Delaying the onset of Alzheimer disease: bilingualism as a form of cognitive reserve





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Delaying the onset of Alzheimer disease: bilingualism as a form of cognitive reserve.


Craik FI, Bialystok E, Freedman M.
Neurology. 2010 Nov 9;75(19):1726-9.

Source


Rotman Research Institute at Baycrest, 3560 Bathurst St., Toronto, ON Canada M6A 2E1. fcraik@rotman-baycrest.on.ca

Le bilinguisme retarderait la maladie d’Alzheimer

Les voyages forment la jeunesse et le bilinguisme l’entretient ? C’est du moins la conclusion que l’on pourrait tirer d’une nouvelle étude canadienne indiquant que chez les malades bilingues, les symptômes d’Alzheimer apparaissaient jusqu’à cinq ans plus tard que chez les autres. Le bilinguisme, certes, ne saurait prévenir à proprement parler la maladie d’Alzheimer, mais il préparerait un terrain plus propice à l’adaptation du cerveau aux troubles dus à la maladie.

Les symptômes d’Alzheimer freinés par le bilinguisme

Une étude menée par l’Institut de recherche canadien Rotman semble indiquer que les bilingues sont moins vite touchés par la maladie d’Alzheimer. L’étude, récemment publiée dans le magasine Neurology, a porté sur une cohorte de 200 patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont découvert que l’apparition des  symptômes de la maladie d’Alzheimer était retardée de plusieurs années – jusqu’à cinq – chez les participants parlant deux langues ou plus quotidiennement pendant de nombreuses années.
L’équipe de scientifiques était constituée du Dr Fergus Craik de l’Institut Rotman,  spécialiste de la recherche cognitive, du Dr Ellen Bialystok, spécialiste de la recherche sur le bilinguisme et du Dr Morris Freedman, spécialiste du traitement des maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer.
« Nous ne prétendons en aucun cas que le bilinguisme ait un effet préventif sur la maladie d’Alzheimer ou sur les autres démences, mais il pourrait contribuer à préserver la réserve cognitive du cerveau, capable de retarder de quelques années l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer », explique le Dr Craik, co-éditeur de l’ouvrage The Oxford Handbook of Memory.
Le cerveau des bilingues n’est certes pas exempt de traces de dégénérescence due à la maladie d’Alzheimer, mais leur aptitude à utiliser plusieurs langues semble leur fournir des outils supplémentaires pour faire face aux symptômes de la maladie d’Alzheimer, tels que la perte de mémoire, la confusion et les difficultés à résoudre des problèmes.
« Ces résultats sont particulièrement importants au sein de sociétés multiculturelles comme la nôtre au Canada », explique le Dr Bialystok, également professeur de psychologie à l’Université de New York. Et d’ajouter : « Nous devons maintenant comprendre comment le bilinguisme influence les facultés cognitives, surtout lorsque cela a une portée clinique comme dans le cas d’Alzheimer. »

Le bilinguisme plus efficace contre Alzheimer que les médicaments ?

211 patients atteints de la maladie d’Alzheimer, dont la moitié étaient bilingues, ont ainsi été suivis de 2007 à 2009. Les chercheurs ont étudié leurs dossiers médicaux, comprenant des informations comme la date du diagnostique, leur âge lors de l’apparition des troubles cognitifs, ainsi que des informations sur leurs occupations, leur éducation et leur connaissance des langues.
La maladie d’Alzheimer des patients bilingues a été diagnostiquée 4,3 ans plus tard. Leurs dossiers faisaient ainsi état de l’apparition des symptômes de démence cinq ans plus tard que les malades ne parlant qu’une seule langue.
Des résultats analogues avaient déjà été obtenus lors d’une étude menée en 2007 par le Dr Bialystok et publiée dans le magasine Neuropsychologia. Les nouvelles conclusions montrent que des facteurs liés au mode de vie des patients, tels que l’activité physique régulière, un régime alimentaire sain et le bilinguisme, peuvent avoir une influence sur la façon dont le cerveau fait face aux troubles cognitifs dus aux maladies telles qu’Alzheimer.
Le Dr Freedman a pour sa part conclu en déclarant : « Bien que le monde investisse d’énormes efforts de recherche dans le développement de médicaments contre la maladie d’Alzheimer, aucun traitement n’a encore pu freiner de la sorte l’apparition des symptômes de la maladie. »



















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