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Première partie :


Les représentations diffusées par la presse quotidienne régionale en Bretagne (Ouest-France et Le Télégramme) sur « l’identité bretonne ».

La Bretagne n’occupe donc pas une place prépondérante dans ces deux quotidiens régionaux, mais le contenu des informations diffusées sur la Bretagne est très révélateur de la ligne rédactionnelle qu’ils ont adopté, et de son évolution. L’étude de quelques représentations concernant le besoin de décentralisation, la Bretagne amputée qui doit retrouver ses dimensions historiques, le sauvetage de la langue nécessaire pour sauver la culture, ou encore le renouveau culturel breton donné comme conforme aux traditions ancestrales et celtiques, donne une idée du message que cherchent à faire passer ces quotidiens régionaux.

Chapitre 1 : « Une Bretagne étouffée. »
« Il fallait la centralisation pour faire la France, il faut la décentralisation pour l’empêcher de se défaire. »10.
La décentralisation est actuellement l’un des thèmes les plus récurrents dans la presse bretonne et nationale. Ce thème est apparu avec la première vague de décentralisation initiée par Gaston Defferre et le gouvernement socialiste en 1982. Mais son traitement par la presse régionale a beaucoup évolué ces trois dernières années, notamment avec le lancement du processus de Matignon négocié entre le gouvernement Jospin et les élus corses, et les dernières élections électorales où les principaux candidats en avait fait un de leur sujet de prédilection.

A – La première décentralisation et la presse bretonne
Les origines de cette première vague de décentralisation.

De nombreux facteurs sont à l’origine des premières lois de décentralisation initiées par le gouvernement socialiste en 1982. Toute une théorie, basée sur une série de réflexions a commencé à se développer à partir de Paris et le désert français, ouvrage du géographe Jean-François Gravier en 1947, et avec les débats d’Edgard Pisani intitulés « L’homme et le citoyen ». Ceux-ci remettaient en cause le schéma global de la France entièrement centralisé sur Paris. Pour Alain Grandguillot, président du Comité pour l’unité administrative de la Bretagne (C.U.A.B.) basé à Nantes, « Il y a eu ce phénomène donc de décentralisation en France, et ce phénomène à la fois politique, théorique et pratique, théorisé par Robert Laffont, qui était de ‘vivre et travailler au pays’. […] Mais ce n’était pas basé sur une identité ethnique, c’était basé sur la volonté : ‘si je veux j’ai le droit de rester au pays’, ça a été lancé par les Pays d’Oc, car ils ont eu des tas de problèmes à Pau ou au Larzac avec une forte émigration. Ils ont donc mis en place une théorie politique qui est celle de l’autogestion, qui a été reprise par les forces de gauche, et qui a sûrement amené à la décentralisation, et moi j’appartiens à toute cette mouvance. Ça a commencé dans les années 1964/65 avec des tas d’entreprises qui étaient à l’époque délocalisées comme en Normandie, mais dont les bureaux sont restés à Suresnes, Neuilly, La Défense. On a installé Citroën à Rennes, les Télécoms à Lannion, Airbus à Toulouse, l’électricité et l’électronique à Grenoble… Il y a donc eu cette autogestion reprise par le PSU [Parti Socialiste Unifié] dans les années 1970 avec en même temps les grèves anti-nucléaires ou les premières luttes écologiques, tous ce gens considéraient le pays comme une entité globale qui a le droit de vivre. […] C’était donc toute une théorie qui montrait que les régions de France étaient dans un schéma colonial par rapport à Paris. Tout ça est très lié à Michel Rocard du PSU qui défendait ce qu’on appelle maintenant la subsidiarité ou la démocratie participative, à l’époque ça s’appelait l’autogestion, c’est-à-dire qu’à un modèle ascendant de délégation de pouvoir, ce qu’on pouvait faire à notre niveau il ne fallait pas le détruire. »11.

Avec l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981 et la formation d’un gouvernement socialiste, le discours repris par le PS sur une France trop centralisée s’est traduit en acte avec la loi de décentralisation mise en œuvre par le ministre de l’Intérieur Gaston Defferre, visant a transféré aux régions, aux départements, et aux communes une part des tâches et financements jusque-là assurés par l’Etat.
Le traitement de cette première décentralisation par la PQR bretonne.

Au départ, Ouest-France et Le Télégramme ont adopté un ton pour le moins prudent. Tous les articles qui ont accompagné les premières lois de décentralisation et les premiers transferts de compétence à partir de 1982 s’appliquent à expliquer les changements dans le fonctionnement des collectivités territoriales, de la région aux communes, le renforcement de leurs compétences, ou les nouvelles compétences créées. « Reconnue comme collectivité territoriale à part entière par la loi du 2 mars 1982, la région a élargi le champ de ses compétences dans les domaines économique, social, culturel, sanitaire, et scientifique en attendant l’organisation des élections au suffrage universel direct des membres du conseil régional. Le 15 avril dernier, le président du conseil régional de Bretagne, Raymond Marcellin, a reçu du préfet de Région, M. Carrère, les pouvoirs de l’exécutif régional. La préparation comme l’exécution des décisions de l’assemblée régionale lui incombent désormais à part entière. Il lui faut donc s’entourer davantage d’hommes disponibles et compétents qui feront marcher la machine et prépareront le long terme. »12. Ce souci d’explication est aussi valable pour les départements : « C’est aujourd’hui que seront élus les présidents de conseils généraux auxquels les préfets vont céder l’exécutif départemental. »13, « Représentant exclusif de l’Etat et de tous les ministres, le préfet (comme son secrétaire général) est délivré désormais des tâches de préparation et d’exécution du budget départemental, des longues séances de conseil général, à moins d’y être convié par le président. En revanche, il siège à de nombreux conseils d’administration d’organismes officiels et conserve la haute main sur tous les services de sécurité publique et de police. »14. Les communes sont aussi concernées par ces changements : « Le lundi 2 avril marquera une étape importante dans la décentralisation des pouvoirs de l’Etat vers les collectivités locales. C’est en effet depuis lundi que les permis de construire sont délivrés par les maires, du moins par ceux dont les communes sont dotées d’un P.O.S. (plan d’occupation des sols). En ce qui concerne les communes sans P.O.S., les nouvelles dispositions, destinées à simplifier les démarches des usagers, prévoient l’instauration d’un guichet pour recevoir les demandes. »15.

Cependant, les deux journaux soulèvent de nombreuses questions notamment sur les moyens financiers accordés aux collectivités pour gérer leurs nouvelles compétences. Ouest-France pose même la question : « Va-t-on rouler la région dans la farine ? »16 et présente les critiques de M. de Foucaud, président du Comité économique et social de Bretagne : « La loi de décentralisation se présente pour les socio-professionnels ‘comme un terrible retour en arrière’ avec la menace d’une tutelle politique aussi contraignante que celle qui était jusqu’alors administrative. En définitive, le projet Defferre consisterait à ‘rouler dans la farine’ les régions, comme ce fut le cas pour les départements : l’Etat prépare son désengagement financier (exemple des voies navigables dans l’Ouest) et resserre son étau politique. […] Bref, M. de Foucaud s’est montré sceptique sur un véritable transfert des moyens financiers et a demandé une mobilisation générale vis-à-vis des élus pour éviter cette catastrophe. ». Le Télégramme n’est pas en reste et établit une liste d’écueils à résoudre en se basant sur un livre de Jacques Baguenard, doyen de la Faculté de Droit de Brest  : « La tradition jacobine des Français, les impératifs liés à la préservation de l’unité nationale, le manque de personnel politique formé dans les petites collectivités territoriales, l’insuffisance des moyens financiers locaux, la résistance administrative à la volonté politique, les risques de dispersion des efforts et les inconvénients qu’ils comportent pour le développement économique… »17.

L’enthousiasme n’est donc que rarement de mise sauf dans quelques articles : « Instant historique, tournant de l’Histoire : c’est dans un silence impressionnant, précédent la salve d’applaudissements de la majorité départementale, que M. Pierre Méhaignerie a traversé la salle des séances pour venir s’asseoir dans le fauteuil présidentiel. La première étape de la ‘décentralisation’ était en train de se réaliser. M. Gilbert Carrère complimentait ce premier élu des institutions nouvelles et des responsabilités accrues. »18. A lire tous ces articles, c’est surtout le département qui apparaît comme principal bénéficiaire de cette décentralisation.
L’heure des premiers bilans.

Arrivent ensuite les premiers bilans où chacun des journaux fait le point sur les résultats apportés par cette décentralisation. Le ton employé est généralement optimiste avec toutefois quelques critiques, les titres sont évocateurs : « La décentralisation quatre ans après. Elle tourne mais elle coûte cher »19 ou « Bretagne années 80. Décentralisation : la grande réforme »20. Dans ces articles, les deux quotidiens présentent cette première décentralisation comme indispensable et irréversible. Pour Ouest-France : « Quatre ans plus tard, la décentralisation a résisté à l’alternance. […] Le mouvement est irréversible. En quatre ans, l’arbre a pris racine. ». Le Télégramme adopte un ton encore plus incisif : « Plus fort encore que d’autres régions, la Bretagne revendiquait la décentralisation avec insistance. Parvenus au pouvoir, les socialistes ont mis en route la réforme sans retard. Aujourd’hui, ils l’inscrivent au sommet de leur bilan. Unanimement saluée par les élus, la décentralisation apparaît, il est vrai, comme un remaniement fondamental de l’organisation du pays. Elle constitue sans aucun doute un changement sur lequel aucun pouvoir ne saurait plus jamais revenir. Porteuse de multiples et divers espoirs, cette nouvelle répartition des hommes devant les leviers de commande ambitionne de conduire les collectivités à plus de responsabilités et d’autonomie, les régions à plus de réussite dans une Europe sans frontières, les Français à une meilleure qualité de vie. A quelle distance sommes-nous encore de ces objectifs ? Auprès des principaux acteurs de la décentralisation, ‘Le Télégramme’ a mené l’enquête. »21. Dans cette enquête, Le Télégramme argumente sur la nécessité de cette décentralisation pour briser le centralisme parisien qui « étouffe » la Bretagne et l’empêche de se développer : « De fait, depuis un quart de siècle au moins, la province française étouffait sous le poids de la tutelle dans laquelle, de Paris, l’Etat la maintenait. […] Dans une Bretagne en pleine mutation, pour des Bretons de plus en plus formés et informés, face à des concurrents économiques appelant des répliques toujours plus rapides et originales, ce centralisme constituait un obstacle à l’indispensable modernisation engagée dans la province. ».

Cependant les critiques sont aussi nombreuses, notamment sur les dépenses financières. Pour Ouest-France, son coût pose problème : « Première attaque : la décentralisation coûte très cher. Très cher pour l’installation des nouveaux exécutifs régionaux et départementaux. […] Encore plus élevées, les dépenses de fonctionnement. Un chiffre symbolique : selon Jean-Emile Vié [ancien préfet des Pays de la Loire], on peut estimer à 200 000 le nombre des fonctionnaires recrutés depuis quatre ans. »22. Pour Le Télégramme, les moyens transférés par l’Etat sont nettement insuffisants : « Pour autant, les collectivités ne sont pas dispensées de problèmes financiers. Car les recettes transférées par l’Etat ne permettent pas de tout entreprendre dans les nouveaux domaines de compétence. »23. De plus, la décentralisation n’est pas très populaire auprès de la population : « l’intérêt de la réforme n’a sans doute pas encore sauté aux yeux du citoyen de base. Pire, celui-ci aurait plutôt tendance à en dénoncer les effets sur sa feuille d’impôts locaux ». Et celle-ci ferait apparaître de nouveaux conflits régionaux et locaux : « Brest s’en prend à Rennes, parce qu’elle monopolise le développement. La région accuse les villes de ne pas participer au financement de leurs lycées. Des élus reprochent à l’Etat de s’être défaussé des mauvaises cartes en procédant à la nouvelle donne. »24. On trouve les mêmes reproches dans Ouest-France, lorsque le journal reprend les propos du président du tribunal de commerce de Morlaix : « La décentralisation nationale devient le plus souvent une centralisation régionale voire départementale. Les marchés passés par l’Etat dans le cadre de la déconcentration échappent aux entreprises de notre bassin économique au profit de Rennes, pour la région, et de Quimper, pour le département. »25.

Cependant, le principe de la décentralisation n’est fondamentalement jamais remis en cause, bien au contraire, quoique le thème même de la décentralisation va être de moins en moins abordé durant les années 1990, avant de réapparaître massivement à partir de l’an 2000.

B – De nouvelles réformes de décentralisation présentées comme indispensables et irréversibles pour redynamiser la Bretagne et les régions françaises.
L’exemple corse relance le thème de la décentralisation dans la PQR.

Certaines personnes n’ont pas attendu le déclenchement du processus de Matignon pour donner leur opinion sur la décentralisation en France. Lors des élections européennes de 1999, le Président de l’Association des élus municipaux bretons26, M. Henri Gourmelen [par ailleurs membre du bureau politique de l’Union Démocratique Bretonne], s’en était pris dans la rubrique Point de vue de Ouest-France à la position du chef de l’Etat, M. Jacques Chirac, après son refus de réviser la Constitution permettant la ratification de la Charte européenne des langues minoritaires, ainsi qu’au ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement, allant même jusqu’à comparer leur positionnement à celui de Milosevic vis-à-vis du kosovo. « La France jacobine et centralisatrice a voulu effacer des mémoires les espaces humanisés que sont les Régions et les ‘pays’ au profit des départements. […] L’idéologie jacobine peut, selon les circonstances, avoir des effets monstrueux. Pensons au Kosovo. Que disait Milosevic ? Le Kosovo faisait partie intégrante de la Serbie, le serbe doit être l’unique langue officielle. D’où la suppression, en 1989, du statut d’autonomie et l’interdiction d’enseigner en albanais… puis la purification ethnique… De quel côté donc se trouve ‘l’identité à connotation ethnique’ que craint Jean-Pierre Chevènement ? La concomitance entre la guerre du Kosovo et l’élection européenne a nettement montré que les mêmes courants politiques qui refusaient les frappes aériennes contre la Serbie se prononçaient en même temps contre l’émergence d’une Europe fédérale et décentralisée. Et ce sont les mêmes qui, aujourd’hui, se réjouissent du refus du chef de l’Etat de réviser la Constitution afin de permettre la ratification par la France de la Charte européenne des langues minoritaires. »27. Dans cet article, M. Gourmelen met donc tous ceux qui se prononcent contre la ratification de cette charte dans le même panier, celui de ceux qui s’opposaient à une intervention au Kosovo, c’est-à-dire principalement le Front National, et tout ça en deuxième page de Ouest-France dans la rubrique Point de vue. Il créé donc explicitement un lien entre la situation du Kosovo vis-à-vis de la Serbie, et de la Bretagne vis-à-vis de la France. Dans sa conclusion, il fustige cette situation : « Ce blocage ne donne pas de la France une image moderne et va décevoir tous les jeunes qui sont fiers de leur culture régionale. ».

Mais la décentralisation est un thème qui revient surtout en force avec le processus de Matignon engagé par le gouvernement Jospin et les élus corses durant l’été 2000. Le Télégramme, dans un grand dossier du dimanche 17 septembre 2000 intitulé « Les Bretons veulent une région plus forte », relancent le débat de la décentralisation en Bretagne. Marcel Quiviger, rédacteur en chef du Télégramme, explique en introduction du dossier les raisons de l’implication du journal dans ce débat : « L’accord négocié entre le gouvernement de Lionel Jospin et les élus de Corse a ouvert la boîte de Pandore de toutes les revendications régionalistes. Les Basques, les Alsaciens, les Savoyards et, bien évidemment, les Bretons se sont engouffrés dans le coin ainsi enfoncé dans le dogme de l’unité nationale dans le cadre républicain. Du coup, le débat sur le statut des régions, sur une nouvelle décentralisation, sur les institutions régionales et locales… est revenu d’actualité. Tous les partis étudient de nouvelles propositions pour les régions, tous les conseils régionaux saisissent la balle au bond pour accroître leurs compétences. Les régionalistes affûtent leurs revendications. C’est dans ce climat d’intense réflexion que Le Télégramme a décidé de faire le point sur ces questions régionales et la façon dont elles se posent en Bretagne autant que dans d’autres régions européennes. […] Ce dossier exceptionnel du Télégramme Dimanche permet de mieux comprendre les enjeux, les positions des uns et des autres et les attentes des Bretons en la matière. Bref, c’est un élément structurant du débat qui se développe actuellement en Bretagne. ». Leur enquête se base sur un sondage que le journal a réalisé en partenariat avec le quotidien Presse-Océan de Loire-Atlantique sur l’ensemble des cinq départements historiques de Bretagne. Ce sondage pose la question du sentiment d’appartenance de la population bretonne, de leur opinion sur l’indépendance de la Bretagne, sur un enseignement obligatoire de la langue bretonne, et sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne.

Le Télégramme tire les conclusions de ce sondage en affirmant que « Il n’y a pas photo : dans leur grande majorité, à plus de 57%, les Bretons souhaitent que leur région dispose de plus de pouvoir. Problème : c’est tout le contraire qui se produit dans la réalité avec une autonomie qui perd de plus en plus de sa substance. […] Petit à petit, de mesure fiscale en mesure fiscale, la région perd un peu plus de l’autonomie – toute relative – dont l’avaient dotée les lois de 1982. ». L’Etat, dans cet article, est accusé de tout diriger sans laisser de pouvoirs de décision aux collectivités locales : « Ce sont aussi globalement les relations avec l’Etat qui font problème. On le voit lors de l’élaboration, souvent très laborieuse, des fameux contrats de plan, supposés apporter des moyens à des projets locaux. En fait, c’est bien souvent l’Etat tout puissant qui, au bout du compte, impose ses volontés et fixe ses priorités. ». La conclusion de l’article, dans cette logique, est facilement déductible : « Il ne fait pas de doute en tout cas qu’une réforme s’impose. Une réforme qui serait, en quelque sorte, l’acte II de décentralisation. Plus de compétences et de pouvoirs réclament en chœur les élus régionaux. Un souhait qui est aussi celui des Bretons comme le montre notre sondage. Avec le sentiment que bien des dossiers seraient gérés beaucoup plus efficacement à l’échelon régional. Ils sont 57% à demander plus de pouvoirs dans le domaine de l’aménagement du territoire, 59% dans le domaine scolaire, 64% pour l’action culturelle, 65% pour le développement économique et 67% pour l’environnement. Autant de domaines dans lesquels la région agit mais avec des moyens qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. »28. Un autre article du même dossier est aussi très critique envers l’Etat français en prenant l’exemple et en vantant les mérites d’autres pays européens plus régionalistes comme le Royaume-Uni, l’Espagne, et l’Allemagne : « Qu’on le veuille ou non, l’évolution de l’Europe et l’impact de la mondialisation imposeront tôt ou tard une réforme des structures, administratives et politiques, sur le territoire français. Lorsque l’on sait que le budget des régions représente 3% du budget de l’Etat en France, contre 15% en Italie, 25% en Espagne, 50% en Allemagne, on mesure le chemin qu’il reste à parcourir pour créer de vraies régions dans l’hexagone. »29. La décentralisation n’est donc plus présentée là comme étant nécessaire, mais comme étant un processus inéluctable. Le Télégramme, dans l’article « Ce que les élus en pensent », donne ensuite la parole à quatre élus (le président RPR du Conseil régional de Bretagne Josselin de Rohan, le président du groupe socialiste au Conseil régional Jean-Yves Le Drian, le vice-président centriste du Conseil régional Jean-Yves Cozan, et le porte-parole du parti autonomiste l’Union Démocratique Bretonne Christian Guyonvarc’h) qui se prononcent tous pour une décentralisation accrue, dont trois d’entre eux demandent même un statut spécial pour la Bretagne.

Suite à ce dossier, tous les articles du Télégramme comme de Ouest-France abondent dans le même sens. Lors de l’élaboration d’un « Manifeste de la décentralisation » par le Conseil régional de Bretagne, Ouest-France va, par exemple, appuyer les propositions faîtes pour la région : « Il faudrait lui donner la possibilité de devenir ‘chef de file’ pour articuler les missions et les compétences d’acteurs complémentaires, notamment pour l’action économique ; lui confier des capacités d’organisation (plan d’aménagement, schémas de transports, de tourisme, d’enseignement, etc.) ; lui accorder ‘un pouvoir d’adapter des lois aux caractéristiques régionales, par le règlement et en comptabilité’ ; et bien entendu lui assurer la maîtrise de ressources financières suffisantes. […] L’ensemble représente un catalogue de 72 propositions. Une pierre de taille pour l’édifice que le conseil régional compte bien terminer avant la fin de l’année. »30. Le Télégramme se réjouit de toutes les déclarations d’élus en faveur d’un renforcement de la décentralisation comme celles du ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant : « En choisissant le débat sur la Corse pour annoncer un élargissement des compétences octroyées aux Régions, Daniel Vaillant a repris la main. Et retourné une situation qui semblait compromise. Il va maintenant falloir assumer. A la pointe de Bretagne, ils sont nombreux ceux qui ont toute raison de se réjouir de cette annonce politiquement opportune. En cette période où la seule évocation de ‘l’exception corse’ donne des boutons à l’électorat continental, l’élargissement du débat à l’ensemble des régions françaises devrait calmer le jeu et répondre à des attentes maintes fois exprimées, notamment en Bretagne. »31.

L’arrivée au pouvoir, en mai 2002, d’un gouvernement favorable à de nouvelles réformes de décentralisation va donner un second souffle aux revendications régionalistes.
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