Discours de Suède





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André Durand présente
Albert CAMUS
(France)
(1913-1960)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées,

‘‘Caligula’’ et ‘’La peste’’ bénéficiant chacun d’un dossier particulier.

Bonne lecture !

Il est né le 13 novembre 1913, à Mondovi, département de Constantine, en Algérie, alors colonie française, dans un milieu très modeste. Son père, Lucien, caviste dans une exploitation vinicole, fut blessé en 1914 à la bataille de la Marne et mourut à Saint-Brieuc, «le crâne ouvert. Aveugle et agonisant pendant une semaine... Il était mort au champ d'honneur, comme on dit» (“L’envers et l’endroit”) ; il ne le «connut» donc qu'en photographie. Venue s’installer à Alger, dans le quartier populaire de Belcourt, sa mère, Catherine Sintes, qui était d'origine espagnole, qui ne savait ni lire ni écrire, qui parlait peu, faisait des ménages pour vivre. Avec son frère et le reste de sa famille, ils vivaient à six parfois sept, dans un trois-pièces sans eau ni électricité : «Je n'ai pas appris la liberté dans Marx. Il est vrai : je l'ai apprise dans la misère» (“Actuelles I”). Mais le jeune Albert était un amoureux du soleil et de la mer : «J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m'a été fastueuse. Puis j'ai perdu la mer, tous les luxes alors m'ont paru gris, la misère intolérable». Jusqu'à dix-sept ans, il joua au football, étant gardien de but de l'équipe, «tant aimée», du “Racing universitaire d'Alger” ; il allait écrire : « Ce que je sais de plus sûr à propos de la morale et de ses obligations, c’est au football que je le dois. » ; il confia plus tard que, si sa santé le lui avait permis, il eût choisi de devenir footballeur, mais il contracta dès 1930 la tuberculose. Encouragé par un oncle boucher passionné de littérature, il lut beaucoup, surtout Dostoïevski.

Il était allé à l’école communale à Belcourt, puis eut la chance d'obtenir, grâce à son instituteur, Louis Germain (à qui il dédia les “Discours de Suède”, au lendemain du Nobel) une bourse pour étudier au Grand Lycée d'Alger. Puis, tout en exerçant divers métiers (commerce, courtage maritime, banque) pour gagner sa vie, il entama, à la faculté des lettres d’Alger, des études de philosophie sous la direction de Jean Grenier, son professeur en lettres supérieures en 1932, qui ne fut pas seulement son maître mais son ami. Cette rencontre avec ce professeur exceptionnel changea le cours de sa vie et modela sa pensée. Jean Grenier a confié dans ses “Carnets” : «Les lectures, les études ont été pour lui une révolution : il a eu pour le langage le respect et l’amour dus au sacré». La tuberculose l'empêcha de se présenter au concours de l'agrégation : «Cette maladie sans doute ajoutait d'autres entraves, et les plus dures, à celles qui étaient déjà les miennes. Elle favorisait finalement cette liberté de cœur cette légère distance à l'égard des intérêts humains qui m'a toujours préservé du ressentiment» (préface à “L'envers et l’endroit”).

En 1933, il épousa Simone Hié, une femme à l'étourdissante beauté. Pour vivre, il accomplit quelques besognes administratives.

En 1934, lui qui était déjà engagé sur plusieurs fronts adhéra au parti communiste sans être marxiste, car l'enseignement de Jean Grenier l'avait pour toujours immunisé contre l'esprit d'orthodoxie. Il participa à une campagne de propagande communiste chez les Arabes.

En 1935, il fit une tournée théâtrale avec la troupe de Radio-Alger et fonda une troupe d’amateurs, le ‘’Théâtre du Travail’’ (1935-1937) ; ils voulaient toucher le public ouvrier et annonçaient, par leur esthétique et leur programmation, le ‘’Théâtre National Populaire’’ de Jean Vilar. Il écrivit en collaboration avec trois amis une pièce politique, ‘’Révolte dans les Asturies’’ qui fut interdite mais publiée en 1937. Il adapta et joua ‘’Le temps du mépris’’ de Malraux, ‘’Les bas-fonds’’ de Gorki, ‘’Les frères Karamazov’’ de Dostoïevski, “Prométhée” d'Eschyle. Acteur, metteur en scène et directeur de troupe, il trouvait au théâtre un espace de fraternité heureuse, voire le «couvent» où il se ressourçait périodiquement.

Il remplit diverses besognes administratives. Il fit un rapport à l’institut météorologique sur les pressions atmosphériques dans le Sud algérien.

En 1936, il obtint son diplôme d'études supérieures en philosophie avec une thèse consacrée aux rapports entre l'hellénisme et le christianisme à travers les œuvres de Plotin et de saint Augustin : “Métaphysique chrétienne et néoplatonisme”. Il fit une tournée théâtrale à travers l’Algérie avec la troupe de Radio-Alger ; il jouait les jeunes premiers dans des pièces classiques. Il fit un voyage en Europe centrale et en Italie. En août, alors que les jeux olympiques de Berlin venaient de s’achever, il passa par Dresde ; il parla « des longues plaines de Silésie, impitoyables et ingrates », mais ne dit pas un mot du régime !

Il se sépara de Simone Hié dont il écrivit qu’elle ne put jamais «se défaire de son habitude de la drogue» (“Carnets II”).

En 1937, il fut exclu du parti communiste. Son état de santé le fit renoncer à l’agrégation. Il séjourna en France.

Il publia chez un petit éditeur algérois :

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L'envers et l’endroit

(1937)
Recueil de cinq essais
Dans la préface, Camus affirma : «Une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l'art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le coeur une première fois s'est ouvert.» Il évoqua sa mère, son enfance, «le monde de pauvreté et de lumière», où il a vécu : «Pour corriger une indifférence naturelle, je fus placé à mi-distance de la misère et du soleil. La misère m'empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l'Histoire ; le soleil m'apprit que l’Histoire n'est pas tout

Dans le cours de l’essai, il développa les thèmes majeurs de son œuvre future : la lucidité face à l'absurdité du monde, le scandale de la mort, le déchirement de la conscience, explicitant ainsi un titre alternatif qui annonçait déjà celui, en forme de dilemme fondamental, de “L’exil et le royaume” : «Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre.» - «Je tiens au monde par tous mes gestes, aux hommes par toute ma pitié et ma reconnaissance. Entre cet endroit et cet envers du monde, je ne veux pas choisir, je n'aime pas qu'on choisisse.» - «Le grand courage, c'est encore de tenir les yeux ouverts sur la lumière comme sur la mort.» - «Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre.» (“Amour de vivre”) - «Ce qui compte, c'est d'être vrai et alors tout s'y inscrit, l'humanité et la simplicité.» (“Entre oui et non”).
Commentaire
Âgé de vingt-quatre ans, Camus exprimait à la fois son émerveillement et son angoisse devant le monde, l'acceptation de celui-ci et la conscience de son étrangeté. De son propre aveu, la clef de son œuvre et de sa vie s'y trouvent.

Dans ‘’Entre oui et non’’, il écrivit : « Qu’on ne nous dise pas du condamné à mort : Il va payer sa ‘’dette à la société’’, mais : ‘’On va lui couper le cou’’. Ça n’a l’air de rien. Mais ça fait une petite différence. »

Le livre fut publié à un petit nombre d’exemplaires. Il n’a été réédité qu’en 1957 et 1958.

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En 1937, Camus fonda le ‘’Théâtre de l’Équipe’’ et joua ‘’La Célestine’’ de Fernando de Rojas, ‘’L’article 330’’ de Courteline, etc.

En 1938, il fit un séjour en Savoie et un voyage « économique » en Italie (Florence).

Il fut nommé professeur de collège à Sidi Bel-Abbès, fit le déplacement puis se ravisa, «devant ce qu'avait de définitif une semblable installation» (“Carnets I”).

Le journal ‘’Alger républicain’’ ayant été fondé, Pascal Pia l’engagea comme rédacteur-reporter.

Il publia :

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Noces

(1938)
Recueil d’essais

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Noces à Tipasa
Cet essai, qui ouvre le recueil, célèbre la beauté de ce lieu magique (Tipasa, au pied du djebel Chenoua, fut une cité florissante de Numidie puis de Maurétanie et y subsistent de beaux vestiges) où les ruines se mêlent à la nature, où l'amour et le désir prennent les couleurs et les parfums de la mer et du soleil, du ciel et de la terre d'Algérie. C’est une célébration païenne qui fait de l'être humain un dieu quand il s'intègre et s'accomplit dans son accord profond avec la nature. «Je comprends ici ce qu'on appelle gloire : le droit d'aimer sans mesure » ; il prend sa source dans les sensations, dans la joie du corps au contact de la mer (la baignade, de jour comme de nuit, était un des paisirs favoris de Camus), la senteur des absinthes (« Tout à l'heure, quand je me jetterai dans les absinthes pour me faire entrer leur parfum dans le corps, j'aurai conscience, contre tous les préjugés, d'accomplir une vérité qui est celle du soleil, et qui sera aussi celle de la mort.»), la splendeur des plages ensoleillées ; de cette royauté qu'il sait éphémère, le « je » tire le sentiment d'avoir accompli son « métier d'homme », et fait de cet étrange bonheur une force morale : «Il n'y a pas de honte à être heureux. Mais aujourd'hui l'imbécile est roi, et j'appelle imbécile celui qui a peur de jouir... J'aime cette vie avec abandon et veux en parler avec liberté : elle me donne l'orgueil de ma condition d'homme.»

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Le vent à Djémila
Dans cet essai, la contemplation exaltée du paysage silencieux et de la ville morte (à Djémila, sur les Hauts Plateaux, se trouvent les ruines de l’ancienne colonie romaine de Cuicul) détache l'être de lui-même ; il ne sent plus que sa présence au monde ; dans cette sorte d'extase, Djémila apporte une leçon d'amour et de patience, mais aussi d'amère lucidité, « la certitude d'une mort sans espoir », et une exigence de vérité : «Pour moi, devant ce monde, je ne veux pas mentir ni qu'on me mente. Je veux porter ma lucidité jusqu'au bout et regarder ma fin avec toute la profusion de ma jalousie et de mon horreur

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L’été à Alger
Dans cet essai, l'expérience et la réflexion individuelles prennent appui sur l'évocation ironique et attendrie de la population européenne d'Alger, à travers sa vie quotidienne, ses mœurs, son langage savoureux, sa mentalité : elle ne vit que dans le présent, ignore la notion de péché et de vertu, refuse celle d'éternité («S'il y a un péché contre la vie, ce n'est peut-être pas tant d'en désespérer que d'espérer une autre vie, et se dérober à l'implacable grandeur de celle-ci.»), et ne connaît que les plaisirs du soleil et de la mer, et les bonheurs charnels de la jeunesse. Par là, « ces hommes n'ont pas triché ». Et c'est en quoi Camus se sent lié à eux, comme il l'est à sa terre natale, « lieu où le cœur trouvera son accord », « patrie de l'âme » qui nourrira ses certitudes et sa nostalgie.
Commentaire
Au lecteur contemporain, ces pages peuvent apparaître comme un témoignage sur un monde disparu.

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Le désert”
Inspiré par l'Italie, ses peintres, ses paysages, Pise et surtout Florence, Camus poursuit sa méditation lyrique sur la vérité du corps et de la mort : « Qu'ai-je à faire d'une vérité qui ne doive pas pourrir? » La révolte devant cette évidence n'exclut pas un « consentement » à la beauté du monde : « Le monde est beau, et hors de lui point de salut », qui est une forme d'amour.

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Commentaire sur le recueil
Les quatre textes qui le composent sont d'admirables poèmes en prose. Sans véritable trame narrative, fondés sur l'expérience subjective, écrits à la première personne, ce qui accentue leur force de conviction, ils retracent avec lyrisme et passion les étapes d'une naissance au monde et à soi-même ; ils chantent les « noces de l'homme et de la terre », l'unité du monde « sous le soleil et la mer », et saluent la grandeur de l'amour humain, « périssable et généreux ».

Ce sont des proses païennes, lyriques et sensuelles, des hymnes à la mer et au soleil, à la liberté, aux «fêtes de la terre et de la beauté». Nées de la pauvreté et de la lumière, elles disent le refus d’une société souillée par ses routines, ses iniquités, ses mensonges, et la condamnation d’une création viciée par la maldie et la mort.

En dehors de ‘’L'été’’, d'inspiration comparable à ‘’Noces’’, et de ‘’L'état de siège’’, Camus ne laissa que rarement libre cours à son lyrisme ; il ne se sépare pas, cependant, de sa vision du monde, de son mode de pensée, ni de son écriture, et sous-tend bien des passages des œuvres de fiction, romans ou théâtre, et des essais philosophiques.

Le recueil a été publié à Alger à un petit nombre d’exemplaires. Il a été réédité qu’en 1945 et n’a pas bénéficié d’un grand tirage lorsqu’il sortit de nouveau des presses en 1947.

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En 1938, Camus écrivit ‘’Caligula’’ et commença la rédaction d’un premier roman, “La mort heureuse”, qui avorta à cause de problèmes de forme narrative et ne fut publiée que posthume, en 1971. Il commença aussi ‘’L’étranger’’.

Il adapta et mit en scène ‘’Les frères Karamazov’’ de Dostoïevski au ‘’Théâtre de l’équipe’’.

Le 20 octobre, il publia dans “Alger républicain un élogieux article sur “La nausée” de Jean-Paul Sartre, qui néanmoins révélait aussi leurs divergences futures : «Un roman n'est jamais qu'une philosophie mise en images [...] C'est ici un premier roman d'un écrivain dont on peut tout attendre. Une souplesse si naturelle à se maintenir aux extrémités de la pensée consciente, une lucidité si douloureuse, révèlent des dons sans limites. Cela suffit pour qu'on aime “La nausée” comme le premier appel d'un esprit singulier et vigoureux dont nous attendons avec impatience les œuvres et les leçons à venir.» Il tint à marquer combien il se sentait éloigné du pessimisme de Jean-Paul Sartre. Quelques mois plus tard, analysant ‘’Le mur’’, du même auteur, dans un article du 12 mars 1939, il affirma que, si l'existence n'a pas de justification, il nous appartient précisément de lui imposer nos propres valeurs : « Constater l'absurdité de la vie ne peut être une fin, mais seulement un commencement. »

En juin 1939, dans ‘’Alger républicain’’, il publia un reportage intitulé ’Misère de la Kabylie’’ il décrivit sans concession la famine dont souffrait cette région.

À la déclaration de la guerre, il ajourna un voyage en Grèce. Alors qu’il souhaitait s’engager, il fut réformé à cause de son état de santé.

En 1940, la censure eut raison des deux quotidiens “Alger républicain” et “Le soir républicain” auxquels il collaborait. Il fut expulsé d’Algérie, vint à Paris où, sur la recommandation de Pascal Pia, il entra comme secrétaire de rédaction à “Paris-Soir” (1940-1941). En mai, il acheva ‘’L’étranger’’. À la suite de l’entrée des troupes allemandes à Paris, ‘’Paris-Soir’’ se replia à Clermont-Ferrand. Puis il quitta le journal et s’installa pour quelques mois à Lyon. En septembre, il y commença ‘’Le mythe de Sisyphe’’. Il revint en Algérie, séjourna à Oran, la ville qui allait devenir la « cité heureuse » où la peste envoie mourir ses rats. Fin 1940, il se remaria avec Francine Faure Francine Faure qui, lorsque la guerre survint, était en Algérie où elle est devint institutrice.

En 1941, il enseigna quelque temps et tenta de mettre sur pied un mouvement de résistance. En février, il termina ‘’Le mythe de Sisyphe’’, puis prépara ‘’La peste’’. Mais la maladie le contraignit à retourner en France pour se soigner en séjournant dans la montagne.

En 1942, sa santé s'étant améliorée, il s'engagea dans la Résistance, participa à la rédaction du journal clandestin “Combat” qui fut diffusé sous le manteau durant les années d'occupation allemande. Il est malaisé d’évaluer sa participation puisque les articles n’étaient pas signés ou l’étaient de pseudonymes.

En juillet 1942, les éditions Gallimard, sollicitées par Malraux, publièrent :

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