Bibliographie p. 122





télécharger 0.64 Mb.
titreBibliographie p. 122
page3/19
date de publication22.04.2017
taille0.64 Mb.
typeBibliographie
m.20-bal.com > loi > Bibliographie
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   19

La décentralisation, sujet de prédilection des principaux candidats à l’élection présidentielle de mai 2002, et par la suite du gouvernement Raffarin.

Avec le nouveau gouvernement Raffarin et sa promesse d’un acte II de décentralisation, de nombreux journalistes comme Yannick Boulain pour Ouest-France ou Yannick Le Bourdonnec pour Le Télégramme écrivent des articles clamant la nécessité de mettre en œuvre de nouvelles réformes de décentralisation.

Ils veulent avant tout intéresser le grand public à ce débat : « La façon dont on vit notre métier de journaliste ou notre fonction de journal, c’est une des définitions et elle n’est pas suffisante, c’est d’évaluer ce qui est important et le rendre intéressant, et ce sont deux temps différents. Et quelque fois il y a des sujets qu’on évalue comme étant important, comme la décentralisation, mais qui ne sont pas très faciles à rendre intéressant. Je pense qu’il faut avoir, on va dire, une certaine culture politique, historique, citoyenne. Il faut être acteur dans son territoire pour comprendre. […] Je pense qu’on a un rôle à jouer et il me semble qu’on le joue pas mal. La question des régions, de la décentralisation, des pouvoirs locaux et du lien qu’ils ont entre eux et par rapport au centre, et maintenant à l’Europe, est un peu compliquée. C’est plein d’enjeux concrets sur les zones de compétences et tout ça. Il y a donc besoin de l’écrit, et c’est propre aux quotidiens régionaux en général et peut-être d’Ouest-France en particulier. On a un slogan qui définit bien les quotidiens régionaux qui est ‘penser globalement, agir localement’. Je pense qu’avec la décentralisation on est bien dans cette logique là, et puis avec la mondialisation, on a d’autant plus besoin d’identité. Un journal qui a cet équilibre entre les nouvelles nationales, internationales, et les nouvelles très locales et régionales qui sont des niveaux de dimension et de réflexion un peu différents, a l’air de convenir au lectorat. Alors on est vraiment un outil original et bien adapté à cette question sur la décentralisation. […] Et dans ce débat, on va être de façon générale du côté de ceux qui disent qu’il faut appliquer le principe de subsidiarité, c’est-à-dire, essayons de faire ici ce qu’on peut faire mieux localement que nationalement. »32.

Dans ce but avoué, Ouest-France consacre donc de nombreux articles, ainsi que quelques « Unes »33 pour expliquer les propositions de décentralisation, et la mise en œuvre de celle-ci à toutes les échelles. « Il y a un très grand nombre d’articles sur cette question portant aussi bien sur les enjeux nationaux que locaux, c’est ce qu’on appelle ‘les étages’ dans notre jargon. On a un journal à plusieurs étages et c’est vrai que ce sont des sujets assez transversaux, et c’est intéressant de pouvoir montrer dans le local les enjeux, qu’il y a une expression d’élus ou d’associations là-dessus. On doit se sentir porteur de ce débat-là quoi, on sent que c’est notre responsabilité de le faire. […] Donc ce débat, en tant que journaliste chargé d’un journal qui couvre trois régions comme ça, il nous intéresse au risque peut-être, mais là c’est à vous de nous le dire de l’extérieur, de le survaloriser par rapport aux préoccupations des gens, et même peut-être à l’intérêt effectif que ça aura, parce que ce ne sont pas les gens entre eux qui ont plaisir à parler de la décentralisation, de l’Arc Atlantique ou d’un certain nombre de sujet comme ça auxquels on pourrait ne pas trouver de consistance. »34.

Le quotidien expose ainsi les propositions de transfert de nouvelles compétences de la part du Conseil régional, en commençant par citer les propos du président UMP du Conseil régional, M. Josselin de Rohan : « ‘La décentralisation, les Bretons l’ont dans les gênes !’, lançait l’autre jour le président du conseil régional. Sans doute parce que, riches de leur passé, ils ont ‘souffert, plus que d’autres, des entreprises de réduction centralisatrices et uniformisatrices qui ont marqué l’histoire de la France au cours des siècles’ »35. Didier Pillet, rédacteur en chef de Ouest-France, expose dans son éditorial du 16 octobre 2002 intitulé « Réinventer la France » son point de vue sur la décentralisation. Selon lui, « Le principe de la démarche est approuvé, ainsi qu’en atteste le sondage réalisé, la semaine dernière, par l’Ifop, pour dimanche Ouest-France. L’idée selon laquelle les Régions géreraient mieux que l’Etat des domaines comme ceux des transports, de l’environnement, de la formation professionnelle et même de l’eau est partagée par trois personnes sur quatre. Un véritable plébiscite […] C’est donc d’efficacité et d’efficacité seulement qu’il s’agit. Nos concitoyens en sont avides, ce qui, en creux, est une virulente critique adressée à l’Etat, omnipotent, lourd, insuffisamment pressé de satisfaire les attentes ou d’expliquer pourquoi elles ne peuvent l’être ». Les qualificatifs ne manquent donc pas pour critiquer l’Etat, et Didier Pillet enfonce le clou dans la conclusion de son éditorial : « Car le danger majeur serait, en la matière, de ne rien faire, de ne pas entreprendre, avec courage, audace, obstination et ce rien d’utopie sans lequel ne peuvent se concevoir de grandes choses, la transformation d’un pays qui ne supportera pas longtemps encore le corset de structures obscures et étouffantes à force de complexité. ». L’Etat français est donc présenté comme « obèse », écrasant de son propre poids les régions, et la seule guérison possible, selon la presse régionale, serait de nouvelles réformes de décentralisation.

Le projet de loi affirmant la décentralisation dans la Constitution voté par le Conseil des Ministres le 16 octobre 2002, ainsi que les premières Assises régionales des libertés locales à Nantes le 18 octobre et à Rennes le 4 novembre 2002, ont placé la décentralisation sous les feux de la rampe. Ouest-France va ainsi organiser tout un débat en offrant quotidiennement la parole à des hommes politiques, des responsables d’association, des chefs d’entreprises… François Régis Hutin, fils du fondateur de Ouest-France Paul Hutin et directeur de la publication du journal, s’implique lui-même fortement dans ce débat dans l’éditorial des 19 et 20 octobre 2002 intitulé « Peut-être une révolution… ». Cet éditorial est un bon résumé de toutes les représentations diffusées par le journal concernant la décentralisation : « Décentralisation, voilà le grand mot que, depuis longtemps, nombre de français ont à la bouche. Voilà la grande idée qu’ils prétendent, depuis toujours, vouloir mettre en pratique. Ils n’avaient pas de critiques assez sévères à l’encontre de l’Etat centralisateur, de la bureaucratie paralysante qui ne comprenait rien aux réalités du terrain. Ils avaient le sentiment d’être considérés comme des mineurs et même comme des minus par ceux qui, à Paris, affirmaient tout connaître et disaient vouloir tout régenter. Et puis Gaston Defferre, Marseillais, ministre de François Mitterrand, s’attela à la tâche en 1982 ; on commença à sentir que l’étreinte se desserrait. Mais le centralisme veillait et, très vite, recommençait à grignoter doucement le peu qui avait été concédé. Du coup, la décentralisation était à nouveau revendiquée : on voulait aller plus loin, plus fort, plus vite. ». Cet éditorial est aussi plus que flatteur à l’égard du premier ministre Jean-Pierre Raffarin et de sa politique, ce qui en dit long sur les positions politiques de la ligne éditoriale du journal : « Et voici qu’un Premier ministre, un vrai régional, proclame non seulement le mot décentralisation, mais affirme croire à l’idée. Mieux, il décide de la mettre en pratique. A l’évidence, il est sincère tant les mots qu’il utilise pour décrire le projet lui viennent spontanément. […] On sent aussi que ce Premier ministre a constaté et déploré les ‘dysfonctionnements de la démocratie’. On se doute qu’il en a même subi les méfaits et qu’il a souffert des lourdeurs et des lenteurs de ses institutions. On sent, en même temps, la confiance qu’il porte aux gens, aux Français, aux citoyens. Il les estime plein d’idées, capables d’initiatives novatrices et dynamiques, à condition ‘d’ouvrir des libertés nouvelles’. Alors le projet s’esquisse : transfert de compétences accompagné des moyens financiers nécessaires, expérimentation, cohérence et proximité, référendum, droits de pétition. Il envoie au diable l’esprit de système. […] Le Premier ministre recommande le débat dont il ne faut pas avoir peur. ». Un Premier ministre régionaliste exemplaire donc, lui-même longtemps victime des « structures obscures et étouffantes » de l’Etat français. Il a en plus de nombreux obstacles à surmonter dans sa mission qu’il s’est fixé de réformer cet Etat pour « alléger » ses institutions : « Alors, les ralentisseurs, les retardateurs et autres conservateurs plus ou moins camouflés commencent à se crisper et à grommeler sourdement. Mais qu’importe : la barrière est levée, la démocratie peut s’ébrouer, s’observer, s’autocritiquer. Le dialogue général est lancé. Cela en vaut la peine. C’est l’affaire de tous les citoyens. L’objectif est passionnant : il s’agit d’inventer ‘des solutions pour mieux vivre ensemble’. Il s’agit de ‘décentraliser par humanisme, non par matérialisme’… ». Un éditorial très engagé donc, c’est le moins que l’on puisse dire. Cependant quelques questions, doutes, et critiques apparaissent au fur et à mesure de l’exposition du projet de loi par le gouvernement.
Quelques critiques et réserves sur la mise en œuvre de cette décentralisation « pas assez audacieuse » pour la presse bretonne.

Le Télégramme suit avec beaucoup d’intérêt tous les débats sur la décentralisation, mais se montre aussi plus critique. « Les Assises régionales de Rennes ou de Nantes, on les a traité avec un texte de cinquante lignes parce que ça nous faisait plutôt pleurer de rire. Bien sûr qu’on était partie prenante. On avait un directeur qui animait le débat, et on a pu dresser un billet assassin de Le Bourdonnec, qui est un grand décentralisateur dans l’âme, et qui montrait toutes les faiblesses du projet. »36. Yannick Le Bourdonnec, « grand décentralisateur », conçoit la décentralisation à la manière des chefs d’entreprise de l’Institut de Locarn, club de patrons prônant une région forte et autonome. Il suffit pour s’en convaincre, de lire son essai : « Le miracle breton » [Calmann-Lévy, 1996].

Quand à Didier Pillet, rédacteur en chef de Ouest-France, il émet quelques réserves sur le projet de décentralisation de Raffarin et le rôle des Assises des libertés locales dans l’éditorial de Ouest-France du 4 novembre 2002 : « les Bretons ne baissent pas les bras et restent sûrs de leurs atouts, de leurs savoir-faire et croient en leur capacité à rebondir. Ils ont cependant besoin de se convaincre que les projets de décentralisation n’ajouteront pas au climat d’inquiétude ambiante. Qu’ils ne sont pas un leurre destiné à leur faire avaler de nouveaux transferts de charges par un Etat désargenté. Qu’ils n’aiguiseront pas la concurrence entre les différentes collectivités et les territoires. Ou qu’ils ne diminueront pas la responsabilité déjà affaiblie des élus et des corps intermédiaires par le recours permanent à une démocratie directe qu’ils redoutent comme déstabilisante. Or, aujourd’hui, c’est d’abord de retrouver une grande ambition collective dont les Bretons ont besoin. Les Assises des libertés locales en seront-elles le théâtre ? Si elles ne devaient servir qu’à cela, ce serait déjà énorme. ». Ces réserves sont aussi émises par le sociologue Michel Wieviorka dans la rubrique Point de vue de Ouest-France dans laquelle celui-ci s’interroge sur l’engagement du gouvernement dans cette réforme : « La décentralisation apparaît comme un problème complexe, et pas seulement comme une solution lumineuse, le grand chantier revêt, pour l’instant, l’allure d’un bourbier, le souffle fondateur menace de retomber. Or, en dehors de ce projet, on ne voit guère d’idée d’envergure se dessiner aujourd’hui dans la politique du pays. »37. Il est donc nécessaire, pour Didier Pillet, de maintenant « Trouver un second souffle » comme l’indique le titre de son éditorial de Ouest-France du 6 novembre 2002, lorsqu’il évoque la décentralisation après les Assises sur les libertés locales de Caen.

Marcel Quiviger, rédacteur en chef du Télégramme, explique la position de son journal vis-à-vis de ce projet de décentralisation et les raisons de son scepticisme : « Je suis assez sceptique sur les mots et sur la réalité politique qu’il y a derrière. Je crois que oui, bien sûr, Le Télégramme aspire à une décentralisation de l’Etat français. Je pense que, sans vouloir aller vers un gouvernement fédéral, mais vu de notre région en tant qu’entreprise, nous trouvons que tout passe par Paris, et que la concentration de l’économie, de la population et de tous les pouvoirs à Paris et dans les grandes villes n’est pas forcément une bonne chose. Donc on pense qu’une décentralisation des pouvoirs serait forcément une très bonne chose pour notre société, et que notre région aurait beaucoup à y gagner. Donc il est évident que Le Télégramme, en tant qu’entreprise régionale, a tout intérêt économique et idéologique, sans doute pour beaucoup de nos journalistes, à avoir une décentralisation des pouvoirs. C’est évident, on se plaint tous les jours de voir nos grands projets régionaux structurels de l’intérêt de la Bretagne être décidés à Paris. […] Mais le débat n’est pas si simple entre jacobins et girondins. Par exemple nous, on est en phase de décentralisation de l’entreprise, ça veut dire qu’on met des sites de production à Lorient et à Vannes. Quand vous décentralisez en fait qu’est-ce que vous faîtes ? Vous dites ‘OK je décentralise’, mais vous mettez des règles, des cahiers des charges, des chartes éditoriales tellement forte que vous ne décentralisez pas le pouvoir. Vous mettez des normes tellement lourdes que la décentralisation n’est qu’un leurre, par la nature même des choses, parce que le vrai pouvoir décisionnel, ou financier, ou réglementaire, il vous appartient toujours. »38.

En demandant expressément de nouvelles réformes de décentralisation avec un statut spécial pour la Bretagne, notamment par la commande et la diffusion de sondages allant dans ce sens, les deux quotidiens régionaux se font donc là les porte-paroles des revendications régionalistes, voire autonomistes. Ils représentent ainsi l’Etat français comme une institution qui, de par ses « dysfonctionnements » et sa « lourdeur », empêche les autres collectivités régionales et locales de fonctionner normalement, notamment par leur manque de compétences et de moyens financiers. Ils encouragent donc toutes les initiatives gouvernementales allant vers un renforcement de la décentralisation, et incitent le gouvernement à aller plus loin.

Chapitre 2 : Le sauvetage de la langue bretonne comme symbole d’une « identité bretonne » menacée de disparition.
« La langue, quel que soit son nombre de locuteurs, est un trésor humain et sa disparition ampute le patrimoine de l’humanité »39
« Le breton joue aujourd’hui sa survie »40, tel pourrait être le leitmotiv d’Ouest-France et du Télégramme dès lors que ces journaux abordent le sujet de la langue bretonne. Ils vont donc accorder toute leur attention sur ce qui concerne la défense de la langue bretonne et promouvoir tous les efforts allant dans ce sens, notamment son apprentissage par les écoles en langue bretonne par immersion Diwan.
A - La sur-médiatisation de Diwan.
Les « pionniers » et « défenseurs » d’une « reconquête » linguistique.

Il est particulièrement intéressant dans ce contexte d’étudier la place accordée aux écoles en langue bretonne par immersion appelées Diwan. Ces écoles, créées en 1977 sur le modèle des écoles en langue basque Ikastolas, bénéficient d’une très forte médiatisation. Ouest-France et Le Télégramme donnent volontiers la parole aux « défenseurs », aux « pionniers » de la langue bretonne, considérée comme l’enjeu d’un « combat », d’une « reconquête » dont les écoles Diwan en sont le symbole, et ce dès leur création. Ouest-France fait une description des premiers élèves de Diwan, les « pionniers » dans ses premiers articles sur ces nouvelles écoles aux méthodes immersives : « Les premiers mots que Keven a entendu, les premiers qu’il a prononcés étaient des mots bretons. Gweltaz et sa femme croient en l’avenir de ‘leur’ langue. L’artiste s’est expliqué sur le sens de son combat pour le breton au sein de l’association ‘Diwan’ au cours d’un entretien que nous avons eu au sujet de la rentrée. »41. Dans cet entretien, Gweltaz explique que l’immersion est indispensable pour ne pas reproduire des « rapports de forces qui existent en faveur du français », et que « Si la tâche est immense, elle n’est pas désespérée. ». Mais le plus frappant est le soutien appuyé de Ouest-France à cette initiative dès sa création. Ce premier article est illustré par une photo où l’on voit une écolière de Diwan en train de converser avec deux bretonnes âgées devant leur maison et habillées en costume traditionnel avec ce commentaire : « Notre photo : une enfant de Lampaul en conversation avec deux femmes qui n’en reviennent pas : ‘Mon Dieu, la petite parle breton !’ », le journal liste ensuite tous les projets d’ouverture d’écoles maternelles bretonnes pour cette rentrée 1977, puis conclut par « Ce contexte nous a fait choisir ce document comme photo-symbole de la rentrée 1977 en Bretagne. ». Cette photo est en elle-même une représentation très forte car elle touche au domaine du sentimental : deux personnes âgées qui n’ont sûrement pas transmis leur langue maternelle à leurs enfants se réjouissent de voir ce qui pourrait être leurs petits-enfants la parler. L’explication de cette médiatisation est simple pour M. La Prairie, rédacteur en chef chargé de mission presse-école à Ouest-France, « Il y a une fonction générale d’un journal qui est d’être attentif à ce qui se passe de nouveau, une attention on va dire la plus factuelle possible. On est un peu des radars et les journalistes ont un peu pour mission peut-être de repérer, sur un sujet ou sur une problématique, les évènements un peu symptomatiques qui vont dire quelque chose d’une évolution en train de se faire. […] Et du coup, il y a toujours une survalorisation, mais là ce sont les sociologues et les chercheurs qui peuvent analyser ça, bien que de l’intérieur on réfléchisse aussi sur ce qu’on fait. Mais ça, c’est le phénomène un peu général qui fait que quelque chose qui apparaît, c’est vrai aussi dans les mœurs par exemple sur l’homosexualité ou dans les faits divers comme la pédophilie…etc., prend tout d’un coup une part particulièrement importante. Il y a donc ensuite un effet qui est sans doute un effet d’image pour les gens qui fait que c’est une représentation plus forte que la réalité, avec un effet de validation. »42.

Cette médiatisation va se poursuivre au fil des années où Diwan va être érigé en symbole des « défenseurs » de la langue bretonne : « Dans certains café de Bretagne, la boîte à pourboire est pour ‘Diwan’. Dans la plupart des festou-noz, le prix d’entrée est majoré d’un franc pour ‘Diwan’. Et la petite graine tombée il y a un an sur un sol ingrat vit toujours, a ‘germé’ et déjà donné quatre fruits […]. La récolte ne fait que commencer. […] Diwan, à l’heure où des milliers de bretonnants meurent chaque année, veut être au moins la petite lampe allumée et qui sait… ? Le bilan de la première année dépasse les espérances. La petite graine est portée par un assez net courant populaire conscient que Diwan risque d’être la dernière chance. »43. Ce discours va s’amplifier d’année en année avec des appels aux dons pour faire face aux difficultés financières de l’association, et le soutien de nombreuses personnalités comme Alan Stivell ou le groupe Tri Yann. « Personne ne devra laisser passer la chance qui s’offre et qui doit permettre à chacun de dépasser ses querelles ou ses petits intérêts personnels pour s’ouvrir à une action d’envergure bretonne. […] En venant vous distraire et participer à la vie bretonne, vous saurez apporter à Diwan un soutien ‘moral’, mais encore un soutien financier qui viendra renforcer les dons déjà versé à l’association par des mouvements de l’émigration comme Dugelez Breiz des Lilas, Poissy, Orléans, l’Arc de Clichy. »44. Dans un autre article, Ouest-France expose en détail et justifie les gros problèmes financiers de Diwan : « Oui, mais voilà ! la gratuité scolaire cela coûte cher… quand on a pas un sou de l’éducation nationale. […] C’est clair : l’entreprise ‘Diwan’ est en pleine crise de croissance. Financièrement, elle est même au point de rupture. ». Le journal en appelle donc aux sympathisants à effectuer des virements automatiques au profit de Diwan, et rappelle que l’objectif pour l’association « consiste à obtenir 50% des recettes par virements automatiques »45.

Mais les débats vont très rapidement se porter sur l’intégration des écoles Diwan à l’éducation nationale censée régler tous les problèmes financiers.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   19

similaire:

Bibliographie p. 122 iconBulletin officiel n° 17 du 23 avril 2015
Art. D. 122  Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture prévu à l'article L. 122-1-1 est composé de cinq domaines...

Bibliographie p. 122 iconLe Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, au termes des...

Bibliographie p. 122 iconLa réunion du Conseil Municipal se déroulera
«122 rue de Rubian», isolation de la façade de l’habitation; Mme maillard olga «Penandreff», clôture

Bibliographie p. 122 iconBibliographie la bibliographie est commune aux membres du groupe
«Nom de l’encyclopédie ou du dictionnaire», titre du volume et numéro (si encyclopédie), pages consultées

Bibliographie p. 122 iconBibliographie

Bibliographie p. 122 iconBibliographie La bibliographie

Bibliographie p. 122 iconBibliographie p. 25

Bibliographie p. 122 iconBibliographie p 4

Bibliographie p. 122 iconBibliographie

Bibliographie p. 122 iconBibliographie





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
m.20-bal.com