Discours de Suède





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Le malentendu

(1944)
Drame
Martha et sa mère tiennent une auberge isolée, dans un pays sombre et aride. Afin de pouvoir partir, un jour, vers un lieu plus clément, plein de soleil, elles droguent, volent et noient dans la rivière les voyageurs peu nombreux qui s’y arrêtent, jusqu’au jour où c’est Jan, le frère de Martha, qui, après une longue absence, revient, fortune faite, au bercail, sans révéler son identité, tandis que sa femme, Maria, l’attend dans un hôtel. Jan ne se fait pas reconnaître car il veut retrouver les deux femmes qu'il avait aimées jadis. Il ne sait pas trouver les mots qu’il aurait fallu dire. Et les deux femmes ne le reconnaissent pas non plus, bien qu’elles jugent son comportement inhabituel. Pendant qu'il cherche ses mots, Martha le tue. La mère ne peut survivre à ce dernier crime et va rejoindre le fils qu'elle a tué. Martha, qui a cru avoir droit au bonheur, se retrouve seule, abandonnée par sa mère, compagne de vie et de crime. Elle se pend à son tour, non par remords, mais par révolte contre un univers qui n'est pas à la mesure de l'être humain.
Commentaire
Un fait divers trouvé dans un journal (dont Meursault parle dans “L’étranger”) est à l'origine de la pièce. Camus était alors caché dans les montagnes, faisait partie de la Résistance, et a confié que «cette situation historique et géographique suffirait à expliquer la sorte de claustrophobie dont je souffrais alors et qui se reflète dans cette pièce. On y respire mal, c'est un fait. Mais nous avions tous la respiration courte en ce temps-là».

C’est une oeuvre oppressante, au suspense efficace, une véritable tragédie moderne, la volonté de Camus ayant été de ramener le tragique sur la scène française, “Le malentendu” marqua le début de sa fructueuse mais courte carrière de dramaturge.

La mort de Jan, que les deux femmes n'ont pas reconnu, pourrait évidemment expliquer le titre, “Le malentendu” étant aussi la tragédie du sous-entendu car la communication est difficile entre Martha et Jan. Mais, pour Camus, ce meurtre est la conséquence de ce malentendu initial qu'est la condition humaine. L'être humain est inexorablement rejeté de son aspiration vers la joie, l'amour, le bonheur, pour rester seul et démuni, Dieu, si toutefois il existe, se désintéressant de sa création. C’est l’expérience de l’absurde, la pièce, où l’on retrouve les grands thèmes de l'existentialisme, faisant partie de ce que Camus lui-même appelait «le cycle de l'absurde», qui comprend “L’étranger”, “Le mythe de Sisyphe” et “Caligula”.

Elle a été créée aux Mathurins, par Maria Casarès et Marcel Herrand, le 27 mai 1944, peu avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale alors que le le peuple français était étouffé, épuisé, le pays en ruine.

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En décembre 1943, Camus écrivit la deuxième ‘’Lettre à un ami allemand’’ qui fut publiée anonymement en février 1944. Il devint rédacteur en chef de ‘’Combat’’.

À la Libération, alors que Paris était entré dans la bataille, Camus écrivit, dans le numéro du 21 août, un éditorial intitulé : « Le Combat continue [...] il appelle à regarder plus loin que la Libération : Ce ne serait pas assez de reconquérir les apparences de liberté dont la France de 1939 devait se contenter. Et nous n'aurions accompli qu'une infime partie de notre tâche si la République française de demain se trouvait comme la Troisième République sous la dépendance étroite de l'argent. »

La création du ‘’Malentendu’’ fut l’occasion pour Albert Camus de faire la connaissance de Maria Casarès qui n’ignorait pas la présence de Francine Faure dans la vie de l’écrivain. Mais elle lui fut unie par « un ardent sentiment, pur et dur comme la pierre ». À la fin de la guerre, Francine Faure vint à Paris, et Camus et Casarès se séparèrent. En 1945, allaient naître deux enfants jumeaux, Jean et Catherine.

Le 24 août 1944, sous la direction conjointe de l'éditeur Pascal Pia et de son déjà célèbre rédacteur en chef, Combat” sortit de la clandestinité, avec en manchette “De la Résistance à la Révolution”.

La rencontre de Camus et de Jean-Paul Sartre fut pleine de promesses ; celui-ci écrivit de son nouvel ami qu’il est « l’admirable conjonction d’une personne et d’une œuvre ».

Quand il les publia, on apprit que Camus était l'auteur de :

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Lettres à un ami allemand

(1945)
«L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile.... Qu'est-ce que l'homme? Il est cette force qui finit toujours pas balancer les tyrans et les dieux... Qu'est-ce sauver l'homme? Mais je vous le crie de tout moi-même, c'est de ne pas le mutiler et c'est donner ses chances à la justice qu'il est le seul à concevoir.»
Commentaire
À la quatrième lettre, Camus a mis en épigraphe une phrase tirée d’’’Obermann’’, roman de Senancour : « L’homme est périssable. Il se peut ; mais périssons en résistant, et si le néant nous est réservé, ne faisons pas que ce soit une justice. » Dans le coprs même de la lettre, on peut lire : « Nous avons à faire la preuve que nous ne méritons pas tant d’injustice. »

Les lettres furent publiées en volume en 1945.

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Le déferlement des totalitarismes, la Deuxième Guerre mondiale et l'Occupation, qui l’avaient rendu encore plus sensible à l'existence de l'autre, amenèrent Camus à mettre en situation sa constatation de l’absurdité de la condition humaine, l’évolution de sa réflexion philosophique se manifestant dans :

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Remarque sur la révolte

(1945)
Essai
Un fonctionnaire refuse d’obéir à un ordre immoral, sa décision étant fondée non sur ce qui est facile pour lui, mais sur ce qui est meilleur pour lui et pour la société dans son ensemble. Cette révolte est résistance et non violence.
Commentaire
Camus explique sa définition de la révolte qui n’est pas la révolution : c’est un processus paisible et évolutif commençant avec une seule personne refusant de se plier à un ordre immoral. Il souhaitait que l’humanité puisse évoluer vers des sociétés améliorées. Les lois et les règlements ne sont justifiables que dans la mesure où ils sont établis pour aider la société à tous ses niveaux. Dans cette conception, le socialisme serait le résultat d’un processus historique naturel qui requiert une direction et des efforts, mais pas de violence.

Le fonctionnaire est un héros existentialiste, même si Camus aurait refusé cette étiquette.

L’essai parut initialement dans “L'existence” (ouvrage collectif), en 1945. Il est très proche du premier chapitre de ‘’L'Homme révolté’’.

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Caligula

(1945)
Drame en quatre actes
Maître absolu de Rome, l’empereur Caligula a eu la révélation de l’absurdité de la condition humaine après la mort de sa soeur, Drusilla : «Les hommes meurent et ne sont pas heureux.» Fort de cette certitude, il décide d'instruire ses concitoyens : «Faire souffrir est la seule façon de se tromper.» Proclamant : «Dans l’empire romain, seul Caligula est libre au milieu d’un peuple d’esclaves.», il veut exercer sa propre liberté contre l’ordre des humains et des dieux, nie le bien et le mal, se transforme en un tyran sanguinaire, bourreau de lui-même autant que des autres. Il accumule les extravagances et les crimes, jusqu'à ce qu'il tombe sous les coups de son ami, Cherea, et des patriciens qu'il a bafoués et humiliés depuis trois ans. L'histrion nihiliste, malgré le soutien du poète Scipion, de son esclave, Hélicon, et de sa maîtresse, Caesiona, meurt sans résister aux conjurés dont le complot a été mis au jour, conscient que sa «liberté n'est pas la bonne».
Pour une analyse, voir CAMUS - ‘’Caligula’’

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En mars 1946, Camus fit un voyage aux États-Unis. Il prit la parole devant des étudiants à New York.

Il acheva ‘’La peste’’.

Dans la collection “Espoir” qu'il dirigeait chez Gallimard, il publia en juin le retentissant recueil “Feuillets d’Hypnos”, de son meilleur ami, René Char, avec lequel une amitié de quinze ans fut nourrie par une correspondance marquée par une complicité de style et de morale entre ces deux « frères » en écriture qui suivaient des chemins parallèles, s'étant découverts tard, se respectaient, se vouvoyaient. Lorsqu'il reçut le Nobel, Camus dit son admiration pour Char, et lorsqu'il désira retrouver, quelque part en France, le soleil de son Algérie natale, c'est à Char qu'il s'adressa pour qu'il lui trouve un gîte en Provence. Tous deux furent voisins aussi à Paris, rue de Chanaleilles. Leur voisinage, qui était aussi moral, traversa les épreuves de l'Histoire. À l'heure où d'autres s'engagaient vers le communisme, ces deux hautes figures cherchèrent une voie solitaire. Après la disparition de Camus, René Char écrivit dans ‘’L'éternité à Lourmarin’’ : « Avec celui que nous aimons, nous avons cessé de parler et ce n'est pas le silence ».

Camus laissa une trace de son activité de journaliste resta dans :

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Ni victimes ni bourreaux

(1946)
Recueil d'articles
Camus avait tiré les conséquences de la révision politique qu’il avait été amené à faire, rejetait définitivement toute philosophie progressiste de l'Histoire.

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En 1947, Camus quitta ‘’Combat’’ par suite du changement de direction et d.orientation politique. Il avait continué à y être éditorialiste, mais il est difficile de dire sans se tromper quels éditoriaux sont de lui, car, comme dans la clandestinité, ils n'étaient pas signés, car il souhaitait que ce fût une œuvre collective et que chaque rédacteur puisse en écrire. Certains s'y essayèrent. Mais le style de Camus était contagieux et tous imitèrent le modèle. Le public sut vite d'ailleurs que l'éditorialiste anonyme de ‘’Combat’’ était le plus souvent le jeune auteur de ‘’L' étranger’’ et du ‘’Mythe de Sisyphe’’.

Sans être communiste ni gaulliste ni chrétien, avec la lucidité, la justesse du regard et la pertinence du propos qui faisaient déjà la richesse de l'œuvre de création de ce moraliste essentiel, avec sa mesure, sa retenue et la brillance de son style :

- il avait préconisé une déontologie stricte, voulant que la presse nouvelle soit en rupture avec la médiocrité du passé ;

- il avait formulé la notion de «journalisme critique» qui doit répondre aux exigences de l’action politique ;

- il avait écrit des articles qui étaient à la fois vifs, concis et rigoureux (sa recette : «une idée, deux exemples, trois feuillets») ;

- il avait fait entendre, sans se perdre dans une dialectique aride, une voix reconnaissable qui était celle, inquiète et grave, d'un homme à la recherche d'une morale dans la politique, qui disait à ses contemporains qu’ils avaient besoin de vérité, entreprit de nombreuses luttes, sur des sujets controversés comme :

- la possibilité, grâce à la Libération acquise grâce aux Alliés, de bâtir la démocratie hors des puissances de l'argent, sans quoi il fallait envisager des jours sombres (de tous les journaux diffusés au lendemain de la Libération, ‘’Combat’’ fut le seul à envisager les lendemains comme des jours sombres et à condamner la violence en elle-même) ;

- la défense du prolétariat : «Toute politique qui se sépare de la classe ouvrière est vaine» ;

- le refus d'une rupture révolutionnaire qu'il jugeait contradictoire avec la démocratie restaurée ;

- le retour des hommes d'hier dans la classe politique française ;

- la dénonciation du régime de Franco en Espagne ;

- la position à adopter vis-à-vis du parti communiste à l'heure où Staline sévissait encore ;

- la nécessité, tout en dénonçant la violence pour elle-même, d'une épuration rigoureuse qui amènerait la relève des élites qui avaient failli, ce qui l’opposa, en un vif débat, au très catholique François Mauriac pour qui la charité devait l'emporter sur la justice, ce qui fut le cas ;

- le bombardement d'Hiroshima, au lendemain duquel il écrivit, le 8 août 1945 : «Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. […] Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison.» ;

- la nécessaire unification économique de l'Europe ;

- la dénonciation de «l'aveuglement des colons français» en Algérie : en mai 1945, après le soulèvement de Sétif et un bref séjour dans son pays natal, Camus reprit, dans les pages de ‘’Combat’’, le fil d'une enquête précédente publiée dans l'’’Alger républicain’’ de sa jeunesse où il voulut mobiliser la conscience métropolitaine, appela de nouvelles formules pour l'Algérie ; concluait sur un bilan en forme de mise en garde : dans ce pays affamé, «le peuple arabe existe» et la majorité de l'«opinion arabe [est] indifférente ou hostile à la politique d'assimilation» ; mais n’alla pas jusqu’à une condamnation plus ferme du pouvoir colonial français, se contentant d’écrire que «c'est la justice qui sauvera l'Algérie de la haine».

Témoin essentiel, un des guides moraux de la France libérée, critique capital de la période de l’après-guerre, d'un monde qui se mit en place et dans les ratés duquel, puisqu'on ne l'a pas écouté, on patauge encore, il avait livré au jour le jour, dans le feu de l'action pour ainsi dire, son opinion sur des événements de la politique française et internationale, avait pris des positions qui frappent encore par leur clairvoyance car on peut constater à quel point l'Histoire lui avait si souvent donné raison même si, plusieurs fois, ses contemporains avaient fait la sourde oreille, car, bien sûr, il perdit ses combats àCombat”. Mais ce furent des batailles magnifiques, celles d'un écrivain qui commentait l'événement du jour, déterminait des perspectives, dominait le tumulte par sa modération altière, celles d'un homme lucide et qui parlait du cœur. Camus, à trente ans, était un journaliste idéal et engagé, un humaniste lettré et sceptique qui écrivait dans l’action et pour l'avenir. Il s’écarta de l’action militante, mais allait toujours se mobiliser pour servir les causes qu’il croyait justes.
En juin, il publia :

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.La peste

(1947)
Roman de 320 pages

Dans les années quarante, la ville d'Oran, en Algérie, est atteinte par une épidémie de peste apportée par des rats. Le criminel Cottard se réjouit car, ainsi, il sera oublié. Le père Paneloux, un jésuite, voit dans le fléau une punition infligée par Dieu. Les autorités légales ayant fait faillite, le docteur Rieux organise la lutte médicale, met sur pied des «formations sanitaires», aidé par quelques hommes de bonne volonté :

- le modeste Grand ;

- le journaliste Rambert qui, hédoniste et étranger à la ville, aurait d'abord voulu s'échapper avant de comprendre qu'il est concerné lui aussi, qu'«il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul» ;

- Tarrou qui fait une pathétique confidence au sujet de son père, un avocat général qui a osé demander la tête d'un « homme vivant », qui a fait de lui un révolté qui, déçu de la révolution, se voudrait «un saint laïque» : « J'ai cru que la société où je vivais était celle de la condamnation à mort et qu'en la combattant je combattais l'assassinat ».

Le père Paneloux, tout à fait décontenancé quand la peste emporte un enfant, donc un être innocent, se joint à eux au moment où le mal commence à se résorber tout en restant toujours susceptible de réapparaître, comme le signale celui qui se révèle être le narrateur : le docteur Rieux.
Pour une analyse, voir CAMUS – ‘’La peste’’

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Après la publication de ‘’La peste’’, Jean-Louis Barrault, qui, dès 1941, avait eu l'idée de s'inspirer du ‘’Journal de l’année de la peste’’ de Daniel Defoe pour monter un spectacle autour du mythe de la peste, eut tout naturellement l'idée de demander à Camus un spectacle sur ce thème :

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