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Cyrielle,

Voici la fonction 4 au sein de la MJC.
4.2.4 –quatrième situation de travail
Fonction(s) concernée(s) : Fonction 4 – Construction d’un cadre d’analyse et d’une expertise des pratiques éducatives et sociales.

Base de mon intervention
Mon intervention auprès des jeunes de cette commune tenait compte d’un savoir de référence, d’analyses acquises à travers des expériences et situations du quotidien, mais surtout de principes empruntés, qui servent de base à tout travailleur social. Des concepts, théories, que je me m’étais approprié tout au long d’un cheminement professionnel au contact de ce public et de ces problématiques. Autant d’éléments qui étayaient mon discours, mais sur lesquels j’ose encore m’interroger.
Dés mon arrivée sur la commune, il a fallu que j’intègre et que je comprenne ce qu’était

L’Adolescence, ses problématiques, cela pour mieux cerner le public auquel j’avais à faire, celui des adolescents dit « difficiles».
1) La connaissance du public :
Françoise Dolto, compare l’adolescent au homard.  « Celui – ci lorsqu’il change de carapace perd d’abord l’ancienne et reste presque sans défense le temps d’en fabriquer une nouvelle. Pendant ce temps il est en danger. »
L’adolescence correspond à ce passage de l’enfance à l’âge adulte. Bien qu’ayant pour centre la puberté, ces limites de l’adolescence restent floues.

L’adolescent, celui qui grandit, est par essence, un être en transformation qu’il faut guider dans cette « seconde naissance », vers cette « mutation vers l’âge adulte » pour que l’issue de la crise soit positive.

Il n’y a pas d’adolescence sans problèmes, sans souffrances. Il y a de l’insécurité dans l’air et l’adolescent rejette avec des mots parfois acerbes, le cadre qui rassure, mais qu’il réclame sans l’avouer.

C’est l’âge de l’apprentissage de la co-responsabilité où, tout en étant sous la responsabilité légale de l’adulte, il faut lui prouver qu’il est capable de se risquer dans la société.
Le besoin de s’identifier aux autres, intervient dans le processus de crise identitaire. Lorsque le corps change, l’enfant rentre dans le processus de la puberté. Les modifications qu’il subit à ce moment là développent son corps d’adulte.

Le corps se transformant (poils, poitrine, règle, voix qui mue, acné…) l’adolescent ne maîtrise plus l’image de son soi qu’il donne aux autres. Il n’y a plus d’accord entre l’image de lui pensant et agissant et la ligne de ses identifications établies. Cette sorte de disgrâce physique est difficile à assumer et cette dysharmonie rend le jeune fragile irritable ce qui ne favorise pas l’échange avec l’adulte.

Il est donc important que l’adulte, l’équipe permette cette rencontre dans un contexte d’accueil ou la discussion, l’échange est possible.

L’adulte peut ainsi profiter de temps informel, pour faire passer un message.
C’est également la période où l’affirmation de soi passe aussi par le conflit. Si la souffrance est présente, c’est aussi l’époque des joies les plus intenses où l’on a envie de créer, de sortir, de déchirer le cocon de l’enfance trop étroit et un peu étouffant. Ce sont aussi les découvertes de la séduction, de la bande, des émois amoureux, et des premières expériences sexuelles.

Mais cela ce complique d’avantage lorsque les relations que ces jeunes ont connues jusqu’alors portent l’empreinte de l’échec (familial, scolaire, affectif,…) de l’absence de repères structurant. Se

développe aussi souvent un rapport de force vis à vis du cadre et de la loi. Ces troubles s’accompagnent alors souvent de comportements déviants. (Déscolarisation, drogue, alcool, fugues,…)
Assurer la prise en charge d’un public en difficulté, c’est établir des priorités, c’est faire des choix dans cet ensemble de possibles et de souhaitables, en cherchant un maximum de cohérence dans ce que l’on retient, et un maximum d’efficacité dans l’usage des ressources mobilisables d’une institution.

Il convient de comprendre « difficile » dans le sens ou :
D’après quelques repères théoriques (de Philippe Fuster/ Philippe Jeanne) des concepts de normal " est normal ce qui est conforme à la norme, à la règle. "
La règle indique qu’il s’agit de respecter le modèle qui est conçu et construit, et admit de tous dans une société donnée à une époque donnée , la norme devient alors la normalité, la moyenne, un critère objectif, quantifiable.

Et le Pathologique « qui désigne les désordres survenus soit dans la disposition naturelle des organes, soit dans les actes qu’ils accomplissent ».Ces termes de normalité et de pathologique n’ont de signification que sociale.
La norme implique des critères, du point de vue des acteurs. Un critère qui s’applique à la santé mentale, à la santé physique, comme à la situation économique.

Le critère social intègre à la fois une « norme idéale » et une « norme moyenne ». L’évolution est possible dans un seul sens, de l’extrême anormalité à la norme idéale.

Les comportements qui sont valorisés se rapprochent du modèle idéal du groupe de référence (famille, culture, etc.…). Les comportements qui s’écartent de ce modèle idéal sont jugés déviants, anormaux, répréhensibles, voir pathologiques.

De fait, plutôt que de parler de personne normale ou pathologique, nous retenons les termes de personnes en difficulté, ou présentant des besoins spéciaux.
Ainsi, l’anormalité devient moins un phénomène individuel qu’un phénomène social dans lequel les attentes de la collectivité et les capacités de l’individu sont en interaction.

Ces attentes se déclinant en mode scolaire, judiciaire, social et sanitaire, faisant alors paraître les pathologies qui s’intitulent pour le public ici concerné, échec, illettrisme, déficience, inadaptation, récidivisme, névrose, délinquance, toxicomanie, violence, alcoolisme, désinsertion…
Il me semble qu’il est alors important que l’éducateur présente un climat relationnel de qualité et utilise tous les moyens dont il dispose pour mener l’adolescent sur le chemin d’une plus grande autonomie, d’une meilleure socialisation.
Puis dans un second temps, il m’a fallu rapidement construire une relation éducative, cela pour mettre du sens et du lien dans les actions a venir.
2) La relation éducative :

Selon Gille Gendeau, la relation éducative «est le fruit d’un ensemble d’interaction entre l’éducateur et le sujet dont les principales caractéristiques peuvent être analysées sous l’angle de la confiance entre les acteurs, d’une certaine disponibilité au vécu de l’autre, d’effort d’authenticité et surtout d’empathie ».

Le travail de l’éducateur est axé sur la prise en charge des personnes inadaptées dans leur vie de tous les jours.
D’après Joseph Rouzel c’est « une relation engagée par un éducateur avec une personne en souffrance qui obéit aux aléas de toute relation humaine. Cette rencontre prend une autre dimension qu’une relation d’amitié ou de camaraderie.

D’une part, elle prend en compte la demande singulière de la personne, et s’inscrit dans un projet, obéit à une mission. Elle est garantie et contrôlée par une institution, étant elle-même sous la tutelle d’un organisme d’état, ou d’une collectivité. »
Mais pour moi la relation éducative passe incontestablement par une période d’observation, nécessaire pour établir, voir consolider toute relation.
A) A travers l’Observation :
En référence à Tony Lenay, j’ai les premier temps de ma pratique, passé beaucoup de temps à « observer ».


Le quotidien se présente comme une grande scène de théâtre ou tour à tour chacun devient acteur, sujet, ou spectateur. L’observation passe alors nécessairement par une interprétation personnelle plus ou moins influencée par un vécu, un environnement un état du moment.

Il est donc nécessaire pour qu’une analyse naissant d’une observation soit la plus juste possible, d’utiliser des outils, méthodes, qui limiteront les erreurs d’un jugement actif et parfois impartial.

Il est important pour la relation éducative qui va suivre, de prendre le temps d’observer.

L’action, ou pas, est révélatrice d’éléments primordiaux nécessaire à la mise en place d’un suivi éducatif cohérent pour aider la personne en souffrance.

L’observateur, souvent le professionnel devient spectateur d’un sujet qui lui est acteur passif ou actif.
En tant que tel, il est spectateur actif si il participe activement, aux côtés du sujet en action, à une activité durant laquelle il va pouvoir relever des attitudes, expressions significatives d’un mal être. (Violence verbale, physique, nonchalance, …)

Soit être spectateur passif, en retrait, qui se contente de scruter, d’observer et de relever les éléments clefs. (Gestuelle, attitudes, aspect vestimentaire, …).
L’observateur doit trouver sa place dans l’environnement du sujet de façon à être le moins perturbateur possible. (Et ainsi ne pas induire le comportement du sujet, ce qui fausserait l’analyse également). Il doit savoir prendre le temps nécessaire, en toute objectivité d’analyser le sujet, et de poser un constat.
Son rôle d’observateur est important, car il contribue à mettre en avant des éléments souvent perturbateurs pour le sujet, qui explique, des actions, d’un individu en souffrance.

Et ainsi de tout mettre en œuvre avec une équipe de professionnels, pour l’aider, le soulager, en l’amenant vers une insertion sociale si possible.
Bien souvent au quotidien on n’a pas le temps, ou on ne le prend pas, d’observer tour à tour les sujets en difficulté. On ne s’en donne pas toujours les moyens. Pourtant, à mon sens, il ne peut naître une bonne relation éducative entre l’éducateur / le public/ la famille, sans une période d’observation.
Observer implique de savoir, mais aussi d’avoir « les bons outils », pour le faire.
J’utilisais le terrain, le quotidien, en sollicitant le sujet, en le rendant acteur le plus

possible…Dans l’action, je restais en retrait, je constatais, puis je discutais, j’engageais la conversation avec lui, sa famille, ses amis…Enfin, en synthétisant un ensemble d’éléments relevés au jour le jour, à travers différente situation, je m’autorisais à poser une analyse, qui facilitait la compréhension du sujet.
L’intérêt d’une tel travail est qu’ensuite à travers lui on peut envisager la pratique de sa propre intervention, de façon individuelle et adaptée en faveur du sujet, mais aussi de son entourage.
L’analyse, l’observation peut naître de plusieurs sujets, et permettre une confrontation des éléments relevés, concernant le sujet, qui laisseront place à une connaissance plus poussée du public.
Mais l’observation à aussi ses limites. Un sujet qui se sait observer peut se comporter différemment, et ainsi fausser les éléments d’analyse recueillis par l’observateur. Alors la notion « temps » doit être prise en compte, car on ne peut analyser indéfiniment un sujet, sans poser des constats par pallier, étapes, de façon à adapter au quotidien sa pratique.

Un autre point est à prendre en considération, l’analyse portée par un observateur implique sa personne, ce qu’il est, ses représentations, son histoire, et il doit savoir faire abstraction de cela pour poser une analyse au plus juste.
Ce travail m’a beaucoup servit dans ma pratique, notamment auprès d’une jeune adolescente de 17 ans, Rachida.

Elle mesurait 1 m 75, pour 47 kg, et se trouvait présente dans mon bureau après le temps du repas.
J’ai ainsi pu l’observer, discuter avec elle, établir un lien qui m’a permis d’élaborer une analyse.

Elle avait un comportement nonchalant, se plaignait de fatigue permanente, disait ne pas faire au moins trois repas par jour, ne souriait pas, pleurait souvent. A cela s’ajoutait un manque d’estime de soi en lien avec son physique, ses origines. Mais plus que tout ce qui la perturbait, c’était le contexte familial dans lequel elle évoluait. Elle se sentait abandonnée, mal aimée.

C’est donc parce que je la connaissais bien, qu’une relation de confiance existait entre nous, et que j’avais pu observer et analyser des éléments significatifs d’une réelle souffrance que je

l’ai donc incitée à rencontrer la psychologue et l’infirmière du service de PMI. Après entretien et examen médical, il s’est avéré que cette jeune fille souffrait de dépression engendrant un comportement anorexique. Elle reçut alors un traitement médicamenteux, un soutien psychologique de la part de professionnel et nous avons réfléchit tous ensemble à un projet éducatif cohérent.
B) A travers l’Accompagnement :
A partir d’une connaissance du sujet, ou la relation éducative est construite par le biais de l’observation, il convient d’accompagner l’adolescent en difficulté dans son projet personnel de façon cohérente.

Mais l’accompagnement de l’être fait aussi appel à des savoirs faire et savoir-être de référence.

Le dictionnaire encyclopédique LAROUSSE, définit le terme ainsi :
* Accompagner : « aller de compagnie avec quelqu’un, conduire, escorter, convoyer, guider, suivre »

L’accompagnement c’est à dire ce que l’on fait ensemble. Pour cela, il faut être à l’écoute et être dans la « présence ».
L’accompagnement au quotidien… 
L’Accompagnement éducatif des jeunes vise à une réalisation des projets personnels, proposé et établit à leur demande, lors de leur fréquentation dans l’établissement. Cela dans une recherche d’autonomie et de respect de la personne : C’est le bien de l’être qui compte.

Il n’est pas de segment de vie qui ne puisse faire l’objet d’un soutien, d ‘une écoute. En effet, chaque jour est emprise des mêmes actes essentiels (repas, toilette, travail…), et ce sont déjà là une base qui peut en soit constituer un projet individualisé, pour celui qui à du mal à se lever le matin, se changer de vêtement, être propre de sa personne, et se rendre en un lieu à une heure précise…

Dans le cas d’Aurèlie, se lever à l’heure, se remettre à étudier, et à ne pas faire sauter les cours s’inscrivait dans le projet. L’adolescence depuis un an avait perdu ces simples repères.

L’accompagnement et les contraintes…



L’accompagnement ne peut être efficace et porteur de résultat que s’il surpasse les problématiques institutionnelles. Il doit être et doit savoir-faire en fonction de besoins.

Par exemple, s’adapté au regard du manque de personnel, de moyens dans les établissements.

Pour ma part je ne pouvais m’appuyer sur une équipe présente au quotidien, ni sur une implication évidente du conseil d’administration.

Durant mes absences de congé, personne au niveau de la MJC ne surveillait la jeune adolescente, il fallait que je passe le relais directement à l’établissement de formation, et qu’ensuite avec Aurèlie que je fasse le point sur ces absences éventuelles.
L’accompagnement et respect, individualité …
L’individualisation de l’accompagnement de chacun des jeunes et le respect de son intimité, la reconnaissance de sa parole et de ses difficultés sont des points important. Qui elle est ? Et qu’est-ce qu ‘elle peut faire ?
OURY disait : « Chaque usager doit être envisagé dans sa personnalité la plus singulière, d’où une sorte de paradoxe, mettre en place des systèmes collectifs et, en même temps préserver la dimension de singularité de chacun » qui elle est ?

La reconnaissance de la personne nécessite de connaître ses possibilités, et de mesurer l’évolution de ses capacités. Elle demande également une prise en compte de son histoire personnelle, familiale.

ITARD - « On doit d’abord, au sujet de considérer le point où il est parti et celui où il est arrivé, car pour être jugé sainement, il ne doit être comparé qu’à lui-même. »
L’éducateur est là pour préserver au mieux les intérêts de la personne, et du groupe garant avec l’équipe éducative du cadre, des limites posées à chacun, cela toujours dans le respect de sa volonté, de sa parole.
Une fois certaines informations, et données connues, il est alors possible de rentrer en relation avec un sujet, à travers l’accompagnement. L’accompagnement de l’être devant se faire dans la perspective d’une autonomie naissante, il convient de faire attention aux dangers éventuels auxquels peuvent se confronter les travailleurs sociaux et qui vont à l’encontre des actions mises en place.
3) Réflexion personnelle, à travers un diagnostic éducatif :
La dépendance dans l’accompagnement est inévitable, car sans cette présence les choses ne seraient pas possibles.

Le tout, est de savoir doser cette dépendance pour ne pas tomber dans l’ « assistanat ».
Par notre présence, un lien se crée. Un lien qui sécurise, mais qui ne doit pas systématiquement être présent, juste pour être présent. Il doit avoir un intérêt, celui d’amener plus de confiance en lui. Et lui permettre ainsi à plus long terme de devenir, en opposition, plus autonome, pour « voler de ses propres ailes » !
WINNICOT, parle dans un ce ces textes, « d’un paradoxe, de l’expérience d’être seul en présence de quelqu’un. Selon lui, c’est le renouvellement régulier de cette expérience, qui va permettre à la personne de développer sa capacité à être seul. »

Il fait ressortir l’importance de la dépendance envers autrui et, comment elle aide l’autre à se structurer.
Lorsqu’on accompagne régulièrement une personne celle-ci devient dépendante de Nous.

Apparaît alors le danger de mettre cette même personne en difficulté, si pour une raison extérieure, l’éducateur ne peut être présent.
Par exemple, si je absentais lors de congés, les jeunes perdaient leurs repères, et certains attendaient mon retour pour continuer leurs démarches, demandant sans cesse à quand mon retour.
Mais plus encore… d’où l’importance de mettre en avant l’acte, le faire et en second plan l’accompagnement, l’être qui aide.
La perte de son autonomie, une perte de son espace individuel, une restriction de sa liberté, sont les manques d’une trop grande dépendance vécue par la personne.
Le danger du trop « faire à la place de », mène inévitablement vers cette dégringolade des capacités, des acquis.
L’éducateur, se doit de guider sans détruire l’autre, d’être assez humble pour s’effacer en tant qu’être et laisser à l’être accompagné un espace de liberté, d’individualité.
L’accompagnement d’une personne, passe avant tout par la reconnaissance du handicap, et une connaissance de ses aptitudes et désirs, cela afin de pouvoir la « laisser-faire » , la « laisser libre de penser et d’agir » non pas en fonction de l’éducateur que je suis , mais parce qu’elle en éprouve l’envie, le besoin.

C’est ne pas faire à sa place.
Mais l’éducateur doit aussi dans l’accompagnement au quotidien, le juste milieu entre son désir de laisser faire au maximum la personne et l’incapacité réelle à faire de la personne, du jeune.

Dans l’accompagnement, il ne suffit pas pour l’éducateur de répondre aux besoins de dépendance de n’importe quel ordre, mais il faut qu’il puisse, semble t-il fournir également à la personne qu’il accompagne l’opportunité d’aller vers plus d’autonomie, lui laisser cet espace afin qu’il prenne, garde, confiance en lui, et cela à travers des expérimentations.
L’éducateur dans sa relation éducative doit s’efforcer d’amener le sujet, l’être, vers un minimum de dépendance, « de faire pour ». Il doit se contenter de faire un bout de chemin avec l’autre, tel qu’il est, et le laisser libre ensuite de gérer son autonomie. ..
Ici rentre alors en ligne de compte la notion de projet, base essentielle de toute intervention éducative. Sans ce projet ou ébauche de projet, notre action se situe non plus dans de l’éducatif, mais dans une relation d’assistance, et les limites d’un tels mode d’intervention sont rapidement atteintes.
V de Gauléjac (cité par Pierre Goguelin, Edgard Krau dans « projet professionnel, projet de vie, ESF éditeur Paris 1990) nous dit que « l’individu est le produit d’une histoire don t-il cherche à devenir sujet ». L’intervention du travailleur social se situe dons dans la facilitation de l’émergence et de la réalisation du projet de l’usager, dans le but de le rendre maître de sa propre histoire, si l’on veut que ce projet soit un « moyen de progression » comme définit par P.Goguelin.
C’est pourquoi j’ai eu à cœur tout au long de mon intervention au sein de la MJC, de m’employer à rendre acteur ces jeunes au maximum en les impliquant dans les projets construits avec eux et pour eux.
Durant cinq ans, je n’ai eu de cesse de changer, modifier, améliorer chaque projet écrit et réalisé. Réinventer une méthodologie, une mise en œuvre, mettant en évidence sans cesse des points essentiels, cela en gardant en mémoire la base même de ma pratique éducative.
En référence à M.LEMAY (« j’ai mal à ma mère »- « Les psychoses infantiles »), j’ai fais le lien entre le rôle des activités et l’intervention thérapeutique avec les sujets souffrant de troubles graves et précoces de l’identité. Cela dans le sens, où, c’était pour moi une tentative de mettre en place dans le cadre d’un groupe un ensemble d’activités. En m’appuyant sur un climat relationnel centré autour de l’écoute, du respect de la personne, du décodage des symptômes, de l’accompagnement des désirs naissants, cela afin de créer les conditions optimales pour mobiliser les aptitudes du sujet en difficulté.

Des activités qui n’étaient bien perçues que si elles tenaient compte des possibilités relationnelles, cognitives et sociales du sujet.
Tout comme Jeanine GUINDON (« Les étapes de la rééducation psychique du jeune délinquant vers l’autonomie psychique » - Ed Fleurus, 1982), je pense que « le rôle des activités du groupe et des aptitudes du personnel à vérifier peux permettre au sujet, à partir d’un bien-être personnel, d’apprendre à redécouvrir un sens à ses actions, la joie d’une création, l’estime de soi, et de déboucher ainsi sur un cycle de vie personnel ».
L’usager ici était pour ma part un être en pleine mouvance, qui traversait tant bien que mal la période de l’adolescence, et il m’appartient d’en tenir compte au quotidien, à travers mon savoir…

Je favorisais une certaine responsabilisation en lui accordant un réel crédit en le stimulant dans les limites définies de sa « prise d’initiative ». Il est important de faire acquérir à l’adolescent un sens des responsabilités, de lui donner une raison d’être, de provoquer l’envie d’être actif, d’être partie prenante de sa propre prise en charge,de donner ou redonner un sens à sa vie. De l’accepter et l’accompagner dans sa globalité.
Cette rencontre doit être provoqué dans le cadre de l’institutionnel, pour donner ainsi l’occasion à l’adolescent de pouvoir solliciter une personne sans qu’elle soit pour autant indiscrète. Mais aussi lui permettre de se responsabiliser dans sa recherche d’autonomie, dans sa préparation à la vie adulte.

Cela, en s’entourant de partenaires professionnels, qui interviennent au quotidien dans la structure (médecins, psychologue, infirmier) ou en partenariat, mais aussi d’autres plus spécialisés tels que le planning familial, le CODES.

Voici la fonction 4 à L’IDEA. Je suis consciente que c’est un peu court mais je pensais au moment de sa rédaction que la fonction 4 de la MJC était suffisante. Et surtout je saturais à tel point dans mes écrits que j’étais incapable de rajouter quoi que ce soit.

Aujourd’hui je suis prête à me remettre au travail, mais j’ai besoin de votre regard…merci
Quatrième situation de travail

Fonction(s) concernée(s) : Fonction quatre – Construction d’un cadre d’analyse et expertises des pratiques éducatives

L’institution IDEA, fonction grâce à une organisation interne répartie en services propres.

Mais cette institution fait partie d’un grand dispositif régi par l’organisation de l’action sociale et éducative, et il est indispensable pour un éducateur de savoir se situer à l’intérieur de ce grand dispositif. Indispensable d’abord pour pouvoir s’y impliquer, en tant que professionnel. Mais aussi pour pouvoir le solliciter les cas échéant.
J.ROUZEL, dans le travail de l’éducateur spécialisé écrit « L’expérience est une lanterne que l’on porte derrière le dos ». Autrement dit, l’expérience n’éclaire en rien la route des professionnels. Il dit également, « L’Expérience ne suffit pas. Il ne sert à rien d’avoir de la bouteille, comme on dit, si l’on s’avère incapable de l’ouvrir pour en partager le contenu »
1) Le travail pluridisciplinaire au sein de l’institution :
Pour moi, je ne peux aujourd’hui pas envisager mon intervention en tant qu’éducatrice sans faire appel aux fonctions, et compétences de chacun.

EX : En réunion d’équipe éducative, en présence des éducateurs de la MECS, mais aussi de la psychologue, qui reçoit hebdomadairement la jeune et de l’assistante sociale qui connaît les dossiers des familles, nous avons convenu que nous lui organisions un séjour de rupture, dans la montagne, au ski.
Pour cela nous nous sommes appuyé sur les savoirs et connaissances acquis par chacun, pour envisager notre action à venir.

L’équipe a émis l’idée que cela serait peut-être bien pour elle. La psychologue a, compte tenue de son analyse professionnelle (en relation avec les discussion qu’elle avait pu avoir avec l’adolescente et ce que l’on lui décrivait de son comportement au quotidien), confirmé notre hypothèse. De même l’assistante sociale en lien avec le dossier personnel de la famille et ses autres problématiques nous a conforté dans notre pensée. Enfin, notre chef de service, garant de la volonté institutionnelle au vue de l’ensemble de ces éléments a validé notre choix, et nous permettre de le financer.
Dans un second temps, il donc fallu que j’informe le service de L’ASE, pour y contacter son éducatrice référente, mais aussi le juge en charge du dossier. Cela pour leur transmettre notre analyse de la situation, et les informer de notre démarche.
Plus concrètement, il a fallu que j’aide à la préparation les bagages de la jeune. Là j’ai dû solliciter les services de la Lingerie pour lui permettre d’obtenir des tenues adéquates. (Habits, chaussures, gants.)
Puis , j’ai du me rapprocher du service administratif pour lui demander de bien vouloir commander les titres de transports pour cette jeune, et des cuisines pour que le jour du départ soit préparé un repas froid.
Saint-Exupéry disait, « Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ». 

Sans ce travail de collaboration, de synergie institutionnelle, c’est toute ma pratique et mon intervention au quotidien qui serait mise en cause. Chacun avec son savoir participe à son niveau au bon déroulement des événements, et à la bonne prise en charge de ces jeunes.
2) La circulation de l’information :
Je suis aussi consciente que cette synergie ne pourrait ce faire sans une bonne circulation de l’information, c’est pourquoi je m’emploie en permanence à me l’approprier puis à la partager.
Dans un premier temps, je recherche l’information, et cela de différentes façons.

* D’abord au sein de l’équipe.
Quotidiennement je consulte le cahier de liaison dans lequel sont consignés tous les événements concernant la vie des jeunes filles, de la MECS. Les fugues, les maladies, les vols, les démarches administratives en cours, les discussions….

Puis dans un second temps, le classeur des jeunes. Toutes les informations nominatives y paraissent. Tout ce que l’on peut pas mettre sur le cahier de liaison. Des informations plus pertinentes, plus personnelles, et que l’on veut retranscrire et que l’on peut être amené à réutiliser plus tard.

Puis, pour un côté plus fonctionnel, l’agenda, dans lequel apparaissent tous les rendez-vous du jour, ou tâches à assumer pour le bien être du groupe et de l’équipe. Là paraissent les accompagnements, les tâches administratives, les réunions avec les partenaires…
* Puis auprès de l’institution.
Je sollicite directement le service médical, lorsque je veux savoir si un traitement est toujours d’actualité, pour le renouvellement éventuel d’une prescription, une prise de rendez-vous avec un autre professionnel en lien avec le domaine de la santé, ou pour la prise en charge des piluliers.

Mais je peux pareillement solliciter la psychologue pour savoir si une jeune s’est rendue à son entretien, ou le service scolaire, pour faire le point sur le dossier scolaire, les carnets de notes, le comportement de la jeune en cours, son orientation à venir…
* mais encore.
Il arrive parfois que je sois à la recherche d’une information qui ne dépende pas directement des partenaires institutionnels, mais d’autres tel l’éducateur ASE, le juge, ou la famille, mais encore d’autre structure ayant accueillit la jeune.
Là, je dois donc utiliser différents moyens pour parvenir à la source de l’information.
Que ce soit par téléphone, par courrier, par fax, ou en me déplaçant, j’ose interroger ces professionnels, ces personnes.

Ainsi je peux avoir une information non mentionnée dans un dossier (droit d’hébergement, droit de visite…) obtenir des pièces manquantes pour la constitution d’un dossier (carte d’identité, livret de famille, livret médical…).

Mais cela est aussi vrai d’un point plus ludique, lors par exemple des vacances ou là aussi il faut faire appel à des partenaires extérieurs, et favoriser la prise d’information pour organiser les départs.
* Enfin.
Il existe des temps de formation professionnellement, ou d’information collective, d’analyse des pratiques, de réunion, au sein de l’institution.

Là un intervenant extérieur se charge de transmettre directement un savoir, une information, il tient qu’à moi de la synthétiser, de me l’approprier pour ensuite la retransmettre. 
Mais dans tous les cas, avoir l’information ne suffit pas, encore faut–il savoir qu’en faire et comment l’utiliser. Là intervient ma capacité de transmission, de partage et de restitution de l’information.
Retransmettre une information peut se faire de différentes façons. Cela peut être oral, verbal, sous forme d’écrit, de présentations…Dans tous les cas cela doit permettre à la personne à qui s’adresse le message, le contenu de la discussion, l’information d’en saisir toute la complexité de manière claire et cohérente.
Parfois, j’utilise le même mode de retransmission que celle dont j’ai trouvé moi-même l’information. Par exemple, si je lis dans le cahier de liaison que telle tâche est à faire. J’y transcris le fait que je me suis acquittée de la tâche.

Mais il y a des fois ou par nécessité d’urgence, l’information doit être transmise rapidement. Et là, je peux utiliser le fax.


Ex : Je sais pour avoir lu dans le cahier de liaison qu’une jeune ne doit pas avoir de contact avec son père. Mais pourtant je peux constater que ce n’est pas le cas. Il m’appartient donc d’en informer rapidement son éducatrice ASE, puis le juge en charge du dossier, par « note d’information » faxée. Note qui sera confirmée par l’envoie d’une lettre plus complète. Chose également valable lors de fugues à répétitions faites par une adolescente.
Il existe des temps, où l’information ne semble être en possession de personne, ou toutes les personnes sollicitées me répondent qu’elles ne savent pas. Alors là, je m’interroge sur une façon plus appropriée d’arriver tout de même à trouver ce que je cherche.

Ex. Nous avons accueilli une jeune ivoirienne pendant un an. Arrivée à sa majorité, elle ne pouvait plus être suivie par nos services. Pourtant la question se posait d’une prise en charge urgente.

Elle ne semblait rentrer dans aucun dispositif existant, ne pas pouvoir bénéficier d’aides de l’état, ne plus pouvoir être hébergée…

D’un point de vue personnel, mais aussi professionnel cette situation ne me convenait pas, je me suis donc engagée dans des recherches.

Je suis allée au consulat d’Afrique, j’ai contacter toutes les associations pouvant l’accueillir, je me suis rendue à la préfecture pour l’aider à régulariser ses papiers, j’ai fait un courrier au préfet, fait des recherches sur internet sur des cas similaires….j’ai utilisé tous les moyens à ma connaissance qui pouvait nous permettre de l’aider. A force de recherche, de prise d’information, j’ai pu au moins temporairement dans un premier temps lui permettre d’organiser son quotidien.

Puis, ensemble nous avons continué nos investigations pour solutionner définitivement sa situation.
Là, c’est ma capacité personnelle qui m’a servi à aller chercher l’information nécessaire.
3) Recherches personnelles :
Il est des cas, ou je me documente, je lis des livres, tiens des discussions avec d’autres professionnels, juste pour avoir un échange et m’enrichir de leur savoir. Des savoirs que je fais miens et qui un jour peuvent me servir.
Ex : Depuis longtemps je m’intéresse aux troubles autistiques, à l’autisme. Un état qui m’interpelle et qui me rend curieuse. J’ai profité d’un temps professionnelle pour partir une semaine en formation sur le thème de « l’autisme ». Là j’ai pu rencontrer des professionnels, me rendre dans des lieu de vie

Et rencontrer des personnes présentant des troubles autistiques. Durant cette semaine, on a abordé le sujet de l’activité équestre auprès de ce public. Sujet qui m’a particulièrement intéressé.
A mon retour de formation, j’ai donc entrepris de me documenter via internet sur » l’Equithérapie ».

J’ai lu des ouvrages, des articles, et visité des sites sur le sujet. Et j’en suis arrivée à la conclusion, que c’était une technique à laquelle j’aimerais m’initier.

Information prise auprès d’un centre équestre, j’ai pu durant six mois travailler sur ce thème avec un public de personnes handicapées mentales.
Aujourd’hui, alors que je possède ce savoir, cette connaissance, je l’utilise au sein de l’institution en proposant aux jeunes qui le souhaitent un accompagnement en activité équestre, enrichies par des techniques acquises par le biais de l’Equithérapie.
Ici, c’est avant tout cette motivation permanente, cette envie de savoir qui m’ont permis d’accomplir tout ce chemin.

Aujourd’hui plus que jamais, je saisis toute l’importance pour un éducateur d’être en capacité de savoir chercher l’information, la partager, mais aussi de veiller continuellement à l’évolution de techniques, de théorie du champ social ou éducatif afin de pouvoir remettre en question ma pratique, ou affiner mes idées à ces évolutions.
4) Capitalisation d’un savoir :
L’éducatrice que je suis aujourd’hui est pleine d’un savoir acquis au travers d’expériences passées, un savoir qui sert aujourd’hui à ma pratique au quotidien, mais qui demain sera incontestablement modifié, et grandit par les expériences, et rencontres à venir.

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