Cours de psychologie cognitive Morais





télécharger 247.38 Kb.
titreCours de psychologie cognitive Morais
page11/13
date de publication21.04.2017
taille247.38 Kb.
typeCours
m.20-bal.com > droit > Cours
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   13

11Autres points de vue

11.1 Conceptions de la psychologie évolutive


La cognition humaine comprendrait une collection étendue de modules fonctionnellement spécialisés et connectés entre eux, lesquels guideraient la pensée et le comportement en fonction de problèmes évolutifs persistants posés par l’environnement écologique et l’environnement socialµ. Les hypothèses psychologiques sont l’hypothèse de la détection de fraudeurs et l’hypothèse fréquentielle.
      1. Hypothèse fréquentielle (ou fréquentiste)


« Les animaux ont dû faire des jugement sous incertitude » (Cosmides et Tooby). Dans le monde moderne, nous sommes confrontés à beaucoup de descriptions d’infirmations statistiques mais ce qui est disponible dans le monde où nous avons évolué était la fréquence d’événements réels. Le raisonnement inductif aurait donc utilisé des représentations de fréquence (-> dans les probabilités, le N disparaît de même que la fiabilité de l’information). Les prédictions sont donc que

  1. la performance en raisonnement inductif sera différente selon qu’on demande aux sujets de juger une fréquence ou la probabilité d’un événement ;

  2. la performance sur les versions fréquentielles de problème sera supérieure aux versions non fréquentielles

  3. Plus les sujets peuvent former une version fréquentielle, meilleure sera la performance

    • XP1 : Cosmides et Tooby : // diagnostic médical de Casscells & al : ce paradigme décrivait une maladie dont la prévalence était de 1/1000. Le diagnostic avait 5% de faux positifs et la question posée aux sujets était de connaître le risque que le test soit positif. Casscells et al avait trouvé 12% de réponses correctes alors qu’avec une version fréquentielle, 76% des sujets ont la réponse correcte. Ainsi, les facteurs entraînant une amélioration de la performance sont le fait de demander une réponse en terme de fréquence et de présenter les problèmes en terme de fréquence. Les représentations fréquentielles activent des mécanismes permettant de raisonner correctement.

    • XP2 : Cosmides et Tooby : // problème de Linda : dans la version originale, la réponse H est plus probable que la F dans 91% des cas mais dans 22% seulement quand c’est une version fréquentielle. Ainsi, l’effet de suffisance peut disparaître si les sujets doivent répondre à des versions fréquentistes. Il y avait même une légère tendance à la sous-estimation (>< overconfidence) ce qui montre que l’illusion cognitive a disparu.
      1. Hypothèse de détection de tricherie


    • XP1 : Test de sélection de cartes de Wason (EC54) : ce test est fait dans un contexte normal et dans le contexte d’une histoire sur les limitations d’age concernant la boisson. Dans le 2éme cas, le contenu est très différent même si le problème est structurellement identique. Dans la 1ére situation, il n’y a que 25% de réponses correctes contre 75% dans le 2ème Pourquoi ? L’altruisme réciproque est avantageux du point de vue évolutif mais les arrangements réciproques sont vulnérables à la tricherie. Du point de vue individuel, c’est mieux d’être aidé mais de ne pas réciproquer. Il faut don des mécanismes cognitifs qui permettent la détection des tricheurs de manière à ne plus les aider à l’avenir. Cosmides et Tooby décrivent des modules darwiniens dont le rôle est de reconnaître les arrangements réciproques et de détecter les tricheurs. Certaines versions de la tâche de sélection engagent ces modules qui doivent détecter les tricheurs dans des situations d’échange social ( performance à cette tâche dépend de sa présentation). Ainsi, quand il y a un contrat social, il y a 100% de réponses correctes, moins de 5% dans le cas contraire.

    • XP2 : Gigerenzer et Hug pensent que, en plus de percevoir la règle comme contrat social il faut qu’il y ait des indices de possibilités de tricherie. Leur expérience présente la situation suivante : Dans les alpes, il faut que chacun apporte sa contribution de bois. Pourtant tous ne le font pas. Dans la version1, un garde vérifie si tout le monde le fait alors que dans la version2, on dit qu’il est possible que ce soit des membres d’autres clubs qui n’en apportent pas et donc qu’il n’y ait pas de tricheurs en réalité. Dans la situation1, il y a 89% de réponse correcte, seulement 53 dans la seconde.

    • XP3 : tricherie bilatérale (entre employeurs et employés) : soit le sujet est placé dans une situation où il est employé et où ce sont les employeurs qui pourraient tricher soit dans la situation contraire  Résultats : premier cas : 75% vs 5% et second : 60% vs 10%

Ajoutons qu’il n’y a pas de théorie sur les mécanismes et qu’il existe plusieurs alternatives : schéma du raisonnement pragmatique, module inné de raisonnement déontique ; le sophisme de conjonction de Tversky et Kanheman est donc trop simpliste. Pour la psychologie évolutive le raisonnement humain n’est pas servi par des heuristiques rapides et non flexibles mais pas des machines élégantes construites par la sélection naturelle pendant des millions d’années  pas de pessimisme

11.2 Rôles des effets pragmatiques et linguistiques

      1. Critique de la psychologie évolutive


L’objection pragmatique est que nous ne pouvons pas supposer, sans plus d’argument, que les gens comprennent les tâches de la manière donc les expérimentateurs voudraient qu’ils les comprennent. Par ex, dans le problème Linda, le terme « et » peut être compris comme un opérateur fonctionnel. 4linforamtion la plus complète peut etre la plus vraisemblable, la plus plausible.

Mais alors pourquoi la version fréquentielle conduit à une augmentation de bonnes réponses ? Parce qu’il y a quelque choses d’erroné dans notre raisonnement face à la version originale du problème. Adler reprend les principes de Grice sur la pragmatique de la conversation tels que une phrase est pertinente dans le contexte linguistique spécifiques dans lequel elle est prononcée. Si les sujets se comportent selon ces principes, alors ils doivent choisir une alternative dans laquelle la description de Linda est pertinent et choisissent donc H car Linda est féministe et non F qui ne le précise pas. Selon Adler, les gens ne violent pas la règle de conjonction mais fournissent la bonne réponse étant donné leur interprétation de la question. Mais pourquoi pas dans la version fréquentielle ?

L’effet de l’âge sur les préférences irrationnelles montre que la détérioration du jugement peut être attendu aux âges avancés e qui entraîne une erreur de décision dite de préférence irrégulière. Dans une situation expérimentale, le sujet X préfère les croissants (A) aux couques au chocolat (B). Cette préférence devrait rester quand on ajoute une 3ème possibilité (les pains aux amandes (C)) or cela n’est vrai que si le 3ème produit n’apporte pas de nouvelles informations sur les deux premières. Le changement de préférence peut avoir lieu, même lorsque C n’est pas une alternative attractive, si C peut être plus facilement comparé à B (couque au chocolat) qu’à C (croissant) // Simonson et Tversky

Tentori et al : réductions au super-marché variant selon la réduction de prix et le prix minimum d’achat : Avec la Carte A, il y a une réduction de 15% pour un achat minimum de $20, avec la Carte B de 25% pour un achat min. $45 et avec la Carte C de 26% pour $10. Une étude pilote a montré que les sujets pensent que leur préférence entre A et B ne sera pas influencée par C car C n’ajoute pas d‘informations sur A ou B. La première étude fait auprès d’étudiants et de personnes âgées que le pourcentage de préférence de B est de 46% et 44% quand il n’y a que A et B mais de 62% et 40% quand C est ajouté. La seconde étude faite en Italie donne le même patron de résultats. Comme interprétation, on peut dire que

  1. l’expérience quotidienne du marché enseigne l’adulte (âgé) à être conscient des effets contextuels dans le jugement de la valeur des marchandises,

  2. la familiarité avec la catégorie des produits peut réduire la prise de décision « irrégulière »

  3. résistance aux achats « impulsifs »: écartement des produits dont le minimum dépasse le budget (prudence)

  4. dans tous les cas, cela agit contre le déclin des processus de contrôle (en particulier d’inhibition)

Le « Backgroung contrast effect » montre que le même produit peut apparaître attractif quand les alternatives sont moins intéressantes et inattractif quand les alternatives sont plus intéressantes. Ainsi, si le sujet1 choisit A vs B et le sujet2 A’ vs B’, tous les autres choisiront X vs Y. Ceci a des effets dans le domaine du marché mais aussi sur le bien-être, les relations affectives et la moralité. Pour voir cela, on a utilisé des jugements explicites et on compare l’incidence ou non de l’effet sur le taux de jugement  Focusing illusion : le jugement d’une catégorie avec attention portée sur un item mène à surestimer cette sous-catégories par rapport aux autres et Temporal factors : la valeur attachée à toute la vie n’est pas la somme de chacune des parts. On a tendance à négliger la durée et à anticiper et se rappeler des événements positifs. Les gens préfèrent intégrer les événements négatifs et séparer les positifs. Il y a donc un effet de renversement de préférence et une rationalisation.
      1. Déduction et modèles mentaux (P Johnson-Laird)


Les modèles mentaux sont des modèles qui utilisent la connaissance générale, des représentations sémantiques de la situation évoquée par les prémisses et pas seulement (ou pas du tout) les règles de logiques formelles. Chaque modèle mental représente une possibilité, ce qui est vrai, pas ce qui est faux. Le raisonnement modal est un raisonnement sur ce qui est possible et sur ce qui est nécessaire. Il est facile d’inférer une possibilité mais il est par contre difficile d’inférer une impossibilité (qui exige de vérifier tous les modèles mentaux applicables). Par contre, il est plus facile d’inférer que quelque chose n’est pas nécessaire que d’inférer que quelque chose l’est (encore une fois, il faut vérifier tous les modèles pour cela)

Experience : Jeu de basket 1 contre 1 : « If Allan is un then Betsy is in, If Carla is in then David is out, Can or Must Betsy be in the game ? » LA réponse correcte est oui et on voit qu’il y a 891% de RC quand c’est possible (may) et 71% quand c’est nécessaire (must). L’autre situation expérimental est “If Allan is in then Betsy is out, If Carla is out then David is in, Can or Must Betsy be in the game” ? . Ici, la réponse correcte est non et les % sont 61 vs 81. On cherche rarement des contre-exemples. On estime les probabilités sur base mathématique ou sur base de notre expérience ( disponible)

Expérience sur des gens célèbres : il y a une surestimation de la fréquence du genre pour lequel il y avait le plus d’individus célèbres. On préfère minimiser les expériences aux résultats négatifs sauf s’elles sont étendues dans le temps.
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   13

similaire:

Cours de psychologie cognitive Morais iconJ. P. Leyens et J. L. Beauvoir (1997) L’ère de la cognition. Grenoble. Pug
«cognitive». C’est tout un courant en psychologie qui dépasse les sous disciplines. La psychologie sociale a toujours intégrée une...

Cours de psychologie cognitive Morais iconLa psychologie cognitive
«l’étude des processus mentaux impliqués dans l’acquisition et l’utilisation des connaissances humaines» (launay, 2004)

Cours de psychologie cognitive Morais iconPsychologie cognitive, sciences cognitives et théorie de l’information
«intelligent» capable de résoudre toutes sortes de problèmes logiques comme par exemple une addition où les chiffres ont été remplacés...

Cours de psychologie cognitive Morais iconCours : Introduction à la psychologie clinique
«Psychologie clinique» évoque autant une méthode qu'un domaine qui se confond pour une part avec celui de la psychopathologie (=...

Cours de psychologie cognitive Morais iconLa mémoire humaine – Psychologie expérimentale – Générale et cognitive
«à réactiver partiellement ou totalement» de façon véridique ou erroné les événements du passé. Vu sous cet angle, la mémoire est...

Cours de psychologie cognitive Morais iconDe la linguistique générale à la linguistique cognitive
«cognitive» (par différence avec la linguistique générale), et d’illustrer les collaborations interdisciplinaires dans lesquelles...

Cours de psychologie cognitive Morais iconMaster Professionnel de Psychologie Spécialité Psychopathologie et Psychologie clinique

Cours de psychologie cognitive Morais iconStanislas Dehaene est ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure...
«acalculiques» à perdre toute intuition du nombre. IL a également montré des homologies frappantes entre le traitement des nombres...

Cours de psychologie cognitive Morais iconCours de psychologie n°4
«plaire» désigne un produit sans action réelle que le médecin donne au malade pour lui plaire

Cours de psychologie cognitive Morais iconII/ Le champ disciplinaire de la psychologie
«psychologie» provient de deux mots grecques : psyche = âme; logia = science : science de l’âme (sciences humaines)





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
m.20-bal.com