Discours de Suède





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Actuelles II, chroniques 1948-1953

(1953)
Recueil de chroniques
‘’Actuelles II’’ est essentiellement centré sur la révolte, jalonnant la période des ‘’Justes’’, de ‘’L'Homme révolté’’, et de la polémique qui a entouré l'essai. Y figure, en particulier, la lettre de Camus au directeur des ‘’Temps modernes’’, Jean-Paul Sartre. Ces textes sont indispensables à qui veut replacer ‘’L'Homme révolté’’ dans le contexte de la guerre froide, et connaître le climat de cette époque. La protestation contre l'admission de l'Espagne franquiste à l'U.N.E.S.C.O., les plaidoyers pour la liberté ou la culture participent aussi de la révolte telle que la définit Camus. Dans “L’artiste et son temps“, il affirmait : «Sans la culture, et la liberté relative qu'elle suppose, la société, même parfaite, n'est qu'une jungle. C'est pourquoi toute création authentique est un don à l'avenir.» - «Les oeuvres de certains écrivains forment un tout où chacune s'éclaire par les autres, et où toutes se regardent.»

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L’été

(1954)
Recueil de huit essais
Ils avaient été écrits entre 1939 et 1953 et retouvaient l’inspiration et l’expression lyriques de ‘’Noces’’.

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Le Minotaure ou La halte d’Oran(1939) et Petit guide pour des villes sans passé(1947) évoquent, avec un mélange d’humour et de passion, les villes d’Algérie, lieux d’ennui, déserts, mais aussi, parfois, promesses de bonheur et royaumes fulgurants où brûlent la révolte et l’amour. On y lit : «Après tout, la meilleure façon de parler de ce qu'on aime est d'en parler légèrement. En ce qui concerne l'Algérie, j'ai toujours peur d'appuyer sur cette corde intérieure qui lui correspond en moi et dont je connais le chant aveugle et grave. Mais je puis bien dire au moins qu'elle est ma vraie patrie et qu'en n'importe quel lieu du monde, je reconnais ses fils et mes frères à ce rire d'amitié qui me prend devant eux».

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Retour à Tipasa(1953) décrit la plénitude redécouverte, fugitivement, au pied du Chenoua, en un instant privilégié où s’affirme « au milieu de l’hiver », « un été invincible ». Il confiait : «À l'heure difficile où nous sommes, que puis-je désirer d'autre que de ne rien exclure et d'apprendre à tresser de fil blanc et de fil noir une même corde tendue à se rompre?»

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Les amandiers(1940),Prométhée aux enfers(1946),L’exil d’Hélène(1948) enracinent dans les paysages méditerranéens la méditation sur l’opposition entre la force et l’esprit, sur la révolte, sur la beauté exilée du monde et des cités modernes, méditation qui retrouve les mythes grecs où se disent « la volonté de ne rien séparer ni exclure » et la réconciliation entre « le cœur douloureux des hommes et le printemps du monde » : «Si la seule solution est la mort, nous ne sommes pas sur la bonne voie. La bonne voie est celle qui mène à la vie, au soleil.» - «Je ne crois pas assez à la raison pour souscrire au progrès, ni à aucune philosophie de l'Histoire. Je crois du moins que les hommes n'ont jamais cessé d'avancer dans la conscience qu'ils prenaient de leur destin.»

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L’énigme(1950) relie à la contemplation du Lubéron la quête de la vérité qui animait l’écrivain qui désirait comprendre « l’énigme, c’est-à-dire un sens qu’on déchiffre mal parce qu’il éblouit » ; loin d’être « le prophète d’absurde » qu’on veut voir en lui, il sait que «au centre de notre œuvre, fût-elle noire, rayonne un soleil inépuisable, le même qui crie aujourd'hui à travers la plaine et les collines. Une littérature désespérée est une contradiction dans les termes».

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La mer au plus près (1953) est un véritable hymne à la mer et à la nuit : «Grande mer, toujours labourée, toujours vierge, ma religion avec la nuit !»

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Commentaire sur le recueil
Si ‘’L’été’’ comme ‘’Noces’’ chantait la splendeur de la nature, c’était essentiellement sur le mode de la nostalgie. L’exil hors de la terre natale, les pesanteurs de l’Histoire et les souffrances qu’elle apporte ne permettent plus la contemplation innocente : « Je n’ai pu renier la lumière où je suis né et cependant je n’ai pas voulu refuser les certitudes de ce temps. » ou encore : « Oui, il y a la beauté et il y a les humiliés. Quelles que soient les difficultés de l'entreprise, je voudrais n'être jamais infidèle ni à l'une ni aux autres. » Il y a aussi un secret à reconnaître et à préserver. ‘’L’été’’ se clôt sur une image où ces contradictions se résument : «J'ai toujours l'impression de vivre en haute mer, menacé, au cœur d'un bonheur royal».

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Cet ouvrage riche en hommages à la terre natale parut l’année même où, le 1er novembre : le F.L.N. (Front de Libération Nationale ) algérien passa à l'attaque (meurtre de civils arabes et français), ce qui fut le début de la guerre d'Algérie, pour Camus, atteint au plus profond de ses racines, « un malheur personnel ».

Les 4, 5 et 6 octobre, il avait fait un court voyage aux Pays-Bas, son unique séjour dans ce pays qui sert de cadre à ‘’La chute’’. Il demeura deux jours à Amsterdam ; à la Haye, il visita le célèbre musée Mauritshuis, où il admira plus particulièrement les Rembrandt.

En mars 1955, il fit représenter, au théâtre La Bruyère, ‘’Un cas intéressant’’, adaptation d'une pièce de Dino Buzzati.

En mai, il fit un voyage en Grèce au cours duquel, dans une conférence donnée à Athènes, il précisa son esthétique de dramaturge. Bien qu'il eût tôt lu Artaud, elle demeurait celle de Copeau et du Cartel. Il s'interdisait ainsi les ruptures thématiques, rhétoriques, dramaturgiques, poétiques, qu'exige la métamorphose contemporaine de la tragédie. Il insistait sur le partage des valeurs et la nécessité d'un langage élevé.

Préoccupé par la guerre d’Algérie, regrettant le gouffre entre les communautés (« Nous sommes tellement étrangers les uns aux autres »), prenant la défense des Français d’Algérie (en ironisant : « À lire une certaine presse, il semblerait vraiment que l’Algérie soit peuplée d’un million de colons à cravache et à cigare, montés sur Cadillac »), il comptait sur Pierre Mendès-France pour qu’il trouve un compromis acceptable par toutes les parties. Afin de favoriser son retour aux affaires, il rejoignit à “L'express” son vieil adversaire, François Mauriac, au cours des années 1955-1956, y écrivit de nombreux articles. En janvier 1956, il fit un voyage en Algérie et, le 22 janvier, à Alger, lança un appel en faveur d’une trève civile qui aurait limité l'effusion de sang. Il fut hué, et les Français d’Algérie ne le lui pardonnèrent pas, tandis que la gauche ne lui pardonna pas d’avoir fait cette déclaration souvent mal interprétée : «Entre ma mère et la justice, je préfère ma mère». Son entreprise rencontra donc une certaine incompréhension et même de vives attaques.

Il publia :

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La chute

(1956)
Roman de160 pages
Dans un bar d’Amsterdam, Jean-Baptiste Clamence, ancien éminent avocat parisien, preux défenseur de la veuve et de l’orphelin, don Juan, receleur, exilé, tout en imbibant son drame de genièvre, raconte à un interlocuteur indéterminé comment il a sombré dans la marginalité après n’avoir pas, une nuit, secouru une femme qui se noyait dans la Seine et dont le fantôme le poursuit. La confession est meurtrière, mais l’homme est habile : il défend sa cause savamment. De lâche, il se transforme en victime. Devenu, selon ses propres termes, «juge-pénitent», il dresse le procès de toute la société qu’il condamne avec ironie.
Commentaire
C’est un monologue ou, plutôt, un pseudo-dialogue où l’étrange et multiple Clamence s'adresse à un interlocuteur qui est présent dès les premières lignes dans le discours de Clamence par le biais d'allusions à ses interrogations, à ses réactions, qui ne répond pas, selon une technique qui avait déjà été illustrée par Victor Hugo dans “Le dernier jour d'un condamné” et par Dostoïevski dans “Le sous-sol”. Il apparaît à la fin du roman comme un double du narrateur. La théâtralité du texte est telle qu'il semblerait tout naturel de le porter à la scène. Le cynisme et l’ironie caustique qui, dans ce récit brillant et grinçant, se mêlent à la virtuosité langagière, par ricochet, atteignent le lecteur qui se sent impliqué dans cette réflexion, étourdi, désarçonné.

Camus, qui prenait à revers ses admirateurs comme ses détracteurs, s'est expliqué lui-même sur ce qu'il a voulu faire : «L'homme qui parle dans “La chute” se livre à une confession calculée. Réfugié à Amsterdam dans une ville de canaux et de lumière froide, où il joue à l'ermite et au prophète, cet ancien avocat attend dans un bar douteux des auditeurs complaisants. Il a le cœur moderne, c'est-à-dire qu'il ne peut supporter d'être jugé. Il se dépêche donc de faire son propre procès, mais c'est pour mieux juger les autres. Le miroir dans lequel il se regarde, il finit par le tendre aux autres. Où commence la confession, où commence l'accusation? Celui qui parle dans ce livre fait-il son procès, ou celui de son temps? Est-il un cas particulier, ou l'homme du jour? Une seule vérité en tout cas, dans ce jeu de glaces étudié, la douleur et ce qu'elle promet.» Il semble que Clamence veuille démonter toute la construction idéologique de l’auteur, chacune de ses phrases polissant une facette de sa pensée, toutes les prises de position y étant résumées. On y retrouve plusieurs éléments de “L’Homme révolté”. Le livre nous apprend qu'heureux ou malheureux, nous sommes tous coupables face au Mal dans un monde athée. Le cynisme de Clamence est déconcertant : «Maintenant encore, les matches du dimanche, dans un stade plein à craquer, et le théâtre, que j'ai aimé avec une passion sans égale, sont les seuls endroits du monde où je me sente innocent.» - «Je verrais plutôt la religion comme une grande entreprise de blanchissage.» - «La vérité, comme la lumière, aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur.» - «Je vais vous dire un grand secret, mon cher : N'attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours.» Quand il analyse ses sentiments devant les accusés ou définit sa technique du bonheur, il prend le contrepied des héros de ‘’La peste’’ , Tarrou et Rieux.

La chute” est aussi une radicale remise en cause des intellectuels et, plus particulièrement, de l’existentialisme sartrien.

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Vers 1955, Albert Camus demanda d'adapter pour le théâtre ‘’Requiem pour une nonne’’ de William Faulkner. Il utilisa une traduction mot à mot faite pour lui par Louis Guilloux. Il en fit une pièce en deux parties et sept tableaux. Elle fut représentée pour la première fois le 20 septembre 1956 au Théâtre des Mathurins. On joua à guichets fermés pendant deux ans. Il est arrivé à Camus de remplacer, au pied levé, Michel Maurette, dans le rôle du gouverneur. Le texte de l’adaptation fut édité en octobre 1956. Puis, en mars 1957, parut la traduction française par Maurice-Edgar Coindreau du livre de Faulkner. Dans la préface, Camus expliqua comment il avait effectué son adaptation, et il ajouta ce commentaire : « Le style de Faulkner, avec son souffle saccadé, ses phrases interrompues, reprises et prolongées en répétitions, ses incidences, ses parenthèses et ses cascades de subordonnées, nous fournit un équivalent moderne, et nullement artificiel. de la tirade tragique. C'est un style qui halète. du halètement même de la souffrance. Une spirale, interminablement dévidée, de mots et de phrases, conduit celui qui parle aux abîmes des souffrances ensevelies dans le passé, Temple aux délicieux enfers du bordel de Memphis qu'elle voulait oublier, et Nancy à la douleur aveugle, étonnée, ignorante. Qui la rendra meurtrière et sainte en même temps. »

On peut trouver bien des points commun à Camus et à Faulkner. L'un et l'autre étaient des créateurs de mythes. L'un et l'autre aimaient les femmes et respectaient l'amour. L'un et l'autre étaient attachés à une terre qui connaît la malédiction. Etc. Ils divergaient néanmoins sur un point important, le sentiment religieux. Dans sa préface au roman, Camus expliqua pour quelles raisons scéniques il avait modifié la fin dans laquelle Faulkner exposait longuement « son étrange religion ». On a voulu voir, dans le dernier tableau tel que l'a transformé Camus, et au cours duquel Nancy dit sa foi, le signe qu'il était proche de se convertir. Il s'en est défendu avec énergie. Mais il ne pouvait, sans trahir l'œuvre, faire que Nancy Mannigoe, droguée, prostituée, criminelle, ne devînt, ainsi que l'avait voulu Faulkner, une « nonne » (ce qui était en quelque sorte un jeu de mot car, en anglais, depuis 1600 [on le trouve chez Shakespeare], le mot « nun » désigne une prostituée, « a nunnery » est un bordel), et même une sainte. Adapter ‘’Requiem pour une nonne’’, c'était adapter en quelque sorte une tragédie chrétienne, le moment où, dans l'œuvre de Faulkner, après tant de pages sur la damnation, le destin et le pêché, apparut un sentiment nouveau chez lui, de pardon, de rachat et de foi. La souffrance de Nancy lui apporta la grâce. « Si je traduisais et mettais en scène une tragédie grecque, personne ne me demanderait si je crois en Zeus », fit remarquer Camus.

En mars 1957, il publia :

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L'exil et le royaume

(1957)
Recueil de nouvelles

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La femme adultère
Nouvelle
L'épouse insatisfaite d'un commis voyageur algérois découvre un soir, d'une terrasse qui domine le désert, la déchirante beauté du monde et s'y livre tout entière.

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Le renégat
Nouvelle
Un missionnaire catholique, prisonnier d'une tribu du désert, abandonne de son plein gré la religion du dieu d'amour pour servir une idole de cruauté.

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Les muets
Nouvelle
Une équipe d'ouvriers mal payés par leur patron décide de protester par le silence. Mais la fillette du patron a une attaque qui risque d'être mortelle, et le noble silence des travailleurs devient alors cruel et inhumain.

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