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LES GROUPES CIBLES

LES OBJECTIFS

DU TRAVAIL DE PROXIMITÉ

LES MÉTHODES DE TRAVAIL

CONCLUSION

2 Groupes
cibles,
objectifs
et
méthodes
de travail



Les groupes cibles



On a tendance à définir les groupes cibles selon des critères ou des caractéristiques spécifiques. Le chapitre 1 a souligné l’évolution des groupes cibles du travail de proximité selon les époques, depuis les jeunes déviants de la classe ouvrière aux hippies venant de classes sociales diverses, puis à une jeunesse consommatrice de drogues, aux usagers dépendants, aux usagers cachés et ‘à problèmes’, et plus récemment aux soirées de jeunes et aux ‘ravers’.

A présent, on peut distinguer deux larges groupes cibles pour le travail de proximité dans le domaine des drogues : les consommateurs des drogues ‘classiques’ et les consommateurs des ‘nouvelles’ drogues. Le travail de proximité en Europe s’adresse en général davantage aux usagers des drogues ‘classiques’. La définition proposée par Hartnoll et al. (1990 – voir chapitre 1) précise qu’il s’agit de groupes qui ne sont pas efficacement contactés par les services existants ou par les messages de l’éducation traditionnelle à la santé. Pour les professionnels, cette absence de contact est un problème – c’est à travers ces contacts qu’ils tentent de motiver et soutenir les projets des personnes de changer de comportement (mais ils peuvent avoir dans ce travail des objectifs divers et multiples, comme l’intérêt individuel des usagers de drogues, celui de leur groupe ou plus largement de la société). Comme cela est illustré ci-dessous, une telle définition convient mieux aux usagers des drogues ‘classiques’ que des ‘nouvelles’.

Cette partie traite des groupes cibles des interventions de rue ou au domicile des usagers, le travail en institutions étant traité plus tard dans le cadre des objectifs du travail de proximité.

Les tableaux 2 et 3 illustrent la fréquence des contacts de proximité avec :

  • les usagers des drogues ‘classiques’ (travail orienté sur le sida) ;

  • les usagers des drogues ‘classiques’ (travail orienté sur la réduction des risques plutôt que sur le sida) ;

  • les usagers des ‘nouvelles’ drogues (travail orienté sur la réduction de la demande) ;

  • les usagers des ‘nouvelles’ drogues (travail orienté sur la réduction des risques).

Dans la plupart des cas, les données viennent des Points Focaux Nationaux du réseau REITOX ou bien d’autres informateurs-clés12.

Les usagers des drogues ‘classiques’


On trouve des usagers de drogues difficiles à joindre dans tous les pays d’Europe. En réponse, une large gamme de services a été mise en place pour les contacter, dont le travail de proximité fait partie13. Le groupe désigné en tant qu’usagers de drogues ‘classiques’ est en général surtout constitué d’usagers d’héroïne, dont la plupart sont en fait des polyconsommateurs. Ils sont le principal groupe cible de tous les services de proximité, avec malgré tout des variations à travers l’Europe (souvent renforcées par les cultures et les traditions locales).
Tableau 2 : les usagers des drogues ‘classiques’


PAYS
travail de proximité orienté sur
le sida

la réduction des risques

sques

Allemagne

contacts occasionnels/rares

contacts fréquents

Autriche

contacts fréquents/réguliers

contacts fréquents/réguliers

Belgique

contacts fréquents/réguliers

contacts fréquents/réguliers

Danemark

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Espagne

contacts fréquents/réguliers

contacts occasionnels/rares

Finlande

Pas de contacts

Pas de contacts

France

contacts fréquents/réguliers

contacts occasionnels/rares

Grande-Bretagne

contacts fréquents/réguliers

contacts fréquents/réguliers

Grèce

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Irlande

contacts fréquents/réguliers

contacts occasionnels/rares

Italie

contacts fréquents/réguliers

contacts fréquents/réguliers

Luxembourg

contacts fréquents/réguliers

contacts fréquents/réguliers

Norvège

contacts fréquents/réguliers

contacts fréquents/réguliers

Pays-Bas

contacts fréquents/réguliers

contacts fréquents/réguliers

Portugal

contacts fréquents/réguliers

contacts occasionnels/rares

Suède

pas d’information disponible

La majorité des intervenants de proximité ont des contacts fréquents ou réguliers avec les usagers de drogues ‘classiques’, orientés spécifiquement ou exclusivement sur le sida, à l’exception de la communauté flamande en Belgique, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne et la Grèce. Les pays où le contact avec ces usagers est important ont également tendance à avoir un niveau relativement élevé d’autres contacts de proximité, pas spécifiquement orientés sur le sida ou la réduction des risques du sida. En Allemagne, le travail de proximité auprès des usagers de drogues ‘classiques’ semble se tourner davantage sur la réduction des risques en général plutôt que vers des services spécifiques du sida. Dans d’autres pays cependant (France, Irlande, Portugal et Espagne par ex.), le travail de proximité auprès des usagers de drogues ‘classiques’ est tourné davantage vers des services orientés spécifiquement sur le sida plutôt que vers une réduction plus générale des risques (voir Tableau 2). Ceci peut s’expliquer par le fait que le travail de proximité auprès des usagers de drogues est relativement nouveau dans ces pays et que, dans les pays cités du sud de l’Europe, le taux de sida parmi les usagers de drogues par voie intraveineuse est assez élevé.

Ce groupe cible est en fait constitué de nombreux sous-groupes dont l’une des caractéristiques principale est la dépendance des drogues. Certains usagers peuvent vivre à la fois dans des lieux semblables ou très différents et les problèmes qu’ils rencontrent peuvent être très différents. Pour cette raison, les usagers de drogues ne peuvent pas constituer un groupe cible homogène (Bravo, 1994). Et si l’objectif du travail de proximité est de rejoindre spécifiquement ceux que l’on présume être hors d’atteinte des services traditionnels, toutes les personnes dépendantes de drogues n’ont pas non plus besoin d’être ciblées pour des interventions de proximité. Etant données ces considérations, les facteurs suivants peuvent aider à définir les groupes cibles des usagers de drogues ‘classiques’ :

  • la prise de risques ;

  • la perception d’une vulnérabilité et d’un besoin d’aide ;

  • les caractéristiques du lieu et du cadre de vie ;

  • la taille du groupe ;

  • le degré de lien entre les usagers et les services ;

  • le degré selon lequel les usagers sont plus ou moins ‘cachés’.

Les usagers des ‘nouvelles’ drogues


Depuis la fin des années 80, la consommation d’ecstasy et d’autres drogues de synthèse s’est rapidement développée chez les jeunes à travers l’Europe. Cette contagion a été particulièrement rapide, si on la compare avec celle des autres drogues illicites comme le cannabis et l’héroïne dans les années 60 et 70 (Fromberg, 1995). Explorer les facteurs qui ont provoqué cette rapide contagion dépasse l’objet de cette étude mais on pourrait débattre du fait que la consommation de drogues de synthèse s’accorde à la fois avec ‘l’air du temps’14 – ce qui signifie un retour des symboles des années 60 – et avec les nouveaux modes de vie et de loisirs des jeunes. Chez les jeunes, la consommation de drogues récréationnelles est désormais liée systématiquement à la popularité des soirées musicales que sont les ‘raves’ (Pearson et al., 1991), ce qui explique qu’on parle de dance drugs en évoquant ces types de drogues. A une époque où persistent la dépendance à l’héroïne et le sida, les drogues de synthèse peuvent se vanter d’une image plus positive : saine, propre, sans dépendance et développant l’empathie et la communication érotique. Alors que l’héroïne est perçue comme une drogue de ‘losers’, les drogues de synthèse sont ‘cool’. Comparées à des drogues comme le LSD et à des stimulants comme le sulfate d’amphétamine, les ‘nouvelles’ drogues produisent des effets plus ‘légers’, plus stimulants et moins perturbants pour l’esprit. De plus, leur ingestion sous forme orale est perçue comme un avantage sur les autres drogues illicites qu’il faut injecter, inhaler ou fumer (Gamella et al., 1997).

L’inquiétude est montée au cours des années 90 à propos du développement de cette consommation de drogues de synthèse chez les jeunes. Les drogues comme l’ecstasy sont désormais juridiquement définies comme illicites et interdites. Les modes de fabrication et de distribution évoluent malgré tout rapidement et on ne cesse de rechercher des moyens de développer des alternatives chimiques et de produire ces drogues dans différentes zones géographiques. L’une des conséquences a été la pollution considérable du marché.

Dans les projets de travail de proximité, peu de pays ont ciblé les consommateurs des ‘nouvelles’ drogues à l’échelle de ce qui s’est fait pour les usagers de drogues ‘classiques’ (voir Tableau 2). La plupart des pays de l’Union Européenne ne se sont que rarement interessés aux usagers des ‘nouvelles’ drogues, si seulement ils l’ont fait. Le Danemark et la Norvège l’ont surtout fait dans une perspective de réduction de la demande, alors que la Grande-Bretagne met en place un bon nombre de services de réduction de la demande et des risques des ‘nouvelles’ drogues. Les six pays qui ont répondu avoir parfois ciblé les ‘nouvelles’ drogues l’ont fait davantage dans une perspective de réduction des risques que de réduction de la demande. En général, les pays qui ont des contacts de proximité fréquents avec les usagers des drogues ‘classiques’ ont également tendance à faire davantage de travail de proximité auprès des usagers des ‘nouvelles’ drogues, dans une perspective de réduction des risques. C’est le cas des Pays-Bas, de la Norvège et de la Grande-Bretagne. A l’inverse, les pays qui n’ont pas ou peu de contacts de proximité avec les usagers des drogues ‘classiques’ (comme la Finlande et la Grèce) n’ont pas de contacts de proximité avec les usagers des ‘nouvelles’ drogues.

Les mêmes facteurs utilisés plus haut pour définir les groupes cibles d’usagers des drogues ‘classiques’ peuvent servir à définir les groupes cibles des usagers de ‘nouvelles’ drogues.
Tableau 3 : les usagers des ‘nouvelles’ drogues
PAYS
travail de proximité orienté sur
la réduction de la demande

la réduction des risques

sques

Allemagne

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Autriche

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Belgique

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Danemark

contacts fréquents/réguliers

Pas contactés

Espagne

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Finlande

contacts occasionnels/rares

Pas contactés

France

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Grande-Bretagne

contacts fréquents/réguliers

contacts fréquents/réguliers

Grèce

Pas contactés

Pas contactés

Irlande

Pas contactés

contacts occasionnels/rares

Italie

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Luxembourg

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Norvège

contacts fréquents/réguliers

contacts occasionnels/rares

Pays-Bas

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Portugal

contacts occasionnels/rares

contacts occasionnels/rares

Suède

pas d’information disponible

Les caractéristiques d’un groupe cible


Trois questions demandent une réflexion plus poussée pour définir les groupes cibles du travail de proximité. Les deux premières questions concernent les drogues ‘classiques’ et la troisième, les ‘nouvelles’ drogues.
Les usagers des drogues ‘classiques’

Le principal critère pour qualifier un groupe cible doit-il être le fait d’être hors de portée des services spécialisés, alors qu’il y a sur ce point une grande différence entre les pays ? Les usagers contactés sont en réalité souvent présumés faire partie de groupes ‘à problèmes’ – les polyconsommateurs à long terme les plus lourds qui ont des comportements perturbateurs et à risques. Ainsi il y a un lien entre le degré de problèmes que pose la consommation de drogues et la probabilité d’être ciblé. Il y a là un sérieux paradoxe pour le travail de proximité : contrairement à son objectif reconnu de viser les populations ‘cachées’, ce sont le plus souvent les usagers ostensibles et les plus visibles (la plupart sont déjà bien connus d’un grand nombre de services) qui sont contactés (Strang, 1994). D’un autre côté, ne pas être en contact avec des services ne signifie pas toujours ne pas avoir accès à ces derniers et les usagers qui sont hors de portée à cet égard pourraient souvent l’être délibérément. Ainsi les vrais usagers de drogues cachés ne sont pas toujours ciblés et restent hors d’atteinte.
Les usagers des ‘nouvelles’ drogues

En tant que groupe cible pour une intervention de proximité, les usagers des ‘nouvelles’ drogues ne peuvent d’aucun manière être assimilés aux usagers des drogues ‘classiques’. Tout d’abord, être hors d’atteinte des services ne peut pas suffire à définir un indicateur de groupe cible ; pas plus que la marginalisation, la dépendance ou l’addiction, autres motifs importants pour le travail de proximité. Il s’agit ici d’un nouveau type d’usagers de drogues – pas les paumés de la rue, issus des banlieues, mais des jeunes en bonne santé pour la plupart, ‘normaux’, de milieux sociaux divers. De plus, le groupe potentiel à cibler est beaucoup plus hétérogène et sans doute beaucoup plus important que le groupe des drogues ‘classiques’.

Les usagers des drogues de synthèse font partie de sous-groupes divers et de subcultures qui utilisent différents symboles et ils ont des modes de vie et de consommation divers (Fromberg, 1995). Ceci peut grandement varier à l’intérieur de chaque pays et entre eux. Si les ‘new-agers’, les ‘clubbers’ et les ‘ravers’, pour ne citer qu’eux, constituent des groupes différents, ils ne se distinguent pas totalement les uns des autres (Nabben et Korf, 1997). Des jeunes peuvent faire partie de plusieurs de ces groupes, simultanément ou selon les moments ; d’autres ne s’identifient avec aucun groupe mais peuvent aller parfois à une soirée ou une ‘rave’. Les subcultures peuvent changer rapidement et être perçues comme ‘à la mode’ ou dépassées, courantes ou étranges. Certaines subcultures sont plus faciles à contacter que d’autres, même pour les chercheurs et les intervenants de proximité. Ces facteurs ont leur importance pour définir les groupes cibles potentiels des interventions de proximité et pour sélectionner les intervenants qui conviennent.

Les comportements à risques varient d’un groupe à l’autre, mais ils semblent être associés surtout avec la consommation de pilules de mauvaise qualité, un usage inadapté (comme ne pas boire suffisamment d’eau ou associer les pilules à l’alcool ou à d’autres drogues) ou des caractéristiques du lieu, comme une salle bondée ou des températures excessives. Les relations sexuelles peuvent aussi être un facteur de risques potentiels mais on a encore peu d’informations empiriques fiables sur le rapport entre les ‘nouvelles’ drogues et les relations sexuelles à risques. Proposer une information sur la prévention des risques sexuels dans les lieux de loisirs des jeunes semble en tout cas être une bonne idée.
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