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Thibault COURCELLE

Institut français de géopolitique

Université de Paris VIII

Le rôle de la presse quotidienne régionale bretonne dans la création d’une « identité bretonne »

Etude géopolitique comparative d’Ouest-France et du Télégramme

Mémoire de DEA sous la direction de Mme Barbara Loyer

Juin 2003

Merci avant tout :
A Barbara Loyer et Béatrice Giblin pour m’avoir suivi tout au long de cette recherche et aidé par leurs réflexions, corrections, et conseils prodigués durant toute l’année.

A Yves Lacoste et l’ensemble des professeurs de la formation doctorale pour la grande qualité des séminaires qu’ils ont organisés et donnés tout au long de l’année, et pour les nouveaux « outils » de réflexion qu’ils m’ont ainsi apportés.
A mes parents, ma sœur et toute ma famille pour leur soutien constant et leurs encouragements.
A tous mes ami(e)s de Toulouse, de Paris, et d’ailleurs, qui m’ont toujours encouragé…


Sommaire



Introduction………………………………………………………………………..p.3
Première partie : Les représentations diffusées par la presse quotidienne régionale en Bretagne (Ouest-France et Le Télégramme) sur « l’identité bretonne ».
Chapitre 1 : « Une Bretagne étouffée. »…………………………………………..p.11

Chapitre 2 : Le sauvetage de la langue bretonne comme symbole d’une

« identité bretonne » menacée de disparition………………………………………………p.25

Chapitre 3 : Un renouveau culturel breton donné comme conforme aux

« traditions celtiques »……………………………………………………………………...p.43

Chapitre 4 : Une Bretagne « amputée » qui doit retrouver sa dimension

historique……………………………………………………………………………………p.57
Deuxième partie : Analyse critique de ces représentations et des enjeux politiques, économiques et culturels de leur diffusion par la presse quotidienne régionale bretonne.
Chapitre 5 : Représentation versus information ? Quelle est la part d’objectivité

dans ces représentations ?…………………………………………………………………..p.73

Chapitre 6 : La difficulté d’aller à l’encontre du discours autorisé sur

« l’identité bretonne », et la perception de la presse quotidienne régionale par divers

militants bretons……………………………………………………………………….……p.93

Chapitre 7 : Des enjeux économiques, culturels, et politiques évidents…..……..p.104
Conclusion………………………………………………………….……………..p.121

Bibliographie……………………………………………………………………..p.122

Annexes………………………………………………….………………………..p.128

Table des matières……………………………………………………….……….p.141

Table des annexes……………………………………………………….………..p.146

Introduction

« Cette Bretagne a du souffle ! »1, « Les Bretons veulent une région plus forte »2, « Nuit celtique. Les Celtes se remettent en marche »3, « Rattachement à la Bretagne : un oui massif »4. Tous ces titres sont évocateurs et frappent le lecteur par des images fortes, ce sont des représentations. Or en géopolitique, nous accordons une grande importance aux représentations et donc aux médias qui les diffusent. Elles participent pleinement à la création (ou recréation) des identités régionales qui occupe, depuis quelques années, une place de plus en plus importante tant dans le champ des sciences sociales que dans les arènes politiques et les médias. De nombreux colloques et séminaires5 se mobilisent sur la thématique de « l’identité régionale » pour essayer de définir en quoi consiste, précisément, cette « identité », et de comprendre sa soudaine apparition et l’engouement qu’elle suscite.

Le cas de la Bretagne en est un bon exemple, notamment à cause de sa forte médiatisation. On assiste, depuis la fin des années 1960, à de nombreuses revendications identitaires, autonomistes, voire même indépendantistes. Ces revendications et la création de ce qu’Anne-Marie Thiesse appelle un « kit identitaire »6 (drapeau, langue, hymne, folklore, héros nationaux…) entraînent tout un questionnement : Comment les médias bretons s’impliquent-ils dans ces revendications ? Quelles sont les représentations qu’ils diffusent sur « l’identité bretonne » ? Quel est l’impact de la diffusion de ces représentations sur la population bretonne ? Quelle est la part d’objectivité ? Est-il possible de faire entendre une opinion différente ? Quels sont les enjeux politiques, économiques et culturels dans la diffusion de ces représentations par les médias bretons ?

La notion « d’identité bretonne » sera toujours abordée dans ce mémoire avec des guillemets car celle-ci est sujette à nombreuses controverses malgré la thèse du sociologue Ronan Le Coadic intitulée « L’identité bretonne »7. En conclusion de sa thèse, celui-ci reconnaît d’ailleurs lui-même : « On peut éprouver quelque désappointement à la lecture de ce livre. En premier lieu, parce qu’il n’apporte pas de réponse tranchée à la question naïve de savoir en quoi consiste concrètement l’identité bretonne. ». Selon lui, cette « identité bretonne » se définit principalement par la langue : « cette langue et les autres signes extérieurs de bretonnité servent de repère dans un monde changeant et fonctionnent comme des emblèmes qui permettent d’être reconnu, ce qui est réconfortant. Par conséquent, à l’instar de bien d’autres peuples, les Bretons recomposent leur identité, en éliminant certains éléments, en en conservant d’autres, et en les adaptant au temps présent. Ce faisant, ils produisent leur culture plus qu’ils ne la reproduisent. ».

Le but de ce mémoire ne consiste donc pas à définir ce qu’est « l’identité bretonne », mais à voir comment la presse quotidienne bretonne la fabrique, comment elle exploite le « kit identitaire » breton et à quelles fins.

Vue d’ensemble de la situation actuelle de ces deux quotidiens régionaux.
Deux grands journaux sont en concurrence dans la presse quotidienne régionale en Bretagne : Ouest-France et Le Télégramme. Ils ont été créés à la Libération durant la fin de la Seconde Guerre mondiale, le 7 août 1944 pour Ouest-France sur les cendres de L’Ouest-Eclair, et le 18 septembre 1944 pour Le Télégramme qui remplace La Dépêche de Brest. Les lectorats de Ouest-France et du Télégramme sont sensiblement différents, la ligne rédactionnelle de Ouest-France étant proche du parti démocrate-chrétien, le quotidien est souvent perçu comme un journal de centre-droit, la tonalité du Télégramme est elle de centre-gauche laïque avec un ton incisif qui joue souvent de la fibre bas-bretonne face à Rennes. Ces deux journaux ont réussi à s’imposer petit à petit par rachat des autres quotidiens existant en Bretagne.
Les zones de diffusion d’Ouest-France et du Télégramme en Bretagne et leur taux de pénétration auprès de la population bretonne [Voir Annexes 1 et 2]

Vendu au prix le plus bas de la presse française, Ouest-France est le premier quotidien français depuis 1975 avec une diffusion journalière actuelle d’environ 800 000 exemplaires, le journal compte ainsi plus de lecteurs que Le Monde et Le Figaro réunis. Le Télégramme arrive loin derrière avec une diffusion de 200 000 exemplaires vendus chaque jour, ce qui représente quand même un lectorat plus large que pour le quotidien national Libération (175000 ex./jour), et c’est le seul quotidien français qui continue de voir ses chiffres de vente progresser d’année en année.

Cependant, ces deux journaux n’ont pas la même zone de diffusion. Ouest-France est présent dans trois régions : la Bretagne qui représente la moitié des ventes du journal, les Pays de la Loire (qui représente plus du tiers des ventes du journal), et la Basse-Normandie (à peine plus du huitième des ventes quotidienne). Le journal compte donc 42 éditions réparties dans douze départements et est communément appelé « le journal du Grand Ouest ». Le Télégramme n’est diffusé que dans trois départements de Bretagne : le Finistère où se font les trois quarts des ventes du journal, les Côtes-D’Armor et le Morbihan où le journal est assez peu vendu (entre 15 000 et 20 000 ex/jour). Le journal comprend donc 18 éditions sur trois départements et est souvent appelé « le quotidien bas-breton » en raison de sa forte implantation dans le Finistère.

Ces deux quotidiens régionaux ne sont donc en concurrence que sur trois départements au sein desquels les rapports de force sont inversés. Ouest-France est en position largement dominante dans les Côtes-d’Armor et le Morbihan, alors que Le Télégramme est en position de force dans le Finistère où il touche par endroit plus de 80% de la population. Les taux de pénétration de la presse quotidienne régionale sont extrêmement élevés en Bretagne, c’est l’une des régions de France qui a parmi les plus forts taux de lecture de la presse quotidienne régionale avec l’Alsace. Ceci est peut-être dû à l’importance de la vie associative dans ces deux régions notamment dans le domaine culturel. Sachant qu’il y a environ trois lecteurs par achat journal en France, le lectorat de Ouest-France est de 2,4 millions de personnes par jour dont 1,2 millions en Bretagne, et celui du Télégramme est de 600000 personnes par jour. Ces chiffres très élevés laissent imaginer l’impact que peut avoir sur une population bretonne de trois millions d’habitants la diffusion d’informations et de représentations par Ouest-France et Le Télégramme, même si cet impact et ses conséquences sont difficiles, voire impossibles à évaluer.
La place relative consacrée à la Bretagne dans ces quotidiens.

A première vue, la Bretagne n’est pas le centre des préoccupations principales de ces deux quotidiens. Ouest-France ne consacre qu’une demi-page à la Bretagne dans tout le journal, après plusieurs pages d’informations internationales, nationales, et économiques et sociales communes à toutes les éditions. Viennent ensuite plusieurs pages d’informations départementales et surtout locales, quelques pages consacrées au sport, à la marine et à la culture, et enfin le journal se termine par une page regroupant divers articles représentatifs des trois régions où il est diffusé. La présentation du Télégramme est assez semblable, le journal s’ouvre d’abord, en toute logique, par les informations internationales, nationales, et économiques et sociales, avant de traiter sur une pleine page des informations sur l’ensemble de la Bretagne. Plusieurs pages sont ensuite réservées aux informations départementales, et surtout locales, puis viennent le sport et les loisirs. Mais à la différence de Ouest-France, Le Télégramme se termine par une page entière consacrée de nouveau à la Bretagne.

Cependant, les deux journaux publient de nombreux articles destinés à la langue ou à la culture bretonne dans les pages départementales et locales. Le nombre de journalistes véritablement bretonnants est très faible : deux pour Le Télégramme sur environ 150 à 200 journalistes, et trois pour Ouest-France sur 530 journaliste. Pourtant, Le Télégramme a actuellement une rubrique hebdomadaire entièrement en breton, sous la forme d’interviews, non traduites en français, sur des sujets de société réalisées par un journaliste, qui est aussi l’un des présentateurs de TV Breiz. Dans Ouest-France on trouve aussi régulièrement des articles en breton, notamment lors de grands festivals comme le festival des Vieilles Charrues ou le festival de cinéma de Douarnenez.

Depuis quelques années, les deux quotidiens se sont lancés dans une vive concurrence en proposant une nouvelle formule : le journal dominical. Il s’agit de dimanche Ouest-France, créé en novembre 1997, qui totalise neuf éditions au lieu de quarante-deux où les « unes » sont régionalisées, et qui se vend à 252 000 exemplaires tous les dimanches dont 128 000 en Bretagne, et de Le Télégramme du dimanche qui comprend dix éditions sur les trois mêmes départements et se vend à 120 000 exemplaires. Ces deux journaux ne sont pas encore vraiment installés et tentent de capter le lectorat le plus large possible. Le Télégramme du dimanche contient chaque semaine une page sur « l’histoire de la Bretagne », rédigée par un militant nationaliste, Erwan Chartier, qui dirige aussi actuellement la revue ArMen. De son côté, dimanche Ouest-France comprend une page avec un cours de breton, ainsi que des dossiers sur la Bretagne.
Une grande variété éditoriale.

Ces deux quotidiens régionaux, Ouest-France et Le Télégramme, appartiennent à des groupes plus larges. Le groupe « Ouest-France »8 est constitué, en plus du quotidien Ouest-France, d’autres filiales comme Infomer – Le Marin, journal hebdomadaire traitant de « toute l’actualité du commerce, du shipping, de la pêche, des cultures marines, et de la commercialisation des produits de la mer », de la filiale Editions Ouest-France (Edilarge S.A.) créées à Rennes en octobre 1975, qui comptent 1600 titres à leur catalogue dont de nombreux ouvrages spécialisés dans le tourisme, la culture et l’histoire de la Bretagne, et la filiale Ouest-France Multimédia créée en 1987 et spécialisée dans la conception et le développement de nouvelles procédures de collecte, de traitement et de diffusion de l’information. Le groupe « Le Télégramme »9 s’est lui aussi développé en créant plusieurs filiales, notamment en concevant en 1968 une petite société de conseil publicitaire, la Simep, devenue depuis Studio T, désormais l’une des principales agences de l’Ouest, la filiale Bretagne Multimédia qui assure le rôle de holding de ses activités multimédias qui a pour objet l’exploitation de bretagne.com et de letelegramme.com, la filiale Editions Le Télégramme dont l’objectif est aussi d’éditer des livres sur l’histoire, le patrimoine et le tourisme en Bretagne, la filiale Manche Atlantique Presse qui édite l’hebdomadaire du centre Bretagne Le Poher ainsi que L’Hebdo de Nantes, Le Télégramme édite aussi avec les Editions Milan le trimestriel Bretagne magazine qui est diffusé dans la France entière, et enfin la filiale Régie publicitaire Viamédia depuis 2000.

Toutes ces filiales jouent aussi un grand rôle dans la construction de « l’identité bretonne ». Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les représentations que diffusent par exemple le journal hebdomadaire Le Poher sur la Bretagne, ou encore sur les représentations diffusées dans les ouvrages des catalogues des Editions Le Télégramme ou des Editions Ouest-France. Mais le temps impartit pour la réalisation de ce mémoire de Dea était largement insuffisant pour de telles recherches. Nous nous limiterons donc dans ce mémoire au rôle joué par les quotidiens Ouest-France et Le Télégramme dans la construction d’une « identité bretonne ».

« Ouest-France, l’West-Torch honni des militants bretons, l’Ouesteu-France catholique abhorré des camarades syndicalistes, je suis, comble d’ironie, au moment où, en fait, je commence à le lire, à peu prés la seule à le défendre – pas du tout parce qu’il m’informe (dans les domaines qui me concernent, il est d’une indigence notoire) mais parce que c’est pour moi une sorte de motif joycien, un lieu sans lieu, un objet sans objet »
Françoise Morvan, Le Monde comme si, nationalisme et dérive identitaire en Bretagne, Actes Sud, 2002 Arles, p.76.


« Si un jour très loin sur la mer, tout devient tristement banal,
je le saurai en lisant, en lisant Le Télégramme de Brest.

Oh yeah ! En lisant Le Télégramme de Brest. […]

Et tout ça parce que les requins tuent, vingt-cinq personnes tous les ans.
Tout ça parce que les requins, de temps en temps se font les dents.
Tout ça, je l’ai toujours su en lisant Le Télégramme de Brest.

Oh yeah ! En lisant Le Télégramme de Brest. »
Chanson des Wampas, groupe punk français, intitulée « Le Télégramme de Brest », et sortie dans l’album : "never trust a guy who after having been a punk, is now playing electro" sur Atmosphériques/Universal en février 2003.
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