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Un soutien sans faille aux revendications d’intégration de Diwan.

C’est l’une des revendications les plus anciennes des écoles Diwan, car elles seraient entièrement prises en charge par l’éducation nationale : « les militants Diwan occupent 90% de leur temps à récolter de l’argent. Aussi demandent-ils la prises en charge financière des écoles, par le service public d’éducation. Une sorte d’intégration, dans le cadre d’une filière particulière, laissant à ces écoles en langue bretonne, l’entier contrôle de leur gestion pédagogique et de leur fonctionnement. »46. Les écoles Diwan veulent donc une intégration sur leurs propres bases, mais le ministère de l’Education nationale, après de longues négociations, refuse ce principe. Le Télégramme explique le sentiment de Diwan après ces négociations, ainsi que la nouvelle tactique que l’association compte adopter : « Diwan est déçue : elle avait espéré être intégrée au sein du secteur public de l’Education nationale ; or, après un an et demi de négociations, il lui faut se rendre à l’évidence : c’est un constat d’échec. Le ministère refuse le principe de l’intégration ainsi que la prise en charge des salaires du personnel. Pour Diwan, ‘l’échec des négociations proviendrait en partie de l’opposition de forces internes de l’Education nationale, de certains syndicats d’enseignants en particulier, mais surtout d’un manque de volonté politique du gouvernement de reconnaître les écoles en langue minoritaire’. […] Dans l’optique d’une position plus dure, Diwan portera le débat des langues minoritaires sur la place publique : vers les conseils généraux, l’Assemblée nationale, et n’hésitera pas à sensibiliser les partis politiques, les syndicats, les élus et au besoin faire pression à l’approche des consultations électorales. Par ailleurs des actions plus démonstratives (occupations, manifestations), ne sont pas exclues. »47. Dans cet article, Le Télégramme reprend les accusations de Diwan sur les responsables de l’échec des négociations, et leur menace de faire pression sur tous les politiques dans un contexte électoral. Mais le quotidien n’explique pas la position des syndicats d’enseignants mis en cause, pourtant largement majoritaires au sein de l’Education nationale.

Ces menaces et les stratégies de Diwan sont aussi reprises par Ouest-France en pleine page Bretagne : « Face à cette situation, Diwan a décidé de passer à la contre-attaque. Et d’abord en multipliant le nombre de ses écoles. Pour ne pas nuire aux discussions en cours avec l’Education nationale, un certain nombre de projets d’ouverture étaient en effet restés en attente. Inutile désormais de prendre pareille précaution. Si bien qu’à la rentrée prochaine, Diwan envisage d’ouvrir de nombreuses écoles, portant à 50 le nombre de ses établissements. Il en existe actuellement 22. […] Par ailleurs, Diwan compte renforcer ses liens internationaux, en particulier avec le Pays de Galles et le Pays Basque, où se mènent des expériences pédagogiques comparables. Diwan a également l’intention d’intervenir auprès d’instances internationales comme l’U.N.E.S.C.O. […] Et pour se faire mieux comprendre du pouvoir, le nouveau président, André Lavanant, ajoute, un sourire aux lèvres : ‘Nous sommes frappés de la sollicitude que nous manifestent maintenant les élus de l’opposition…’ Message reçu ? »48. En attendant d’obtenir son intégration dans le public, Diwan va obtenir le statut d’association privée dans le public en 1990, comme l’explique Ouest-France : « Depuis longtemps, Diwan réclamait la prise en charge par l’Education nationale des salaires de ses instituteurs… C’est chose faite avec la convention signée le 27 juillet entre le recteur d’académie et le président des écoles bretonnes. Restait alors à préciser le statut de Diwan dans cette nouvelle distribution des rôles : une association culturelle, qui entretient un îlot privé dans la fonction publique. »49.

La presse régionale va régulièrement aborder le sujet de l’intégration qui va atteindre son paroxysme au cours de l’année 2001 avec le soutien de Jack Lang, alors ministre de l’éducation nationale, à l’intégration, et la suspension de celle-ci par le Conseil d’Etat une première fois en octobre 2001, et une deuxième fois en juillet 2002.

Ce soutien de Jack Lang n’est pas nouveau, Le Télégramme et Ouest-France vont rapidement mettre en avant ses propos : « Jack Lang ajoute une nouvelle corde à son arc : la défense des langues et cultures régionales. L’école publique va s’y ouvrir davantage. Et le ministre de l’Education nationale et de la Culture souhaite que la France ratifie la Charte européenne. »50. Dans cet article, Ouest-France explique que la position de Jack Lang est significative du regret de l’Etat sur sa politique envers les langues régionales : « Battant la coulpe de l’Etat, Jack Lang déclare : ‘On les a défendues jusqu’ici avec timidité, voire pusillanimité. Il faut aujourd’hui se battre pour en assurer la préservation et, plus encore, le plein essor’. […] ‘Il faut savoir être à contre-courant. L’école de la République a assis le français en écrasant les langues locales. La diversité est l’une des richesses de la France. De quel manque de confiance en soi ont témoigné ceux qui ont tenu à faire figurer que le français était la langue de la République dans la réforme de la Constitution adoptée en juin dernier. Comme si le français était menacé par une politique de renaissance des langues de France…’ ». De nouveau ministre de l’Education nationale en remplacement de Claude allègre en 2000, Jack Lang relance les négociations sur l’intégration de Diwan. Pour la presse régionale comme pour Diwan, cette intégration est désormais pratiquement acquise : « ‘Nous avons abouti à un texte clair et sans ambiguïté. C’est une validation de la pédagogie de Diwan’, déclare, serein et déterminé, Andrew Lincoln [président de Diwan]. Selon le projet de protocole, cet enseignement par immersion ‘fera du breton’ la langue de vie, de travail et de communication de tous les élèves et de tous les personnels des établissements. »51. Cet enthousiasme du Télégramme se retrouve à l’identique chez Ouest-France qui titre « Pour Diwan, fini le temps des pionniers », le ton de l’article est tout aussi euphorique : « Trugarez vras deoc’h, aoutrou ministr, ur wech all evit hi sikour. ‘Tous nos remerciements, Monsieur le ministre, pour votre soutien’, a lancé Andrew Lincoln à Jack Lang, hier midi. Le président de Diwan et le ministre de l’Education nationale venaient de signer – enfin ! – le protocole qui donne un statut public aux écoles Diwan. Dans le respect de leur projet pédagogique. […] ‘Vive l’unité dans la diversité !’, a-t-il conclu, à l’adresse des républicains qui ont peur de voir Diwan débouler dans l’enseignement public. Sur ce thème récurrent ‘Unité républicaine ne signifie pas uniformité’, Jack Lang est clair : ‘Allons ! Qu’est-ce qui menace sérieusement la République de balkanisation dans tout ça ?’, ironise-t-il, sans faire allusion aux jacobins, genre Chevènement et Allègre. [….] Plus tard, il ira jusqu’à dire, lyrique, que les langues font partie des plus beaux patrimoines de l’humanité. Qu’on a le devoir de les préserver, de les faire connaître et de les enseigner. Andrew Lincoln buvait du petit lait. »52.

Malgré le soutien de Jack Lang, le Conseil d’Etat, après avoir étudié les référés déposés par les mouvements laïcs de l’Education nationale, décide de suspendre l’intégration des écoles Diwan au sein de l’Education nationale le 30 octobre 2001. Cette suspension entraîne une forte réaction de la part d’Ouest-France et du Télégramme. Le Télégramme en fait même sa « Une » du 31 octobre 2001 : « Ecoles Diwan : Lang désavoué ». Pour le journal, ce refus compromet l’enseignement des langues régionales : « Au nom de l’unicité de la République, un siècle après la francisation forcée des enfants dans les campagnes françaises, le cheval de bataille de l’école Jules Ferry a ainsi été repris par les défenseurs de l’écoles publique, mettant à mal un accord intervenu après de longues négociations et la volonté du ministre de l’Education nationale, Jack Lang, de promouvoir les langues régionales. »53. Pour Ouest-France, cette suspension entraîne un grand élan de soutien politique derrière Diwan : « Il y a bien quelques voix discordantes – les chevènementistes et les radicaux, par exemple – mais c’est une autre tonalité qui domine après l’ordonnance du Conseil d’Etat suspendant l’intégration des écoles Diwan dans l’Education nationale. L’exaspération le dispute à l’inquiétude. »54. L’article se termine en reprenant l’appel du vice-président du conseil régional, très connu pour ses revendications autonomistes : « Jean-Yves Cozan – qui s’en prend en des termes plutôt vifs au ‘lobby jacobin et passéiste’ – en appelle aux parlementaires pour qu’ils saisissent ce dossier à bras-le-corps et engagent ‘les nécessaires modifications législatives et constitutionnelles’ ». Les deux quotidiens appuient ensuite fortement les manifestations qui suivent comme celle de Quimper du 10 novembre 2001, les titres sont explicites : « Diwan. Le combat continue »55, « Près de 5000 Bretons derrière Diwan. Contre le ‘lobby jacobin’, importante mobilisation pour l’enseignement bilingue à Quimper »56. Malgré cette forte médiatisation, le Conseil d’Etat réitère sa position et déclare l’intégration de Diwan dans l’enseignement public comme illégale le 15 juillet 2002.

De nombreux syndicats d’enseignants se sont offusqués de cette forte médiatisation : « A la rentrée 2001, on avait regardé de près cette affaire. Alors que Diwan était débouté en Conseil d’Etat une nouvelle fois pour leur intégration, il y a eu dans Ouest-France Ille-et-Vilaine, je ne parle même pas pour Brest car là ça doit être plus grave, il y a eu un article tous les cinq jours sur Diwan, donc toute une campagne organisée, et ça traduit une volonté politique. Ce n’est que l’expression d’un petit bout de la bataille de la régionalisation, mais c’est la partie émergée d’une autre partie qui est ultra-nationaliste et qui avance des mots d’ordre qui sont extrêmement graves, ce sont des gens qui disent ‘La Bretagne aux Bretons’, cela revient à dire ‘les Français dehors’ »57.
Un discours toujours très positifs sur les résultats obtenus par la méthode immersive, et sur la croissance de Diwan.

Mais Le Télégramme et Ouest-France vont aussi souligner les bons résultats obtenus par Diwan, et écrire de nombreux articles sur chaque ouverture d’école ou de nouvelles classes. Là encore les titres d’articles sont explicites : « Ecoles Diwan, le test du Brevet des Collèges », « Les élèves de Diwan meilleurs que les autres en… français »58, « Diwan : 100% de réussite au bac »59. Dans ces deux premiers articles, Le Télégramme et Ouest-France, s’appliquent à montrer que les élèves de Diwan obtiennent de meilleurs résultats que ceux de l’Education nationale : « Les parents qui confient leurs enfants à Diwan, ou ceux qui ont l’intention de le faire n’ont pas à être inquiets, les résultats obtenus sont supérieurs de 2,37% à ceux des filières classiques en français et de 0,59% en mathématiques. Un second pourcentage moins significatif mais qui trouve sans doute une explication dans le fait qu’à Diwan l’enseignement des mathématiques se fait en breton. Les tests d’évaluation sont eux en français. Un décalage peut donc exister dans les mécanismes. »60. Ah si les tests de mathématiques avaient eu lieu en breton, les élèves de Diwan n’auraient pas été déstabilisés et auraient eu encore de bien meilleurs résultats que les autres... On retrouve le même discours dans l’article d’Ouest-France : « Les jeunes bretonnants de l’école Diwan sont meilleurs en… français que leurs petits camarades scolarisés par l’Education nationale ! Etonnant. C’est le résultat d’une évaluation comparative faite auprès des élèves de Diwan à l’entrée en sixième. »61. S’ensuit une démonstration avec les mêmes chiffres que dans l’article précédent. Les premiers élèves de Diwan à se présenter au bac en ayant effectué toute leur scolarité chez Diwan ont eux aussi été très médiatisés : « Pour la première fois, des jeunes ayant suivi tout leur cursus scolaire dans l’école privée bilingue se sont présentés au bac. Tous ont été reçus, quatre avec mention bien, deux avec mention assez bien, un seul aux oraux de rattrapage. Eux qui ont suivi tous leurs apprentissages, de la lecture aux maths, en breton, se sont brillamment sorti des épreuves à rédiger en français. Sans doute le sentiment d’être des pionniers les a-t-il motivés. […] Cette brillante revanche sur les critiques passées ne peut qu’encourager Diwan à continuer à développer ses filières bilingues. »62.

Les dates anniversaires de Diwan sont aussi, pour Ouest-France comme pour Le Télégramme, des occasions de faire le point sur la progression des effectifs, sur l’état des finances de l’association, et sur le chemin parcouru depuis 1977. Le premier anniversaire qui marque, celui des dix ans de la première école Diwan en 1987 a été fêté dans l’enthousiasme par les médias : « La première école Diwan, celle de Ploudalmézeau, va fêter son dixième anniversaire les 10, 11 et 12 avril. La simple portes ouvertes que les parents prévoyaient d’organiser à cette occasion est devenue une grosse fête parce que c’est là qu’est née la première école en breton et parce que les circonstances actuelles militent en faveur d’un rassemblement de soutien. »63. Le Télégramme profite de cette occasion pour vanter les résultats de l’immersion : « Certes la langue de Molière n’est introduite dans les programmes qu’en CE1, mais les enfants ayant appris à lire et à écrire en breton, il ne leur reste à faire que la transcription en français. De proche en proche on augmente ensuite ‘la dose’ pour arriver à 9 heures en septième. Résultat : en entrant au collège, les ‘Diwan’ sont parfaitement bilingues et, souligne-t-on, ils auront moins de difficultés à apprendre les langues étrangères. ». Idem pour les quinze ans de la première école Diwan où l’on retrace l’épopée de celle-ci : « Une maternelle en breton, dont à l’époque, on ne donnait pas cher de la survie et que l’on avait appelée symboliquement : ‘le germe’. Il se trouve que le grain a pris. Diwan possède aujourd’hui vingt-trois écoles, un collège, soit un petit milliers d’élèves, et pense à son lycée. Mais les résultats ne pourront vraiment être engrangés que lorsque de cette récolte naîtront de nouvelles générations de bretonnants. »64.

L’anniversaire le plus marquant a certainement été celui des vingt ans de Diwan : « trois jours anniversaire de Diwan : on n’a pas tous les jours 20 ans », « Diwan : les 20 ans fêtés dans l’optimisme. Plus de 15000 personnes ont dansé et chanté ce week-end à Morlaix »65. Le Télégramme profite de cette date pour donner la parole à l’un des tout premier élèves de Diwan, Keven, celui-là même que Ouest-France avait décrit vingt ans auparavant : « De cet enseignement bilingue, il a le sentiment de n’avoir retiré que du profit. ‘Au collège et au lycée, j’avais beaucoup de facilités surtout en langue. C’est dû à l’apprentissage bilingue qui entraîne tout jeune à avoir une gymnastique intellectuelle’. […] Sur l’école Diwan aujourd’hui, Keven porte un regard admiratif. ‘Les progrès de Diwan sont énormes. L’école s’est affirmée comme une très grande école. Nous avons souvent des élèves de Diwan en stage au magasin et ils sont le plus souvent brillants et ouverts’. […] D’ailleurs, pour lui c’est tout vu, il n’hésitera pas une seule seconde à inscrire ses enfants à Diwan. »66. Un ancien journaliste d’Ouest-France, Jean-Charles Perazzi, a même profité de cette occasion pour sortir un livre entièrement consacré à l’histoire de Diwan depuis sa création intitulé : Diwan, vingt ans d’enthousiasme, de doute et d’espoir67. Il a évidemment eu droit à un article élogieux en page Bretagne d’Ouest-France à la sortie de l’ouvrage : « Notre confrère Jean-Charles Perazzi, ancien reporter régional à ‘Ouest-France’, publie chez Coop Breizh une histoire de ‘Diwan, 20 ans d’enthousiasme, de doute et d’espoir’. Derrière la question linguistique et scolaire, c’est tout le droit à la reconnaissance d’une culture qui est en cause. »68. Cet article résume très bien l’ensemble de l’ouvrage qui fait l’apologie de l’histoire de Diwan à la manière d’une longue épopée : « Jean-Charles Perazzi n’a pas l’âme d’un procureur, fût-ce du jacobinisme. ‘Simple journaliste’, comme il se plaît à le répéter, il puise l’essentiel de sa matière aux archives de la presse. Décortique, analyse, met en perspective les évènements, les déclarations et les actes. Au fil de cet exercice, souvent cruel pour les hommes politiques de tous poils, une constante s’impose au lecteur. Rien, absolument rien de ce qui se fait aujourd’hui en matière de breton à l’école n’a été accordé. Tout fut arraché, mot à mot. Chaque parcelle d’un droit conquise au prix d’invraisemblables batailles. ». Bien sûr, il ne s’agit là que d’un journaliste qui n’est plus en fonction. Mais cet exemple permet de comprendre le manque d’objectivité, voire le partit pris, de certains journalistes lorsqu’ils abordent la question « Diwan », et pourquoi Diwan est aussi médiatisé.

Pour Anna-Vari Chapalain, directrice des écoles Diwan : « C’est parce qu’il y a toujours du nouveau à Diwan. Il y a toujours une école qui ouvre, une mairie qui s’oppose, il y a toujours un fait nouveau. Notre vie depuis 25 ans est jalonnée d’actualité : il y a une manif, une grève de la faim en 1985, des accords avec le ministre, en 2002 ce sont les arrêts successifs du Conseil d’Etat. Donc à la limite, on apporte beaucoup à la presse régionale, et des fois malgré nous mais on leur apporte de l’actualité. D’un autre côté, si on décide de faire une journée portes ouvertes avec des parrains dans les écoles, c’est-à-dire montrer l’autre côté de Diwan et pas seulement les problèmes, ils jouent le jeu aussi, parce qu’on aura présenté les choses comme il faut. »69.

Il est vrai que chaque ouverture d’école est très médiatique. Celle des trois collèges Diwan en particulier. Le Télégramme des 3 et 4 septembre 1988 titre ainsi : « Le premier collège Diwan ouvre ses portes à Brest », article dans lequel le journal rend hommage au travail des professeur : « C’est, en fait, un formidable travail d’équipe réalisé par tout le groupe ; chaque professeur devant effectuer des heures de présence en dehors de celles des cours : on y inventera des jeux, on y fera de la photo, du théâtre… ». Ouest-France n’est pas en reste et fait l’éloge du système éducatif de Diwan lors de l’ouverture de son deuxième collège à Guingamp en 1994 : « Que sont les écoles Diwan ? Un nid du militantisme régional, comme se l’imagine bien souvent le grand public ? Non, elles sont avant tout une pépinière de jeunes Européens qui bénéficient d’un système éducatif basé sur le plurilinguisme, où la langue bretonne est un outil pour ouvrir les esprits des enfants du monde. »70. La hausse des effectifs est chaque année soulignée par Ouest-France et Le Télégramme, celle-ci sert à justifier l’ouverture de nouvelles écoles comme en 1998 : « Diwan fait sa rentrée avec presque 2000 élèves, un effectif en croissance de 14%. Son président Andrew Lincoln, n’a pas manqué hier de relever que cette tendance était différente de celle observée dans le public et le privé. […] La rentrée est marquée par l’ouverture d’une nouvelle école au Faou. »71. Mais l’exemple le plus spectaculaire de cette médiatisation à outrance est celui de l’ouverture du lycée Diwan à Carhaix en 1999. « La Région, l’Education nationale, et la ville de Carhaix se sont penchées hier sur le transfert du lycée Diwan à Carhaix à la rentrée 99. Un transfert qui marque un engagement plus important des instances régionales dans la promotion et le développement du breton ainsi que son souci de renforcer une identité régionale ouverte sur le monde. »72. Même satisfaction pour Ouest-France : « Une soixantaine d’élèves seront accueillis en septembre 1999. Coût de l’opération : 15 millions de francs dont 10 sont financés par la Région. ‘Carhaix représente aujourd’hui le sommet de la pyramide Diwan’. Andrew Lincoln, président de l’association Diwan, a souligné le rôle ‘moteur’ du nouveau lycée bilingue qui doit ouvrir ses portes à la rentrée prochaine. »73. Mais l’Etat va rapidement contester la subvention accordée par la région au lycée Diwan car elle dépasse largement les 10% de subventions publiques accordée à une école privée par la loi Falloux., il porte donc le dossier devant le tribunal administratif. Cette action de l’Etat va provoquer de vives réactions dans la presse régionale, les titres d’articles, sont là encore suffisamment explicite : « L’Etat conteste la décision et le montant de la subvention de la Région. Coup d’arrêt au projet de lycée Diwan » Ouest-France du 20 mars 1999 ; « Diwan. Carhaix défend son lycée » Le Télégramme du 21 mars 1999 ; « 300 personnes rassemblées à la mairie. Carhaix : ‘Non à un lycée Diwan SDF’ » Ouest-France du 22 mars 1999 ; « Lycée Diwan menacé. La riposte du Centre-Bretagne » Le Télégramme du 22 mars 1999 ; « Diwan : les lycéens occupent la mairie » Ouest-France du 24 mars 1999 ; « Diwan veut renverser la vapeur » Le Télégramme du 24 mars 1999 ; « Diwan mobilise pour faire ses classes » Le Télégramme du 26 mars 1999 ; « Manifestation aujourd’hui à Carhaix. Diwan rejète la précarité » Le Télégramme des 27 et 28 mars 1999 ; « 5000 Bretons derrière Diwan à Carhaix » dimanche Ouest-France du 28 mars 1999 ; « Diwan veut bâtir sur du solide » Le Télégramme du 29 mars 1999 ; « Les Bretons ont réclamé haut et fort leur lycée Diwan. La fête après le combat » Ouest-France du 29 mars 1999 ; « La Région a débloqué hier 6,6 millions de francs pour Carhaix, mais… Diwan : la quête difficile du consensus » Ouest-France du 30 mars 1999 ; « Diwan. Rejet des propositions du préfet de Région » Le Télégramme du 1er avril 1999 ; « L’Etat et la Région restent sur des logiques radicalement différentes. Lycée bilingue : Diwan ne mollit pas » Ouest-France du 13 avril 1999 ; « Diwan : les travaux commenceront mi-mai » Le Télégramme du 17 avril 1999 ; « Le tribunal administratif estime fondé le recours du préfet de Région. Diwan : aide annulée, la Région fait appel » Ouest-France du 30 septembre 1999. N’a t’on pas là une véritable campagne organisée de la part des deux grands quotidiens régionaux traduisant une volonté politique comme le pense nombre de syndicalistes comme M. Monnier ?

Pourtant, le rédacteur en chef du Télégramme est beaucoup moins enthousiaste que le laissent penser les articles de son journal sur la situation des écoles Diwan : « Diwan ? Diwan a eu des gros problèmes et n’est plus en phase de croissance. Il y a quelques créations d’écoles bilingues dans l’enseignement public mais on est dans le cadre d’une réponse politique, enfin c’est ce que je pense en tant qu’observateur, je connais quelques maires qui ont pris des décisions de créer des écoles publiques bilingues. C’est la réponse du militant de l’école publique en réaction à un mouvement privé, et pour se dégager de critiques du mouvement breton. […] Lorsque nous avons publié un sondage numériquement très lourd sur l’état de la pratique de la langue bretonne, c’était il y a trois ans, avant que l’INSEE ne fasse son travail, ça a jeté une douche froide et ça a provoqué un débat. Parce qu’on se rendait compte qu’il y avait chez les moins de 40 ans entre 1 et 2% de la population qui parlaient la langue. Donc vous voyez ça relativise le débat de Diwan, ça le repositionne. »74. Peut-être mais ce qui ne le relativise pas est la très forte médiatisation des écoles Diwan qui ont fortement tendance à l’influencer, notamment auprès des hommes politiques.

Les classes bilingues publiques appelées Div Yezh et créées en 1982 comptent aujourd’hui plus d’élèves scolarisés que les écoles Diwan et que l’enseignement privé bilingue. « Avec 339 nouveaux élèves, les effectifs des classes bilingues publiques progressent cette année de 14,8%. Plus de la moitié (53%) des 2628 élèves est scolarisée en maternelle contre 35% en primaire, 13% en collège et 3% en lycée. Cette augmentation en fait désormais la plus importante des trois filières bilingues devant Diwan (2609 élèves) et l’enseignement catholique (estimation : 2150). »75. Celles-ci sont pourtant beaucoup moins médiatiques, pourquoi ce silence autour de Div Yezh et cette omniprésence de Diwan ? Les deux journaux vont en revanche se focaliser sur toutes les initiatives assurant la promotion de la langue bretonne.

B - La langue bretonne de Basse-Bretagne, objet unanime d’efforts et de louanges.
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