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Introduction


L’histoire et la pratique du travail de proximité dans le domaine des drogues en Europe a subi des changements substantiels lors des dernières décennies. Globalement, on pourrait dire qu’un glissement progressif s’est opéré, de l’intérêt porté aux pauvres en général, puis aux jeunes des cités, aux hippies et enfin aux usagers de drogues. Dans les années 80, à la suite de l’épidémie du sida, l’accent s’est porté plus particulièrement sur les usagers ‘cachés’, puis dans les années 90 sur les consommateurs de ce qu’on appelle les ‘nouvelles’ drogues ou drogues de synthèse, comme l’ecstasy. Ces dernières sont cependant encore peu explorées et les activité de proximité en Europe sont surtout tournées vers les usagers des drogues ‘classiques’, que sont principalement l’héroïne et la cocaïne.

Dans l’ensemble, le travail de proximité auprès des usagers de drogues au niveau national en Europe poursuit quatre objectifs généraux :

  • identifier les populations cachées et prendre contact avec elles ;

  • diriger ces personnes vers les services de soins existants ;

  • mettre en place des services de prévention et de réduction de la demande ;

  • développer la réduction des risques dus aux relations sexuelles et à l’usage de drogues.

Un autre objectif, rencontré dans la politique nationale de seulement quelques uns des 15 Etats membres, consiste à identifier les besoins et les perceptions des usagers de drogues à l’égard des services de soins existants, et de retransmettre cette information à ces services. Ce nouvel aspect du travail de proximité peut renforcer considérablement l’efficacité et la cohérence de ces services.

Dans cette étude, nous avons distingué trois méthodes de travail de proximité :

  • le travail de rue, de loin le plus pratiqué ;

  • le travail au domicile des usagers ;

  • le travail en institutions.

Dans leur travail, les services de proximité entrent en relations avec d’autres services destinés aux usagers de drogues, ainsi qu’avec des organismes dont la mission est plus large. Même si ce travail en réseau et en coopération entre différents services est important, il pose de nombreux problèmes pratiques. Dans l’Union Européenne, la plupart des services de proximité sont issus de services classiques de soins aux usagers de drogues ou d’associations travaillant auprès des jeunes. Dans l’Europe du nord-ouest, les services de proximité proviennent souvent de services de soins, alors que dans les pays du sud ils font en général partie des services sociaux locaux. Partout la plupart des activités de proximité manquent encore des ressources financières, juridiques et humaines nécessaires pour mener à bien leur tâche. De plus, les possibilités de formation appropriées, centrées spécifiquement sur le travail de proximité, sont pratiquement inexistantes en Europe.

Trois catégories principales d’intervenants font du travail de proximité :

  • des professionnels ;

  • des ‘pairs’ (anciens ou actuels usagers de drogues) ou des intervenants issus des milieux de la drogue ;

  • des bénévoles.

Etant donné la professionnalisation croissante du travail de proximité, l’engagement de pairs et de bénévoles est essentiel pour garder le contact avec les groupes ciblés. Le travail avec des pairs est cependant souvent controversé, pas tant en théorie qu’en pratique, et plus particulièrement pour les drogues ‘classiques’ que pour les ‘nouvelles’ drogues.

Nous avons distingué quatre modèles principaux dans le travail de proximité, qui sont :

  • le modèle du travail auprès des jeunes ;

  • le modèle de la recherche de clients ;

  • le modèle de l’autosupport ;

  • le modèle de santé publique.

Le travail auprès des jeunes est le modèle le plus ancien en Europe ; dès les années 60, des intervenants se sont activement attaqués au ‘problème de la jeunesse’. Leur objectif a particulièrement été de trouver des solutions aux problèmes que les jeunes rencontrent dans leur environnement propre, plutôt que de décider derrière un bureau ce qu’ils considéraient être le mieux pour les personnes concernées. Leur but est d’empêcher une plus grande marginalisation et de favoriser l’intégration sociale.

La recherche de clients est un modèle qui prend ses racines dans les communautés thérapeutiques du début des années 70. L’objectif premier est d’attirer les usagers de drogues vers des programmes de soin qui pratiquent le sevrage et se font en milieu interne. Le but recherché est l’abstinence, suivie d’une réintégration sociale.

Tout comme le travail auprès des jeunes, l’autosupport est un modèle qui répond aux souhaits et à la motivation des usagers de drogues eux-mêmes. Il s’attaque au problème des drogues plus explicitement que le travail auprès des jeunes et son action s’appuie davantage sur la perception des intérêts du groupe que de ceux des personnes. Il a démarré à la fin des années 70 dans le cadre d’associations d’autosupport, avec l’idée d’accepter la prise de drogue comme une réalité sociale.

Le modèle de santé publique s’est construit à partir du modèle de l’autosupport, mais il accorde un rôle plus important aux interventions des professionnels. Ce modèle apparaît dans la seconde moitié des années 80, notamment sous l’influence du sida. Son but premier est la réduction des dommages par la prévention des risques dus aux relations sexuelles et à l’usage de drogues. Plus récemment, le travail de proximité selon le modèle de santé publique s’est aussi pratiqué auprès des usagers des ‘nouvelles’ drogues, avec davantage de pairs que dans le cas des drogues ‘classiques’.

Dans la plupart des pays de l’Union Européenne, le travail de proximité occupe une place significative dans les politiques nationales contre les drogues, bien que les pays du sud-ouest en soient à une étape plus développée. La plupart des Etats membres ont défini des objectifs nationaux pour une forme ou une autre de travail de proximité, même si les documents de la politique nationale contre les drogues n’y font pas toujours référence. La diffusion du travail de proximité parmi les usagers de drogues est plus importante dans la partie nord-ouest de l’Europe, et plus faible dans les pays du sud. Selon les pays, les modes de financement du travail de proximité sont très variés et peuvent fonctionner en concurrence. Les deux approches les plus courantes sont le financement direct de l’État ou de la ville.

Un regard sur l’ensemble des pays fait ressortir à la fois les similitudes et les différences dans les politiques et les pratiques nationales et dans la terminologie. Actuellement une difficulté majeure est que, dans la plupart des pays, le terme de ‘travail de proximité’ lui-même est rarement connu – et encore moins utilisé – dans le milieu qui le pratique. En dehors de la Grande-Bretagne, on utilise en général des expressions telles que ‘travail de rue’ (voir Glossaire).

Les projets de travail de proximité présentent leurs objectifs et leurs activités différemment, selon le public auquel ils s’adressent. Les rapports officiels sont généralement destinés à des organismes qui pourraient les subventionner, des décideurs politiques ou bien l’organisme dont le projet fait partie. C’est une pratique courante, pour la plupart des projets de proximité, de rassembler au moins quelques données de base sur leurs activités propres et sur leurs groupes cibles, bien qu’il n’existe que très peu de directives normalisées dans ce domaine, même au niveau local ou régional, et encore moins au niveau national ou européen. De plus, aux yeux de bien des intervenants, ce genre de collecte de données quantitatives est loin d’être perçu positivement.

Le besoin d’évaluation est largement reconnu, à la fois dans les projets locaux de proximité et au niveau régional, national et européen. Trois types d’évaluation seront présentés dans cet ouvrage :

  • l’évaluation de la structure ;

  • l’évaluation du travail ;

  • l’évaluation des résultats.

L’évaluation du travail semble être la plus pratiquée, mais l’évaluation des projets de proximité est encore rare dans beaucoup de pays. Les moyens de collecte de données et d’évaluation sont souvent inventés ad hoc et destinés à des projets spécifiques, rendant la comparaison de différents projets très difficile à l’échelon national ou européen. Le questionnaire qui a servi à la collecte des données du réseau d’information de l’EDDRA3, programme d’échange de l’EMCDDA sur la réduction de la demande de drogues, pourrait servir de modèle pour l’évaluation des activités de proximité, bien qu’il ait besoin d’être remanié et adapté à l’évaluation du travail de proximité.

Cela pourrait se réaliser en proposant des critères de travail et de méthodes, en créant des formations adaptées, en renforçant les relations de travail entre associations et en développant des méthodes de recrutement des pairs et des bénévoles.


DEFINIR LE TRAVAIL DE PROXIMITE

LA DIMENSION EUROPEENNE

LE CONTEXTE HISTORIQUE

L’INTERET SCIENTIFIQUE

DU TRAVAIL DE PROXIMITE

CONCLUSION
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