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INTRODUCTION

DÉFINITIONS

ET TERMINOLOGIE

5 La
terminologie
du
travail
de proximité



Introduction



Comment appelle-t-on le travail de proximité en toxicomanie dans les différentes langues des Etats membres de l’Union Européenne ? Les concepts clés de la langue anglaise sont-ils couramment utilisés dans les autres pays et de quelle manière ? Quels termes apparentés et quels autres concepts sont utilisés ? Comment nomme-t-on dans les autres langues les principales activités et méthodes des intervenants en proximité et comment faut-il les traduire en anglais ?

Ce chapitre est issu principalement de la documentation des projets de proximité de plusieurs Etats membres de l’Union Européenne ainsi que des contributions des participants à la rencontre des experts qui s’est tenue à Amsterdam les 29-31 mars 1998. Il n’est pas possible de faire une liste exhaustive de tous les concepts et termes utilisés dans tous les pays européens et dans toutes les langues qu’on y parle, mais les concepts les plus importants et les plus courants sont présentés ici. Bien qu’un bon nombre de ces concepts soient également utilisés pour le travail avec d’autres groupes cibles, ce chapitre traitera des termes utilisés dans le travail auprès des usagers de drogues.

Définitions et terminologie



Au sens large, le terme ‘outreach’18 désigne le fait de sortir pour atteindre, ou la distance pour être atteint. Plus pertinent dans le champ du social, le Dictionnaire Collins du Travail Social définit ce terme comme ‘toute tentative d’apporter un service à des personnes qui en ont besoin et qui autrement n’auraient probablement pas utilisé ce service (Thomas et Pierson (eds), 1995). La définition la plus courante dans le champ de la toxicomanie est celle de Hartnoll et al. (1990) citée au Chapitre 1.

Si on laisse de côté les questions qui traitent des aspects théoriques et de la méthodologie (le travail de proximité par études de cas cible-t-il l’individu ou le groupe ? Les populations cibles doivent-elles être toxicomanes ou non ?), il reste quelques problèmes de nature plus pratique inhérents à cette définition. En premier lieu, le terme anglo-saxon de ‘community’19 a plusieurs significations ; le traduire dans d’autres langues et l’utiliser dans le contexte d’autres cultures ne fait qu’ajouter à la confusion. Cette difficulté peut se résoudre en remplaçant ‘travail en réseau’ par ‘travail dans la scène de drogues’. Mais si l’expression ‘scène de drogues’ est très courante en anglais, elle n’est pas non plus sans ambiguïté.

En second lieu, la définition de Hartnoll et al. (1990) part de termes plutôt négatifs : “ pas efficacement contactés ou atteints par les services existants et les circuits traditionnels ”. Cela rend cette définition plus appropriée aux usagers des drogues ‘classiques’ qu’aux usagers des ‘nouvelles’ drogues. Etant donné la pratique actuelle du travail de proximité en Europe, la définition suivante (qui peut certainement être encore améliorée) semble plus appropriée :

Le travail de proximité dans le domaine des drogues est une méthode active employée par des professionnels, des bénévoles ou des pairs pour entrer en contact avec les usagers de drogues. Ses objectifs sont de les informer des risques associés à la prise de drogues, de les aider à réduire ou supprimer ces risques, et/ou à améliorer leur condition physique et psychosociale par des moyens individuels ou collectifs.

Même si cette définition semble plus appropriée que la précédente, la difficulté de la traduire et de l’appliquer dans un contexte international demeure. Bien que le terme ‘outreach work’20 se trouve aussi dans des publications scientifiques internationales, ce n’est pas une expression internationale courante dans le domaine de la pratique. Il est parfois relativement facile de la traduire dans une autre langue, comme aufsuchende Arbeit en allemand. Mais le mot Arbeit (‘travail’) est trop large, et dans la pratique, on parle couramment de aufsuchende Sozialarbeit (‘travail social’), aufsuchende Jugendarbeit (‘travail auprès des jeunes’) ou aufsuchende Drogenarbeit (‘travail en toxicomanie’). Pour souligner la mobilité des intervenants, on ajoute ou on substitue parfois l’adjectif mobile à l’adjectif aufsuchende : mobile ou mobile aufsuchende Sozialarbeit, mobile ou mobile aufsuchende Jugendarbeit, mobile ou mobile aufsuchende Drogenarbeit.

Dans d’autres cas, aux Pays-Bas par exemple, l’expression ‘outreach’ est couramment comprise par les intervenants de proximité, mais on l’emploie rarement dans la pratique quotidienne, dans les rapports de police ou les publications. Il est plus courant de parler de veldwerk (‘travail de terrain’) ou straathoekwerk (‘travail de rue’), termes qui font référence au travail de rue dans la scène de drogues, mais qui ne recouvrent qu’une partie de ce que signifie le travail de proximité.

Dans d’autres cas encore, en France par exemple, le mot ‘outreach’ n’est pas couramment compris par les intervenants et nécessite une explication. La meilleure traduction est peut-être travail de proximité, mais cette expression n’est pas couramment utilisée. Les expressions courantes qui semblent les plus proches sont travail de rue et, la plus courante mais la plus large, travail à bas seuil.

Les concepts clés


Le premier concept clé du travail de proximité est celui de travail de rue. Alors que dans son usage anglo-saxon quotidien, ‘travail de rue’ est parfois associé à la prostitution, l’expression n’a pas cette connotation dans les autres pays où on la considère comme une référence neutre du travail de proximité. Par nature, les intervenants de rue établissent et maintiennent des contacts avec les usagers de drogues dans les scènes de rue et d’autres lieux sociaux ‘naturels’ où les usagers se retrouvent. Les intervenants de proximité emploient cette expression, ou ses traductions littérales, comme le terme le plus courant pour désigner le concept d’origine américaine street-corner work ; on peut aussi la retrouver dans des documents de politique nationale. L’expression ‘travail de rue’ s’emploie moins couramment en Irlande et en Grande-Bretagne où le concept qui s’y réfère est associé de près au terme ‘outreach work’.

Des notions comme ‘travail de rue’ et ‘travail de terrain’ semblent être assez courantes en Europe parmi les intervenants. En Irlande et en Grande-Bretagne, on parle de ‘detached work21 et ceux qui le pratiquent sont appelés en général ‘street workers’, ‘street-corner workers’ ou ‘fieldworkers22. Ces expressions anglaises sont aussi parfois courantes sur le terrain dans d’autres pays européens et elles sont dans certains cas traduites littéralement.

Pour une même langue, il peut aussi y avoir des différences régionales, comme par exemple dans les pays germanophones. En Autriche comme en Allemagne, on a tendance à parler de Streetwork, alors que d’autres parlent de Straßensozialarbeit. Dans les régions germanophones de la Suisse, il est plus courant de parler de Gassenarbeit.

Un second concept clé qui touche de près au travail de proximité est le ‘bas-seuil’, traduit littéralement du concept néerlandais laagdrempelig, qui signifie que les clients ont un accès facile à un service. Laagdrempelig a aussi été traduit littéralement dans d’autres langues et est devenu d’usage courant dans des pays comme les pays anglo-saxons (low-threshold), la France (bas seuil), l’Allemagne (niedrigschwellig) et l’Italie (bassa soglia). Il désigne des services simples, facilement accessibles pour les usagers de drogues, qui mettent davantage l’accent sur la réduction des risques que sur l’abstinence, même lorsque les clients sont envoyés vers des programmes de désintoxication, sur leur demande. Les services à bas seuil sont aussi conviviaux, au sens où ils offrent surtout des services immédiats aux usagers de drogues et imposent un minimum de règles. Ces services proposent de quoi manger et boire, beaucoup offrent aussi des possibilités comme prendre une douche ou échanger des seringues. Ils sont en général situés là où vivent ou se rencontrent les usagers de drogues, et se trouvent à la fois dans des locaux fixes (comme les boutiques) et dans des bus ou des camionnettes mobiles qui se garent dans leurs quartiers quelques heures par jour et comprennent en général des travailleurs sociaux et des infirmiers. Certains services à bas seuil dispensent aussi, ou principalement, de la méthadone en programmes de maintenance.

Un troisième concept clé est celui de ‘réduction des risques’. Dans la plupart des pays, l’expression anglaise est connue sur le terrain ; elle est parfois aussi traduite littéralement dans la langue locale. Pour la plupart, le travail de proximité auprès des usagers de drogues est aujourd’hui fondé, de manière explicite ou implicite, sur l’idée de réduction des risques (qu’on appelle aussi réduction des dommages). Cela provient essentiellement de la montée et de l’extension du VIH et du sida. La maladie a fait prendre conscience aux services de toxicomanie orientés vers l’abstinence qu’ils doivent également faire prendre en compte la santé des usagers de drogues qui ne souhaitent pas entrer dans des programmes de désintoxication. La réduction des risques implique au départ une tentative de diminuer les risques inhérents à la consommation de drogues, comme de favoriser et de créer les conditions de gestes de sécurité dans l’usage de drogues et les rapports sexuels.

Le quatrième concept clé, ‘l’échange de seringues’ est en relation directe avec la réduction des risques. C’est une expression très répandue, à la fois en anglais23 et dans sa traduction dans les autres langues. Cela signifie de fournir des seringues et/ou des aiguilles neuves, en général gratuitement, aux usagers de drogues par voie intraveineuse, en échange de leurs seringues usagées. Cette pratique vient des Pays-Bas, pour empêcher les personnes, et surtout les enfants, de s’infecter avec des seringues sales trouvées dans la rue. De nos jours cela se pratique, en partie du moins, dans tous les pays de l’Union Européenne, bien que les conditions de ‘l’échange’ soient plus strictes dans certains pays que dans d’autres. L’échange de seringues n’est pas seulement pratiqué par des intervenants de proximité mais aussi par les programmes de maintenance à la méthadone et les boutiques. Dans certains pays (comme en Grèce), l’échange de seringues est une pratique qui a moins de sens car les seringues sont facilement disponibles en pharmacie et ne sont pas chères. La pratique de fournir des seringues neuves et de les échanger contre des vieilles n’est pas sans risques (voir Glossaire).

Un cinquième concept clé est celui des ‘pairs’ ou groupe de pairs qui renvoie à un groupe de personnes de même rang ou de même niveau de vie, par exemple des jeunes du même âge, qui ont une influence sur le choix des normes et des valeurs fondamentales d’une personne (comme dans le phénomène de la pression du groupe des pairs). Dans le contexte plus spécifique du travail de proximité, les pairs sont formés pour être des bénévoles qui appartiennent eux-mêmes à la population cible (usagers de drogues, prostituées) ou bien en ont fait partie (ex-usagers de drogues, ex-prostituées). Les pairs et les groupes de pairs transmettent une ‘éducation’ et assurent un soutien. Dans la pratique, surtout dans les projets de prévention, ‘pairs’ est parfois employé à tord pour des bénévoles formés qui n’ont jamais été des usagers de drogues. ‘Pairs’ est devenu un terme employé dans tous les pays, ce qui montre la popularité croissante du travail de proximité, en particulier parmi les usagers des ‘nouvelles’ drogues.

On trouvera d’autres exemples de terminologie dans le glossaire qui se trouve à la fin de cet ouvrage.
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