Calme lorsqu’il est pris en faute. Désireux d’argent.

Faiblesse de la vie religieuse. Un simple conformisme dans le meilleur des cas. Intelligence positive, optimisme.

Le calme et ses vertus. Courageux, assez réfléchi, un peu d’impulsivité active. Indépendance de jugement, présence d’esprit, sens de la répartie. Intelligence ouverte, objectivité, clarté d’esprit. Mais la volonté est moyenne.

Le réaliste et le monde. - La tendresse. Celle-ci ne s’applique pas spécialement à la sexualité ou à la sensualité, mais à toute l’expérience affective : une émotivité paisible qui offre une bonne emprise à l’éducation et à la vie familiale. Elle suppose un peu d’émotivité, la primarité, la largeur, la conciliation et l’extraversion.

- Peut être débrouillard, n’est jamais méchant. Se réconcilie facilement. Opportuniste et versatile. Suit la mode pour « être comme les autres ». Calme, circonspection, présence d’esprit.

L’activité et ses vertus. Amour du sport, à utiliser. Goût de l’effort. Friand de résultats immédiats. Sens précis du temps et de l’orientation. Poursuit des buts rapprochés. Très laborieux, même s’il peut bâcler et s’éparpiller.

La fille réaliste. Un peu plus émotive, moins primaire, s’intéresse plus aux personnes qu’aux choses.

- Facilité d’accord aux êtres et au monde (syntonie marquée). Goût et sens du bonheur tranquille. Sagesse. Apprécie les compliments. Influençable par le groupe, mais sait se reprendre, sauf si elle est para-amorphe.

- Religiosité d’attachement. Plus de courage pour les grandes choses que pour les petites. Besoin de vie matrimoniale.

- Intelligence plus concrète, soin dans le travail, constance et fermeté de volonté

- Vie collective : affection (moins chez les étroites), moindre facilité à se réconcilier, moins d’esprit pratique.

Physique. Type dilaté moyen, à tendance virile. Visage large, rond à courbes pleines, mais reliefs musculaires. Saillie en avant des yeux, nez et bouche. Menton et mâchoire inférieure marqués. Pommettes et nez dilatés et arrondis.

Evolution. Enfant facile. Pas de crise d’adolescence. Ce n’est qu’à 20 ans que commence le développement de la personnalité. Scolairement, le risque est l’abandon des matières jugées difficiles : il lui faut un mentor.
b) Éducation ou redressement du réaliste

Les étais provisoires. Surveillance, mais discrète, de la vie affective, sans inquisition : soigner l’intégration au milieu familial. Utiliser l’avertissement indirect : « Si j’étais son père (ou sa mère), ma réaction serait grave. » Ambiance familiale chaleureuse et vivante, mais aussi ferme et réglée. Demander des résultats, exiger l’effort.

Faire surgir l’émotivité, pour aider le réaliste à se réconcilier avec le monde. Il en est séparé par sa froideur.

- Les 2 extraversions. Celle du nerveux est chaude, émotive. Celle du réaliste est froide (ou tendre).

- L’émotivité spirituelle du réaliste. Il a de nombreux centres d’intérêt, auxquels il manque une synthèse : le mariage, un but, une mission. Cette synthèse crée « l’émotivité spirituelle ». L’aider à l’acquérir.

- Apprendre la sympathie et la tendresse. Envers une personne et envers l’univers. A travers un animal, ou la nature.

- La famille. Importance de l’amour maternel. La maman aide les plus pauvres, raconte des histoires.

- L’école. Elle crée une bonne émotion, à travers la lecture d’un texte, le récit d’un événement historique. Et les élèves reçoivent des missions. Le réaliste a le sens des responsabilités, de l’honneur et de la mission.

- Le groupe organisé (scoutisme ou activité d’équipe). Cela aide à se rendre compte de la diversité des individus. Le réaliste, en effet, prend souvent les singularités des autres pour des comédies.

Le combat contre la primarité. La secondarité crée le sens de la loi, refroidit la sensualité et prépare l’avenir. Des conversions sont nécessaires pour élargir ses horizons. L’obliger, avant une dissertation, à réfléchir au sujet proposé. Expliquer comment nourrir un plan. Imposer le soin dans l’écriture et la présentation. S’avancer dans le travail.

L’attaque des défauts particuliers.La gloutonnerie. La famille doit la censurer très tôt.

- La sensualité. 1er remède, la bonne ambiance en famille. 2°, l’éducation sexuelle : le prémunir contre l’auto-sexualité (« un gaspillage inutile »). 3°, l’éducation morale. - La curiosité. Apprendre à la maîtriser, en la respectant.

- L’optimisme laxiste. C’est la croyance naïve que « tout s’arrangera ». Révéler le caractère, lui montrer ses erreurs.

- Lutte pour la volonté. En attendant la « conversion » (vers 17-18 ans chez le réaliste), il faut une discipline et de bons entretiens, un peu solennels. Ils peuvent avoir d’excellents effets (produire une haine « froide » du mensonge).

- Une morale de liberté et de clarté. Sans effusions mystiques. L’habituer à sortir du lit à l’heure, à s’avancer, à se lever contre l’obstacle. Une morale de raison où la volonté gouverne.

L’orientation professionnelle. Sa plasticité lui permet tout. Mais le maintenir dans l’effort, la persévérance.
8. ÉDUCATION ET RÉÉDUCATION DES FLEGMATIQUES
a) Présentation du flegmatique

Physique. C’est un rétracté de face : les yeux, la bouche sont enfoncés. Le nez, le menton sont en saillie, mais menus, aigus. L’étage inférieur du visage s’amenuise. La mâchoire inférieure est en angle vif.

Évolution. L’enfant est mince, frêle presque, son appétit est mesuré, il n’est pas bavard. Il marque un entêtement calme. A l’école, il est actif, soigneux. Ses raisonnements sont précoces. Il pratique des jeux personnels, plutôt solitaires. Il accomplit son devoir par souci de la règle. Il mène une vie sans histoire.

Caractère. Il n’a pas de défaut positif : il fait ce qu’il doit et avance régulièrement. Mais il manque de chaleur affective, et sa vie est un peu lointaine.

- L’inémotivité secondaire. Il est froid et calme. Il a peu d’amis, est peu bavard. Il est tempérant, sensuellement sage. Sa sentimentalité est réduite. Qualités : pondération, tolérance, adaptabilité (pour les larges). Les étroits risquent d’être prisonniers de leurs marottes. Il est curieux sans éclat, froidement religieux. Il est doucement discipliné ; vérace, digne de confiance ; son seul défaut potentiel : la rancune. Et en plus, il apprécie la vie.

- L’activité : tournée vers les choses de l’esprit. Ponctualité extrême, manie de l’ordre, propreté extrême. Il ne gagne pas scolairement à travailler en équipe, mais peut y être très responsable. Il ne craint pas l’effort pour ses intérêts.

- L’intelligence. Une intelligence scolaire. Les larges ont un esprit ouvert et déjà organisé. Les étroits ne s’intéressent à la nouveauté qu’à bon escient, et après coup. Le jeune flegmatique n’aime guère la littérature. C’est un esprit lent en raison de la secondarité : alors qu’il fait la synthèse, il opère en même temps l’analyse.
b) Éducation des flegmatiques

Faire surgir l’émotivité. Chez le flegmatique, la secondarité organise et durcit l’inémotivité.

- Pour le large : l’aider à comprendre autrui, avant la sympathie ouverte. Le groupe organisé le permet.

- Pour l’étroit : le prendre par la théorie, l’éloquence. Lui faire saisir, dans un moment de vie sociale cordiale, les limites de son étroitesse. L’entourer des amis qu’il apprécie. Couper court aux manies, introduire diversité et inédit dans sa vie. L’entourer. L’ouvrir à la nature. Utiliser son activité pour l’aider à retrouver l’« élan ».
9. LES PARESSES EXTRA-CARACTÉRIELLES
a) Les paresses pathologiques. Il existe des paresses qui relèvent d’une pathologie lourde : l’encéphalite léthargique, l’épileptoïdie, et la paresse opposante du futur schizophrène.
b) Les paresses physiologiques : l’asthénie. C’est une santé faible et morne. Elle suppose un déficit, une insuffisance, non un trouble de fonctionnement. L’asthénique est celui qui dispose de la tension psychologique, mais pas de la force.
c) L’asthénie accidentelle et l’asthénie constitutionnelle. L’asthénie accidentelle est un surmenage. Elle se soigne comme l’asthénie constitutionnelle : médicalement. Après ce travail, il reste le travail psychologique : assurer une présence et discipliner l’action. « Tiens-toi droit, ne te laisse pas aller, parle plus nettement, plus haut... » Les aider à maîtriser leurs gestes. Et continuer à les protéger : ils ne sont pas faits pour la lutte.
10. ÉDUCATION ET RÉÉDUCATION DES AMORPHES (OU NONCHALANTS)
a) Présentation de l’amorphe

La paresse est sa caractéristique. Il a une forte inertie dans le statu quo.

Sous-types : l’amorphe paranerveux, pararéaliste, et radical.

Physique. L’amorphe est de type dilaté sans modelé « personnel » : ni bosse, ni relief, ni méplat.

● L’amorphe n’a pas de tension, mais il est auto-satisfait : gaieté placide, optimisme béat.

Évolution : celle du pararéaliste est roche de celle du réaliste. L’amorphe radical est le lymphatique. Le paranerveux est comme le radical, avec quelques traits du petit nerveux.

Le caractère : bon enfant. - Les amorphes radicaux : la paresse laisse s’introduire la boulimie et l’indiscipline sexuelle. Ils ne se lancent pas dans le jeu, mais s’y laissent entraîner.

Les paranerveux : ils sont contradictoires et très instables. – Les pararéalistes : ils »font leurs devoirs », si le maître est redouté. Ils remettent au lendemain. Ils sont très peu ponctuels, et ont une paresse élective.
b) Les remèdes à la paresse

La vigilance exacte, la sévérité. Utiliser le sens de soi de l’amorphe, mais surtout son objectivité : l’enfermer dans un couloir de récompense et de sanction. Le priver de dessert ou de sortie. Mais il faut aussi agir sur le fond, afin qu’il comprenne les satisfactions de l’effort consenti et heureux.

Le régime de l’exigence scolaire. Avec ou sans l’arsenal de sanctions, mais avec autorité.

La méthode vraiment éducative. - Faire surgir l’activité. Pour cela, la révélation : montrer les dégâts de l’inaction.

- L’intégration : par le travail collectif. Ayant pris le goût du travail, il saura le transférer à sa tâche individuelle.

Le régime et les soins. Il doit changer d’air. Air marin. Magnésium..

L’orientation professionnelle. Il ne lui faut pas un concours, mais des épreuves successives. Il doit être bien encadré. Le grand problème est le passage du lycée à la faculté.
c) Les remèdes aux servitudes organiques et égoïstes

● Gros mangeurs, physiquement indolents ; peu de propreté ; suivent la mode ; adultes, sexuellement indisciplinés.

Le sport (collectif) : la morale sportive (du fair-play) ; analyser aussi la joie sportive : celle de l’effort.

Les activités de groupe (scoutisme).

L’éducation familiale : doit être affectueuse, mais aussi énergique, active.

La « révélation » : montrer à l’amorphe son inertie et sa mollesse.

Contre le défaut de sens pratique : lutter pour qu’il fasse bien son lit, qu’il laisse son bureau en ordre, et contre le défaut d’exactitude verbale. Contre la tendance à gaspiller aussi. Et la ponctualité extrêmement faible.

L’ardeur religieuse : ce sont aussi les plus faibles. Ils peuvent la retrouver au sein d’un groupe.

Points d’appui : le courage, qu’il faut complimenter. La stabilité, utilisable dans le travail. La sociabilité, la tendresse. Ils tiennent parole.

10. ÉDUCATION ET RÉÉDUCATION DES APATHIQUES
a) Présentation de l’apathique

La secondarité joue comme une paralysie.

Physique. L’apathique est de type « rétracté atone » : amenuisement complet du visage, sans relief, expression molle et pauvre. Son corps est long, étroit, sans muscles. Il a la peau fine et pâle. Ses paupières sont lourdes, son regard doux et vague, ses mains molles et minces.

Évolution. Petit enfant, sa santé est délicate. Son enfance est sans relief. A l’adolescence : risque de fugues, petits larcins, mensonge, onanisme.

Caractère. Inactivité : paresse manquant de tension et de force, mais la discipline de cette force est exercée par un secondaire : il peut être boudeur, entêté, irréconciliable, économe, enfant à principes. Les jeux « ne lui disent rien ». En récréation, il s’isole. Il tient bien ses cahiers, mais tourne presque à vide (sauf si l’intelligence est forte).

- Affectivité défaillante. Sentiment de dépréciation généralisé. Très peu bavard, secret, d’humeur « égale ». Goût très fort pour la solitude. Ni compatissant, ni serviable. Indifférent aux animaux. En revanche, très doué pour le dessin.

Intelligence : perception faible, bonne mémoire, inventivité peu concrète. Il a de nombreuses habitudes.
b) Les remèdes à l’apathie

Remèdes physiologiques à l’asthénie : médicaux. De l’énergie, une éducation physique mesurée. Respiration.

Psychologiquement : éviter exhortations ou sanctions. Utiliser les défauts ! Animer les habitudes, y compris intellectuelles. L’enfant se laisse vivre : y rajouter l’affection. Féliciter l’enfant sur la présentation de ses copies. Il a besoin d’un travail sous forme d’une progression ordonnée. Faire progresser sa vie affective à partir d’intérêts très proches. Animer la vie familiale, la remplir d’entrain. Varier les voyages, les vacances. Introduire la générosité.

Orientation professionnelle. Sans viser de grandes ambitions, il peut faire une carrière administrative. Mariage !
Il reste deux chapitres. Au chapitre 12, LES DEVIATIONS SEXUELLES, l’auteur conseille de « viriliser le garçon, féminiser la fille ». Ne pas les braquer non plus contre l’autre sexe. Ne pas déprécier l’amour.
CONCLUSION
La caractérologie ne dispense pas de l’intuition. Maîtres et parents doivent connaître leur propre caractère. Il faudrait faire un diagnostic caractérologique de chaque enfant. L’éducateur doit prendre tout au sérieux, rien au tragique. Pour chaque caractère, il y a une « marge éducative », c’est-à-dire une possibilité de redressement ouverte au travail de l’éducateur. L’éducation est « révélation », c’est-à-dire prise de conscience par l’éduqué de ce qu’il est. Plutôt que des leçons de morale, il faudrait des entretiens adaptés à chacun. Fixer des objectifs proches, plutôt qu’un objectif idéal et lointain.

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