Cours de psychologie cognitive Morais





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Chap VI : Interactions entre le langage et la musique (LIDJI)

  1. Pourquoi examiner les parallélismes et les interaction entre le langage et la musique ?


Pour cerner la spécificité de ces traitements cad celle de la musique par rapport au langage. On sait que la spécificité est nécessaire à la modularité mais n’est pas forcément une modularité. Les systèmes de traitement modulaires sont des systèmes spécialisés, cognitivement impénétrables (cad non influençables par les connaissances générales, les croyances ou les attentes), avec une architecture neural fixe, rapides et irrépressibles, par forcément innés, ni un système globale car il peut y avoir divers sous modules.

Pour la musique et le langage, il y a une même modalité d’entrée (auditive), parfois, une même modalité de sortie (chant), des règles communes (organisation hiérarchique, nombre limite d’unités qui conduit un à nombre quasi illimité d’énoncés) et elles recrutent un vaste réseau de régions cérébrales donc certaines communes (telles que l’aire de Broca). Cependant, la modularité n’est pas globale aux deux : il y a plusieurs sous-systèmes, certains communs, d’autres pas. La musique correspond donc a un encodage tonal de la hauteur un rythme et une syntaxe ; le lange à un rythme, une syntaxe et une sémantique.
  1. Dissociation fonctionnelles entre la musique et le langage : Amusie et Aphasie


    • Aphasie : Trouble acquis de la compréhension et/ou de la production du langage suite à une lésion cérébrale

Amusie acquise : Trouble acquis de la perception et/ou de la production musicale, perte des aptitudes musicales. Il faut donc étudier le chant car celui)ci est du langage et de la musique combinés. S’il y a des interactions entre la musique et le langage, elles seront plus marquées dans le chant et s’il y a une indépendance montrée dans le chant, l’argument sera plus fort.

    • Cas cliniques :

  1. Patient CN : lésions bilatérales du cortex auditif temporal supérieur ce qui entraîne une dissociation fonctionnelle dans le domaine auditif : elle ne reconnaît pas les mélodies mais bien les paroles ; elle peut retrouve les paroles sur base d’un titre et décider si les paroles correspondent au titre ; elle peut parler mais pas chanter

  2. IR est une amusique avec le même patron que C ; elle a donc un déficit au niveau de la reconnaissance de la mélodie mais reconnaît les paroles ; elle ne perçoit pas la dissonance. Dans un expérience dont la tâche est de faire un jugement émotionnel cad dire si la musique est joyeuse (rapide, majeur) ou triste (lent, mineur), IR y arrive mais n’est pas influencée par la dissonance (>< contrôle). Dans un jugement plaisant/déplaisant, c’est la même chose. Ainsi le traitement émotionnel est préservé chez les amusiques même si il n’y a pas de dissonance. La dissonance est donc traitée par des réseaux corticaux spécialisés et est basée sur le traitement fin de la hauteur, déficitaire chez les amusiques

Musique = Module ? Il peut y avoir un problème d’expertise : la plupart des gens sont experts en langage mais pas en musique. Si la musique est un sous-système du langage, l’amusie sans aphasie est possible (et fréquente car un manque d’expertise rend plus vulnérable) et l’aphasie est associée à l’amusie. Pourtant, les musiciens experts peuvent devenir amusique et il y a de nombreux aphasiques sans amusie. Les aphasiques non fluents peuvent produire des airs reconnaissables mais peut être que la musique aide le langage ? C’est la thèse de Racette dont l’expérience consistait a faire le rappel de notes et de mots de chansons familières et la répétition de paroles de chansons nouvelles. Les résultats montrent que les notes sont mieux produites que les mots pour les aphasiques et qu’ils ne produisent pas plus de mots en chantant qu’en parlant (sauf si on chante avec eux). Ainsi la double dissociation amusie/aphasie est un argument pour la spécificité de traitement de certaines dimensions musicales et un encodage tonal de la hauteur (car les amusiques ont le rythme mais pas les notes)

- XP : Peretz et Kolinsky : si le rythme et la mélodie sont dissociés chez les amusiques, il y aurait un changement mélodique qui provoquerait un effet Stroop dans une tâche sur le rythme chez les sujets sains mais pas chez CN. L’expérience consiste à juger le rythme dans 4 conditions différentes : rythme même ou différent et mélodie même ou différente. Quand c’est congruent, les réponses correctes augmentent alors que quand c’est incongruent, il y a un effet Stroop pour les sujets sains mais pas pour CN. Ainsi, cette double dissociation montre la spécificité de traitement pour certaines dimensions de la musique dont l’encodage tonal de fines différences de hauteur (cad supérieure à un ton hors pour la parole, la différence est beaucoup plus grande)
  1. Interactions entre le langage et la musique chez des sujets sains

12.6Interaction entre la dimension sémantique des paroles et la mélodie


Besson & al (98) : les paroles et la mélodie des airs d’opéra sont-elles des dimensions traitées de manière indépendante ou interactive ? Pour répondre, ils utilisent la mesure du potentiel évoqué, des variations de l’activité électrique cérébrale en réponse à la présentation d’un événement particulier, un mot, un accord de musique,… On voit qu’il y a un effet car la courbe prend la forme d’un S et est d’abord négative puis positive. Lorsqu’on utilise des extraits d’opéra chanté à capella se terminant par un mot sémantiquement congruent ou incongruent (yeux VS bœuf) sur une note attendue ou non (= fausse), il y a parfois une double déviance : quand il y a une violation sémantique, il y a N400, quand il a une violation mélodique, c’est P300 et quand il y a une double déviance (= les deux composantes en successions sans interaction, il y a un N400 suivi d’un P300 cad une additivité des composantes et donc indépendance de celles-ci

12.7 Interaction entre dimension phonologique des paroles et la mélodie


La tâche de cette expérience est une classification accélérée de pseudo-mots chanté ou les voyelles sont chantées et les consonnes dites. Cela correspond au paradigme de Gardner.

- Définition des dimensions : (1) intégrales = dimensions psychologiquement fusionnées qui ne peuvent exister l’une sans l’autre et pour qui l’attention sélective est impossible (ex Hauteur et sonie) ; (2) Séparables = dimensions distinctes qui peuvent exister l’une sans l’autre et pou qui l’attention sélective est possible et facile (ex couleur et forme)

- Paradigme expérimental : paradigme de Gardner avec 3 dimensions : corrélés ou redondant (variation corrélées des deux dimensions ex. Rond = R et Carré = V), contrôle (une seule dimension varie ex. Rond = R ou V), orthogonale ( rond = R ou V et carré = R ou V). On se demande s’il y aura une facilitation entre la condition redondante et la contrôle ou/et une interférence entre l’orthogonale et la contrôle. Quand les dimensions sont séparables, il n’y a aucun des deux phénomènes prédits, les 3 conditions sont égales) mais quand les dimensions sont intégrales, il y a les deux effets (R < C < O). Quand on fait cela avec une voyelle et une consonne ( e = damy et dany & V = dale ou dals) et avec musiques congruente ou non, les résultats sont que avec le matériel consonantique, il y a séparabilité (R=C=O) et avec le vocalique, intégralité. Donc, les consonnes et la mélodie sont séparables contrairement aux voyelles et la mélodies qui sont intégrales mais il y a une déformation des phonèmes dans le chant lyrique (V = élévation F1 et abaissement de F2) qui pourrait expliquer l’intégralité. On a donc refait l’expérience avec des voix synthétiques sans déformation et répliqué l’intégralité.

- Paradigme Oddball : Investigation du traitement des voyelles chantées en électro et magnéto-encéphalographie . Ce paradigme utilise (1) la mismatch negativity cad une onde négative apparaissant entre 100 et 250 millisecondes après un stimulus inattendu au sein d’une séquence répétitive et automatique et (2) la P300 qui indique l’orientation attentionnelle. La question est de savoir si entre la voyelle et la note il y a un traitement additif ou interactif. La méthode consiste en deux tâches, une attentionnelle (3 conditions dévient =V, note ; prédiction : (1) et (2)) et une non attentionnelle (idem ; prédiction : que (1)). Les résultats sont conformes aux prédictions.

12.8 Influence du contexte harmonique sur le traitement des phonèmes


Bigand et Tilleman (01) ont fait une expérience dont la tâche consistait à juger si la dernière syllabe est «du » ou « doo » dans un contexte de variation du contexte harmoniques de manière à ce que la dernière note soit +/- attendue (tonique vs sous-dominante). C’est une tâche d’amorçage harmonique dont les résultats montrent que les réponses correctes sont plus nombreuses et plus rapides pour la dernière note tonique. Le contexte harmonique influence donc la vitesse de traitement des phonèmes ( interaction), tâche implicite. Le traitement du contexte harmonique est automatique chez les musiciens et non musiciens
  1. Interaction entre paroles et mélodies de chansons en mémoire


Les amusiques perdent la musique mais gardent les paroles. Que se passe-t-il chez les tous venants ? XP de Peretz, Radeau et Arguin : effet d’amorçage entre les mélodies chantées sur lalala et paroles récitées cad que les amorces facilitent la reconnaissance d’une cible provenant de la même chanson indépendamment du format parlé vs chanté des amorces et des cibles. La tâche est de décider si la cible vient d’une mélodie familière. Quand il y a une mélodie et quand c’est verbal, la cible liée a des domaines différents a un TR plus court que la cible venant du même domaine. L’amorçage inverse n’est pas dû à une stratégie liée aux attentes. Ces liens reflètent des liens réciproques de haut niveau.
  1. Effets collatéraux de la pratique de la musique

12.9Sur le traitement et les représentations mentales de la musique


Il y a une influence de la pratique musicale sur la structure du cerveau : par ex. les doigts de la main gauche sont plus grands dans l’homonculus chez les joueurs d’instruments à corde ; dans des études électrophysiologiques, on voit que le traitement pré-attentif est supérieur chez les musiciens car il y a une mismatch negativity pour les accords impurs alors qu’ils ne font pas attention aux stimuli (>< non musiciens) ; Une expérience sur l’effet de l’expertise musicale sur les représentations mentales de la musique a été faite par Rusconi & al (06) : les sujets devaient associer un pitch et une zone dans l’espace. Une comparaison musicien – non musicien a été faite. Le début de situait à Gauche et la fin à droite ( ?????). La prédiction était l’effet Sparc cad que il y aurait une association entre grave et gauche et entre aigu et droite ; entre grave et bas et entre aigu et haut. Mais est-ce que cela existe également quand le traitement de la note n’est pas nécessaire ? Les tâches étaient de juger le timbre (implicite) ou de juger la hauteur (explicite). Les résultats montrent que pour les musiciens il y a un effeet sparc quelque soit la tâche et la position alors que pour les non musiciens, il y a un sparc vertical quelque soit la tâche et un horizontal uniquement pour l’explicite. Donc, les non musiciens ont une représentation spatiale naturelle de la hauteur des notes, automatique (la vertical) alors que les musiciens ont deux représentations activées automatiques ce qui montre que l’apprentissage donne lieu à de nouvelles associations spatiales ou peut être ne fait que modifier des associations pré-existantes

12.10 Sur les habilités non musicales


Schellenberg critique les études montrant un effet sur la réussite scolaire ou le QI car elle confondent corrélations et causes et ne tiennent pas compte du milieu socio-économique, de la motivation. De plus il critique le choix des groupes contrôle. Il fait donc lui-même une expérience en faisant attention à tout cela  N = 144 enfants de 6 ans dont deux groupes de musiciens (clavier-chant) et deux contrôles (théâtre- rien). Il mesure le QI avant et après les cours et mesure également le fonctionnement social. Le QI augmente plus fort avec le chant ou la musique ainsi que les habilités sociales. Deux autres études ont donné les mêmes résultats.

 La psychologie cognitive de la musique permet de mieux comprendre le fonctionnement cognitif général et a des applications pratiques telles que la rééducation, la neuropsychologie, la musicothérapie,…







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